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Baby love, my baby love. [Zoë & Andy]

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MessageSujet: Baby love, my baby love. [Zoë & Andy] Mer 13 Mar - 15:08



Baby love, my baby love.

J'ai claqué la porte. La fatigue, les nerfs qui lâchent. Toute une nouvelle journée à l'université, à questionner, à courir, à chercher, à appeler pour finir sans le complément de mon dossier d'inscription. Soit disant perdu entre le bureau de l'intendance et celui de l’administration. Perdus qu'ils avaient dit. Il avait bien intérêt à les retrouver, moi je vous le dis ! Mais bon quand j'ai vu l'horloge principale afficher dix neuf heure trente, je me suis résignée à rentrer les mains vides. Tant pis.
Mes premiers jours d'école à l'University of Art formaient une succession d'images floues et tristes, comme des photos ratées et prises trop vite. J'avais la sensation de vivre dans un brouhaha permanent, prise dans l'agitation des cours à rattraper, des noms à retenir, des codes à adopter. Mais je n'avais pas envie de suivre ces codes, je n'avais pas envie de retenir ces noms. J'avais juste envie d'être seule, seule moi et ma vieille face déterrée. On se tiendrait compagnie toutes les deux, tiens. Au lieu de quoi, j'étais balancée sans ménagement dans mon nouvel environnement, un monde trop rose, trop édulcoré, un monde trop parfait. En foutant un pied dans cette ville, j'avais tout de suite compris : j'étais prise au piège. J'étais naïvement tombée dans une embuscade, et me voilà à présent, cernée de toute part par des sourires dégoulinants de bon sentiments. Des sourires, des sourires, des sourires. Partout ou je traînais mes vieilles godasses. C'en était écoeurant. Le bonheur des uns file la gerbe aux autres, voilà tout. J'avais pas envie d'essayer de riposter. Sourire ? Je n'étais même pas sure de me souvenir comment on faisait, d'abord.
Mon dernier cours de la journée s'était déjà achevé depuis un moment. Les autres élèves avaient déjà désertés les couloirs de l'établissement. Au diable Klein, Basquiat et Wharol ! Au diable les mélanges de pigments, au diable les négatifs photo, au diable l'University of Arts ! Un seul mot résonnait dans toutes les têtes : week-end, week-end, week-end. C'est fini les gars, on ferme boutique, on déconnecte le cerveau jusqu'à lundi prochain. Deux jours de court répit. Deux jours. Deux jours seulement avant que ce cirque ne recommence. Encore et toujours, inépuisablement. Turn, smile, shift, repeat.
Je me plaignais, mais au fond, je ne savais même pas ce que j'allais foutre de mon satané week end. Probablement me terrer dans ma chambre, seule, moi et ma guitare Metanoia. M'offrir le luxe de la solitude. Monter la garde et aboyer s'il le faut pour conserver mon espace de sécurité, entourer mon lit de fil barbelés, poser une pancarte "Attention danger". Mais tu dérailles, ma pauvre Andy. Tu dérailles complètement, même.
La fatigue, je me disais, la fatigue. Pressée de mettre un point final à cette journée interminable, je me faufilais à l'extérieur de l'imposant bâtiment. L'air frais vint me gifler le visage, maltraitant au passage la symétrie de cheveux. Oh, et puis fait ce que tu veux de mes cheveux, si ça te chante. De toute façon, vu l'état dans lequel je suis, ça pourra pas être pire.
Je remontais le trottoir les yeux rivés sur mes chaussures, savourant silencieusement le rythme de mes pas sur le pavé. Une, deux, une, deux, une... Soudain, un élément perturbateur vient me freiner dans ma lancée. Devant moi, un obstacle se dressait. Je me décale à droite. L'autre aussi. Petit pas d'esquive sur la gauche ? Il avait eut la même idée. Droite, gauche, droite... J'étais prise contre mon gré dans un ballet improvisé, aussi improbable que ridicule.
Déstabilisée, je fini par relever la tête. C'est avec une sorte de désespoir résigné que je reconnu la personne qui se tenait devant moi. Zoë. Zoë Kahn. Miss sourire au pays des Télétubbies. Le destin n'avait apparemment pas fini de se moquer de moi.

« - Oh, Zoë. C'est toi. »

Mes mots tombèrent platement. Aucun entrain dans la voix. Aucune hostilité non plus. J'étais à présent trop lasse pour exprimer un quelconque sentiment. Maudissant intérieurement le ciel de me jouer un si mauvais tour, je me passais la main dans les cheveux, la regardant un peu embarrassée. Ahlala. Les conventions et les usages, franchement.. Je sentais bien qu'il aurait fallu que j'ajoute quelque chose. N'importe quoi. Lui parler de pluie et de beau temps, de géopolitique en Afghanistan même, n'importe quoi pour rompre ce silence gênant.
Avisant alors la poussette qu'elle avait entre les mains, je me lançais, d'un ton hasardeux.

« - Ah... Tu fais du baby sitting après les cours ? Je savais pas... »

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MessageSujet: Re: Baby love, my baby love. [Zoë & Andy] Sam 18 Mai - 3:51

Aujourd’hui, pas de cours. Ils n’avaient pas été annulés par les enseignants. C’était plutôt moi qui étais dans l’impossibilité de m’y rendre. Je devais aller chez le médecin aujourd’hui, pour ma fille. La petite une fois vêtue, je partis avec elle, à pied, question de prendre l’air un peu. De toute façon, je n’avais pas envie de parler à mon père, même si ce n’était que pour lui demander sa voiture. À chaque fois que j’ouvrais la bouche, il trouvait quelque chose à me reprocher, souvent sans même que ça ait quelconque rapport à ce que je disais. C’est donc pourquoi la marche me sembla plus attirante. Alors une fois Hope bien installée dans sa poussette et sa couverture installée sur elle, je mis mon manteau et mes chaussures et sorti enfin de la maison numéro 26. Le soleil était apaisant en cette belle journée, et le vent n’était pas trop présent pour le moment.

Après que ma petite Hope ait été examinée par le médecin, je fus satisfaite de savoir qu’elle n’avait rien d’autre qu’un petit rhume, ce que je savais déjà. Direction la pharmacie pour acheter le médicament qu’on lui avait prescrit. Il manquait un sourire dans le visage de la caissière, mais qui étais-je pour m’en plaindre ? Puis j’étais certainement très mal placée pour juger qui que ce soit. Après tout, c’était moi qui avait un enfant à un âge aussi jeune, et sans qu’il soit de mon petit ami qui plus est. Mine de rien, j’offris un sourire à l’employée et lui souhaita une bonne journée, comme si ça allait changer quoi que ce soit dans sa vie. Je savais bien que non, mais après avoir passé autant de temps à pleurer, je voulais redevenir celle que les gens appelaient Miss Sourire autrefois. Et personnellement, je crois que j’y arrivais très bien.

Une fois sortie de là, je partis en direction du centre commercial. Les fleurs du centre de table de la maison ayant fanées, je devais aller en prendre d’autres. C’était une habitude que j’avais perdue en allant vivre chez les Huntington. Cependant, maintenant que j’avais reprit le rôle de mère dans la maison de mon père, j’avais envie de reprendre cette joyeuse habitude. Chaque bouquet mettait de la couleur dans l’atmosphère plutôt grise qui régnait entre mon père, ma sœur et moi. Rencontrant Duncan, je pris le temps de discuter un peu avec lui, comme nous en avions l’habitude avant. Je sortis de là souriante, après que le fleuriste m’ait fait un bouquet de mes fleurs favorites, les mêmes que celles que préférait ma mère. Les fleurs dans le panier sous la poussette, je repris la route en direction de l’université. Hope commençait à s’endormir quand je fis une rencontre.

Andy était nouvelle à l’université. Comme si ce n’était pas assez, elle était arrivée au beau milieu de l’année, de quoi lui compliqué la vie plus qu’autre chose. Toujours joyeuse, je la saluai à mon tour quand elle réalisa que c’était à moi qu’elle faisait face. Puis un silence s’installa durant lequel je vis bien qu’elle n’était pas dans son assiette. Lui demander ce qui n’allait pas cependant me semblait un peu trop indiscret. Premièrement, on ne se connaissait pas vraiment beaucoup elle et moi, puis j’étais bien placée pour savoir à quel point ça pouvait être frustrant de se faire questionner quand nous n’avons pas vraiment envie de parler. Je n’eus pas à chercher longtemps pour briser le silence car ce fut elle qui remarqua la petite, affirmant qu’elle ignorait que je faisais du babysitting. J’échappai un rire, n’étant plus habituée à ce genre de remarque. Je secouai négativement la tête par la suite.

« Je ne suis pas sa baby-sitter, je suis sa mère. »

Je ne perdis pas mon sourire. Déjà, je n’avais pas honte de ma fille, du fait d’être sa mère, car Hope était parfaite, elle était ma fierté. Aussi, j’avais passé ce stade d’avoir honte d’avoir eu un enfant aussi jeune. Tout le monde était au courant à Magnolia maintenant, ou presque, et tout le monde l’avait accepté, sauf peut-être DirtySecret qui se plaisait à rappeler à tout le monde dans quelles circonstances ma fille était née. Bref, j’avais parlé comme si c’était tout naturel pour une personne de mon âge d’être une maman. Je m’avançai alors à côté de la poussette, pour veiller sur mon petit ange qui dormait. Mon regard s’attendrit alors.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Baby love, my baby love. [Zoë & Andy] Dim 30 Mar - 18:41

Baby love, my baby love.

Sa mère. Sa mère. Sa...

Je me sens comme si je venais de me prendre une grosse claque dans la gueule. Et celle là, je ne l'ai pas volée. Soudain, c'est comme si je venais de passer de l'autre côté du miroir. Et je me retrouve plongée, de leur côté. Du côté de ceux qui jugent, qui condamnent, qui lacèrent. Du côté de l'orchestre cacophonique des bruits de couloirs. Du côté des chuchotements. Du côté de ceux qui m'avait promis les enfers, pour avoir préféré à l'amour des hommes les charmes interdits des amours saphismes. Pour avoir savouré ma damnation, entre deux cuisses interminables. Et enfin, mais surtout, pour avoir préféré vivre ma vie, à celle qu'on avait décidé de tracer à ma place. Quel crime ! Quel affront ! Quel blasphème ! Moi Andy, fille de rien, j'avais réussi à bouleverser l'ordre établi. A foutre un peu de désordre sur le foutu script préétabli. J'avais merdé, assurément. J'avais péché aussi, sans aucun doute. Quelques siècles plus tôt, les choses auraient été réglées bien plus rapidement. J'aurais été vouée au tribunal d'inquisition, qui m'aurait volontiers condamné au bucher. Les flammes auraient léchées ma peau tuméfiée, dans un interminable supplice, et on se serait exclamé que de toute façon, je ne l'avait pas volé.
Mais les lynchage publiques n'étaient malheureusement plus au goût du jour, et tolérer ma présence devait leur peser plus qu'à moi. Néanmoins, je n'en sortirais pas indemne pour autant. Toute ma vie, ils me suivraient. Les chuchotements. Les bruits de couloirs. Les regards intrusifs. Voilà la peine a laquelle j'étais vouée. Le couperet était tombé, et la sentence était irrévocable.

J'étais leur victime. Je ne pensais pas pouvoir être aussi leur bourreau. Et pourtant. J'avais agis comme eux. J'avais jugé un sourire, j'avais condamné un comportement, pour le simple motif qu'il divergeait de moi. J'avais jugé Zoë par ce que j'avais vu d'elle. Une mine radieuse, une fille proprette. Une petite poupée aux jambes en allumettes. Et puis je lui avait tourné le dos, sans plus de cérémonie. Ignorant la personne qui se cachait derrière ses jolies petites fossettes. Ignorant l'humain. Ignorant ce coeur, ce coeur qui bat.

La honte me brule le visage et me fait baisser les yeux. Et c'est là que je le croise. Le regard de cette chose gazouillante qui gigote dans son berceau. Grands yeux ouverts. Mine hébétée. Le tableau m'amuse, et calme quelques instant le repentir qui fait gronder mes entrailles.

« - Elle a tes yeux. » 

Et là, quelque part sur mon foutu visage d'enfant terrible, quelque chose se met en mouvement. Mes lèvres s'étirent, se tendent, se contractent. Ca y est. Un sourire est né. Un sourire à la Zoë Kahn.
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