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Confessions à l'aveugle. [Aaron]

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MessageSujet: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Ven 11 Oct - 1:16

Tous les dimanches étaient rythmés de la même manière, Erica émergeait à 13h, suite à une quelconque soirée mouvementée la veille, puis comatant jusqu’à 16h et ensuite se préparait à sortir. Depuis quelques temps, Erica avait pris l’habitude d’allé à l’église les dimanches, même si elle s’avérait absente aux messes matinales. Elle déculpabilisait toujours en faisant un saut à l’église dans la soirée, non pas qu’elle était très croyante. Elle avait eut une éducation dans le christianisme, mais ses parents n’étaient pas de fervents fidèles pour autant. Erica s’était découvert cette foi surtout car elle trouvait ça un peu chic et chacune de ses visites à l’église étaient bien entendu orchestrer comme un flashback dans l’époque Virgin Suicid mais en plus gothique. Tout bon citoyen américain qui se respectait était soit protestant ou alors au moins catholique, ou même mormon, tout bon citoyen américain se devait d’être religieux. Erica ne jurait que par les apparences et se coté dame du monde l’inspirait. Elle n’y allait pas de main morte, semblable à une Dita Von Tease plus couverte que l’originale, la belle montait les quelques marches de l’église dans son tailleur androgyne, son léger voile poser sur la mi- tête à l’iranienne, une couleur de sang sur ses lèvres charnues et des grosses lunettes pour se cacher et semblait inspirait la pudeur. A quelques clichés près, Erica avait déjà songé à se procurer une croix remplie de cocaïne à la manière d’une Kathryn Merteuil hypocrite et désabusée, mais la jolie brune se reservait à la poudre pour ses trente ans. Elle avait encore beaucoup de chemin à faire pour s’offrir le luxe de la drogue sans crainte d’être dans l’illégalité. Elle espérait bien pouvoir jouir de l’illégalité sans crainte d’être pénalisée le jour où elle deviendrait Epouse majuscule d’un notable politicien. Elle se signa avec l’eau bénite en prenant une mine fataliste comme une véritable croyante. Son chapelet dans la main vide de toute substance illicite et un missel sous le bras, elle se dirigea vers le confessionnal.

- Mon père… dit Erica en retirant ses lunettes mouches et s’agenouillant dans l’isoloir.
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MessageSujet: Re: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Ven 11 Oct - 2:10



Monique Corriveau a écrit : ❝ La religion commence peut-être au bord de la détresse. ❞


    Dong. Dong. Aaron en compta cinq. Les cloches s'immobilisèrent. Une heure de répit. Il détestait fondamentalement venir à l'église. Sa non-croyance le rendait mal à l'aise ; il avait même l'impression de blasphémer sitôt le seuil de la chapelle franchi. Aaron n'était pas athée, il s'imaginait que quelque chose dirigeait le monde extrinsèquement, sans que l'Homme ne puisse interagir. Mais cette chose supérieure, qui avait selon lui, un caractère divin, n'était pas Dieu. A l'instar d'un investigateur, ce en quoi Aaron croyait était davantage un veilleur. Il rendait le monde sensé, rédigeait et corrigeait les lignes de l'Histoire.
    Malgré sa discordance, il se rendait parfois dans l'église pour se rependre. Tout comme les chrétiens sentaient la présence du Christ plus forte entre ces quatre murs, Aaron imaginait que son veilleur le guiderait mieux depuis la paroisse. Cette fois encore, le besoin fut plus fort, et le jeune homme ne put résister à cet appel mystérieux et intangible. Premièrement, il s'assit sur un banc. Mais très vite, les icônes et représentations de ce Christ auquel il ne vouait aucun culte commencèrent à le déranger. Trouvant asile dans le confessionnal, exigu et silencieux, Aaron réussit à oublier le décor ecclésiastique. Il n'avait jamais profité de ce refuge, pour la simple et bonne raison qu'il en connaissait l'essentielle utilité. Parler à un clerc lui semblant inapproprié compte tenu de sa condition, il se refusait à partager ses doutes, ses craintes et ses fautes. Néanmoins, bravant ses principes fondamentaux, Aaron se trouvait aujourd'hui dans le confessionnal. D'une voix faible, il répéta quelques fois : « Bonjour, il y a quelqu'un ? ». Le silence lui répondit. Aucun soupir, aucun murmure. Aaron osa se prendre au jeu. Ses premiers mots furent hésitants, à peine audible. Puis il prit confiance, se laissant aller à la confidence, faisant un point sur ce qui ponctuait sa vie, révélant au silence ses ennuis de famille et son besoin imminent de partir. Il ouvrait la cage d'un monde grillagé duquel s'échappait quelques animaux les plus sauvages. Comme chiens et chats, les lions les plus sauvages respiraient l'air tiède de l'extérieur et rugissaient librement. Soudain, le bruit de la porte de l'église fit taire Aaron. Il patienta quelques dizaines de secondes, se concentrant sur le cliquetis des talons. Lorsqu'ils s'arrêtèrent, le jeune homme crut s'être débarrassé de l'opportune. Mais une voix suave à quelques centimètres de lui lui fit réaliser qu'il avait tort. « Mon père... » et d'un réflexe profane, il répondit : « Je... je ne suis pas le prêtre. » La coutume lui était si étrangère qu'il se sentit impie.  


Dernière édition par Aaron Hamilton le Jeu 17 Oct - 18:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Ven 11 Oct - 2:38


Après avoir craché ses mots dans un soupir aussi fataliste que sa mimique lorsqu’elle se signait, Erica écouta une réponse à son appel qui n’était pas ce à quoi elle s’attendait. Elle entendit la voix d’un jeune homme, lui répondre qu’il n’était pas le prêtre de l’église. Erica, suite à ses mots prononçaient par une voix charmante, ressentie comme des picotements dans le ventre. La scène avait tout l’air du début d’un mauvais porno et Erica se sentit tout de suite honteuse de penser à l’industrie du x dans un lieu pareil, mais la situation était tellement burlesque que ça en avait tout l’air. Erica remit aussi sec ses lunettes de soleil de peur que le jeune homme ait la mauvaise idée de regarder à travers la petite grille. La situation intriguait la pseudo croyante et lui donnait envie de pousser le vice plus loin, l’idée de ne pas tenir compte des mots du jeune homme et lui déballait toutes ses frasques et pensées les plus malsaines l’excitait un peu. Comme si après une telle chose, les mots de la Queen raisonneraient pour toujours dans la tête du garçon, comme si elle était capable de le traumatiser et le dominer. Erica se mordit la lèvre inférieure machinalement à la pensée de déballer les pires saloperies de sa vie à un inconnu dont elle ignorait tout, jusqu’à l’apparence physique, et qui n’était même pas former pour confesser.  Même si la belle se pavanait tous les dimanches soirs dans l’église, elle ne s’était jamais confessée. Aujourd’hui elle avait voulu se présenter dans le confessionnal et inventait une vie qu’elle n’avait jamais eu à un prêtre à l’écoute, une manière de travailler son talent d’actrice. Mais à présent, à cet inconnu, elle voulait dire la vérité, l’aggraver, la salir pour le choquer, qu’une fois pour toute sur cette terre quelqu'un sache qu’une putresse de son envergure existait bel et bien.

- Mon père … reprit Erica d’un ton sec pour faire taire l’imposteur, j’ai péché contre les cieux et contre l’église. J’ai forniquer, sans union et sans sentiments …

Ce n’était qu’un début, mais Erica laissa en suspens sa phrase et attendit le feu vert de son interlocuteur pour continuer. Son ton sec dans un premier temps n’était pas sensé lui laisser le choix et devait le conditionner à jouer les prêtes, mais la jeune fille préférait s’assurer qu’elle n’ouvrirait pas la boite de pandore pour rien et silencieusement elle attendit, le christ dans la main, la réaction du faux confesseur.
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MessageSujet: Re: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Jeu 17 Oct - 19:03



Monique Corriveau a écrit : ❝ La religion commence peut-être au bord de la détresse. ❞


    La gêne d'Aaron était palpable. Il se sentait comme étranger dans un lieu saint, ange déchu qui profitait de la messe. Il se croyait seul, comme reclus dans un univers sauvage. Il pensait découvrir ce monde de lui-même, en dessiner ses contrées au tracé de son crayon, mais rien ne se passait comme il l'avait prévu. L'autre était venue le confronter. Elle était sans nul doute bien plus innocente que lui mais il ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir. Sans le savoir, elle venait de briser ce paysage silencieux aux douces chandelles. La brume chaude et religieuse venait de se dissiper, révélant au monde la pierre dure et froide de l'église.
    Aaron attendit patiemment. Il s'imaginait naïvement que la jeune femme partirait. Qu'elle irait prier sous la voûte ornée d'angelots et de nuages. Qu'elle se sentirait penaude d'avoir failli se repentir à un homme avec si peu d'Eglise dans le coeur. Mais contre toutes attentes, elle reprit exactement là où elle s'était arrêtée. Père Aaron se devait d'écouter ses déboires et ses histoires, de pardonner, et de conseiller docilement cette femme. A moins qu'il puisse fuir ? Cette solution tomba des nues mais fit sourire le garçon. Il n'avait guère envie de vouer sa vie au catholicisme, ni même de faire amende honorable aux péchés de cette inconnue. Il préférait de loin partir, sans même s'excuser. Mais à la vue de son acharnement, Aaron était certain qu'elle quitterait son isoloir pour le découvrir à la lumière du jour. Or, le jeune homme ne souhaitait qu'une chose : se la jouer discret. Personne ne devait savoir qu'il venait parfois visiter les bancs inconfortables de l'église. Surtout pas ses parents, qui pourraient s'imaginer mille fins à cette histoire, toutes plus sordides les unes que les autres. Interdit pour lui de risquer son anonymat. « Je vous écoute », répondit-il la voix hésitante et gênée. L'inconnue n'attendit pas une seconde de plus pour annoncer la couleur de cet entretien. Elle parlait avec une voix déterminée, ce qui surprit le garçon. Ne venait-on pas se confesser parce qu'on vivait mal ses fautes ? Cela ne semblait pas être son cas. Son vocabulaire était net et sobre, presque inhumain. Qui irait employer le verbe forniquer, de nos jours ? « Et bien... ce n'est pas si grave. » Le parti de la compassion pouvait mûrir dans la tête de celle qui s'avérait d'une certaine manière, sa tortionnaire. Il espérait qu'elle s'excuse et s'évapore. « Une autre confession à faire ? », Aaron cherchait à conclure rapidement, mais l'autre ne semblait pas forcément de son avis.
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MessageSujet: Re: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Ven 10 Jan - 4:31

Erica jubilait, presque comme un fauve elle arrivait à sentir, non pas la peur, mais la gêne de sa proie. Bon certes, la scène était légèrement flippante et l’euphorie de la veille procurait pas l’alcool qui coulait à flot n’était pas innocente dans cette situation farfelue digne d’une pièce de théâtre. On en revenait toujours au jeu, aux masques et aux apparences. Erica avait toujours voulu faire de sa vie un film, chaque jour elle choisissait son script. Au final, elle s’ennuyait terriblement et s’était étouffée elle-même dans ce jeu, elle s’était perdue. Parfois, elle se demandait si elle faisait une action pour le principe ou si elle avait réellement envie de la faire. Toujours voir plus loin étaient des maîtres mots dans la vie d’Erica. Aujourd’hui, elle voulait seulement jouer, enfin surtout se jouer d’un jeune homme qui avait le malheur de s’être trouvé là au mauvais moment. Erica soupira très fort, à peine la partie avait commencé, qu’elle était déjà lassée.

- Laisse tomber, je plaisante, dit Erica avec un ton beaucoup moins effarouché que précédemment et beaucoup plus blasé. Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu viens communier avec le Saint Sauveur ? demanda Erica avec quelque peu de sarcasme.

Erica ne voulait pas jouer aujourd’hui finalement, elle n’était pas inspiré pour dire des saloperies qui pourrait traumatiser le jeune homme assis de l’autre côté de la grille. Son timbre de voix ne lui donnait pas envie, puis elle avait été tellement surprise d’entendre qu’il allait si vite dans son sens que ça n’était plus très marrant.

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MessageSujet: Re: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Ven 17 Jan - 16:56


Comte de Belvèze a écrit : ❝ L'imprévu n'est pas l'impossible : c'est une carte qui est toujours dans le jeu. ❞

    Le silence était pesant. Aaron ne savait plus quoi dire, quoi faire. Il préférait se taire. On ne force pas le Destin quand celui-ci nous abandonne. La situation venait de lui échapper, de se retourner contre lui. Lui, le blasphémateur, qui jurait contre tous les Saints le pire des péchés. Qui ressassait dans son esprit les folies malsaines. Voilà des mois qu'il avait avoué, à voix haute, comme il était un Homme. Rien qu'un Homme. Un Homme hypocrite et lâche, prêt à mentir pour sentir sa conscience s'alléger. Prêt à tromper pour subsister. Prêt à renier sa virilité si tel avait été l'enjeu. Il avait avoué ses défauts et ses qualités pour qu'on lui offre de l'amour, de l'amour interdit, de l'amour imprudent. Mais en guise de réponse, il n'avait reçu qu'un silence gêné, un refus implicite, un « non » murmuré. Etrangement, cette réponse, il l'avait espérée. Vivre cet amour aurait été un enfer, un paradoxe désastreux qui aurait certainement plus encore meurtri son cœur. Alors, il s'y était fait. Il s'était dit que c'était normal, qu'il n'y avait rien à penser de tout cela, qu'il fallait oublier, mettre de côté.
    Et des mois plus tard, l'objet de ses désirs, de ses fantasmes, revenait sur ses mots. Oui, une approbation, un accord, un futur, un rêve. Et malgré le bonheur intense d'un tel revirement de situation, Aaron s'était refusé à y croire. Il avait senti toutes les pensées que l'Eglise, la Raison et la Loi prohibaient rappliquer dans son esprit. Et considérant l'illégalité d'une telle situation, il avait pris peur. Il ne pouvait se satisfaire d'un amour non-inofficieux (donc officieux). Il ne pourrait résister à l'envie de crier son bonheur, crier son extase. Mais sitôt ceci fait, il était certain que le monde entier se retournerait sur lui et chercherait à le mettre en pièce. Faire et vivre cet amour, c'était se refuser à la légalité et défier les lois morales que leur société avait instauré. C'était donc inconcevable, même pour Aaron.
    Sa visite dans la Sainte Paroisse n'avait donc rien d'incroyable. Il sentait le besoin de retrouver un semblant de contrôle sur sa vie, sur ses sentiments. Et quoi -ou qui- de mieux que le Tout-Puissant pour vivifier une foi en mauvaise posture ? S'il avait été croyant, il n'aurait pas eu à cacher sa présence dans l'Eglise. Mais il se sentait comme un enfant dans un sex-shop, un peu intrigué, un peu excité mais pas à sa place. Alors quand la situation finit par vraiment le mettre dans un sale pétrin, il se dit que c'était la suite logique à sa venue. L'inconnue s'était d'abord confiée à lui, sachant en réalité qu'il n'était pas le prêtre de l'Eglise, s'amusant de sa gêne et de son innocence. Lui, avait joué le jeu, incapable de faire autre chose. Et finalement, elle se ravisait. D'un ton blasé, elle annonça que c'était une plaisanterie. Aaron resta muet, même totalement coi. Elle jouait drôlement bien la comédie, il y avait cru à ses histoires de fornication ! « Euh... » lâcha-t-il histoire de témoigner de sa présence. « Non, je viens... » Il ne pouvait lui raconter que c'était pour retrouver son semblant de bon-samaritain et oublier ses idées malsaines qu'il venait à l'Eglise. Il inspira un grand coup. Quitte à jouer un peu, autant redevenir le Hamilton enjoué et à l'aise qu'il avait toujours été. Aussi, d'une voix un peu plus assurée mais empreinte d'une certaine ironie aussi, il donna sa réponse. « J'avais envie de visiter un peu. »
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MessageSujet: Re: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Lun 20 Jan - 0:20


Le bout de son index caressant inlassablement les coutures de son pantalon de tailleur, Erica écoutait l’homme mystérieux qui se trouvait de l’autre côté du confessionnal. Elle fut un peu amusée de voir que se prêter les pires pêchés de la bible avec une voix de dominatrice notoire n’était pas nécessaire pour gêner son interlocuteur. Le jeune homme se débrouillait très bien tout seul, désemparé à la question d’Erica. Enfin « le jeune homme » paraissait juvénile au timbre de sa voix, mais concrètement la belle Erica n’était pas plus avancée sur l’âge de son voisin que sur la véritable foi chrétienne.  Elle sourit légèrement en entendant ses mots indécis, avant de ne pouvoir se retenir de glousser furtivement quand la réponse finale sortit de la bouche du garçon.

- Tu plaisantes ? Tu visites les églises jusque dans l’isoloir ? demanda-t-elle sur un ton rhétorique.

Elle savait très bien qu’il avait inventé cette réponse pour se détourner de la vraie raison de sa venue ici. Erica ne trouvait pas particulièrement que la foi devait se vivre comme une honte, elle se dit qu’elle l’avait probablement refroidit par sa mauvaise blague, que cette scène pouvait donner l’impression de railler l’église plutôt qu’assouvir les fantasmes existentiel d’Erica. Le fait que sa victime avait hypothétiquement un cœur pur, lui brisa le sien le temps d’une fraction de seconde et une vague de remord la pris par surprise. Jusqu’où son égoïsme était-il prêt à aller pour satisfaire ses besoins de divertissement ? Elle qui ne connaissait strictement rien à la théologie mis à part les grandes lignes de la Genèse, avait malgré tout honte de ses blasphèmes. Ce n’était pas une révélation religieuse, mais quelque chose de beaucoup plus psychologique qui motivait la tempête  chahutant ses méninges. Tout ce sentiment d’impunité et de légitimité qu’elle ressentait depuis son retour à MC, cette façon naturelle à descendre les gens d’un seul mot et faire, défaire les amitiés ainsi que les amourettes à Sterling. Toute cette pression qu’elle s’infligeait, ces manières qu’elle avait à choisir ses sourires selon les circonstances et les impressions qu’elle souhaitait donner étaient terribles et la transformer peu à peu en robot.

- Tu ne veux pas rester un peu là ? Dans le noir et au calme avec moi, demanda Erica avec un peu plus d’humilité qu’elle n’en accordait en temps normal.
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MessageSujet: Re: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Lun 10 Fév - 3:05


Comte de Belvèze a écrit : ❝ L'imprévu n'est pas l'impossible : c'est une carte qui est toujours dans le jeu. ❞

    Le ton de la jeune fille pour répondre rhétoriquement à son excuse des plus innocentes le fit sourire. Elle avait de la répartie et lui fit aussitôt penser à son amie Julia Fitzgerald. Lui, n'était pas de ce genre là. Il était gentil et populaire, loin des railleries intelligentes que ces deux demoiselles étaient capables de faire. Étrangement, l'inconnue qui, il fallait bien l'avouer, lui avait fait un peu peur au départ, avec ses histoires sordides de forniquage – les gens confiaient-ils vraiment leurs péchés à un mec qu'ils ne connaissaient pas ? Il n'osait y croire – était devenue bien plus accessible. Même dans le noir, sans la voir, il la sentait soudainement plus humble et honnête. C'était peut-être parce qu'ils étaient étrangers, si proches et si éloignés pourtant, qu'elle pouvait ôter le masque de la vipère sournoise. Il imaginait que les adultes raisonnaient ainsi ; il se demanda alors quel âge pouvait avoir la personne de l'autre côté du parloir.
    Tandis qu'il réfléchissait, conjecturait même, sur l'identité de cette fille qu'il avait certainement déjà vu et qui pourtant, restait un entier mystère, elle projetait un tout autre dessein. D'une voix claire, elle lui demanda de rester là, avec elle. Il fut surpris, se rappelant le petit jeu qu'elle avait failli mener d'une main de maître quelques minutes plus tôt, et de son envie de fuir comme un lapin. Mais, après deux secondes durant lesquels il hésita, Aaron accepta. Il était temps d'accepter l'entracte puisqu'elle lui était offerte sur un plateau. « Ok. Si tu as besoin de parler, tu peux. » Il n'y avait dans sa courte réponse aucun sous-entendu. C'était juste une approbation, une permission qu'il lui présentait. Elle semblait avoir besoin de calme, peut-être sa vie était-elle agitée plus que de nécessaire ? Peut-être se battait-elle avec ce monde maladroit et cruel parfois ? Lui, avait lutti contre lui-même, continuait d'ailleurs. Mais elle, à quoi ressemblaient ses ennemis ? Les rencontrait-elle au détour d'une rue sombre, dans la foule, ou simplement au chevet de sa coiffeuse, face à ce miroir poli ? Trouvait-elle dans son reflet le plus abominable des monstres ?


ps: désolée pour le retard et la longueur du post, c'est court, je sais. :/
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MessageSujet: Re: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Lun 24 Fév - 23:54

La cadence de sa respiration se faisait de plus en plus véloce et l’idée de s’être déjà mise trop à nue devant un parfait inconnu la hantait dès lors. Erica inspira profondément avant d’expirer, un grand coup très fort et bruyamment, son trop-plein de confusion. Les secondes semblaient être des minutes, à un tel point que le silence de l’église et de la pierre froide était assourdissant. Assise sur son siège, la jeune fille fit glisser son voile d’une main et réfléchit à ce qui venait de se produire. Sa vie était chiante et c’était un fait terrible à encaisser. Elle s’efforçait sans cesse de dire « non« lorsqu’elle voulait dire « oui », rire quand elle voulait pleurer et tout un tas d’autres actions, plus fausses les unes que les autres, qui l’éloignaient toujours plus de la sincérité que ses voisins méritaient. Erica souffrait tellement fort depuis sa préadolescence et aujourd’hui, malgré le corps de rêve qu’elle avait tant espérer à ses 12 ans, la brune était toujours aussi mal dans sa peau.

- J’aimerais pouvoir crier, mais je ne suis pas sûre que Jesus accepte de me voir profaner son église plus longtemps, dit-elle. J’ai tellement la haine.

Elle essuya la larme qui coulait sur ses pommettes et qui accompagnait son dernier mot. La haine, la rage, Erica ressentait ces infects sentiments au quotidien. Bien que l’avouer derrière une grille, protégée par l’anonymat, ne l’empêcherait pas d’être toujours plus odieuse en sortant de ce lieu de culte, pouvoir le dire à voix haute était une délivrance. A défaut d’une association d’entraide, qui pourrait se nommait « Les garces anonymes », Aaron était son thérapeute attitré en cette longue journée de dimanche.

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MessageSujet: Re: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Lun 3 Mar - 2:41


Comte de Belvèze a écrit : ❝ L'imprévu n'est pas l'impossible : c'est une carte qui est toujours dans le jeu. ❞

    Oui, Aaron avait permis à l'inconnue de se délivrer de tous les maux qui l'empoisonnaient. Il n'était qu'une voix pour elle, elle n'était qu'un cri désespéré pour lui. Ce jeu auquel elle s'était efforcée de jouer, le mettant dans une situation inconfortable, pour finalement se raviser, tenter d'amorcer une conversation plus ou moins normale, avant une nouvelle fois de changer de direction et de l'implorer, révélait combien la jeune fille était en difficulté. Aaron ne pouvait rien dire sur sa vie, sur qui elle était. Mais il entendait simplement sa voix changer, se muer en mille demandes antagonistes pour enfin lui demander sans détour de rester là avec elle. Et ces bouleversements ne trompaient pas. Quelque chose n'allait pas chez cette fille. Etait-ce ponctuel ou courant ? Vivait-elle heureuse et rencontrait, une fois n'est pas coutume, quelque délicates mésaventures, responsables de sa présence au sein de la maison de Dieu ? Ou bien cachait-elle sous son apparence de diamant une fragile et tendre petite fille que la vie n'avait cessé de malmener ? Aaron ne pouvait le dire, mais il pressentait qu'il en saurait plus bientôt.
    Il n'était pas pressé par le temps, et sa visite impromptue à l'Eglise du quartier devait avoir été motivée pour quelque chose, ordonnée par quelqu'un de plus grand. Si vous voyez ce que je veux dire. Comme inspiré par cette mission divine, il s'était permis d'accepter la demande de son inconnue, prêt à tout entendre d'elle. De toute façon, il ne pourrait jamais relier les mots qu'elle lui adresserait à quiconque. Une voix dans une église, déformée par l'écho contre les murs glacés en pierre blanche, était aussi anonyme que passée dans un filtre.
    Mais cette voix-là, celle que lui offrit la jeune fille, il la garderait précieusement au fond de son cœur. Blessée, meurtrie, peinée, tant de sentiments lugubres, gelés. Elle avoua à Aaron qu'elle mourrait d'envie de crier, mais qu'il lui restait un tant soit peu de raison pour ne pas profaner l'Eglise et son Dieu. S'ils se connaissaient, Aaron lui aurait proposé de sortir, de crier, tout en jurant d'être là pour l'écouter, et d'être l'épaule sur laquelle elle aurait pleuré. Mais... qu'est-ce qui l'empêchait de le faire ? Rien. Rien sinon sa foutue raison qui, pour une fois, avait tort. Aaron était un fonceur, il n'avait pas toujours besoin de réfléchir avant d'agir, et encore mois lorsque cela pouvait aider quelqu'un, inconnu ou non. « Alors on sort. Et tu crieras autant que tu voudras. » Evidemment, la perspective de rencontrer une personne alors qu'on aurait aimer se confier anonymement à elle pouvait l'effrayer. Aaron ajouta : « Moi, je me fiche de savoir qui tu es. Je me fiche de savoir qui tu aimes et qui tu détestes. On peut même rester dos à dos dehors, si tu veux. Je peux fermer les yeux. Mais si tu as besoin de crier, alors arrêtons d'hésiter. » Restait à elle de faire son choix.
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MessageSujet: Re: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Mer 12 Mar - 1:11

La mine éplorée d’Erica s’anima jusqu’à devenir un peu plus interloquée par ce que venait de dire son confesseur fabriqué. Hurler sa rage dehors semblait être un bon plan, mais quelle ignominie devrait-elle subir après le foutoir qu’elle avait imposé à cette église, symbole même de la paix et de la pureté sur terre. Du moment où ses escarpins avait passé les grandes portes en bois vernis de cette maison spirituel, Erica avait profané le lieu. Alors qu’elle se troublait à endosser le terrible rôle de suppôt de Satan, quand l’esprit malin qui l’habitait voulait compliquer la vie de ceux qui l’entourait, la jeune fille s’était presque vu se repentir vers un inconnu. Quel malheur résumait la vie d’Erica, si belle et intelligente. Alors que certains enviaient ce que semblait être son quotidien, Erica vivait un enfer émotionnel. Impuissante face à ses démons, elle ne pouvait renier ce en quoi Andrew l’avait transformait, c’était trop tard. Mais exprimer sa rancœur avec qui elle pensait être un inconnu, en hurlant dans une rue déserte ou dans un parc lui ferait certainement le plus grand bien.
Elle toussota légèrement, gagnant du temps pour s’assurer vraiment vouloir finir de se mettre à nue. Achevant le peu de dignité qui lui restait, sa main se posa sur la poignée de l’isoloir. En silence, la reine de pacotille se leva, repassa les plis de sa jupe à l’aide de ses fines mains parfaitement manucurées et sauta d’un pas, d’un coup net faisant front à son indétermination.

- Je suis dehors, dit-elle d’une voix un peu bougon et gênée à la fois, dépourvue de son air hautain habituel qui laissait place à un air plus innocent qui la faisait ressemblait à une petite fille honteuse.

Son regard fixait la seconde porte du confessionnel, impatiente mais aussi craintive, de voir à qui elle s’était livrée comme elle ne l’avait jamais fait auparavant.
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MessageSujet: Re: Confessions à l'aveugle. [Aaron] Dim 30 Mar - 23:52


Comte de Belvèze a écrit : ❝ L'imprévu n'est pas l'impossible : c'est une carte qui est toujours dans le jeu. ❞

    La journée d'Aaron était un peu étrange. Il n'aurait jamais pu prévoir une telle chose, une telle rencontre, une telle finalité.
    Mais avec le recul, il comprendra que cet entretien, au départ anonyme, avec Erica le rendra meilleur, plus grand, plus lucide. Il cessera de croire à la beauté du monde qu'on lui vend, aux apparences surfaites des jolies filles et des couples parfaits. Il regardera les gens tels qu'ils sont : masqués, grimés, cachés sous d'épaisses carapaces et prêts à exploser à tout instant. Il réalisera que tout autour de lui, les gens ne se comprennent pas, ils vivent comme des machines, poursuivant des desseins fantasques et rêvant à des gloires qui ne leur sont pas nécessaires.
    Pour l'heure, il attendait la réponse de son inconnue. Il lui avait proposé de quitter l'austérité de l'église pour la liberté de l'extérieur et ainsi épancher son mal dans un cri. Lorsque lui-même allait mal, lorsqu'il sentait les émotions le dévorer tout entier, il finissait par fuir dans la forêt, courir, se défouler, crier, frapper. Certains jetaient leurs sentiments sur une toile, d'autres couchaient leur douleur sur du papier ; lui avait besoin de le sentir quitter son corps physiquement. Transpirer, crier, souffler et haleter. Il sentait la haine et le chagrin s'évanouir dans l'air et son corps s'assainir. C'était une sensation qui n'avait nulle pareille ; même l'orgasme ne lui procurait pas un tel soulagement.
    Aaron entendit la jeune fille toussoter et se lever. La porte de l'isoloir, de son côté, s'ouvrit, laissant passer la lumière jusqu'à lui. Il vit sa silhouette s'étendre et il comprit qu'elle acceptait sa proposition. Il s'en sentit fier et un certain ravissement le gagna. Loin d'être le plus grand psychologue de Magnolia, il venait de trouver une solution pour remédier au malaise de la demoiselle en détresse qui s'était présentée à lui. Il attendit qu'elle l'appelle pour sortir à son tour. Finalement, l'inquiétude remplaça le sentiment d'allégresse et le terrassa. Et s'il la connaissait ? S'il n'avait pas reconnu la voix, modifiée par l'écho et l'étrange acoustique de cet endroit édifiant, d'une de ses amies ? Il prit une seconde pour noter mentalement tout ce qu'il avait à perdre et à gagner, avant d'effacer sa liste d'un revers de la main. Il n'était pas question de lui mais d'elle.
    Il inspira profondément et quitta son assise confortable pour se révéler à l'inconnue qui devait s'impatienter. Il ouvrit la porte et tomba à quelques mètres d'une brunette qui lui disait fortement quelque chose. En réalité, il avait son nom au bout des lèvres : Erica Daniels.
    La jolie jeune femme était la soeur de sa patronne, Natalie, pour laquelle il effectuait un long stage depuis deux ans. Il avait vu Erica une ou deux fois chez elle, et l'avait également croisée au lycée. Une drôle de moue, mi-gênée mi rassurée, s'imprima sur son visage.

    -Erica, commença-t-il comme pour la saluer, sans même prendre en compte le fait qu'ils parlaient depuis quelques minutes déjà.

    Il l'invita d'un geste de la main à sortir purement et simplement de l'Eglise, à quitter les bougeoirs lustrés et relustrés encore et encore, les cierges allumés, les odeurs d'encens et les vitraux à l'effigie d'un Dieu qui les veillait peut-être avec quelques lacunes. Une fois à l'extérieur, Aaron la laisserait crier, si elle le voulait encore, même devant un garçon qu'elle connaissait. Parce qu'il ne la jugeait pas, garderait pour lui leur escapade étrange au sein de la maison du Seigneur. Et que de ce cri qu'elle pousserait, elle fermerait un fistule dérangeant qui la brûlait de l'intérieur. Être libre de tout, de la société, des moeurs, de la famille et des amis, de tous et de toutes choses, rendait éperdument sage et heureux.

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Confessions à l'aveugle. [Aaron]

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