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Run, Julia, Run !

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MessageSujet: Run, Julia, Run ! Lun 14 Oct - 19:33



Charles-Ferdinand Ramuz a écrit : ❝ Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens. ❞


    Je n'ai plus de souffle, je veux que l'on m'écoute. La fatigue me guette. Ma situation me rend fou. Je n'arrive à rien, tout devient obstacle. Je ne saute plus aucune haie. Les cours, la famille, le sport. C'est un cauchemar qui ne s'arrête plus brutalement à l'éveil. Je plonge tête baissée dans une boue noire et vaseuse. L'envie disparaît doucement, le plaisir aussi. Le temps passe mais les secondes sont fades. Je commence à me demander comment tout ceci va se terminer. Plus de doute pour m'en sortir, je dois tenir et construire mon futur. Imaginer un endroit qui me conviendrait et me rendrait heureux. Il faudrait que je m'y trouve des sourires, des regards qui pétillent, de la vie. Partir à la conquête d'une vie moins dure ne me semble plus être seulement un rêve : c'est un besoin inhérent. Je ne supporte plus Heather qui n'a pas pris aux sérieux mes avertissements. Elle subit le courroux invasif de Dirty Secret. J'aimerai qu'elle ouvre les yeux sur le mal qu'elle nous a fait. Sûr que c'est pas gagné mais l'espoir comme les braises d'un feu ardent continue de se consumer au fond de moi. NJ et Elin grandissent, elles s'éloignent, s'aiment et se détestent comme chien et chat. Je ne peux cependant pas compter sur elle pour me rendre le soupçon de vivacité qui s'est enfui. Je pourrai rester comme un brave garçon avec mes parents, à me languir de leurs relents de nostalgie et leurs moeurs sur-protectrice mais j'assure mes arrières. Pour connaître l'amour et le monde, je dois les quitter à mon tour. Jusqu'à preuve du contraire, je ne m'appelle pas Tanguy. Le sport aurait pu m'aider, mais tout ceci devient une pression supplémentaire. Les regards déçus de mes entraîneurs, de mes coéquipiers me pèsent. Pourquoi ne comprennent-ils pas que passer pro' ne m'intéresse pas ? Incapable de leur délivrer ce message sans me tuer à la tâche, je m'absente plus souvent.
    Toute cette routine épouvantable me rend barge. Et je me rends compte qu'il faudra que je cours tous les jours pour surmonter ces épreuves. Mais faudra-t-il que je cours jusqu'au bout ? Jusqu'à ce que l'endorphine me shoote et m'enlève les horreurs du quotidien ? Jusqu'à ce que le souffle me manque ? Pour connaître le monde et l'amour, pour ne pas devenir aigri et colérique, j'en suis sûr : il faudra que je cours, tous les jours.
    Je pars de la maison, baskets aux pieds. Je me lance dans cette course-poursuite avec le bonheur. Je m'enfonce dans le parc où le silence règne. Je tourne encore et toujours, parcours des kilomètres, halète et me maltraite. J'voudrais m'arrêter, j'peux plus respirer. Mon coeur bat à tout rompre. Je m'oblige à contre-coeur à stopper ma course. J'ai peur que l'hormone du bonheur ne suffise pas à m'extasier. A travers les bouffées d'air que je tente de récupérer, j'entends des pas derrière moi. Je me retourne et trouve Julia Fitzgerald. Je rigole un peu devant son allure tranquille et attend qu'elle arrive à ma hauteur. Je m'assieds par terre pour faire quelques abdos. Je lève mes jambes et mon buste et tient pendant dix secondes. Je répète l'exercice au moins huit fois, elle arrive enfin et je lâche, le sourire aux lèvres. « La Fitz ! A ce que je vois, tu n'as pas progressé  des masses depuis la dernière fois ! »

Je cours - Kyo


Dernière édition par Aaron Hamilton le Lun 4 Nov - 22:13, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Jeu 17 Oct - 21:49

Julia s'était levée tôt. Enfin, à dix heures, ce qui était relativement tôt pour une habituée de midi. Elle était sortit fumer sa petite clope du matin, qui faisait office de petit déjeuner, avait pris son temps, comme à son habitude, puis ne trouvant aucune motivation pour quoique ce soit elle avait soudain eu envie d'aller courir, de se défouler, de prendre l'air. Elle était donc allée chercher au fin fond de son armoire un jogging, qui n'en était pas sorti depuis très longtemps, et avait pris la porte, ignorant le regard étonné de Henry par-dessus son journal lorsqu'elle passa devant lui.
Elle frissonna lorsqu'une brise glaciale vint lui frôler les épaules, n'étant couverte que d'un tee-shirt. À vrai dire c'était exactement ce vent frais qu'elle recherchait, l'esprit encore embrumé par les vapeurs du sommeil. Elle quitta le quartier en marchant d'un pas tranquille, dépassant des maisons pour la plupart déjà vides de leurs propriétaires partis travailler. La vie continuait son chemin dans la petite ville du New Jersey, et la rentrée avait avalé la plupart des habitants, qui se retrouvaient  à nouveau plongés dans leurs cours ou leur boulot. Julia elle-même avait décidé de prendre un nouveau départ, démissionnant du Gordon Coffee pour aller s'inscrivre à la fac de la ville. À vrai dire son diplôme d'art datait un peu et elle avait besoin de se remettre à niveau, alors pleine de bonnes résolutions pour la nouvelle année elle s'était motivé pour reprendre le rythme, petit à petit. Et aujourd'hui, un peu de sport ne lui ferait pas de mal.
Elle accéléra le pas, arrivant déjà près du centre-ville. Jetant un coup d’œil à l'un des magasins encore ouvert, elle s'interdit d'être tentée par cet échappatoire et fit mine de courir lorsqu'elle sentit le regard d'un passant sur elle. Enfin, courir était un bien grand mot. À vrai dire elle se pensait capable de mieux, mais c'était plus facile à dire qu'à faire. Profitant du coin de la rue pour s'y cacher et reprendre la marche, elle se retrouva devant l'entrée du parc et décida d'y entrer, espérant qu'il n'y aurait pas trop de monde un matin de week-end. Au bout de cents mètres elle se retrouva nez à nez avec des mères près de leurs poussettes, des enfants jouant à quelques jeux construits sur les étendues d'herbe, criant et courant dans tous les sens. À croire qu'ils n'allaient plus au lit ni à l'école. Elle les esquiva et finit par trouver un coin calme un peu plus loin. Enfin, pas vraiment, elle n'était décidément pas la seule à être sortie de chez elle ce matin ; un garçon faisait, comme elle – presque comme elle – son footing. Et lui n'y allait pas de main morte. D'ailleurs il semblait suffoquer à en perdre haleine. La Fitz eut un petit rire. Encore un qui ne cherchait qu'à faire plus, toujours plus. Elle au moins avait la bonne technique pour ne pas s'épuiser, elle courait à un petit rythme, tout en douceur. Mais lorsque ledit coureur se retourna vers elle et qu'elle se rendit compte de son identité, ça ne l'étonna plus tant que ça. Comme si ce n'était pas assez, Monsieur s'assit et se mit à faire des abdos. Julia profita de sa présence pour ralentir et prit son temps avant d'arriver à sa hauteur. Et comme à son habitude, Aaron l'accueillit avec un petit commentaire encourageant. « Et toi tu n'es pas obligé de faire semblant, on sait tous qu'en vrai tes muscles... » elle posa le pied sur son ventre et se mit à appuyer. « ..c'est du carton. »


Dernière édition par Julia Fitzgerald le Lun 11 Nov - 11:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Lun 4 Nov - 22:21



Charles-Ferdinand Ramuz a écrit : ❝ Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens. ❞


    Julia Fitzgerald et Aaron Hamilton. Elle et moi avons une relation toute particulière. En soi, nous nous aimons bien. On se croise souvent, dans le quartier. On se salue, on se sourit. Il nous arrive de déconner ensemble. Julia est marrante, même déjantée. Lorsqu'on se rencontre par hasard lors d'une soirée, on peut passer des heures de folie à rire de tout et de rien. J'adore cette fille, sauf dans deux occasions. Lorsqu'elle est shootée, d'une part. Comme tous les drogués, elle est insupportable. Sans limite, sans remords, prête à tout, au meilleur et surtout au pire. Elle parle ou trop fort ou pas du tout. Il n'existe alors aucun juste milieu, juste deux extrêmes qui s'enchaînent ou s'entre-croisent. Soumise à la drogue, je la déteste. D'autre part, ni elle ni moi ne nous supportons lorsqu'on parle de sport. Elle l'est par loisir, pour s'entretenir, tandis que moi je passe jours et nuits à penser efforts. Football, natation, danse, volley, basket, base-ball, toutes les disciplines y sont passées. Et parfois, quand nous nous croisons dans le parc, le dimanche matin, les critiques fusent. La première fois fut la pire. Elle critiqua ma façon de courir, de me la jouer trop hautain et beau gosse, les cheveux collés au front par la transpiration. Comme il me semblait hors de question de me laisser faire, je répliquais qu'elle pourrait continuer son baratin si elle était capable de me suivre. J'augmentai sans lui dire mon rythme de croisière et elle ne tint pas longtemps. Je pus alors me moquer gentiment d'elle, mais elle n'apprécia pas. Enfin, nous revoilà encore, face à face, dans le parc. Je me doute d'avance que la situation risque d'exploser. Je la charrie lorsqu'elle arrive à ma hauteur, et elle me renvoie aussitôt la balle. Je respecte son répondant. « Du carton ? Tu confonds certainement avec le béton. » Je décale son pied et me relève aisément. J'époussette mes fesses de toutes les feuilles et la terre qui ont pu s'y accrocher. Comme la blonde s'est arrêté, je relance : « Tu veux qu'on fasse une pause ? Si tu es fatiguée, faut pas hésiter hein. » Je lui fais un clin d'oeil coquin et m'étire les bras. Je ne sais pas pourquoi ce sujet est si terrible. On dirait deux petits vieux qui chipotent sur l'intérêt du bridge ou du scrabble. Je nous trouve parfaitement ridicule mais cette situation m'amuse alors je ne compte pas lâcher l'affaire.


Dernière édition par Aaron Hamilton le Mer 13 Nov - 20:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Lun 11 Nov - 12:34

Il recommençait. Julia lui avait déjà fait la réflexion : mon gars, t'es un peu trop sûr de toi des fois. Il n'avait pas avalé la pilule, l'arrogant, elle l'avait bien vu, et l'avait même mise au défi de suivre son rythme, comme une petite vengeance. Quel mauvais joueur. Et là, il recommençait. Ses muscles, du béton, ha, la bonne blague. Elle avait une légère envie de le défoncer, et elle aurait pu si elle voulait, elle s'était déjà battue elle. Mais bon, elle n'avait pas trop envie de lui mettre la honte de sa vie en le mettant au tapis. (a) Finalement elle lui fit une grimace et murmura un petit « c'est ça ouais. » dans son dos parce que même si elle l'aimait bien il l'énervait. Surtout quand il faisait du sport. C'est à dire à peu près tout le temps.
Elle fit mine de rire à ses mots. Elle, fatiguée ? Même pas, elle avait encore de l'énergie en réserve. Et c'était vrai – parce qu'elle n'avait jusque là quasiment pas couru. Et pour le coup, elle ne pouvait pas trouver de meilleure personne qu'Aaron Hamilton pour se motiver. Et se fatiguer.

« C'est toi qui a l'air fatigué, on dirait une baleine en train de se noyer dans sa sueur. Un peu plus et tes poumons vont te ressortir par les trous de nez, Mobidick. »

C'était un peu dégueulasse en fait, de voir une partie de tee-shirt plus sombre que l'autre à cause de toute la transpiration. Et c'était aussi une des raisons pour lesquelles elle n'aimait pas faire de sport, parce qu'en plus de n'avoir jamais été très douée en la matière, elle ne ressemblait plus à rien après avoir couru – quand elle arrivait à courir. Mais maintenant qu'il la mettait au défi de le suivre – encore – elle n'allait pas rebrousser chemin et le laisser gagner. Sa fierté était en jeu et elle valait trop cher pour qu'elle la laisse derrière elle, surtout à ce gars-là.
Elle prit une grande inspiration, sautilla sur place puis s'élança sans attendre le garçon. Mais lentement, hein, faut pas déconner, elle ne s'appelait pas Usain Bolt elle. Et puis elle ne voulait pas trop distancer Aaron, quand même.
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Ven 15 Nov - 0:05



Charles-Ferdinand Ramuz a écrit : ❝ Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens. ❞


    En fait, je sais ce qui me débecte avec Julia. Bon, vous l'avez partiellement ou entièrement ou pas du tout compris -je m'en fiche de ce que vous avez compris, en fait-, mais à la base, elle et moi, on peut être amis. Du moins, il nous arrive de l'être. Seulement, qu'elle soit droguée, essoufflée par un sprint longue distance, dans son pain pépère, à manger des donuts ou bien à faire des choses non catholiques avec peu importe qui, Julia a un don. Un putain de don qui me rend fou. Totalement dingue. Elle avait du répondant. Et pas juste du répondant tranquille. Non, ça c'était pour les filles McClair et leurs révélations divines à deux francs six sous, Julia, elle, elle avait du répondant méchant. Le genre qui vous laisse sur le cul non pas par l'absurdité des propos qui viennent d'entrer dans vos oreilles, mais parce qu'ils sont affreusement cinglants. J'avais envie de dire sanglants, ça marche aussi. Et encore une fois, la Fitzgerald m'en a fait une démonstration incroyable. Là, je suis comme un con, à chercher quoi redire à ça. Mais Mobidick a de l'eau plein la bouche et... Oui, décidément, je la déteste. J'aurai aimé avoir ce don là aussi. J'aurai certainement eu plus de prestance, moins d'ennemis, et puis j'aurai pu renvoyer la balle en deux-deux à cette fichue blonde. Là, j'ai l'air tellement ridicule, à la regarder, l'air dépité. Elle ne sait évidemment pas que je m'auto-dépite. « Tu es méchante. » je lâche comme un enfant qu'on vient de vexer. C'est un jeu d'acteur, hein ! N'allez pas croire que les propos de Miss je-me-dandine-comme-une-oie vont me blesser. Ma mine bougonne s'évanouit pour laisser place à mon visage naturel. Je roule des yeux avant de soupirer pour lui témoigner mon dédain. « Décidément, même moi, le grand Aaron, je ne sais pas quoi répondre à ça. » Julia repart sans moi, après un petit sursaut comme les grands coureurs. Je la suis avec une petite seconde de retard, que je comble rapido presto. Je fais un bref effort pour m'accorder à son rythme. Elle est lente, j'en jubile d'avance. A cette cadence, je peux faire un monologue ou chanter du Johnny Halliday sans haleter. Elle, je suis sûr qu'une petite conversation risque de l'asphyxier. « Et tu cours souvent comme ça ? Enfin non, vu comme t'es gaulée, ça doit faire une éternité que tu ne t'es pas bougée. » Pan, dans tes dents la blonde. Aaron Hamilton ne se laissera pas marcher sur les petons.
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Mar 10 Déc - 22:27

Julia respectait les gymnastes, qui étaient super souples. Et les coureurs, qui étaient super rapides. Et les nageurs, qui pouvaient faire plein de longueurs sans se noyer toutes les trente-six secondes. Et les basketteurs, qui pouvaient courir d'un bout à l'autre du terrain sans suffoquer, ni laisser la balle leur échapper. Parce qu'elle, devait avoir un problème avec le sport. Les balles ne l'aimaient pas, l'eau ne l'aimait pas, et ni son système respiratoire ni son corps ne l'aimait. Elle avait tiré le jackpot, et à peu près une fois tous les trente-six du mois elle trouvait assez de motivation pour sortir un jogging un peu moins crasseux que la sueur que certains pouvaient y mettre. Mais que, de toute évidence, elle serait bien en peine de transpirer. Et elle sortait dans la rue, comme ça, pour courir. Normal. Aux yeux ronds que Henry lui avait fait, ça en surprenait plus d'un. À vrai dire elle n'avait plus couru depuis ses années collège, et vu le nombre de clopes qu'elle s'enfilait, son corps avait de quoi souffrir, quand une de ses lubies de faire du sport la prenait.
Elle fit une grimace au Hamilton, finalement fière d'avoir su lui clouer le bec. Flash McQueen faisait moins le malin, d'un coup. Mais sur ce sujet-là il trouvait toujours quelque chose à lui redire, alors la vanne ne tarda pas, bien évidemment. Lui filant un coup de coude à ses mots, elle le fit dévier un peu de son chemin. C'est qu'il la cherchait, le p'tit.

« Je bosse moi, j'ai pas le temps de rouler du cul tous les jours. »

Sa flemmardise mise de côté, c'était une excuse véridique. Tandis que pour certains, c'était une passion, pour la Fitz ce n'était même pas un passe-temps. Si ses deux soeurs étaient du genre très sportives, il n'en était rien pour Julia. Elle avait fait de la danse classique un mauvais souvenir de son enfance, tandis que son ainé en faisant son métier. Elle avait fait du chearleading une option rayée d'avance, tandis que la benjamine en avait fait une réalité. Elle pouvait au moins s'appuyer sur James, qui n'était pas un grand sportif non plus. À croire que le gène sautait une génération sur deux.


Dernière édition par Julia Fitzgerald le Dim 29 Déc - 9:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Sam 28 Déc - 2:14



Charles-Ferdinand Ramuz a écrit : ❝ Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens. ❞

    Je ne sais pas ni ne comprends pourquoi Julia et moi nous nous sentons obligés de faire ça. On pourrait juste se saluer et poursuivre chacun de notre côté. On pourrait se croiser, s'aider, oublier les conneries du passé. On pourrait se dire "On s'fait une bouffe" et se séparer pour préparer ça. Mais non. On n'y arrive pas, on préfère se tirer dans les pattes comme deux gosses têtus. D'une certaine manière, je sais que cette relation ne me fatigue pas. Je dors sur mes deux oreilles et ne cauchemarde pas de sa tignasse blonde et de sa cellulite. Je profite de croiser son chemin une fois tous les trente-six du mois pour la taquiner et en prendre pour mon grade. C'est un peu masochiste, en fait, comme amitié. Et pourtant, je continue. Je dois aimer ça, c'est triste à dire.
    Comme je viens de lui faire une remarque sur son physique, sur ses fesses qui rebondissent et sa peau d'orange qui se dessine à travers le jogging qu'elle a enfilé, je m'attends à une petite réflexion de sa part. Manque de bol, je doute qu'elle parvienne à me trouver un défaut de ce genre. Je me fais quinze kilomètres tous les dimanches, et c'est sans compter les entraînements de football us hebdomadaires et les rendez-vous piscine avec l'équipe de la fac. Alors ouais, il faudra aller chercher le gras, ma grande ! Seulement, je vis presque avec déception le fait qu'elle ne se détourne pas sur moi. Elle argumente son manque de sportivité avec le travail qui - semble-t-il - lui prend du temps. Je ne savais pas que Madame Fitz bossait. Elle deale, peut-être ? Bon ok, je suis mauvaise langue.
    « Ah ? Mais tu bosses assise ou bien ? » Je voulais me tenter une vanne mais finalement, préfère rebondir sur un sujet plus sérieux. Quel homme je fais ! « Tu taffes où ? » Etrangement, avec certaines personnes, mon dialecte est poli, calme et pensé. Mais avec Julia, je n'ai aucune de toutes ces convenances. Je parle comme je pense, et avec toutes les horreurs de syntaxe que cela comporte. Elle en fait autant. Et puis, c'est honnête, comme conversation. Pas le temps de réfléchir des années, juste de parler et d'avoir une relation simple. Enfin, simple, pour elle et moi, nos taquineries sportives masochistes, c'est vite dit !
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Dim 29 Déc - 10:34

Julia commençait à souffrir. Elle le sentait, mais pas de raison de s'arrêter de si tôt! Ils avaient fait quoi, cents mètres ? Et ils couraient à petite allure. Elle n'avait pas d'excuse pour s'arrêter et si elle osait le faire, Aaron s'empresserait de la charrier, de dire qu'elle n'était même pas capable de faire toute l'allée en courant. C'était vrai, elle n'en était pas capable. Mais la fierté légentaire de la Fitzgerald la poussait à continuer. Quitte à recracher ses poumons et s'étaler comme une grosse masse sur le sol. Tant pis. Aaron lui avait lancé un défi, elle n'était pas du genre à laisser gagner ses concurrents. Surtout, ô diable surtout quand il s'agissait d'Aaron Hamilton et que le défi en question était de se mettre à courir. C'était trop facile de prétexter que, si lui y arrivait si bien, c'est parce qu'il en faisait depuis bien, bien plus longtemps qu'elle, qu'il avait tout un entrainement derrière et même qu'il aimait ça. Tandis qu'elle, des entrainements, elle n'en avait reçu aucun. Elle faisait pour ainsi dire rarement de sport et, pour couronner le tout, détestait royalement faire du sport.
C'est vrai quoi, ce n'était pas de sa faute si elle travaillait. En plus elle n'aimait pas le sport, voilà, c'est comme ça, elle n'allait pas se forcer non plus. Même à l'école elle n'aimait pas ça, même en maternelle, c'est pour dire. On dit que même le jour de sa naissance, elle a mit des heures et des heures à sortir du ventre de sa mère. Des fois, Henry la taquinait sur ça en disant que, déjà, c'était une petite flemmarde. Julia, elle, pense qu'à cet âge, c'est à dire neuf mois tout juste, elle savait déjà que c'était dans une famille merdique qu'elle atterissait, où elle allait devoir vivre et grandir. Forcément, ça décourage.

« Oui, assise, enfin en général c'est plus pratique. »

Julia fronça les sourcils à sa remarque. Elle n'avait pas compris. Il était quand même bien louche ce gars ! Elle ne savait pas si c'était juste ses fréquentations, ou si c'était vraiment lui dans sa tête, mais des fois il lui faisait peur. Enfin bon, de toute manière, encore quelques mètres et elle pourrait se tourner vers lui, un grand sourire aux lèvres, en s'écriant que, voilà, il avait tort, elle pouvait courir sur une distance donnée. Mais en attendant, Julia avait du mal à reprendre son souffle. Elle avait déjà du mal à courir tout court, si en plus il fallait qu'ils se tapent la discute en même temps, ça n'allait pas le faire. Alors elle mit un petit moment avant de lui répondre, déjà parce que ça l'étonnait qu'il s'intéresse à ce qu'elle faisait dans sa vie, ensuite parce qu'elle essayait de ne pas suffoquer tout en parlant.

« Chez un illustrateur. C'est sportif à sa façon ! Toi, tu fais autre chose que suer dans ta vie ? »

Aaron ne risquait pas de comprendre. Il était un peu comme ces grosses brutes qui n'ont rien dans le crâne hormis leur sport et, à la rigueur, leurs nanas. À ceci près qu'Aaron n'avait pas vraiment la taille d'un colosse. Néanmoins le sport résidait de toute évidence dans le mouvement de tout le corps, que ce soit avec du foot, du tennis, de la natation...Alors si Julia lui disait que le fait de devoir faire des dessins, des acryliques ou des peintures avec un temps donné était presque aussi épuisant que de se déchaîner sur un terrain de basket, il ne risquait pas de comprendre.
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Lun 30 Déc - 21:13



Charles-Ferdinand Ramuz a écrit : ❝ Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens. ❞

    Les foulées s'enchaînent sans que j'ai à souffrir de la distance. J'ai l'habitude de courir, que ce soit sans raison, pour m'entretenir ou pour attraper un ballon. Je sais comment respirer pour garder l'haleine et dépasser mes limites. Deux courtes par le nez, une longue par la bouche. Pourquoi ? Inspirer par le nez évite à certaines molécules nocives de ne pas pénétrer dans les poumons, notamment grâce aux poils du nez - et lui, il ne doit pas tomber souvent malade - et expirer par la bouche pour se libérer des atomes de dioxyde de carbone. Après cette leçon de médecine sportive, j'en reviens à vous, mes choux. Donc, si l'endurance ne me pose aucun soucis, je sens qu'à côté de moi, Julia a plus de mal. Il faut dire qu'en plus de courir alors qu'elle en a pas tout à fait l'habitude, je la force à discuter. Quel vilain garçon je fais !
    Comme je lui ai demandé ce qu'elle faisait de ses journées, elle me répond en deux fois. La première, elle m'explique qu'elle travaille assise, soit disant parce que c'est plus pratique. Le temps qu'elle laisse filer me permet d'imaginer toutes les manières de gagner de l'argent en restant assis. Et je vous assure qu'il y en a un paquet ! Seulement Julia vient à mon secours et précise qu'elle est employé d'un illustrateur. Elle ajoute que c'est sportif à sa façon. J'arque un sourcil mais ne relève pas. Elle bougerait plus dans un fast-food, en tout cas. « Mouais. » Elle m'a demandé ce que je fais dans la vie, je suis fier et n'hésite pas à lui répondre. « Je suis encore à la fac. Je suis en journalisme. » Nous continuons de courir mais j'entends à sa respiration que Julia commence à saturer. Je vois le bout du chemin à une centaine de mètres. De mémoire, je me souviens qu'il y a deux bancs et un robinet auquel je me ferai un plaisir de boire. Nous y parvenons rapidement et je m'arrête pour faire quelques étirements. « Arrêtons-nous là une seconde. Je ne veux pas te voir faire un malaise. Tu respires comme si on était à trois mille mètres d'altitude ! » Je souris et pose mon pied sur le banc pour étirer mes mollets.
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Sam 4 Jan - 11:17

Julia ralentit très légèrement le rythme, espérant que ça passerait inaperçu et qu'ils pourraient ainsi, de fil en aiguille, courir si lentement que ça reviendrait à marcher. Mais Aaron, qui gardait toujours la même allure, la dépassa et elle dut accélérer, au risque qu'il remarque son petit manège et la chambre une fois de plus. Elle n'allait pas pouvoir tenir longtemps en tout cas, il fallait qu'elle trouve une technique, un moyen, une ruse pour les faire s'arrêter. Dans sa tête elle récita toutes les excuses qu'elle pourrait trouver. Le lacet défait. Ça pouvait marcher, s'il ne regardait pas ses chaussures avant qu'elle ait le temps de se baisser. Ou encore dire qu'ils se dirigeaient droit vers un cul-de-sac. Ça ne servait à rien de ne serait-ce qu'y penser, Aaron devait connaître le coin comme sa poche. Julia désespérait. Ce n'était peut-être qu'un pari, mais elle ne supportait pas de perdre les défis. En particulier quand il s'agissait d'un Hamilton, le fils Hamilton plus précisément, et qu'il y avait de fortes chances pour qu'il lui ressorte cette vieille histoire dix ans plus tard. À choisir elle préférerait être celle qui l'humilierait en exagérant la situation et le contexte. D'où l'importance de ne surtout pas s'arrêter maintenant.

« Et tu devrais pas avoir la tête dans les révisions, plus que de faire ton jogging ? »

Sous-entendu, plutôt que venir me faire chier. Pour une fois que Julia faisait du sport, même si ce n'était pas fameux, il fallait qu'on vienne la déranger. Lui, en plus, Aaron Hamilton, le sportif par définition du quartier, celui qui était capable de courir dix kilomètres avant de tout juste commencer à faiblir, qui pouvait se vanter d'être à deux doigts de dépasser Usain Bolt ou que sais-je encore. Jackpot. Le genre à passablement énerver Julia en moins de deux secondes et demi. Le genre qui la forçait vraiment à courir, alors qu'elle avait en tête de simplement faire semblant.
Et puis, miracle, Dieu existe. En face d'eux, des bancs, un robinet d'eau potable. Le rêve, ce que Julia n'espérait plus. Voilà, elle n'avait qu'à prétexter qu'il n'y avait plus aucune bouteille chez elle et qu'elle mourrait de soif depuis deux jours. Pour un peu, ce serait aussi le cas d'Aaron, à voir comment il suait il ne devait plus lui rester une goutte d'eau dans le corps. Ils atteignirent ce petit paradis et, pendant une demi-seconde, Julia crut qu'ils n'allaient pas s'arrêter. Finalement Aaron ralentit le pas, prétextant qu'il n'avait pas envie de la voir s'évanouir. Julia poussa un soupir de soulagement, de fatigue, d'exténuation, d'un peu tout en fait.

« Bah alors, t'es fatigué ? »

Elle ricana mais s'arrêta vite fait. C'est bon, elle n'en pouvait plus, elle en avait marre. Pour se donner une contenance elle s'aggripa au dossier du banc et souffla, aussi discrètement que possible pour que le garçon ne remarque pas à quel point elle avait perdu son souffle, mais elle avait l'impression que si elle se retenait plus longtemps elle allait s'étouffer avec son propre air. Tant pis, elle avait tout donné, elle avait fait son possible, mais il fallait bien s'avouer perdant. Aaron était imbattable à ce jeu-là. Elle se laissa tomber à même le sol, en respirant comme un ours, agonisant, à deux doigts de décéder ici, sur ce parterre de fleurs, après avoir couru trois cent mètres. Quelle mort géniale.
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Lun 10 Fév - 2:53



Charles-Ferdinand Ramuz a écrit : ❝ Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens. ❞

    Nous courrons depuis un bail. Enfin, pas si longtemps que ça mais j'entends Julia souffler comme un bœuf à côté de moi. C'est dérangeant et aussi assez inquiétant. Quelle idée de vouloir aller à un rythme qui n'est pas le sien. Ah mais oui, suis-je bête, Julia est têtue comme une bourrique et elle est surtout plus fière d'un coq. En réalité, nul besoin de toutes ces comparaisons avec la zoologie pour rappeler comme la fille Fitzgerald n'aime pas être inférieure à quiconque. C'est d'ailleurs de ce sentiment, voire de ce trait de caractère, qu'elle puise toutes ses critiques et sa répartie glaçante.
    Elle me demande d'ailleurs si bosser ne me semble pas plus important que me dégourdir les jambes. Kiff kiff, en fait. Faire mon jogging atténue l'oppression que je ressens dans les études. C'est donc tout bon, surtout qu'une fois avoir couru, je me sens d'attaque pour lire mes bouquins obligatoires et rédiger mes articles. « Bah le journalisme, c'est pas tellement une passion tu vois. » Ok, je viens de me confier. A Julia Fitzgerald. Avec un ton qui sent le mal-être à plein nez. Quel pauv' gosse je fais. Seulement, on continue à aligner les foulements(c'est foulées mais osef, ça me fait un mot !) et bientôt, on tombe sur une escale. Deux bancs sales, un robinet rouillé duquel coule une eau à peine potable mais eau quand même. Je décide qu'il est temps que Julia s'arrête si je ne veux pas être responsable d'une mutinerie de sa biologie. Evidemment, elle me sort une pique prévisible à des kilomètres à la ronde. Je soupire et lève les yeux au ciel pendant que je tire sur mes mollets pour ne pas souffrir d'une éventuelle - et impensable compte tenu de mon activité sportive régulière – crampe. « Respire avec le ventre et ne bois pas trop vite. » je lui conseille avec toute mes amitiés. Tandis qu'elle se désaltère et se repose, je l'interroge : « Et toi, le footing, c'est pour quoi ? ». Je considère qu'on a généralement une raison de se meurtrir le corps ; et souvent, c'est pour oublier que c'est l'âme qui souffre. Que de poésie en moi !
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Sam 26 Avr - 15:50

Julia en avait, de ces idées, parfois. Elle consommait entre un et deux paquets par semaine, sans compter tout ce qu’elle pouvait s’enfiler ou fumer en soirée, et elle pensait être capable de faire un footing comme n’importe qui. Au moins ce n’était pas faute d’avoir essayé. Mais son sens du défi lui dictait de ne pas abandonner, même si elle devait s’étouffer en courant ou faire de l'hypoglycémie, elle refusait catégoriquement de laisser la joie à Aaron de remporter ce défi muet qu’ils s’étaient lancés. Elle voulait lui prouver qu’elle pouvait le faire, elle aussi, même si c’était faux et qu’elle le savait parfaitement. Comme si Aaron voulait profiter de la situation, il trouva judicieux de lancer une discussion à ce moment-là. Comme si Julia n’avait rien d’autre à faire de son souffle que de l’utiliser pour lui parler. Alors, entre deux bouffées et inspirations si grosses qu’on aurait dit qu’on l’étranglait par derrière, elle s’efforçait de répondre à Aaron sans mettre trois jours entre deux phrases. Et finalement, ils arrivaient à tenir une conversation sans s’assassiner à coup de mots et phrases cinglantes, ce qui était bien une première pour eux. Alors qu’ils approchaient d’un coin tranquille, où Julia espérait pouvoir se poser quelques secondes, résignée à ne pas mourir là à cause d’un stupide challenge et tant pis si Aaron le gagnait, ce défi, celui-ci avoua, sur un ton qui sentait mauvais, que ses études n’étaient pas franchement sa passion. Julia haussa un sourcil, surprise. Elle savait que pas mal de parents forçaient leurs enfants à faire des études qui leur plaisaient plus à eux qu’à leur progéniture, mais elle pensait Aaron assez déterminé pour faire ce qui lui plaisait, et rien d’autre. Elle allait répondre, quand le garçon lui donna ses conseils pour boire. Elle en avait franchement rien à faire, aussi se jeta-t-elle sur les robinets, mais alors qu’elle alignait les goulées elle s’efforça de mettre secrètement en pratique ce qu’il venait de lui dire. Après tout, il n’avait pas besoin de savoir qu’elle suivait ses conseils. Et puis, ça n’arrivait qu’à Julia, elle manqua de s’étouffer alors qu’elle essayait de « respirer avec le ventre sans boire trop vite ». Une fois qu’elle se fut désaltérée, elle se laissa tomber sur un banc, qui était à peine plus confortable que le sol. Elle soupira sans cacher sa fatigue, haussant les épaules à la question d’Aaron. Elle en savait franchement rien, de pourquoi elle s’était mise soudain à courir, alors qu’elle était à deux doigts d’avoir une crise d'asthme. « Me changer les idées, j’imagine. » On ne pouvait pas dire que ça marchait. Maintenant elle ne pensait plus qu’à s’arrêter, reprendre son souffle, et ne plus jamais, au grand jamais, se remettre à courir même deux cents mètres. « Mais ça marche pas vraiment. » elle regarda Aaron faire ses étirements, en pensant que ça non plus, elle ne le ferait jamais. Julia Fitzgerald ou la femme la moins souple du pays. « Pourquoi tu fais journalisme si ça te plait pas ? C’est con. T’es con hein. » lança-t-elle soudainement, relançant la discussion de tantôt. Aux yeux de Julia, c’était vraiment débile. Jamais elle n’aurait fait ce que ses parents jugeaient soi-disant bon pour elle, elle ne tenait pas à faire de sa vie la même routine qu’ils avaient fait de la leur, avec en prime un boulot qu’elle détestait. Et puis, aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle n’avait jamais écouté le moindre mot sortant de la bouche de son père, et ça risquait pas de changer.
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Dim 31 Aoû - 20:15



Charles-Ferdinand Ramuz a écrit : ❝ Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens. ❞

    Tandis qu'on se permet une pause, que j'ose donner un conseil à la Fitzgerald, je la vois courir aux robinets et s'hydrater goulûment, exactement ce qu'il ne fallait pas faire. Je soupire en relevant une bouclette humide pour dégager mon front et apprécier le vent frais. Je commence quelques assouplissements bienvenus, deux trois étirements de la taille et des jambes. Les novices peuvent croire ces minutes supplémentaires futiles mais c'est loin de l'inexigibilité. Les muscles contractés par l'effort ont besoin d'être tirés dans l'autre sens pour se reposer et retrouver leur position et forme initiales. Sans étirements même un sportif comme moi peut être sujet aux crampes. Alors Julia, n'en parlons pas. Je l'imagine déjà incapable de se sortir du lit demain, clouée au matelas par la brûlure de ses muscles. C'en est drôle d'avance. J'irai bien faire un tour du côté des Fitzgerald demain, tiens.
    Je m'interroge d'ailleurs sur les raisons qui ont poussé cette brave mais flemmarde Julia à sortir faire un footing. L'envie d'assainir son corps de rêve tari par les drogues en tous genre, peut-être ? A cela, elle me répond qu'elle n'a aucune idée de pourquoi elle est là à s'asphyxier et à se tuer les jambes à chaque foulée. Je souris en prenant soin de cacher mon amusement. Le crâne de Julia doit pouvoir être comparé à un océan de substances étranges et d'idées noires ou loufoques. Même en utilisant le clavier pour atteindre le moteur de recherche de son cerveau, je ne suis pas certain d'obtenir les réponses exactes à mes questions. Et elle non plus.
    Elle me surprend en revenant à la discussion « études » que j'avais pourtant balayé d'un coup de pied rapide et efficace. Pas si efficace que ça, apparemment. Elle m'insulte mais pour une fois, c'est mignon, même dans sa bouche. « Ouais, je sais. Mais au départ, ça me bottait bien. Juste que c'était plus chiant que prévu, je pense... » Je n'ai en réalité aucune envie d'avouer que je me suis misérablement planté dans mon orientation, que je me suis laissé embrigader là-dedans par quelques beaux parleurs et que je regrette d'avoir perdu trois années de ma vie. Je n'ose pas non plus lui parler de mes désirs d'aller faire des gaufres dans un restaurant français chic ou plutôt de les goûter et de critiquer ce qui vient se placer sur mon palais. Enfin, même ça, je ne suis plus sûr d'avoir vraiment envie de le faire. Ce putain de futur m'effraie, mais la peur qu'il m'inspire n'est rien comparé à la sensation que je vais décevoir mes vieux. Je déteste cette idée et rien qu'y penser, j'ai l'étrange et insoutenable besoin de revenir m'installer dans le ventre de ma mère, fœtus pardonnable et innocent que j'aimerai redevenir. « Enfin, j'suis un peu con, j'avoue. » Donne-lui un point avant d'appuyer là où ça fait mal, pensé-je. « Et toi, c'est quel genre d'idées que tu cherches à fuir en courant, dis-moi ? » Hors de question que nous ne parlions que de moi. Elle doit cracher deux trois informations personnelles, elle aussi. Sans quoi, j'aurai vraiment mes confidences en travers de la gorge.
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Lun 1 Sep - 20:28

Une torture. C'était ça, de courir alors que sa consommation de cigarettes par semaine dépassait le raisonnable. Alors qu'elle devait avoir plus d'alcool que d'eau dans le corps, ou à peu de choses près. Une idée débile que la Fitz avait eu, pour ne pas changer. Du coup elle s’asphyxiait littéralement, cherchant de l'air sans en trouver, assise sur un banc, penchée sur ses genoux. Elle croyait mourir, elle avait la sensation que ses poumons s'arrachaient, se faisaient lacérer, c'était insupportable. Et Aaron persistait à lui faire la conversation, comme si de rien n'était. Tout baignait pour lui. Par défi Julia essayait de suivre son rythme, ne pouvant se résoudre à avouer qu'il l'avait littéralement crevée avec ce jogging. Inspirant une pleine goulée d'air frais, elle secoua légèrement la tête à la remarque d'Aaron. À vrai dire elle n'était pas vraiment capable d'en faire plus. Et elle détestait les journalistes, elle n'avait donc pas vraiment envie de s'étaler sur le sujet. Encore moins depuis qu'elle avait reçu la visite de cette Shelby Seavers qui ne s'était pas gênée pour lui poser toutes sortes de questions sur ses voisins. Balayant ces souvenirs de son esprit elle se concentra sur l'instant présent. À savoir, Aaron Hamilton qui se traitait lui même de con. Une première dans l'histoire de l'humanité. Cette fois un sourire apparut sur les lèvres de la Fitz, et elle répondit, amusée. « Ravie de voir que j'ai pu te raisonner sur ta véritable nature. » Fixant les brins d'herbe, elle s'attendait déjà à ce qui allait suivre. Soupirant, elle attrapa un bout de bois qui trainait là, s'occupant les mains avec. Sa remarque avait soulevé des questions, évidemment. À croire qu'elle ne pourrait jamais y échapper. « Le genre d'idées pas cools que t'aimerais certainement pas avoir. » Si elle les fuyait, c'était bien pour une raison, et pas seulement pour qu'il puisse lui poser des questions qui la mettraient dans l'embarras. Redressant la tête elle le regarda droit dans les yeux, essayant de placer toute l'assurance dont elle était capable dans son regard. « Ça répond à ta question ou ce n'est pas assez pour assouvir ta curiosité malsaine ? » Retourner la situation à son avantage, c'était là tout ce que Julia pouvait faire. Et savait faire.
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MessageSujet: Re: Run, Julia, Run ! Sam 29 Nov - 15:26


La Fitz. J'aurai jamais cru la croiser ici, en plein milieu du sentier santé. Encore moins motivée à courir. A bicyclette, pourquoi pas, laissant le vent soulever ses mèches blondes. Ou sur un banc, l'air las et certainement encore droguée d'une soirée qui se serait terminée quelques heures auparavant. Mais la voir se tuer à la course me fait sourire.
Alors, on se pique, on se taquine, on se déteste et on se renvoie la parole comme une balle brûlante qu'on ne veut surtout pas garder trop longtemps dans les mains. Le jeu de la bombe, de la patate chaude. Ca ne vous a jamais marqué, vous ? On discute de rien et de tout, de son job qui la force à rester assise et à développer ces jolies fesses pleines de cellulite, de mes études qui ne me conviennent pas. Elle arrive à me faire dire que je suis con – chose qu'il m'est de plus en plus facile à croire avec les récents événements – mais j'ai encore quelques surprises dans mon chapeau. Alors je la questionne, la Julia, sur ce qu'elle fuit avec tant d'acharnement. Et je vois bien qu'aussitôt cela la calme. Ses pensées reviennent à elle comme le ressac d'une vague. Elle joue avec un bambou brisé pour se donner contenance et soudain, la situation m'émeut, me gêne. J'ai l'impression d'avoir forcé une serrure qui ne consentait pas à tomber. Quel bien vilain garçon je fais. Voleur et voyeur, j'en viens à espérer que la blonde ne me donnera aucune réponse. Lorsque ses lèvres s'entrouvrent, je prie pour qu'elle garde pour elle ses secrets. Elle me laisse toutefois entrevoir dans un flou artistique toutes les idées noires dont elle cause et mon imagination fait le reste. Viennent à moi les regrets d'une jeune fille, ses remords et ses tortures enfouies. Les cauchemars et les espoirs qui ne se réaliseront pas. Je ne connais pas bien la vie de Julia mais je sens qu'elle est la proie de bien des tourments.
Ma rêvasserie se termine rapidement. C'est la Fitz qui en ouvre l'interrupteur, d'un regard noir particulièrement intense. Je ne la quitte pas des yeux et éponge toute l'ironie de son propos. C'est le mieux que je puisse faire, puisqu'elle compte sur ces mots pour me remettre à ma place. « Ma curiosité n'est malsaine que parce que tes idées sont noires » dis-je sur le ton d'un grand penseur, articulant chacun de mes mots. Le jeu de rôle a pour effet de rationaliser la question que je lui ai posée et mes attentes quant à cette réponse. Ai-je vraiment, une seconde, espéré qu'elle me raconte ce qui la trouble ? Non, j'en doute. Julia ne m'intéresse pas. C'est une présence dans ma vie comme une autre.
Je m'avance vers la fontaine et reprend une gorgée avant de lâcher : « J'y retourne, tu me suis ? ». Je suis à cent pour cent sûr qu'elle refuse et m'en satisfais. Je préfère mille fois courir seul, à mon rythme, qu'avec des gens. Mais par politesse, il me faut l'interroger sur ce qu'elle compte faire.
Dans les lueurs du petit matin, j'attends l'avis de Julia en espérant qu'il sera négatif. Je me vois déjà profitant de la fraîcheur de l'aurore pour glaner énergie et me libérer de mes propres idées noires.
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Run, Julia, Run !

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