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emancipate yourselves from mental slavery.

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MessageSujet: emancipate yourselves from mental slavery. Mar 4 Mar - 0:51


Fatigue, épuisement, perte de contrôle, voilà les quelques mots qui revenaient constamment en tête de la jeune blonde depuis déjà quelques temps. Ces derniers jours n'avaient pas été des plus calmes et bien qu'elle essayait de faire abstraction des derniers événements, elle voyait et sentait bien que quelque chose lui échappait. En temps normal, Clara faisait preuve de zénitude et dans la famille Melrose, elle jouait toujours le rôle de la Suisse en tentant de représenter la neutralité, même si elle était plutôt de parti prit lorsqu'il y avait un conflit dans la maison, mais la dernière dispute avait poussé la jeune femme à se poser la question quant à ses prises de décisions. Elle se retrouvait là dans une situation dans laquelle elle n'avait pas l'habitude d'être, pendant ne serait-ce qu'un court instant, elle devait prendre sur elle et analyser son couple, sa vie de famille, elle pour tenter de trouver ce qui se passait. Les gestes, les réactions, les paroles, tout était passé au peigne fin par la psychologue qui se trouvait gênée par ce qu'elle faisait, elle qui habituellement analysait le comportement de sa famille lorsqu'elle sentait que quelque chose n'allait pas, sans que personne ne lui demande quoi que ce soit, là elle se trouvait presque dans l'obligation de le faire. Depuis maintenant quelques temps, toutes les analyses qu'elle faisait et les tentatives de perception se passait sur Allie qui avait commencé à être un mystère pour Clara du jour au lendemain, alors qu'elle mettait ça sur le compte de l'adolescence, elle se rendait compte aujourd'hui qu'elle ne s'était peut-être pas focalisée sur la bonne personne et que le problème était autre part que chez la jeune adolescente. Assise au comptoir de la cuisine, les yeux rivés sur son ordinateur, elle relisait les dernières choses qu'elle avait observés et écrites ces derniers jours et devait se l'avouer, le constat n'était pas vraiment excellent. La maison des Melrose était rythmée tantôt par des cris, tantôt par des éclats de rire, tantôt par des pleurs, et cela était loin d'être de tout repos pour Clara, elle qui pensait que ça allait se calmer avec le temps ou même cesser, elle avait l'impression – et même plus qu'une impression – que ça ne cessait d'aller crescendo. Reportant son attention su son mari qui se trouvait non loin d'elle, elle le fixait d'un air inquiet et à la fois compatissant, de la manière dont elle savait si bien le faire. Il ne faisait pourtant rien de bien intéressant,mais la psychologue ne pouvait s'empêcher de le fixer, un peu comme si le scruter de cette façon allait l'aider à voir plus claire à son problème. Elle posa une main sur celle d'Isaac et emmêla ses doigts aux siens avant de les fixer de façon pensive, les sourcils froncés. Plusieurs choses se bousculaient dans sa tête, les derniers jours, les derniers événements, les dernières paroles, les derniers moments d'intimités qu'elle avait pu partager avec son époux, en bref, tout leur quotidien était en train d'être passé en revu par la psychologue. La jeune femme qui en temps normal faisait preuve de beaucoup de plus de jugeote que ça, se voyait confronté à un véritable problème qu'elle n'arrivait pas à déterminer ou alors peut-être, qu'elle ne voulait pas déterminer. Passer de statue de simple mère de famille et épouse à celui de psychologue de sa propre famille n'était pas facile et elle s'en était rendu compte quand elle a voulu savoir à quel moment les choses ont commencées à changer de façon si soudaine, mais peut-être que le changement soudain qu'elle avait constaté ces derniers jours n'étaient pas aussi soudain que ça, peut-être que c'était des petites choses du quotidien qui lui avaient échappés, ou pire, qu'elle ne voulait pas voir, mais quoi ? Pour la énième fois, elle se repassait les dernières semaines de la famille, mais décida de partir sur un angle un peu différent et au lieu de partir sur une observation collégiale, ne se focalisa que sur son mari à qui elle était en train de caresser le dessus de la main avec son pouce.


Dernière édition par Clara Melrose le Dim 16 Mar - 16:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Ven 7 Mar - 10:50


Tu regardes par la fenêtre, tu regardes la pluie tomber, ces fines gouttelettes qui ruissellent contre les fenêtres, sur les voitures, les gazons, les parapluies noirs. Sur la ville. Pourquoi la pluie est toujours un temps maussade, pourquoi ça te donne toujours le bourdon, tu ne sais pas. C'est peut-être subjectif. Peut-être que cela te rappelles une période que tu veux oublier. Que tu essayes d'oublier. Tu clignes des yeux, tes pensées virevoltent et tu ne sais plus quoi faire. Tu sens la main douce de Clara contre la tienne, et cela te rassures, comme cela l'a toujours fait. Depuis toujours, elle est ton ange gardien. Celle qui sait contenir tes colères, tes accès de crise, tes angoisses. Et pourtant cela ne semble pas suffisant. Il y a quelques semaines tu as failli mettre ta fille à la porte. Dehors, comme une sdf, comme un chien battu que l'on laisse sur le bord de la route. Comment peut-on continuer d'aimer un père qui fait ça, comment peut-on encore vouloir l'aimer ? Tu tournes ton regard vers ta femme et tu lui lances un sourire triste. Malgré tout, tu l'aimes, et tu ne cessera de l'aimer, quoi qu'il arrive. C'est juste que tu es perdu, tu ne sais plus quoi faire. Tu croyais que tu pouvais contrôler ce que tu ressentais, tu croyais que tu allais bien, que ce n'était qu'une mauvaise passe. Mais après trente ans, tu croyais vraiment que ça partirait tout seul ? Bien sûr..

Tu reportes ton attention sur la pluie, l'extérieur, ton joli jardin maintenant boueux, et tu te demande pourquoi tu te sens aussi mal. Pourquoi tu n'as plus envie de rire, pourquoi tu te morfonds et tu restes cloîtré, pourquoi tu n'aimes plus ton boulot. En plus, t'as l'impression d'être pitoyable, d'être ce genre de déprimé débile avec des pensées immorales, une envie émergente de se tuer ou se retrouver ''égratigné'' par un couteau. Ouais non, tu n'en étais quand même pas là. Ou pas encore. Quand tu repenses à ta vie d'il y a quelques semaines ou mois, tu te dis que tout allait bien, t'appelais souvent Nathan pour déconner, tu allais à l'hôtel en souriant et tu blaguais avec tout le monde. Là, maintenant, t'en as plus envie. Tu ne sais plus quoi faire pour aller mieux, et tu as envie de t'énerver d'être comme ça, tellement que tu es toujours crispé et sur le fil du rasoir. Pas étonnant qu'un jour ça éclate.

Tu prends une grande inspiration et tu soupires. Puis tu remarques que Clara te regardes fixement, alors tu tournes la tête. « Qu'est-ce qu'il y a ? » tu lui demandes peu après, avec un sourire. Tu reprends la tasse de café sur la table basse, en espérant que cela te donneras un peu de peps. En vain.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Mar 11 Mar - 13:20


Dans la pièce, aucun bruit ne se faisait entendre si ce n'est que le son que faisait la pluie lorsqu'elle touchait le toit de la maison. C'était ce genre de temps que Clara aimait bien, un temps calme où régnait généralement le silence et chez les Melrose, ce silence des jours pluvieux était signe de calme et de paix dans toute la maison. En temps normal, la psychologue profiterait de ce petit moment de tranquillité pour ranger un peu la maison ou même pour se caler confortablement dans le salon avec un livre dans lequel elle s'évaderait, mais pas aujourd'hui. L'air sérieux et perdue dans ses pensées, ce fut la douce voix de son mari qui la sortit de sa rêverie pour la ramener sur terre. Se doutant bien que quelque chose ne va pas,il se permet demander ce qui ne va pas, mais ça, c'est justement la question que se pose la jeune trentenaire. Cela faisait déjà des jours qu'elle s'attelait à tenter de répondre à cette question sans que ça n'aboutisse, faisant grandir ses inquiétudes de jour en jour. «  Rien... » Se contenta-t-elle de dire en lui rendant son petit sourire qui, contrairement à son habitude, ne pouvait cacher cette peur qu'elle tentait tant bien que mal de dissimuler. Retirant sa main de celle d'Isaac, elle retourna à ses occupations en se disant que le problème venait peut-être d'elle finalement, qu'elle voyait le mal partout et qu'elle devrait peut-être se calmer et laisser tomber.  Peut-être qu'avant de se mettre à analyser les moindres faits et gestes de sa famille, elle devrait peut-être commencer par se regarder elle et non les autres. La jeune femme passa une main dans sa chevelure blonde comme pour rassembler ses idées mais surtout pour essayer de se convaincre de passer à autre chose, bien qu'une petite voix au fond d'elle la poussait à continuer à se poser des questions. Que devait-elle faire ? Elle même ne le savait pas et cela commençait à la peser et elle qui a pour habitude de garder pratiquement tout pour elle, elle avait l'impression qu'elle devait faire part de ses craintes, au moins à son mari avec qui elle était en couple depuis maintenant presque vingt ans. «  Isaac... » Commença-t-elle avec une voix presque inaudible que même l'homme à côté d'elle ne pouvait pas l'entendre. Se raclant la gorge pour s'éclaircir la voix, elle reprit de plus belle et cette fois, de façon à ce qu'il puisse entendre ce qu'elle avait envie de partage. «  Isaac, est-ce que tu... Tu n'as pas l'impression que quelque chose a changé ces derniers temps ? » Demanda la psychologue, la voix presque tremblante comme si elle venait de poser une question interdite. La jeune blonde qui jouait avec la souris de son ordinateur pour essayer de faire passer la question de la façon la plus normale possible, osa lever la tête pour scruter de nouveau son époux qui ne devait pas s'attendre à ce genre de question. En près de vingt ans de relation, les Melrose ne s'étaient pour ainsi dire, jamais vraiment attardés sur les crises qui rythmaient la vie de cette famille, se contentant d'avancer sans se poser de question ou même sans essayer de chercher une réponse au pourquoi de la situation. En près de vingt ans, Clara n'avait jamais osé mettre le doigt sur un problème quelconque, existant dans la famille Melrose, et pour cause, les choses n'avaient jamais atteint de telles proportions. Croisant le regard d'Isaac, bien qu'elle ait posée la question en premier, elle avait l'impression qu'elle était en train de mener une vraie bataille en elle, d'un côté parce qu'elle espérait que le Melrose remarque lui aussi qu'il y avait quelque chose de changé dans leur vie de famille, mais d'un autre côté, elle espérait également qu'il l'assure qu'elle se faisait des films et qu'elle devrait peut-être plus se concentrer sur son travail ou sur sa famille plutôt que de devoir chercher des problèmes là où il n'y en avait pas forcément.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Mar 11 Mar - 16:47


Clara te réponds qu'il n'y a rien, alors tu hausses les épaules, ne cherchant pas plus loin. Tu bois ton café, et tu te dis que t'aurais bien envie d'un petit savarin pour l'accompagner. Alors tu souris et tu fermes les yeux, la tête appuyée sur le dos du canapé. Le silence règne chez les Melrose, comme tous les jours de pluie. Il n'y avait que Clara pour aimer ce temps. Toi tu hais ça, tu préfères les journées ensoleillées, les journées où tu peux ouvrir les fenêtres, sortir en t-shirt, t'occuper de la maison, faire un peu de bricolage, aussi. D'ailleurs tu espères que ce week-end il fera beau, car la façade devant la maison a vraiment besoin d'un coup de peinture. Faudrait que tu vois avec Clara quelle couleur lui plairait. Même si t'aurais le dernier mot, bien sûr. Tu n'étais pas expert en la matière comme un maquilleur, mais tu savais te débrouiller avec un pinceau, ou tout du moins assez pour faire quelque chose de classe, totalement différent de l'oeuvre d'un petit garçon. Et puis avec les réparations de l'hôtel, tu commençais à en avoir l'habitude. C'est les yeux rivés dehors que tu réfléchissais à ce que tu pouvais faire. Soit laisser comme c'était, soit donner une petite touche faussement antique avec du marron ou du beige, soit du blanc bien frais qui donnera de la fraîcheur, soit .. Tu es interrompu dans ta pensée par Clara qui reprends soudainement la parole. Et tout d'un coup tu sens cette pression dans ta poitrine, et ta respiration s'accélère. « Qu'est-ce que tu insinues ? » tu lui demandes, d'une voix ferme. Et un geste maladroit de fait renverser ton café dessus. Alors tu craques. « Putain mais c'est pas possible ! Putain ! » Rapidement tu reposes la tasse, et tu regardes ton pantalon taché. « Bah voilà, super bravo ! Merci Clara, merci ! T'avais besoin de me dire ça, hein ! J'étais très bien là, voilà à cause de toi je dois aller me changer ! En plus ça brûle, putain ! » Tu jures à peu près deux fois par seconde, mais tu n'en peux plus, tu as cette rage qui a besoin de sortir, et forcément, encore une fois, c'est Clara sur qui ça tombe. « Faut toujours que tu te mêle de ce qui te regardes pas hein ! Tu veux me fixer c'est ça ? Tu crois que j'ai un problème, tu crois que tu peux me soigner ? Tss, occupe-toi de tes patients plutôt, au lieu de voir les problèmes partout dans cette famille ! » Tu hausses les sourcils, et tu serres la mâchoire, crispé de partout. Tu ne sais pas ce qui t'arrive ni pourquoi tu viens de péter un plomb pour une tache. Une simple petite tache de café.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Mer 12 Mar - 16:16


Aussitôt avait-elle posée la question qu'elle le regretta de suite, surtout quand elle vit la réaction d'Isaac face à sa simple question. Elle se figea l'espace d'un instant, juste le temps pour elle de réaliser ce qui était en train de se passer, les yeux écarquillés sous la surprise, la jeune blonde était là, parfaitement immobile comme si elle venait de se statufier. L'incompréhension totale venait prendre possession d'elle, tandis qu'Isaac continuait à hurler et à s'agiter dans tous les sens sans réelle raison valable. Quelque chose d'autre que de l'incompréhension venait cependant de s'emparer d'elle à la vue de son époux en train de gesticuler et de jurer à chaque pas qu'il faisait, c'était quelque chose qu'elle ne maîtrisait pas et dont elle n'était pas sûre encore une fois de ce que c'était. Était-ce de l'impuissante ? Sûrement, elle qui avait pour habitude de le calmer quand il s'emportait, elle se sentait totalement désarmée face à la scène qui se passait devant elle, mais ce n'était toujours pas ça qu'elle tentait d'identifier. Ce n'est que quand l'homme, fou de rage, croise le regard pendant un court instant qu'elle comprend ce qu'elle ressent. De la peur. Voilà ce qui venait de prendre place, voilà ce qui venait de la paralyser face à un Isaac en colère et complètement hors de contrôle, prêt à tout casser au moindre moment. C'était quelque chose de désagréable et à la fois... d'effrayant. Oui,la peur pouvait être effrayante et dans le cas de Clara, c'était bien le cas de le dire. En près d'une vie entière de vie commune, c'était bien la première fois qu'elle se voyait apeurée de son époux. Les gens – et ses enfants les premiers – pensent souvent que la jeune blonde est soumise, ne sait pas prendre elle même de décision et ne sait pas s'affirmer, ce qui est en parti vrai, mais elle n'a jamais, mais jamais eu peur d'Isaac. Au contraire, à chaque crise qui lui prenait, elle était toujours la première à passer devant et à lui parler pour le raisonner. Mais pas cette fois. « Isaac... » Bredouilla-t-elle en levant la tête, complètement désarçonnée par la situation. Elle ne savait pas quoi dire d'autre, ni quoi faire, mais elle venait de réaliser une chose. Ce qui se passait à présent n'était en rien normal, et c'était peut-être le genre de chose qu'elle avait laissé passer auparavant parce qu'elle pensait avoir une totale maîtrise de la situation. Aujourd'hui ce n'était plus le cas, aujourd'hui elle ressentait cette peur grandissante à mesure qu'Isaac parlait. Les mots qu'il employait à l'égard de la jeune trentenaire avaient beau être méchants et touchaient même la mère de famille, bien qu'elle ne dise rien, mais c'était de le voir dans cet état qui faisait encore plus mal à Clara. « Je t'aime Isaac. » Souffla-t-elle assez distinctement sur un ton qui montrait bien qu'elle était arrivée au bout de quelque chose, qu'elle n'en pouvait plus. Elle savait que ce n'était pas le bon moment, mais en voyant son mari dans un tel état, après la peur, c'était la seule chose qui lui passait par la tête, elle l'aimait et réalisait à présent que ce qui n'allait pas dans cette maison, n'était autre que le pilier de cette famille, son amour de toujours, son mari. Détournant un instant le regard pour réfléchir, les larmes qui n'étaient jamais très loin pour montrer à quel point elle pouvait être faible, firent leur apparition, mais elle les essuya du revers de sa manche, ce n'était absolument pas le moment de craquer. « Écoute... je... » Dit-elle avec la voix tremblante, en se levant tout doucement pour éviter tout geste brusque ou agressif. « Je ne suis pas là pour... » Elle se tut de nouveau en fixant Isaac avec un regard qui cherchait un soutien, le soutien qu'elle avait l'habitude d'obtenir en plongeant son regard dans le bleu profond et si doux de son époux. Mais même là, elle ne semblait pas retrouver cet aspect là, c'était à peine si elle osait le regarder dans les yeux, mais elle se forçait au moins à fixer son front pour donner l'illusion qu'elle ne comptait pas baisser les bras – ou les yeux ici – face à la situation, face au problème. A court de mots, voilà ce qu'elle était. En même temps, comment espérer trouver quoi dire, quand on se rend compte que le problème qu'on cherchait depuis maintenant des semaines, vient en réalité de la personne que vous aimez le plus au monde et qui est censé être l'épaule sur laquelle vous vous appuyez quand quelque chose ne va pas. De l'amour pour lui, oui, elle en avait à revendre, mais sera-t-il suffisant pour endurer tout cela ? Sera-t-il suffisant pour donner à Clara la force de 'sauver' son mari de cette mauvaise passe ? Mais plus important encore pour le moment, sera-t-il suffisant pour passer outre cette peur, qui n'avait pas encore complètement disparue de la psychologue ?
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Jeu 13 Mar - 18:40


Tu as chaud, tu bouillonnes, tu te sens oppressé dans ton pull, dans tout tes vêtements, dans ton corps. Tu veux te calmer mais tu ne peux pas, tu as envie d'hurler. Tu circules dans la pièce en vociférant, puis tu te prends la tête entre tes mains et ta tête part en arrière. Tu t'arrêtes de marcher, tu inspires. Clara a senti que tu t'arrêtais, elle prends la parole, mais elle ne dit rien. Elle parle mais ne dit rien. Elle ne finit pas ses phrases. Mais parmi ces phrases inabouties, parmi ces tentatives vaines, malgré sa peur et sa voix tremblante, quelques mots avaient retenu ton attention. Elle t'aimais. Quatre mots clairement énoncés, courageux, fermes. Tu fronces les sourcils, et tu te sens tiraillé, encore une fois. Mais finalement tu te calmes, tu la regardes et son visage t'adoucis. Tu prends une grande inspiration et tu retournes t'asseoir dans le canapé en soupirant. Tu poses tes coudes sur tes genoux, la tête entre tes mains. La colère s'est évanouie, il ne te restes que le regret, la douleur, la peine. Un silence s'installe, pendant lequel Clara te regarde, mais toi tu as fermé les yeux, tu essayes de mettre de l'ordre dans tes pensées, mais tout n'est que nuage brumeux, tout va dans tous les sens, tu n'arrives plus à réfléchir.  Tu te sens vide.

Mais tu rouves les yeux, tu regardes ton pantalon, et tu vois la tache de café à présent bien étalée et en voie de séchage. Tu la fixes pendant un moment, puis tu commences à rire. D'abord un petit rire, puis c'est le grand éclat de rire qui te fait te tenir les côtes. Pendant cinq longues minutes, Clara te regardes, abasourdie, pendant que toi tu te bidonnes. Sans aucune raison. Pendant que tu rigoles tu essayes de t'expliquer, tu sors des mots comme « café », « débile » « fou » dans des phrases qui n'ont presque aucun sens, mais que ta femme pourrait déduire comme ''péter un câble pour une tache de café faut vraiment être débile, je dois être fou'' par exemple. Ou toute autre interprétation du genre. Finalement tu essuies les larmes de rire qui perlent au coin de tes yeux, et tu tousses, tu sanglotes, et tu réalise que tu fais vraiment n'importe quoi. Qu'est-ce qui te prends, de passer de la colère au rire, et du rire aux pleurs ? Tu ne pleures pas, mais ton visage s'est décomposé et tu t'es arrêté de rire. Maintenant tu fixes ta femme, et tu poses la question qu'elle devait bien se poser depuis un quart d'heure.  « Suis-je fou ? »
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Ven 14 Mar - 3:08


Si elle pouvait revenir en arrière, elle reviendrait sûrement au moment où tout à commencé, au moment où les premiers cris de la maison – sans compter les disputes des enfants – faire leur apparition au sein de la famille Melrose. Peut-être que si elle avait été moins aveuglée et moins bête, les problèmes – ou du moins le problème – aurait pu être très vite détecté et réglé en moins de temps. Après elle ne sait combien de temps à fermer les yeux sur les choses qui n'allaient pas bien dans cette famille, elle se retrouvait dans cette peur tétanisante face à un homme fou de rage, prêt à exploser à n'importe quel moment, à faire du mal à n'importe qui, à elle, aux enfants et à lui-même également. Mais cet homme qui semble fou au vu de ses réactions, elle l'aime depuis bien des années et rien ni personne ne parviendrait à faire en sorte que cela change un jour. Complètement perdue parce qu'elle devait dire ou faire, elle resta un moment sans rien dire après des tentatives échouées de sortir une phrase au moins aboutie, se contentant de fixer son mari qui semblait s'être calmé. Même lorsqu'il s'assoit et pose sa tête sur ses genoux, elle qui se serait habituellement déplacée vers lui pour le rassurer ou simplement pour le prendre dans ses bras, était tellement statufiée qu'elle en avait même presque oublié de respirer. Ramenant ses bras sur sa poitrine, elle fut cependant encore plus surprise face à l'enchaînement de la situation. Pendant qu'Isaac rigole à gorge déployé de la situation qui n'avait pourtant rien de drôle face à la tournure de choses, Clara elle commençait à être de plus en plus inquiète par ce qu'elle avait devant les yeux. Elle qui pensait avoir tout vu quand Isaac s'était carrément mis à genoux pour implorer son pardon et celui d'Allie la dernière fois, n'était malheureusement pas au bout des surprises que lui réservait son époux. Toujours à court de mots, elle l'écoutait prononcer des morceaux de phrases qui n'avaient pas vraiment de sens à cause du moment d'euphorie dont il faisait preuve. La psychologue qui avait pourtant pensé avoir vu le pire de sa courte carrière, ne savait même pas comment réagir face à ça, son cerveau était complètement brouillé et bien qu'elle essayait de rester calme, elle avait cette peur panique que l'homme qu'elle avait vu quelques minutes auparavant ne refasse apparition avec une violence encore plus prononcé. La jeune blonde en était arrivé à un point où elle avait du mal à reconnaître qui se tenait devant elle, même si l'homme assis en face d'elle avait tout l'air d'être l'homme qu'elle avait épousé des années plus tôt et avec qui elle a fondé une famille était présent d'apparence, elle pouvait mettre sa main au feu qu'elle ne connaissait pas la personne qui venait de s'emporter pour une tâche de café et dont le moindre geste ou la moindre parole l'apeurait. « Fou ». Ce fût le mot qui coupa le fil de ses pensées et qui la ramena à une option à laquelle elle n'avait jamais songé auparavant. Une larme roula le long de sa joue sans qu'elle n'ait la force de l'arrêter ou même de la cacher, mais rien que le mot 'fou' suffisait à la paralyser de nouveau. Elle secoua la tête furtivement avec la bouche à peine ouverte, pour indiquer un non à Isaac, mais c'était plus comme si elle tentait de se le dire à elle-même. Non, son époux n'était pas fou. Isaac n'était pas fou. Elle l'aurait depuis toutes ces années, non ? Elle aurait quand même pu au moins repérer des signes qui lui indiquait que l'homme avec qui elle partage sa vie depuis déjà bien trop longtemps pour qu'une telle pensée ne lui effleure l'esprit. Et pourtant, cela pourrait expliquer tellement de choses, ses différentes sautes d'humeur, ses crises à répétition qui ne cessaient de monter crescendo à chaque fois qu'il explosait, cette impression de mal être qu'il essayait de cacher alors que Clara le voyait très bien. Se pouvait-il que tout cela ait été des signes mais qu'elle a préféré ne rien voir parce qu'elle n'avait pas la force d'endurer ça ? De se dire que son mari avait besoin d'aide, mais par égoïsme elle a préféré lui trouver des excuses au lieu de l'aider à aller mieux, à s'en sortir ? Non, c'était tout bonnement impensable pour la Melrose qui avait à présent le visage complètement noyé sous les larmes qui n'arrêtaient pas de couler. Elle laissait tomber ses bras le long de son corps et s'approcha à pas rapide de là où était assis Isaac, avant de s'accroupir pour être à son niveau et de le prendre dans ses bras. « Je suis désolée. » Souffla-t-elle à son oreille sans qu'elle n'ait elle-même conscience des mots qu'elle venait de sortir. « Je suis désolée, je suis désolée... » Continuait-elle de dire répétitivement en le serrant fort contre elle comme si il allait s'envoler, mais c'était à se demander si les excuses qu'elle ne cessait de répéter était parce qu'elle était désolée que l'état de son mari en soit arrivé à un point aussi critique, ou parce que justement, elle avait laissé cet état s'empirer alors qu'elle aurait pu prendre les choses bien en main, et cela depuis des années que le problème persiste. Rien n'en est moins sûre.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Sam 22 Mar - 9:18


Tu as beau paraître fort, tu as beau rire de tout, mais en fait, la vérité, c'est que tu as peur. Tu ne reconnais plus cette personne que tu es devenu, et tu as peur. Est-ce que c'est passager, ou est-ce que c'est quelque chose que tu traînes comme un boulet depuis longtemps et qui ne refais surface que maintenant ? Tu ne sais pas, pour la première fois de ta vie tu ne sais pas quoi faire. Tu t'es retourné contre ta femme, alors qu'elle a été la seule a toujours te soutenir et te comprendre. Toujours ce regard à te couper le souffle, et ces paroles qui te rassurent. Tu as l'impression d'être un enfant. Parce que derrière ce visage du bon patron, du papa autoritaire ou du voisin rigolo, se cache un homme qui a peur. Depuis longtemps tu as essayé de t'en détourner, mais tu ne peux retenir plus longtemps cette angoisse, cette peur, et surtout ce souvenir qui te hante, et qui te hantera sûrement pour toujours. Par un accès digne d'une boisson trop caféinée, tu as alterné rire et larmes, après la colère. Tu demandes alors à Clara si tu es fou, et au fond tu espères que c'est vrai, au moins cela donneras une explication. Mais ta femme secoue la tête, l'air triste, et elle finit par accourir et s'excuser en te prenant la main, et tu soupires, plus triste que jamais. Tu la prends dans tes bras, tu la serres fort, tu embrasses son front et tu lui dis que tu l'aimes. « Ne t'excuses pas Clara, tu n'y es pour rien.. C'est moi, c'est tout moi .. Je n'arrive plus à mettre de l'ordre dans mes pensées. La seule chose dont je suis sûr tout de suite, c'est que je t'aime.. » Tu veux rajouter quelque chose, mais ta bouche ne te le permets pas. Comme si ton cerveau refusait de se l'avouer, comme si tu avait cette barrière qui t'en empêchait, comme si, si ces mots traversaient tes lèvres, tu serais plus vulnérable que jamais. Mais tu le sais, tu en as besoin. Tu as besoin de le demander, tu as besoin de savoir. Peut-être qu'alors tu arriveras à te sentir mieux, et à redevenir l'homme que tu étais. Tu te détaches des bras de ton épouse et tu la regardes dans les yeux, tu souris. Tu tiens ses épaules entre tes mains, comme pour ne pas qu'elle s'échappe, comme pour éviter qu'elle fuie. Parce que plus que tout au monde, tu as peur de la perdre. Tu fermes alors les yeux, tu déglutis, tu soupires. Et tu rouvres les yeux, pas trop déterminé mais assez pour que les quelques mots franchissent tes lèvres. « Je crois que j'ai besoin de ton aide.  Aide-moi Clara. » Ca y est, c'était dit. Tu relâches ton emprise sur les bras de ta femme, et tu espères juste qu'elle ne partira pas. Tu reste là, bouillonnant comme un radiateur, frissonnant comme s'il faisait froid, à espérer qu'elle ne partira pas.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Jeu 27 Mar - 19:19

Qu'elle était désolée était bien la seule chose qu'elle pouvait dire, surtout que ce qu'elle ressentait elle en ce moment ne devait pas être grand chose comparé à ce que pouvait ressentir Isaac. Pendant toutes ces années où elle avait remarqué des comportements étranges chez son époux, la jeune blonde avait préféré nier, se mentir à elle-même sans même réfléchir aux conséquences. Pourquoi ? Elle ne saurait l'expliquer. Sûrement par peur de la réaction de son mari qui n'aurait pas voulu accepter le fait qu'il ait un problème, ou alors parce que le véritable problème venait d'elle qui ne voulait pas se dire que son mari était malade. Une vague de culpabilité prit possession de son corps tandis qu'elle serrait l'homme qu'elle aime contre elle, implorant presque son pardon. Le visage caché dans son cou, Clara essaie de se calmer mais même ça elle n'y arrive pas, et lorsque Isaac se remet à ouvrir la boucher pour parler, c'est la phrase de trop qui provoque un nouveau sanglot chez la psychologue. Pour la première fois depuis des années, la Melrose aurait tellement voulue que les rôles soient inversés, que ce soit elle qui ait un problème et non lui, que ce soit elle qui souffre et pas lui, tout cela par amour. L'amour. Ce devait être l'un des problèmes ce couple, ou du moins celui de Clara. Elle l'aimait tellement qu'elle serait prête à prendre n'importe quelle responsabilité à sa place, qu'elle serait prête à commettre n'importe quelle infraction à sa place, ; c'était cet amour incommensurable qui durait maintenant depuis des années qui l'avait empêché de faire son devoir de médecin et de peut-être, épargner pas mal de souffrances à cette famille. Profitant de ce instant de proximité qui se faisait de plus en plus rare entre les deux, la Melrose avait fait passer ses bras autour du cou d'Isaac comme si elle-même s'accrochait à lui, ses bras formant une barrière autour de son petit corps qui la protégeait de tous les problèmes, qui faisait en sorte qu'ils soient tous les deux dans leur petit monde à eux. Mais même là elle devait avouer que ce n'était pas comme avant, que quelque chose avait changé ; elle ne pouvait s'enlever de la tête que dans leur petit monde délimité par les bras d'Isaac, se cachait en fait le véritable problème et surtout le véritable danger. Secouant brièvement la tête pour se chasser cette pensée, elle ne pouvait pas accepter que son mari soit un problème, et en pouvait pas non plus accepter que l'homme qu'elle avait épousé et avec qui elle comptait bien finir ses jours soit un danger. Ils trouveraient une solution pour qu'il s'en sorte, elle trouverait une solution, peu importe le temps que cela prendra. Lorsque le Melrose mit fin à leur étreinte, la jeune trentenaire n'avait qu'une envie, c'était de se resserrer contre-lui, ne supportant le fait d'être loin de lui et de ses bras dans un pareil moment. Il était peut-être un danger pour Clara et les enfants, mais il restait cependant pour cette dernière ce pilier, cette épaule sur laquelle elle pouvait s'appuyer quand elle en avait besoin et ces bras qui la câlinerait quand elle sentait que son monde était à deux doigts de s'écrouler. Ce qui était en train de ce se passer en ce moment-même. Il plongea son regard dans le sien et elle n'eut d'autre option que d'en faire de même, se noyant un court instant dans ce bleu qu'elle aimait tant et qui l'avait fait craquer vingt ans plutôt. La jolie blonde sentait bien qu'il avait quelque chose à lui dire, elle le sentait hésitant et peu sûr de lui et ça, ça devait bien être la première fois qu'elle voyait avec aussi peu d'assurance, mais elle allait devoir s'habituer à ne pas le voir avoir les réactions qu'elle avait l'habitude de voir, au moins pour les prochains moins à venir. Elle posa une de ses mains sur celle d'Isaac, qui se trouvait sur son épaule pour l'encourager à parler et à aller au bout de ce qu'il avait envie de lui dire, de partager avec elle. Mais lorsque les mots sortirent, ce fût comme un couperet tranchant que quelqu'un avait venait d'abattre, bien qu'elle s'attendait à cette demande. Elle réfléchit une seconde à ce qu'elle allait répondre, l'option de refuser lui traversant l'esprit pendant un instant, mais elle finit tout de même par accepter. « Bien sûr que je vais t'aider à t'en sortir. » Dit-elle finalement avant de se diriger de nouveau dans ses bras, brisant la courte distance qui s'était installé entre eux deux. La psychologue essayait de ne pas pleurer et de se montrer forte, mais elle avait déjà du mal à se dire qu'elle allait devoir traiter son époux comme un patient et non comme l'homme avec qui elle partage sa vie, qu'elle allait même devoir se remettre en question – bien qu'elle avait déjà commencé à le faire – concernant les derniers événements mais surtout ces dernières années. « Je te jure que tu vas t'en sortir. On fera tout pour que ça soit le cas. » Souffla-t-elle comme si elle essayait de se persuader elle-même de la véracité de ses paroles.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Ven 4 Avr - 22:08


La vérité, c'est que tu ne te reconnais pas. Tu aurais un miroir, face à toi là, il te renverrait ton visage, mais tu ne verrais plus la même personne. Certes il y aurait toujours ce beau visage, ces yeux bleus époustouflants, ce sourire malin, mais tu t'apercevrais vite que ce n'est qu'une façade, et que derrière, il y a ton âme, ton esprit, tes pensées. Toi, le véritable toi-même. Et tu verrais que quelque chose ne va pas. Pourquoi ? Pourquoi cherche-t-on toujours à cacher ce que l'on ressent ? Sûrement par peur que les autres ne nous aime pas si ils savaient vraiment qui nous étions. Peur de ne pas réussir si on ne se protège pas des autres, parce que si on est pas un tant soit peu faux-cul ou égoïste, on arriverait à rien. C'est ça, le monde d'aujourd'hui, mentir. Et maintenant que tu t'en es rendu compte tu ne vois que ça. Peut-être que le monde évolue trop vite, et que tout est si dur à assimiler. Peut-être que c'est pour ça que tu pète un plomb. Trop de choses à dire, à penser, à faire ou ne pas faire. Trop. Et comme un peu trop d'air dans un ballon (ou un aéronef dans un éthylotest, après tout c'est pareil, quoique je viens d'inventer ça, et je pense que même si c'était pas voulu c'est assez réussi. ou pas en fait. -ouais j'ai attrapé la andrewtitude- bref), ça éclate.

Et là, tu tiens ta femme à bout de bras. Et là, tu te rends compte des paroles qui viennent de traverser tes lèvres, et tu as honte. Honte d'avoir dévoiler le fond de tes pensées, d'avoir avoué une chose que tu ne te croyais jamais capable de faire. Avouer que l'homme que tu étais n'est plus l'homme que tu es. Tout ça pour la simple demande d'un peu d'aide. Mais pourquoi a-t-on toujours ce truc qui nous empêche de dire ce que l'on ressent ? Tu l'a dis, et pourtant, en es-tu mort ? Non, mais c'était comme si. Tu restes figé, et ton épouse te regarde gentiment, te dit qu'elle accepte, et elle répète ses paroles et elle répète, encore une fois, et en inspirant fortement, tu comprends qu'encore une fois, tu vas déraper. « Et là maintenant, tu peux faire quoi ? Parce que c'est beau de me parler au futur mais c'est maintenant que je vais pas bien. Maintenant ! » lui dis-tu en reposant tes bras le long de ton corps avant de faire de grands gestes. « T'as toujours de belles paroles Clara, mais là quand je te demande de .. quand je te demande .. ça (oui ça va il l'a dit une fois,  faut pas pousser mémé), c'est que je veut quelque chose là, tout de suite, style, je sais pas, moi, des médicaments, un diagnostic, un pronostic, ou dieu sait ce que tu fais avec ton boulot merde ! » Tu appuies tes doigts sur tes tempes, tu as soudainement une migraine, et tu es crispé, tout t'énerve, et la moindre chose te fait glapir. On a beau croire, c'est horrible comme situation. Tout ce que t'as envie de faire c'est de hurler. Ou de foutre ta tête dans un seau d'eau. Au choix.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Sam 5 Avr - 3:01


On dit souvent qu’il ne faut jamais perdre espoir, mais même ça la psychologue n’était pas sûre de l’avoir encore. Il semblerait que cet espoir qu’elle avait que les choses se calment et changent un jour dans la demeure des Melrose, avait fini par disparaître lors d’une des crises d’Isaac qui ne cessaient de s’empirer. Elle ne sait même plus à partir de quand est-ce qu’elle s’était dite que tout espoir était inutile, qu’espérait un changement ne servait à rien, et pire encore, elle ne sait même plus à partir de quel moment les crises de son époux étaient devenues tellement habituelles à la maison, qu’elle avait finit par fermer les yeux sur son état. Comment avait-elle pu être aussi aveugle tout ce temps et ne pas voir que ça n’allait pas chez son propre mari alors qu’elle passe ses journées à le faire ? Comment pourrait-elle encore se regarder dans un miroir en pensant à Isaac qui souffre de sa maladie qu’elle - et elle seule – a laissé aggraver par manque d’attention. Pour la première fois depuis des années, elle se sentait complètement honteuse et surtout, elle avait cette impression d’avoir échoué quelque part. Que ce soit dans l’éducation de ses enfants en pensant à la vie qu’elle leur avait imposé en refusant de voir ce qui se passait dans son couple et dans sa vie, mais surtout en tant que femme qui avait fait le vœu de rester auprès de lui, de l’aimer et de le chérir dans la santé comme dans la maladie. Elle en était même arrivée à se dire et à se convaincre elle-même que tout se qui se passait était normal ; Isaac piquait une crise, s’emportait et commençait à devenir violent, ce n’était pas grave, ça lui passerait, ce n’était pas non plus comme si il était devenu totalement incontrôlable au point de commettre un meurtre. Quoi qu’à bien y penser, si, il commettait un meurtre, mais celui de son couple, de son mariage, de sa vie de famille et tout ça en faisant de Clara sa complice qui avait décidé de laisser faire et de ne rien dire, comme la lâche et la soumise qu’elle était, tant qu’elle n’était pas directement la cible de ses attaques. S’écartant légèrement du jeune homme tout en restant dans le périmètre de ses bras qu’elle prenait comme les barrières de son petit monde, une pensée horrible venait de lui traverser l’esprit. Pendant tout ce temps, la seule raison pour laquelle elle avait un peu mit de côté ce problème, c’était parce qu’elle n’était pas directement touchée par les attaques et les crises d’Isaac, parce que jusqu’à présent, elle s’était toujours réfugiée derrière le fait que l’amour que son mari lui porte est tellement fort, qu’il ne pourrait jamais lui faire du mal à elle. Oui, mais qu’en est-il des autres ? Qu’en est-il de son entourage ? De ses enfants ? Serait-ce possible que pendant tout ce temps elle ait été aussi aveuglée par tout ce qui se passait autour d’elle ? Honteuse et dévastée. Voilà comment se sentait la jeune blonde à l’instant présent. Pour ne pas plus frustrer et inquiéter son époux, elle tenta cependant de noyer le poisson en lui disant qu’elle acceptait volontiers de l’aider, lui garantissant même qu’il s’en sortirait. Mais qui était-elle pour lui dire ça ? Après tout le mal qu’elle avait causé à cette famille en refusant de voir tout ce qui s’y passait, d’où avait-elle cette légitimité de prétendre qu’il allait s’en sortir et surtout grâce à elle ? Mais très vite, elle sent bien que l’homme en face d’elle change de nouveau et que son mari cède de nouveau sa place au monstre qui l’avait effrayé quelques instants plutôt. Le qualifier ainsi la rendait triste et lui brisait le cœur, mais elle ne voyait pas d’autre qualificatif quant à la personne qui était en face d’elle. Agité, impatient, exigeant, en colère. Ils étaient les parfaits opposés l’un de l’autre ; lui s’agitait et elle restait immobile, lui parlait et elle se taisait, lui était en colère et elle restait de marbre et stoïque face à la situation, lui était impatient et elle n’attendait que le calme et le silence pour essayer de réfléchir. « Isaac s’il te plaît. » Finit-elle par lâche entre deux paroles pour tenter de le calmer, les bras croisés et ramenés sur le torse. « Je ne peux pas te dire ce que tu as tout de suite… c’est impossible… » Poursuivit-elle, se demandant même l’espace d’un instant si il entendait ce qu’elle disait, s’il l’écoutait, ou même s’il comprenait ce qu’elle était en train de tenter de lui expliquer, plutôt que de se renfermer dans sa colère. Impossible. Elle le disait elle-même et pourtant, elle avait peut-être une petite idée de ce qu’il avait, mais la vérité était qu’elle n’avait aucune envie de le faire. Elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas. Elle ne voulait pas se dire que son mari était malade, fou, qu’il avait besoin d’aide, de son aide à elle et à personne d’autre. Depuis qu’elle était mariée avec lui, elle avait apprit à ne jamais parler de travail à la maison ou alors très peu, pensant qu’elle devait délimiter vie professionnelle et vie privée ; quand elle avait besoin de travailler sur ses dossiers, elle s’enfermait tranquillement dans le bureau ou dans sa chambre, profitant de l’absence de tout le monde pour pouvoir travailler sans que personne ne la dérange. Mais là, non seulement les choses allaient changer, mais en plus tout ce qu’elle tentait de laisser en dehors de la maison allait devenir son quotidien et allait la suivre jusque dans sa vie privée. Egoïste, voilà ce qu’elle était. Clara était une parfaite égoïste qui derrière ses airs de jeune femme douce et adorable, était en fait égoïste et sans cœur, préférant voir son mari souffrir plutôt que de lui de venir en aide alors que tout ce qui arrive est principalement de sa faute. « Ne bouge pas, je reviens. » Dit-elle à contre cœur avant de quitter la pièce à toute vitesse. Elle monta les escaliers rapidement avant de se diriger dans la salle de bain et de se poster devant l’armoire à pharmacie où elle se mit à fouiller, à la recherche de quelque chose qui pourrait l’aider. Sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte, elle était en panique totale, ses mains tremblaient et renversaient tout sur son passage, les flacons, les pansements, se débarrassant de tout ce dont elle n’avait pas besoin pour le moment. Quand elle trouva enfin ce qu’elle cherchait, elle poussa un petit soupire avant de prendre le flacon de petites pilules entre ses mains qui tremblaient toujours. Lorsqu’elle leva la tête, son regard croisa le miroir juste en face d’elle et le constat qu’elle fit juste derrière, n’eut d’autre effet que de lui descendre le moral encore plus. Elle avait du mal à reconnaître la jeune femme que lui renvoyait le reflet, elle avait du mal à se dire que c’était elle qui se tenait devant ce miroir avec le regard pratiquement vide et triste ; ces yeux cernés par la fatigue qu’elle essayait de dissimuler tant bien que mal en se faisant parfois des masques censés cacher tout ça et en se tartinant le dessous des yeux d’anticerne ; cette femme qui avait l’air totalement dépassée par la situation et qui était prête à bourrer son mari d’antidépresseurs au lieu de l’aider réellement. Baissant les yeux sur ses mains, elle tourna le petit flacon dans tous les sens jusqu’à trouver l’étiquette sur lequel était écrit le nom du médicament. « Xanax ». Sans qu’elle ne puisse le contrôler, une larme coula le long de sa joue. Les choses allaient aussi mal pour qu’elle en arrive à ce point ? Il fallait croire que oui, et après tout, la faute à qui s’ils en étaient là aujourd’hui ? La faute à qui si tous ces problèmes n’avaient pas été réglés depuis longtemps alors que ça aurait pu l’être depuis bien longtemps ? Non, stop, elle ne devait pas commencer à se blâmer soi-même et se laisser aller par la même occasion, quelqu’un avait besoin d’elle et elle se devait d’être là pour lui , coupable ou pas. La psychologue secoua la tête légèrement avant de se mouiller le visage légèrement et de le sécher avec une serviette de bain qu’elle avait à sa disposition. Soupirant encore une fois, elle fit les quelques pas qui la séparait de la porte d’entrée, mais sentit comme si quelque chose la bloquait, la retenait et l’empêchait d’aller plus loin. Elle n’avait pas envie d’aller plus loin, elle n’avait pas envie de retourner en bas auprès d’Isaac et le voir dans cet état, devoir le soigner, devoir faire face à cette réalité qui était si douloureuse. Pour se donner du courage, elle ouvrit le flacon qu’elle tenait toujours entre les mains et en sortit une petite pilule blanche qu’elle avala sans même prendre la peine de se servir d’un verre d’eau pour faciliter l’avalement. Elle n’était pas très fière de son geste, mais si ce simple cachet pouvait lui donner un peu de force le temps d’un instant, elle n’allait pas se priver d’en prendre un, surtout que ce n’était pas comme si elle en prenait pour la toute première fois. La psychologue n’était pas fan de ce genre de médicament et évitait au maximum d’en prendre, mais elle avait commencé à en consommer il y a déjà quelques mois quand elle sentit qu’elle allait craquer, qu’elle était arrivée au bout de quelque chose et qu’elle n’allait pas tenir. Quand elle pensait à ses enfants, à son mari, à son ménage, à sa famille, il lui arrivait d’avoir cette pensée atroce de ‘ils seraient peut-être mieux sans moi’ alors qu’il n’y avait aucune raison particulière, juste cette impression d’être inutile et que quelque chose lui échappait. Elle s’était elle-même prescrite le médicament avant d’aller à la pharmacie, faisant croire qu’elle était venue en prendre pour un de ses patients qui ne pouvait pas se déplacer. Les gens ne posaient pas vraiment de questions et la croyait quand elle disait le mensonge. Elle fit un pas en direction des escaliers, mais rebroussa chemin très vite en faisant de suite deux pas en arrière. « Allez, tu peux le faire. » Se dit-elle à elle-même à voix haute avant de fermer les yeux quelques secondes pour finalement descendre les escaliers en direction d’Isaac qui devait être impatient. Dévalant les marches rapidement une à une, elle tendit la main qui tenait le petit flacon de pilules à son époux en le fixant. « Tiens, prends-en un, tu te sentiras mieux dans les minutes qui vont suivre après ça. » Lui expliqua-t-elle d’une voix un peu tremblante. Ses tremblements de mains avaient cessés et elle pouvait à présent le regarder sans qu’elle n’ait cette soudaine envie de fondre en larmes, l’antidépresseur commençait à faire effet, doucement mais sûrement. La seule chose qu’elle espérait était qu’il n’y aurait pas d’effet secondaire sur Isaac et que le Xanax marche aussi bien sur lui que sur elle, bien qu’elle en doute. Elle savait que ce qu’elle faisait n’avait rien de professionnel, qu’elle ne devrait pas donner un médicament celui là à Isaac alors qu’elle n’était pas sûre de ce qu’il a, bien qu’elle en ait une petite idée, mais que pouvait-elle faire d’autre ? Elle était totalement effrayée à l’idée d’essayer de le calmer avec des simples mots, surtout qu’il exigeait quelque chose d’instantané. En espérant que même si cela ne marche pas, qu’il ait un effet placebo sur lui, oui, encore un mensonge, même dans sa façon de le soigner, mais tant qu’elle pouvait gagner un peu de temps, c’était là le plus important pour elle. La jeune trentenaire alla s’asseoir à sa place initiale, laissant le médicament faire son effet, qu’elle sentait petit à petit avec ses muscles qui commençaient peu à peu à se détendre et surtout, qu’elle sentait que son angoisse commençait à disparaître de plus en plus sans qu’elle n’ait quoi que ce soit à faire.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Sam 5 Avr - 22:30


En fait, c'est ça. Tu as l'impression que quelqu'un parle à ta place. Tout d'un coup tu repenses à ce film que tu as vu où deux personnes fusionnaient pour éviter que l'autre meure -enfin un truc totalement louf et antiatomique- ou encore ce livre que tu avais eu à lire quand tu étais plus jeune, où il était question d'un artisan sur qui on avait jeté un sort qui consistait à lui faire absorber les peines des autres. Très étrange ouais. Mais bref, tu y repenses parce que dans un sens ces histoires donnent un sens à ce que tu vie. Même si ce sens est complètement impossible et invraisemblable. En fait tu ne sais même plus ce qui te passe par la tête tellement tu penses à trente mille choses à la fois. T'es perdu, tout simplement. Et rien ne semble t'aider, même pas ta femme, qui malgré ses dires, ne fait rien. Rien du tout. Enfin si, elle parle. Elle parle et parle mais ne fait rien, et toi tu en as marre de cette tranquillité maladive. C'est mou quoi.

Mais alors que dans ta tête se mélangent je ne sais combien d'adjectifs qualificatifs aussi synonymes les uns que les autres pour décrire ta femme, celle-ci  t'ordonne de ne pas bouger, et qu'elle reviendrait. Stupéfait, tu recules la tête et tu fronces les sourcils. Tu la regardes s'éloigner, et peu de temps après tu décrispe ton visage. Tu clignes des yeux doucement, et tu soupires. Depuis quelques temps tu as remarqué que Clara avait changé. Tu ne sais pas trop quoi, mais elle était différent. Etait-ce à cause de toi ? Ou quelqu'un d'autre ? Une sorte d'amie qui lui apprendrait à se forger un caractère ? Ton front se ride et tu commences à te poser des questions. Et si elle t'échappait, petit à petit ? Tu déglutis, ta colère redescends aussi vite qu'une décrue pour faire place à une forme d'angoisse. Tu le sais, au fond de toi, que tu aimes Clara. Du fond du cœur. Mais, elle, le sait-elle suffisamment pour ne pas le quitter ? Tu crois bien lui avoir dit quelques minutes plus tôt .. ou avait-tu rêvé ? Ton cœur commences à battre à une vitesse folle et tu te rends compte de ce qui pourrait se passer si tu la perdait. Ton épouse, ton tuteur, ton calmant, l'amour de ta vie, disparu ? Non. D'ailleurs tu l'entends, là-haut, trifouiller tu ne sais quoi, et tu l'imagines, avec son corps svelte, ses beaux cheveux blonds et sa mine d'ange.. Mais quand elle redescend enfin, tu remarques que ce beau visage es contrarié, angoissé, triste peut-être. Et c'est de ta faute. Tu ressens de nouveau cette boule au fond de toi, et tu réalises que ta vie est un véritable échec. En ce moment tout du moins.

C'est dans cet état d'esprit que tu vois Clara se rasseoir et ouvrir sa paume de main devant toi. Au creux de celle-ci, des pilules. Tu restes à les regarder, puis à regarder Clara, et à les re regarder. Tu aurais envie de crier, de la traiter de folle, que ce n'est pas en bouffant je ne sais quoi que t'iras mieux. Mais tu n'en as plus la force. Alors doucement tu récupères les médicaments, ta tasse de café et tu avales le tout lentement. Tu reposes la tasse, tu regardes ta femme sans dire un mot. Tu souris. Tu ne sais pas qu'est-ce qu'elle t'a donné, mais au fond tu t'en fous, et surtout tu lui fait confiance. En voyant son visage, cela t'as toujours apaisé, et ton angoisse finit par disparaître. Est-ce un effet chimique, ou simplement la vue de son visage angélique ? Aucune idée. Mais d'un coup tu vas mieux, tu souris, et tu poses une main sur le genou de Clara à côté du tien. Tu prends un grande inspiration, et quand tu expires tu as une idée. « Faut que je fasse un potager. » Comme ça, t'en a envie. Avec un grand sourire, tu te lèves et tu termines ta tasse de café rapidement en réfléchissant à tout ce qu'il te faudrait. Après tout, planter des choux n'est peut-être pas à la mode, mais comme le disait Candide : Il faut cultiver son jardin.


Dernière édition par Isaac Melrose le Lun 28 Avr - 20:51, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Mer 9 Avr - 9:59


Sentant ses traits s’apaiser peu à peu, elle tentait de rester concentrée sur son mari à qui elle avait également donné une petite pilule miracle qui le calmerait beaucoup plus que toutes les paroles que pouvait lui sortir Clara. Au début réticent, la jeune femme eut tout de même un petit coup de pression en voyant l’expression sur le visage d’Isaac, qui devait se demander si elle avait perdu la tête pour lui donner un cachet alors qu’elle était la première à dire qu’elle ne croyait pas en ces médicaments lors de troubles mineurs, que rien ne valait une thérapie et que les cachets de ce type n’étaient que des placebos qui servaient à faire croire aux gens que le bonheur et la tranquillité ne tenait qu’à une dose trois fois par fois. La psychologue fut cependant soulagée quand elle vit que son mari accepta finalement de prendre ce qu’elle lui donnait, sans rechigner, sans s’énerver. Et sans transition, elle vit instantanément les traits de ce dernier se radoucir, pour laisser place à l’homme qu’elle avait connu et dont elle était tombée éperdument amoureuse des années plus tôt. Quand il posa sa main sur la cuisse de Clara, elle en fit de même en posant sa main sur celle d’Isaac avant d’enlacer ses doigts et de profiter de cet instant de tranquillité, en se demandant cependant ce qu’allait être la suite. Elle savait que toute bonne chose avait une fin et que l’effet que produisait le Xanax n’allait pas durer très longtemps, elle ne savait même pas si il allait durer aussi longtemps que sur elle étant donné qu’elle n’était pas sûre que ce soit le traitement approprié pour le cas d’Isaac. La jeune trentenaire sentait bien que malgré le cachet qu’elle venait de prendre, il y avait toujours cette partie d’elle-même qui ne cessait de s’inquiéter, mais surtout cette partie qui lui disait ‘tout est de ta faute, s’il est comme ça aujourd’hui, c’est de ta faute !’ et qu’elle ne pouvait taire. Un silence s’était installé dans la pièce sans que cela ne soit déplaisant pour la jeune blonde, et tandis qu’elle essayait de rester calme pour ne pas montrer une quelconque preuve de faiblesse face à son époux, ce dernier décida de briser le silence de façon assez étrange. « Pardon ? » Se surprit-elle à répondre du tac au tac suite à l’affirmation d’Isaac, en fronçant légèrement les sourcils de surprise. Un potager. Sérieusement ? Il voulait réellement faire un potager ? Mais pourquoi ? « Isaac, est-ce que tu penses vraiment que… » Elle s’interrompit dans sa question en ayant une image atroce. Bien qu’elle ne soit pas experte dans le jardinage, la jeune blonde n’était pas sans savoir que des objets tranchants et coupants étaient souvent utilisés dans le domaine, il était tout simplement hors de question qu’elle le laisse faire, quitte à ce qu’elle se fasse crier dessus et qu’ils en arrivent à hausser le ton. Elle préférait cent fois qu’ils se crient dessus, qu’Isaac fasse une nouvelle crise et qu’elle ait à le calmer, plutôt que de le laisser s’aventurer dans le jardin avec tous ces objets dangereux à sa portée. « Tu ne préfères pas plutôt… » Reprit-elle avant de s’arrêter dans sa phrase, ne sachant pas comment enchaîner alors qu’elle n’avait qu’une envie, qu’il reste près d’elle, ou du moins dans son champ de vision sans qu’il ne soit trop près d’objets qui pourraient le blesser. Prise d’une soudaine envie, elle plongea son regard dans celui de son mari avant de s’avancer doucement vers lui pour déposer un baiser tendre et plein d’amour sur ses lèvres. Elle n’avait pas envie de parler et savait qu’à travers ce baiser, il comprendrait sûrement qu’elle veut seulement qu’il reste auprès d’elle, quitte à ce qu’ils ne fassent rien et s’ennuies tous les deux, au moins ils le feraient ensemble et c’était tout ce qui lui importait.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Lun 28 Avr - 20:47


Des carottes, de pommes de terres, oh et puis des citrouilles ! Isaac souriait comme un enfant à l'idée de tout ce qu'il pourrait cultiver. Mentalement il préparait son jardin, tout en allant et venant dans le salon, comme fou. Parfois il s'arrêtait, levait les bras, souriait puis se renfrognait puis recommençait à marcher, à sourire. Vraiment, comme un possédé. Si bien qu'il restait sourd aux paroles de Clara, et ne la voyait même pas. Tout ce qu'il entendait, tout ce qu'il voyait, c'était un beau potager, de la verdure et de la couleur.. Un bonheur pur et parfait. C'était peut-être un peu naïf, un peu con, un peu incompréhensible et inattendu, mais les yeux d'Isaac brillaient. Toute son angoisse s'était envolée, toute sa peur éteinte. Tout son mal, disparu. Pendant l'espace d'un instant, il se vit heureux. Il voyait, et sentait, l'effet que cela produisait sur lui, et il aimait ça. Il souriait, perdu dans ce rêve, sans voir Clara qui s'agitait autour de lui. Il rêvait d'elle, de leur fille, de leur fils, et tout semblait tellement irréel mais si réaliste. Tous les quatre, dans leur jardin, cultivant chacun leur petite graine. Même Cookie était là, bienheureux. Une larme coula sur la joue d'Isaac, rêvant de ce bonheur, qui malheureusement restera toujours un rêve.


Puis tout s'évanouit. Aussi rapidement qu'un claquement de doigts. Qu'un clignement. Qu'une coupure de courant. Clara venait de poser ses lèvres contre les siennes, ses mains contre ses joues. Ses mains fraîches qui l'avaient ramené à la réalité. Isaac posa ses mains sur les épaules de Clara et mit fin au baiser doucement. Il ouvrit les yeux et plongea ses yeux dans les siens. Il ouvrit la bouche mais rien n'en sortit. Il n'arrivait plus à exprimer ce qu'il ressentait. « Bon. Je vais aller faire des biscuits alors. » déclara-t-il après un petit silence. Clara avait l'air perdue de voir son mari ainsi, et peut-être qu'elle avait tout le droit de l'être. Il semblait bien que papa Melrose avait perdu les pédales.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Lun 2 Juin - 4:58


La jeune psychologue regardait son mari et pendant un bref instant, elle comprit que ce dernier avait fini par décoller et quitter complètement la jeune femme. Tant mieux, cela voulait dire que ce qu’elle lui avait donné pour qu’il se calme avait fonctionné, mais malheureusement, pas autant qu’elle l’avait espéré car aussitôt avait-il eut fini de s’énerver, aussitôt il voulait se mettre au jardinage, tandis que Clara redescendait peu à peu de son nuage sur lequel elle était montée grâce à petit cachet qu’elle avait prit elle aussi. Rusant du peu de charme qu’elle avait – ainsi que des petits neurones encore actifs – elle l’embrassa pour lui faire comprendre qu’elle voulait qu’il reste auprès d’elle. Elle n’avait aucune idée du pourquoi du comment, elle ne savait pas si c’était l’antidépresseur qu’elle avait prit, ou le soulagement que son mari se calme, mais lorsque ses lèvres se posèrent sur celles de son époux, elle se sentit bien l’espace d’un instant avant qu’Isaac ne décide de mettre fin à ce moment de tendresse. A sa nouvelle lubie, elle ne put répondre que par un soupir, préférant ne rien dire ou ne rien faire ; déjà parce qu’elle ne se sentait pas capable de faire quoi que ce soit, mais aussi parce qu’elle préférait le savoir en cuisine que dans le jardin. Quoi que. Poussant un nouveau soupir, elle sentit son estomac se nouer en pensant aux objets tranchants qui se trouvaient également dans la cuisine, comme quoi, elle allait finir par l’enfermer dans une pièce, tout seul avec les gants de cuisines autour des mains dans le seul but qu’il ne se blesse. « Attends, je vais t’aider. » Sa voix était monotone, sans grande conviction et était à peine audible. Elle se leva d’un bond et se dirigea vers la cuisine à petits pas avant d’ouvrir frigo et placards pour sortir ce dont ils auraient besoin pour faire les biscuits. Professionnelle de la pâtisserie – sans prétention – Clara connaissait les moindres recoins de cette cuisine et pouvait utiliser tout ce qui se trouvait dans cette pièce les yeux fermés. Isaac était le maître du barbecue, elle était la maîtresse du four. Farine, lait, œufs, beurre, cerises, chocolat, bananes, aspirine, fouet, bol… N’ayant pas les idées très claires à cause du Xanax, elle sortait tout ce qu’elle pouvait bien trouver en ouvrant les tiroirs de la cuisine, utile ou pas. Elle oublia presque la présence de son mari et se mit même en tête de commencer à préparer la pâte, elle prit un saladier qui se trouvait non loin d’elle et versa la farine sans même prendre la peine de la mesurer dans ledit saladier, et se mit à fouetter en en mettant partout. Le regard dans le vide, elle était dans sa petite bulle de tranquillité qui était néanmoins agitée par ses pensées qui ne la quittaient pas. Autant ses mains travaillaient, autant son cerveau aussi n’était pas en reste. « Qu’est-ce qu’on va dire aux enfants ? » Lâcha-t-elle à voix haute, continuant de fouetter sa farine avec les yeux toujours dans le vide.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Jeu 5 Juin - 13:57


Une fois dans la cuisine, Isaac se frotta les yeux. Le cachet que Clara lui avait donné faisait effet, et autant il se sentait mieux, autant il se sentait horriblement fatigué, mais il décida quand même de faire ses gâteaux. Sa femme le suivait et avait déclaré qu'elle allait l'aider. Isaac avait sourit, content de voir qu'au final tout revenait à la normale. Il ne savait pas ce qui s'était passé, pendant la dernière heure -ou était-ce trois ?- où s'étaient alternées larmes, rire, promesses, rêves et désillusions. Dans la brume qu'étaient ses pensées, Isaac avait du mal à discerner rêve et réalité. Il n'arrivait pas à croire qu'il se soit passé tout ce qu'il s'était passé. C'était absurde, incongru, voire impossible. Le Melrose n'avait jamais réagi comme ça, et quiconque le connaissait pourrait affirmer que ce n'était pas une chose qu'il ferait. Déjà qu'avec Allie la dernière fois il s'était senti plus bas que terre, mais là, à pleurer devant sa femme en lui suppliant, mais c'était du grand n'importe quoi. Ceci dit, son poids relevé de ses épaules -merci Xanax- il devait bien avouer que sans Clara, il serait bien perdu. C'était hallucinant de dépendere autant de quelqu'un, même si Isaac était résolu à ne jamais l'affirmer à haute voix.. jusqu'à aujourd'hui. Décidément quelque hose n'allait vraiment pas, mais en se voyant tout de suite, les pensées claires et le moral remonté, il ne croyait pas à une éventuelle maladie. Il avait du rêver, oui, ça devait être ça.

Quoiqu'il en soit, tous les ingrédients étaient à présent sur la table, et Isaac chantonnait une petite mélodie -qu'il avait appris au solfège quand il était petit-, limite en sautillant comme une sauterelle,  et en aidant sa femme à tout sortir des placards. Il se sentait beaucoup mieux, et avait de plus en plus de mal à croire à ce qu'il s'était passé. « Madeleines au chocolat ? » lança-t-il alors tout sourire, salivant d'avance. Le père Melrose avait toujours été un grand gourmand, malgré sa grande forme physique. C'était un bon vivant, toujours souriant, toujours en forme, et toujours de bonne humeur. En dehors de la maison, bien évidemment. Quand il était chez lui, c'était comme s'il n'était pas lui-même. Pourtant, il avait toujours envie de rire et de sourire, mais face à sa fille ou sa femme, parfois, il avait juste envie de rentrer toute cette bonne humeur pour ne sortir que des cris, comme pour libérer la haine jamais perceptible au dehors. Comme si, en fait, il n'était pas heureux. Ce qui était totalement faux. Isaac aimait sa femme de tout son cœur, ainsi que sa fille, et même Austin, qui n'était même pas le sien. Mais voilà, quelque chose déclenchait ses crises, et il ne pouvait s'empêcher de croire que c'était toujours la faute des autres. D'accord, il était ferme, et autoritaire, même au travail, mais n'était-ce pas qui qui faisait justement un bon directeur ? Personne de l'hôtel n'avait jamais eu à se plaindre de son comportement, mais à la maison, Allie avait toujours besoin de mettre son grain de sel partout, ruinant toujours ses bonne journées. Honnêtement, Isaac pensait que ses actes étaient justifiés. Avoir une fille désobéissante, c'est normal d'hausser la voix et de menacer à la faire partir de la maison. Le seul problème, c'est qu'Allie prenait tout à la lettre, et c'était peut-être même ce dont elle rêvait, partir de cette maison. Son père n'a jamais compris pourquoi il n'avait jamais pu bien s'entendre avec elle. Ils étaient totalement opposés, mais c'était semblable avec Clara, et pourtant les voilà qui étaient mariés.. Non, avec Allie c'était vraiment un cas d'exception, et même Clara ne semblait pas avoir de réponse.

La psychologue interrompit alors ses pensées en lui demandant qu'est-ce qu'il fallait dire aux enfants. Isaac leva la tête. « Leur dire quoi ? Qu'on fait des madeleines ? » répondit-il en fronçant les sourcils. Les prévenir qu'on allait à l'opéra, ou qu'il y avait un incendie, oui, mais le goûter .. non, Isaac ne se voyait pas leur en parler, puisque de toute façon ils le verraient par eux-mêmes quand ils rentreraient.  Dans sa bonne humeur toute récente, Isaac avait comme oublié le début de la journée, comme s'il avait tiré un trait dessus, comme s'il avait voulu le supprimer totalement de sa mémoire. Peut-être que c'était pour le mieux, et peut-être que Clara devait arrêter de remettre le sujet sur le tapis si elle ne voulait pas attiser les émotions violentes du Melrose, qui pouvaient resurgir à tout moment.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Sam 5 Juil - 22:15


Tout allait très vite dans son cerveau et le Xanax qu’elle avait prit avait beau faire effet en apparence, son esprit ne la lâchait pas pour autant, bien au contraire. Tout se mélangeait presque, ne sachant même pas si elle disait à voix haute tout ce qui passait dans son cerveau ou si la petite voix dans sa tête se contentait d’hurler juste pour elle. Elle était complètement perdue et désemparée, elle avait presque cette envie de se terrer dans un trou et de n’en sortir qu’une fois qu’elle se sentirait en sécurité. Le problème était cependant que l’endroit où la jeune blonde se sentait le plus en sécurité était sa maison, mais c’était cette même saison qui était le danger. Elle savait qu’elle allait devoir être forte et montrer cette force face aux enfants et même face à Isaac ; elle savait que cette situation n’allait pas s’arranger du jour au lendemain et que cela pouvait prendre des semaines, des mois voire même des années avant que tout ne redevienne comme avant, en espérant que ça ne le redevienne un jour. Mais tout ça était effrayant. Elle se mit à fouetter de la farine dans un bol en concentrant son regard sur un point invisible pour ne pas croiser celui de son époux, et lui posa la question qui lui brûlait les lèvres. Et les enfants, qu’est-ce qu’ils allaient dire aux enfants ? « Non, que tu es malade. » Lâcha-t-elle en levant la tête avant de cesser tout mouvement. Les larmes qu’elles ne contrôlaient pas commencèrent à couler le long de ses joues. C’est bon, elle l’avait finalement dit. Son mari était malade, et ce n’était pas le genre de maladie qui se soignait à l’aide de médicaments contre la toux ou qui finissait par disparaître après quelques jours de repos. Ils étaient tous les deux à un tout autre niveau de maladie et Clara savait que pour ce genre de maladie il n’y avait pas de remède et que ça ne disparaissait jamais complètement. Elle se demandait d’ailleurs si Isaac avait-il toujours été comme ça, même avant qu’ils ne se rencontrent, ou c’est après des années de vie commune avec elle qu’il s’était découvert ce côté. Elle savait qu’en tant que psychologue que la deuxième option n’était pas possible. Ce côté obscur d’Isaac était là depuis le début et elle ne s’en était jamais rendue compte, ou alors par amour pour lui elle n’avait pas envie de se l’avouer et elle avait préféré fermer les yeux. Ce genre de pensées lui avait traversés l’esprit depuis le début de la conversation avec le Melrose, et elle était sûre que ça n’allait pas la lâcher et même si elle arrivait à aider son mari, elle aurait toujours la sensation d’être minable et inutile. En tant que personne pour n’avoir pas pu apporter de l’aide à son prochain alors qu’elle le pouvait, mais surtout en tant que mère pour ne pas avoir su protéger ses enfants, et en tant que femme pour ne pas avoir su honorer ses vœux de mariage. Elle s’en voulait d’une façon que même les regrets d’Isaac ne devaient pas peser lourds à côté des siens. « Tu me passes les œufs s’il te plaît ? » Dit-elle en essuyant les quelques larmes qui avaient coulés, reprenant son fouettage de farine comme si de rien n’était.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Sam 26 Juil - 13:56


Isaac suspendit son geste en entendant les paroles sortir de la bouche de Clara. Ils restèrent à se regarder sans bouger pendant quelques secondes. « Ah. » lâcha Isaac finalement, en se reconcentrant sur le sucre qu'il pesait. A vrai dire, il n'avait pas pensé le dire aux enfants. Cela n'arrangerait rien à leur manque de proximité, à moins qu'ils le prennent en pitié, et ça c'était impensable. Un père de famille se devait d'être fort, exemplaire et courageux. Malheureusement, les derniers événements de l'année avaient démontré le contraire. Isaac devenait faible, incompétent, et impulsif. Pas étonnant que ses enfants se détournent de lui. Il posa ses paumes de mains sur la table et soupira. « T'as raison, je leur dirais. Mais j'aurais besoin de toi. » rajouta-t-il en souriant. Ils étaient assez grands pour connaître la vérité, et peut-être que ça leur montrerait que s'il n'avait pas été lui-même ces derniers-temps, ce n'était pas de sa faute. Et peut-être, peut-être, que tout changerait chez les Melrose, et qu'ils deviendraient cette famille aimante que tout le quartier voyait tous les jours. Déterminé à ne plus ressasser ses pensées, et avec l'aide du Xanax, Isaac reprit sa cuisine, et passa les œufs à Clara quand elle le lui demanda. Finalement Clara termina la pâte en un clin d'oeil, et ce devait sûrement être parce qu'elle essayait de se concentrer sur autre chose. Le père Melrose se retrouva les mains vides, avec rien à faire. Il jeta donc les déchets dans la poubelle, passa un coup d'éponge sur la table et se lava les mains, avant de remarquer que sa femme pleurait. Son visage s'attrista, et alors qu'elle mettait les madeleines au four (ouais c'est de la cuisine express), il la prit dans ses bras doucement et lui embrassa le front. « Je t'aime Clara, ne l'oublie jamais. » Et il la serra fort contre son torse en la berçant, reconnaissant d'avoir une femme si aimante. Des fois, il se disait qu'il ne la méritait pas.
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MessageSujet: Re: emancipate yourselves from mental slavery. Sam 16 Aoû - 2:37


Elle se contenta d’hocher la tête en entendant la réponse de son mari, ne sachant quoi répondre et préférant sûrement écourter la conversation. Ils n’étaient pas encore au moment où ils devraient tous les deux confronter les enfants pour leur dire que leur père était malade, et bien que cela n’allait pas cesser de travailler l’esprit de la jeune blonde, elle préféra cent fois reporter son attention sur sa pâte qu’elle essayait de ne pas rater, contrairement à tout ce qu’elle avait accomplit d’ici là. Elle prit les œufs des mains d’Isaac et acheva sa préparation dans le silence le plus religieux qui soit avant de continuer sa recette comme de rien n’était , oubliant même pendant un instant la présence de son époux à ses côtés, effet du xanax ou simple volonté de son subconscient qui lui indiquait qu’elle préférerait rester seule un moment. Les larmes qu’elle pensait avoir essuyés ne tardèrent pas à revenir sans qu’elle ne s’en rende compte, trop occupée à enfourner ses madeleines dans le four, elle ne tarda pas à sortir de torpeur et de sa solitude fictive, lorsqu’elle sentit la présence du Melrose à ses côtés en la prenant dans ses bras. Elle passa elle aussi ses bras autour de lui, enfonçant par la même occasion sa tête dans son cou en laissant ses larmes se balader sur son visage sans prendre la peine de les arrêter ou de les cacher, après tout à quoi bon. Lorsqu’il brisa le silence par de simples mots qui avaient pourtant une grande signification, ses sanglots doublèrent aussitôt d’intensité et sans dire un mot, elle se contenta de se blottir un peu plus dans les bras de son mari. « Moi aussi je t’aime. » Finit-elle par dire entre deux sanglots. Elle leva légèrement le visage et embrassa son époux sur les lèvres, faisant passer tout l’amour qu’elle avait pu ressentir pour lui ces vingt dernières années par ce simple geste, avant de se détacher de lui légèrement, faisant glisser sa main dans la sienne. « Je vais prendre une douche avant que les enfants n’arrivent. » Elle lâcha complètement la main d’Isaac avant de  tourner les talons pour se rendre à l’étage. Plus elle marchait et plus elle avait l’impression que son crâne allait exploser à cause de tout ce qu’elle venait d’encaisser, mais elle préférait ne rien dire et monter les marches dans le plus grand calme possible, sans faire de bruit qui pourrait attirer l’attention sur elle. Une fois qu’elle arriva à l’étage, elle s’enferma dans la salle de bain où elle s’enferma à double tour avant de passer un peu d’eau du robinet sur son visage et de s’asseoir sur la cuvette des toilettes qui étaient baissées. Elle était extenuée et  complètement dépassée par la situation, ne sachant même plus quoi faire face à la situation. Elle se leva et sans même prendre le temps d’enlever ses habits, se glissa dans la cabine de douche avant de se recroqueviller dans son coin en laissant l’eau froide couler sur tout son corps. Ces prochains mois – voire ces prochaines années – elle allait devoir être forte. Et elle y arriverait. Elle devait y arriver.

FIN.
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