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stuck in her daydreams – Dean.

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MessageSujet: stuck in her daydreams – Dean. Jeu 1 Mai - 22:11

Elle étouffait, ici. C’était comme si une fumée noire, épaisse, compacte, s’était déroulée, enroulée autour d’elle, pénétrait ses poumons, se répandait dans son corps et l’empoisonnait, lentement, très lentement. Elle aurait très bien pu être dans un bâtiment en flammes. Elle aurait pu se mettre à quatre pattes sur le sol, à essayer de gratter un peu d’oxygène, ça n’y aurait rien changé. Il n’y avait plus d’air, ni au sol ni nul part, plus que de la fumée et elle suffoquait déjà. Et c’était loin d’être fini, c’était comme un long tunnel au bout duquel il n’y avait pas même un petit point lumineux, pas même une ouverture, encore moins une sortie. Seulement les murs, qui semblaient se rapprocher l’un de l’autre au fur et à mesure que le temps passait, au fur et à mesure qu’elle avançait, à tâtons, et ce long chemin qui filait droit devant dans l’obscurité. Elle ne voyait pas même à un mètre devant elle. Le noir obscur, total, et puis elle était seule, là-dedans, pas un pompier pour la fumée, pas un électricien pour la lumière, rien du tout. Juste elle. Elle sortit en claquant la porte, il était tout juste vingt-deux heures passées et il faisait déjà un froid de canard. Elle rajusta sa veste, croisa les bras sur sa poitrine. La rue était vide, froide, noire malgré les lampadaires allumés. C’était dans ces moments-là que Julia préférait Magnolia Crescent, même si ses ombres lui faisaient peur. Quand y avait personne. Personne pour venir l’embêter, personne pour la regarder de haut. Ce n’était pas toujours le cas, heureusement, mais elle avait tendance à être paranoïaque sur les bords et à s’imaginer toutes sortes de choses, elle avait l’impression que depuis un bon moment, déjà, si ce n’est depuis son arrivée, les gens la regardaient avec un de ces regards auquel on ne se méprend pas. Et elle détestait ça, elle haïssait même. Elle se retourna vivement, le sentiment d’être observée, mais il n’y avait personne. Même quand cette rue était déserte, ça donnait l’impression qu’il y avait quelqu’un. Elle enfonça ses mains dans ses poches, ses doigts se refermant sur son paquet de clopes. Peut-être bien le seul moyen de pas se les geler, avec ces températures presque glaciales. Elle en frissonnait, mais non elle ne rentrerait pas, il faudrait bien, pourtant, mais pas tout de suite, qu’on lui laisse un peu de temps dehors, pour elle, même dans le froid, mais pas là-dedans, dans cette maison qui tombait en ruines de l’intérieur. Elle ne voulait plus rentrer, elle préférait crever de froid sur le trottoir, ou se faire écraser par une voiture parce qu’elle marchait en plein milieu de la route sans faire gaffe. Elle jeta un oeil aux maisons, alors qu’elle quittait le quartier. Elle ne savait plus si elle était sensée aller voir quelqu’un, si seulement elle le voulait. Elle imaginait ces gens, devant leurs télés, elle imaginait ses parents, sur leur canapé, qui ne se doutaient de rien. Elle aurait pas voulu, de toute manière, qu’ils s’inquiètent de quoique ce soit. Elle aurait pas su expliquer, ils n’auraient pas compris. Elle avait pas le sentiment que grand monde pouvait comprendre. Qu’elle savait plus où aller, ni quoi faire, ni qui voir, ni que dire. Et encore maintenant, alors que le vent lui battait aux oreilles, qu’il lui glaçait le visage et que des larmes apparaissaient aux coins de ses yeux à cause de la brise, elle ne savait toujours pas où aller. Elle suivait le mouvement de ses jambes, pas sûre de pouvoir les arrêter, elles non plus, alors qu’elles l’emportaient dans l’obscurité de la nuit. Quelques secondes plus tard elle sourit faiblement en s’arrêtant devant les grilles du skatepark. Ironie du sort. Elle entra, grimpa difficilement sur un des half-pipe, laissant ses jambes balancer dans le vide. Comme elle.
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MessageSujet: Re: stuck in her daydreams – Dean. Ven 2 Mai - 17:52

    Notre premier souffle nous fait sentir vivant. Ces cris, ces pleurs, lorsqu'on nous sort du ventre de notre mère pour nous confronter à ce dur monde où nous devrons apprendre à nous construire, à faire notre place parmi tant d'individus. Tous semblables, mais tous différents. On vit tous, on respire tous. Néanmoins, ce n'est pas respirer qui nous fait sentir vivant. Je respire, et pourtant, je me sens comme mort depuis un an. Détruit, égaré, oublié quelque part, comme si j'avais survécu de par mon corps, mais que j'avais sombré de par mon esprit. Chaque jour, j'essayai de reprendre le sport, de courir, et de sauter comme je pouvais le faire avant, mais la vérité, c'était qu'une partie de moi ne suivait plus le mouvement. Mon corps travaillait, agissait et obéissait à mes ordres, mais je ne croyais plus en mes capacités. Comme si cet accident m'avait enlevé tout espoir, toute confiance, tout talent de faire quelque chose de mon petit corps frêle et pourtant robuste. Robuste... Enfin c'est ce que je croyais avant de sortir mes membres craquer un à un. Lorsque j'étais arrivé à Magnolia, alors que je ne connaissais pas encore Jérémy, je passais mon temps au skate park. Je faisais des figures, je m'y défoulais et tentais de m'imprégner de cet endroit qui ne ressemblait en rien aux lieux que j'avais connu. Mais avec les entraînements, avec Joy, avec Clyde, mon temps n'était plus pour le skate park.

    Mais ce soir, j'avais décidé de m'y rendre. Encore une nuit où je ne dormais pas, certes. Mais une nuit qui n'allait pas s'écouler inutilement comme les précédentes. Si ma confiance ne revenait pas avec les entraînements, ma première passion me permettrait peut-être d'y croire à nouveau. C'est donc avec appréhension que je sortis de chez moi, mon vieux skate à la main. Je regardais autour de moi et posais un pied sur ma planche. Je comptais jusqu'à trois et m'élançais. L'air s'engrouffrait dans mes cheveux, dans mes vêtements, caressaient ma peau et mes poils hérissés. Je me sentais vivant. Je sentais l'air m'effleurer, s'emparer de moi. Puis je me sentais la recracher entre deux sourires. Sourires de bonheur, de bien être. Enfin je me retrouvais. Je me sentais vivant. Vivant. Vivant comme les oiseaux qui chantent le matin et s'envolent en criant lorsque je leur lance une chaussure dessus. Vivant comme la nature au printemps, lorsque les fleurs s'éveillent et que le soleil caresse l'herbe fraîche et verte. Vivant comme j'aurai dû l'être, mais comme je ne le suis plus. Je savourais cet instant de plénitude, de bien être, comme si c'était la première fois que je me sentais aussi heureux. Je dévalais Magnolia Street avec vitesse, presque avec imprudence. Mais je m'en fichais. Après tout, que pourrais-je perdre de plus? Le skate park vint enfin à moi. Sans plus attendre, j'y roulais et regardais autour de moi. Je souris et me lançais sur la plus petite rampe que je trouvais. Autant commencer doucement, je n'étais pas Taig Khris. Pas encore. Je m'élançais donc et je me sentis atterrir avec perfection. C'est alors que je remarquais une fille blonde, fumant sa clope, assise sur le half-pipe, les jambes se balançant dans le vide. Le vide. Le vide représentait beaucoup de personnes, ici, à Magnolia. Tout le monde dans cette ville perdait un ami, un parent, un frère, une soeur, ou une partie de soi. Surtout une partie de soi. Je souris à cette pensée. A croire qu'une malédiction avait été lancée dans ce quartier. Je regardais toujours la fille. Jusqu'alors, je ne l'avais pas remarqué, mais il avait suffit que je me retourne pour me sentir observer et apercevoir cette touffe blonde dans l'obscurité de la nuit. Prenant mon skateboard à la main, je m'avançais vers elle et montais sur le half-pipe. Je m'asseyais à côté d'elle et la regardais. “Où est ton skateboard? Tu as peur de te lancer?” Avec un sourire amical, je lui tendis le mien. Elle tourna la tête vers moi et je me rappelais alors d'elle. Elle habitait au quartier. Mais je ne la connaissais pas de vue. Cela faisait trois ans que j'étais ici, mais ces trois années n'avaient pas été suffisantes pour que je puisse rencontrer toutes les personnes du quartier. Encore moins les âmes solitaires. Cercle dans lequel je faisais désormais partie. J'étais maintenant un oiseau de nuit, et j'aimais savoir que je n'étais pas le seul dans ce quartier à chercher des réponses, à chercher le réconfort dans la nuit sombre de Magnolia Cresent.
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MessageSujet: Re: stuck in her daydreams – Dean. Dim 4 Mai - 21:46

L’air frais fouettait son visage brûlant, ses cheveux se balançaient derrière ses épaules, s’emmêlaient pour former des nœuds qu’elle mettrait des heures à démêler, mais elle en avait franchement rien à faire. À ce moment précis, il n’y avait rien de mieux que cette petite brise qui lui rafraichissait le visage et lui éclaircissait les idées, et elle n’aurait pas voulu être autre part que là. Les mains enfoncées dans les poches de sa veste qui ne la protégeait franchement de rien, elle fixait un point au loin, sans vraiment voir ce qui il y avait là-bas. Le skatepark était désert, pour une fois, c’était étonnant à cette heure, d’habitude il y avait toujours quelques personnes, sur leurs vtt ou leurs trottinettes. En fait elle avait même pensé, l’espace de quelques secondes redoutables, qu’elle croiserait peut-être Zach. S’il trainait encore par là, parce qu’à vrai dire elle n’en savait rien. Une petite pointe de déception perça, en n'apercevant pas sa silhouette près des rampes, malgré le soulagement qu’elle éprouvait. Il était bien capable de vouloir lui parler de choses sérieuses comme ça, à l’improviste, et elle n’en avait pas la moindre envie. Pas là. Pas de ça. Pas comme ça. Elle secoua la tête, enfonça un peu plus son menton dans son écharpe, laissa échapper un reniflement. Il n’était pas là, de toute manière. Parfois elle se demandait s’il avait fini par renoncer à tous les endroits où il trainait habituellement, de peur de l’y croiser. C’était à peine si elle le voyait rentrer et sortir de chez lui, alors qu’ils habitaient la même rue, parfois elle se demandait s’il était toujours Magnolia Crescent, elle n’en savait rien après tout, mais n’osait pas demander à ses connaissances et encore moins aller frapper chez lui. C’était comme s’il n’était plus là, comme s’il n’existait plus. Envolé. Elle tritura son paquet de clopes au fond de sa poche, les yeux sur le vide sous ses pieds, perdue dans le fil de ses pensées. Et elle resta là, quelques secondes, sans même penser aux noctules et à l’obscurité menaçante qui d’habitude lui faisaient peur. C’était comme si elle était vide, vide de toute pensées. Elle releva subitement la tête en entendant le bruit des roulettes sur le bitume, puis sur l’acier de la rampe avant que le skate ne retombe avec un bruit mat sur le sol. Le garçon ne s’était pas raté et atterrit avec la souplesse d’un chat. Il ne lui prêta pas attention, ne semblait pas même l’avoir vue, trop concentré sur les figures qu’il enchainait. Alors les yeux de Julia le suivirent de loin, tandis qu’il prenait de la vitesse, sautait sur les charpentes et faisait voler son skate. Machinalement elle sortit une cigarette de son paquet, la coinça entre ses lèvres le temps de trouver son briquet et l’alluma. Elle tira une taffe, en pensant à ce garçon, tout seul, qui venait s’entrainer ou juste s’amuser et qui ne se doutait pas qu’elle l’observait. Elle pensa alors au temps où elle aussi, faisait du skate. Elle sourit à cette idée, s’imaginant en haut d’un half-pipe, prête à s’élancer. C’était quand elle était encore à Chicago, les débuts de l’adolescence et lorsqu’elle avait commencé à vouloir voler de ses propres ailes. Quand elle réalisait que son père n’était pas Einstein et encore moins le meilleur des papas, que sa grande sœur ne lui portait pas le même intérêt que Julia l’avait fait vis à vis d’elle durant toute son enfance. Quand elle pensait que sa mère n’en avait fichtrement rien à faire d’elle et qu’elle existait pour que sa famille ait quelqu’un à détester. Quand elle avait commencé à ne plus vouloir de ça, et à multiplier les conneries, pour s’amuser, découvrir, crier je suis là, se sentir vivante, emmerder ses parents, donner honte à Jaylann, être différente. Quand elle avait commencé à trainer avec des gens pas très fréquentables, et qu’elle demandait à un des gars présent de lui tenir sa cigarette, le temps qu’elle se fasse une rampe. C’était pas encore les joints. Bientôt. C’était pas une pro. Jamais. Mais ce jour là elle avait prouvé que ça ne lui faisait pas peur, de s’élancer dans le vide sur une planchette à roulettes instable, pour s’étaler de tout son long parce qu’elle ne prenait pas assez d’élan et qu’elle ne le maniait pas, l’engin. Le skate, ça n’a pas duré longtemps. Elle a fini par réaliser qu’elle était mieux les pieds sur terre, et puis, plus tard, elle a du partir loin de Chicago. Fin de l’histoire. Elle réalisa que le bruit des roulettes avait cessé de retentir, et que le garçon se dirigeait vers elle, skate en main. Elle le regarda grimper sur le half-pipe, s’installer à côté d’elle. Maintenant qu’il était là, il lui disait quelque chose. Un gars du quartier. Mais alors son nom, aucune idée. Sean, quelque chose comme ça. Elle se rappelait juste que c’était un ami de Clyde, elle l’avait déjà vu trainer avec lui. Sean, ouais. « J’en ai pas. » elle jeta un oeil au skate qu’il lui tendait, remarqua les dessins, les couleurs vives, les écritures au marqueur noir. Elle pensa au sien, vieux et gris, qui trainait au fond du garage à moins qu’il ne soit resté à Chicago, dans un coin. « Je peux ? » elle lui tendit sa cigarette, prit le skate, le retourna pour voir les dessins, tout autour des roues. Elle pensa à sa question “tu as peur de te lancer?”, jeta un œil rapide au vide sous elle, hésita. Elle n'avait pas fait de skate depuis belle lurette. Des années. Et même quand elle en faisait, c'était pas une pro. Elle fit un petit sourire, rendit son skate à Sean. Sage décision. Elle sautait pas sur les rampes, elle. Avant, peut-être, mais plus maintenant. « Sean, c'est ça ? » elle était franchement pas sûre d'elle, en général les potes de Clyde, c'était pas trop ses potes, pas trop son trip. Elle récupéra sa clope, aspira une bouffée qu'elle rejeta plus loin, pas dans la figure de Sean. « Depuis quand Clyde te laisse passer la soirée seul? » elle pensa au concerné, à sa façon d'être toujours actif, réactif, toujours partant pour faire des conneries, aller en soirée, se taper des nanas et agrandir sa bande, sans jamais laisser personne derrière. Elle regarda Sean, qui était bien tout son contraire, calme et plutôt posé, avec son skate, elle le devinait un peu solitaire, un peu plus que Clyde, du moins.
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MessageSujet: Re: stuck in her daydreams – Dean. Mar 6 Mai - 19:41


    Des fois, on est plus sûrs de rien. On pense aimer et être aimé, on pense tout savoir de l'autre, et puis la vérité éclate. On apprend que nos rêves n'étaient qu'illusions, que rêves éveillés, et on se rend compte que ce n'était qu'un mensonge auquel on voulait croire éperdument. Parfois, dans nos relations, on trouve enfin ce qui peut nous rendre heureux, ce que l'on cherche depuis le début en fin de compte. Mais le bonheur est éphémère. Au début tout va bien, on est heureux, et puis tout change, on se lasse, on se dispute, on se déchire. Dans l'espoir de faire revivre notre couple, de raviver la flamme qui s'est éteinte. Mais parfois, cette flamme ne se rallume pas. Il n'en reste que des petites braises, que des souvenirs de ce qu'elle était autrefois, et le feu ne repart pas. Il nous a dévoré auparavant, nous a brûlé chaque partielle de notre peau, chaque petit bout de chair encore intacte, encore pur et non salit, non douloureuse. Pour ma part, je n'étais plus qu'un tas de cendre, impossible à recoller. Le feu que j'avais éprouvé pour Joy m'avait consumé, et la vérité sur mon agression avait comme éparpillé ces tas de cendres dans l'air, laissant les petites parties de mon corps s'envoler, s'éloigner les unes des autres, comme si je ne devais pas me relever de ces événements. Désormais, j'errai tel un fantôme, cherchant quelque chose, mais je ne savais pas quoi. Ce soir, j'aurai encore pu passer la nuit à me lacérer les poignets ou à me griffer le torse, pensant me débattre dans mes cauchemars, essayant d'échapper à l'emprise qu'on avait sur moi. Mais non, j'avais fait le choix de sortir, et ce n'était pas plus mal. Lorsque je me sentais étouffer ainsi, il fallait que je me laisse bercer par la brise fraîche matinale.

    Et puis, il fallait croire que la nuit portait réellement conseil, puisque je n'étais pas la seule âme en peine à s'échouer au skate park de Magnolia. Sans hésiter, j'avais rejoins cette touffe blonde assise sur le half-pipe, bien décidé à entamer la discussion. Son visage m'était revenu, mais je ne la connaissais pas, et je sentis que c'était le soir pour changer les choses. Assis à côté d'elle, je lui demandais où se trouvait son skateboard. Mais elle me répondit qu'elle n'en avait pas et prit mon skate quelques secondes pour le détailler, me tendant sa cigarette en échange. Je la tins près d'elle et lui rendis. Elle me demanda alors qu'elle était mon prénom, et j'eus un sourire. Qui dans ce quartier me connaissait réellement? Car même moi, je m'étais perdu, même moi je ne me reconnaissais plus. Je regardais autour de moi et soupirais, toutefois le sourire aux lèvres : “C'est Dean en fait. Bien essayé!” Je tournais la tête vers elle, comme pour lui montrer que ma réponse n'était pas du tout désagréable, mais que j'étais juste un gros dépressif. Je fronçais alors mes sourcils, essayant de me souvenir de son prénom. Mais rien ne me vint. Je la regardais alors un peu plus et j'eus comme un flashback. Une Fitzgerald. Elle était la soeur de Katya, mon ex. En plissant les yeux, je m'approchais d'elle et me mis en tailleur, de façon à être en face d'elle et de ne pas avoir besoin de parler fort et de réveiller tout le quartier pour pouvoir converser tranquillement. Tant d'attention pour des gens si peu intéressants. Cela en devenait inquiétant. Toutefois, je ne changeais plus de position et demandais alors : “Ton prénom c'est Julia ou Jaylann? Je t'avouerai que Katya ne m'a jamais montré des photos de sa famille pour que je puisse mettre un nom sur un visage...” Ma justification était minable, mais je ne voulais pas froisser la touffe blonde qui me tenait compagnie. De toute manière, j'étais minable, alors à quoi bon essayer de cacher sa véritable nature lorsqu'elle nous colle à la peau? Je soupirais de nouveau. Je me rendais compte que j'allais peut-être devoir me justifier car j'avais parlé de Katya. Katya, un des fantômes de Magnolia. Je soupirais, cette ville était une horreur. Je regardais autour de moi et m'allumais une cigarette que je venais de sortir de ma poche. Car oui,  le jeune sportif que j'étais autrefois fumait depuis peu. J'étais tombé dans le vice fallait-il croire. Je manquais de m'étouffer et me tournais vers la demoiselle avec moi, surpris voir choqué par ce qu'elle venait de me demander. “Depuis que je lui ai piqué sa meuf et lui ai dis d'aller se faire foutre, peut-être...” Cette histoire remontait à loin maintenant, entre temps il s'était passé des choses bien plus douloureuses, bien plus graves, et Clyde n'était plus qu'un petit épisode de ma vie.


Dernière édition par Dean Brown le Jeu 29 Mai - 14:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: stuck in her daydreams – Dean. Jeu 29 Mai - 11:54

Dean. Dean. Dean. Julia aurait été incapable de dire plus que ça, Dean. Dean et Clyde, c'était tout ce qui lui revenait. Elle ne s'était jamais vraiment intéressée à la vie de Clyde, et encore moins aux gens avec qui il trainait. Pourquoi l'aurait-elle fait, après tout. Clyde avait beau être un personnage haut en couleurs, il avait tendance à lui taper sur les nerfs et elle préférait s'en tenir éloignée autant que possible. C'était pas vraiment le genre qu'elle appréciait, même défoncée. Plutôt le genre qui brûle, à force de trop s'en approcher. Et puis Julia, elle était un peu dans sa bulle, même beaucoup. Parfois elle s'embarquait dans des chevauchées loin au-dessus de tout, loin au-dessus des gens, mais de façon générale elle ne faisait pas vraiment attention à la vie des gens. Et dans ses moments là, elle n'était pas le moins du monde disponible, encore moins attentive. Ses fonctions visuelles et auditives passaient littéralement à la trappe. Ce soir, elle n'avait rien pris. Rien, si ce n'est son paquet de clope et son briquet que, de toute manière, elle gardait constamment sur elle. Mais une sorte de lassitude s'était emparée de la miss qui, recommençant à se sentir mal dans ce qui était sensé être sa propre maison, s'était échappée dans les ténèbres de la nuit, pour se retrouver là, au skatepark, en haut d'une des figures, les jambes se balançant dans le vide. Et là, le calme, le silence, la petite brise fraiche sur son visage, avaient fini par la calmer. Il faisait un petit peu froid, mais c'était juste ce dont elle avait besoin. L'absence de foule, de bruit, comme un monde au-dessus de la réalité. Là, Julia aurait presque pu s'endormir. Elle était encore mieux ici que dans sa chambre, et elle devinait à son expression que c'était aussi le cas pour Dean. Il n'y avait pas trente six raisons au fait qu'il vienne seul avec son skate un soir où tous ses potes devaient être en train de faire la fête. « Julia. Jaylann, c'est l'autre, la moins cool. » Celle qui ne t'aurait pas adressé un regard, et encore moins une parole ou un sourire. Celle qui t'aurait tué d'un coup d'œil parce que tu avais osé t'asseoir là, près d'elle. À côté de Jaylann, Julia pouvait être super cool. (oui) (je le pense vraiment) Julia eut un petit rire à la simple pensée de sa sœur. Elle ne s'était pas montrée à Magnolia Crescent depuis un bout de temps, et finalement ce n'était pas plus mal. Elle l'imaginait facilement dans un motel à l'air miteux, et n'avait pas franchement envie de la revoir de si tôt. Elle avait maintes et maintes fois imaginé ce qu'elle ferait si sa grande sœur revenait au bercail, et ses possibles réactions étaient nombreuses, mais elle préférait ne pas y penser. Le simple souvenir de Jaylann suffisait à la mettre sur son trente et un, et ce n'était pas exactement ce qu'elle avait prévu pour cette nuit. « Alors tu connais Katya ? » Saisissant cette perche que Dean lui tendait, Julia préférait changer de sujet. Katya était un sujet plus calme et moins risqué. Se déplaçant de manière à être face à Dean, ses jambes quittant le vide dans lequel elles se balançaient, Julia se demanda de quelle façon il pouvait connaître Katya, et comment elle ne l'avait pas su plus tôt. De manière générale, la Fitz était plus ou moins au courant de tout ce qui concernait sa sœur ; hormis le fait que Dirty Secret se faisait une joie de relater chaque seconde de la vie trépidante des habitants de ce quartier, et que le boulanger du coin se faisait une joie d'en rajouter une couche, bien sûr. Julia jeta un œil à la cigarette que le garçon venait de sortir, sceptique. Elle tiqua alors à ses paroles. Si elle avait demandé pourquoi il n'était pas avec Clyde, c'était surtout histoire de dire quelque chose, pour ne pas rester là à se regarder, sans savoir quoi dire. Mais elle ne s'était pas attendue à une telle réponse. Elle se crispa ; de toute évidence, les deux amis étaient en froid. Pour une fille. Que l'un avait piqué à l'autre. Plutôt sympa, non? « Ça c'est pas cool. » Elle savait de quoi elle parlait. Elle n'allait pas s'étendre sur le sujet, parce que non seulement ça ne la concernait pas, mais qu'en plus elle avait été victime de ce genre de choses, et que la brûlure, bien qu'amoindrie, se faisait encore sentir. Mais intérieurement, à la simple idée que d'autres aient subi, ou fait ça, elle sentit la colère monter en elle. Parce qu'elle considérait que c'était pas une chose qu'on faisait, comme ça, et dont on parlait ensuite comme on parle de la pluie et du beau temps. « Vraiment pas cool. » alors sans qu'elle le veuille, elle regarda Dean, l'air dur, les sourcils froncés, réprobateurs. Que ça concerne Clyde, Joy, ou n'importe qui, ça ne changeait rien. Le fait était là.

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MessageSujet: Re: stuck in her daydreams – Dean. Jeu 29 Mai - 15:44

    Dans des quartiers comme celui-ci, tout le monde finit par se connaître. Déjà parce que entre familles, on tisse des liens avec tel ou tel membre et l'on finit par rencontrer la famille entière, mais aussi car la seule occupation pour certains habitants est de connaître les dernières nouvelles du quartier. Et en particulier ici où nous avons Dirty Secret pour se charger de dévoiler les dernières nouveautés à ceux qui ne seraient pas déjà au courant de ce qui s'est passé dernièrement. La famille Fitzgerald, je la connaissais de nom. J'étais en effet sortie avec Katya mais notre histoire n'avait pas duré très longtemps et ainsi je n'avais pas eut l'occasion de rencontrer sa famille. Je connaissais juste leurs prénoms, et quelques rumeurs sur les soeurs Jaylann et Julia. Mais n'étant pas une commère comme pouvait l'être ma mère, je considérais mes connaissances comme des hypothèses et avais décidé de ne pas mettre d'étiquette sur la relation qui unissait ces deux soeurs. Je ne pus m'empêcher de sourire lorsque j'entendis la réponse de Julia. Cela confirmait mes hypothèses, mais ces choses là ne me regardaient pas alors je décidais de ne rien répliquer. A la place je m'allumais une cigarette. Il y a peu de temps, j'étais le garçon droit et sain que tout le monde respectait. Je ne buvais pas, je ne fumais pas, j'étais toujours gentil. Mais après l'Italie, il avait fallu que je trouve quelque chose à faire pour décompresser, pour oublier.

    Je manquais alors de m'étouffer lorsqu'elle me demanda si je connaissais Katya. Je devais m'y attendre, j'avais tendu la perche et désormais je devais en assumer les conséquences. Je n'avais pas honte d'être sortie avec Katya, au contraire, mais je n'avais jamais aimé raconter ma vie amoureuse, à qui que ce soit. J'étais un mec démonstratif, mais pas bavard - chose que me reprochait d'ailleurs ma mère qui pensait souvent que je ne l'aimais pas. Je soupirais alors et répondais : “Je suis sortie avec, mais ça n'a pas marché, on est restés amis.” Ça c'était fait. En fronçant les sourcils, je regardais autour de moi et je me mis à repenser à Clyde et Joy. Cette histoire avait fait de nous trois des épaves, mais tout le monde savait, dont Clyde, que Joy et moi étions destinés à être ensembles. C'est alors que j'entendis le ton que prenait Julia. Je levais les yeux sur elle et la fusillais du regard. Peu importe qui elle était, elle n'avait pas à me juger. Je ne savais pas si dans cette obscurité elle pouvait distinguer le regard haineux que je lui lançais, mais même si c'était le cas, cela ne m'arrêtais pas. “La vie n'est pas "cool". La vie est trop courte pour regarder son meilleur pote se taper la fille que tu aimes alors qu'elle t'aime toi.” Mon ton était dur, sec. J'avais respecté bien trop longtemps l'amitié que j'avais pour Clyde, mais il est arrivé un jour où je ne pouvais plus. Joy était là, me regardait avec amour et douleur en même temps, et à chaque fois que j'entendais son prénom, je sentais mon coeur se déchirer en deux. “Je ne sais rien de toi, tu ne sais rien de moi. Je ne te juge pas.” Ajoutais-je froidement avant de prendre mon skateboard et de m'élancer, la clope au bec, les cheveux au vent. Je venais parler gentiment à cette fille et elle se permettait de me juger avant même de me connaître. Je passais donc quelques minutes à rouler, en fumant ma clope avant de revenir auprès d'elle, en silence. Je jetais ma cigarette au loin et serrais mon skate contre moi, en regardant au loin.
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MessageSujet: Re: stuck in her daydreams – Dean. Jeu 29 Mai - 22:48

Le petit Dean avait tout l'air de quelqu'un de sympathique. Pas le genre à chercher les problèmes. C'était à se demander ce qu'un gars comme lui faisait avec un mec comme Clyde. Deux parfaits opposés. Aussi, si Julia aurait fait la grimace en voyant le Ainsworth s'avancer vers elle, l'air nonchalant, ce sourire moqueur qu'il affichait constamment sur ses lèvres, elle n'avait rien contre le petit Dean. En fin de compte, si Julia était aussi agressive avec les gens, c'était un simple moyen de défense, parce que la miss avait besoin de son espace vital et que trop souvent les gens l'attaquaient de façon détourné. Le sourire forcé qu'affichait la voisine en la voyant, prenant un ton faussement enjoué pour lui demander ni vu ni connu ce qu'elle faisait au juste dans la vie ; le regard réprobateur, les sourcils froncés, tôt le matin alors qu'elle rentrait tout juste se coucher ; le visage crispé caractéristique de ceux qui lisaient dirty secret. Dean, lui, ne faisait rien de tout ça, et Julia était convaincue que ce n'était pas seulement parce qu'ils ne se connaissaient pas. Il était venu, son skate sous le bras, s'était contenté de s'asseoir et d'entamer la discussion avec elle, sans préambule, sans une once de doute envers Julia. Et rien que pour ça, la Fitz lui en était reconnaissante. Si elle avait d'abord voulu être seule, elle appréciait la présence de Dean. D'ailleurs, ils semblaient avoir plus en commun que leur besoin de calme et de sérénité ; Katya. Julia haussa les sourcils en entendant qu'ils étaient sortis ensemble. « Ah bon. » elle qui pensait tout savoir de sa sœur, ça lui faisait une belle jambe d'apprendre ça. Ça n'avait pas du duré longtemps, sinon elle l'aurait su. Enfin, c'était ce qu'elle supposait. Après tout, les deux sœurs avaient beau être proches depuis toujours, elles faisaient chacune leur petit bout de chemin – surtout Katya, à vrai dire – et ne pouvaient plus se voir aussi souvent qu'elles l'auraient voulu. En particulier depuis que la petite était partie en voyage avec cet idiot de Christian Livingstone. Si Julia était toujours sceptique concernant ce dernier, elle voyait bien qu'il rendait sa soeur heureuse, et à ça elle ne pouvait rien redire. Cependant elle sentit ses sourcils se froncer à l'entente des mots de Dean. Une sale histoire l'avait éloigné de Clyde ; une fille. Une sale histoire de rivalité, et d'adversité, de toute évidence. La fin était prévisible, et à cette simple pensée Julia se crispa. Était-ce donc une chose si commune, dans ce quartier, que de se tromper les uns les autres ? Beaucoup trop concernée par le sujet, sa voix se refroidit et elle ne put s'empêcher de faire un commentaire. Certes un commentaire plutôt petit et misérable par rapport aux les circonstances, mais un commentaire tout de même. Dean semblait l'avoir remarqué puisqu'il releva aussitôt les yeux vers elle, en la fusillant du regard et ça tombait bien parce que Julia espérait justement une réaction. Elle ne se fit pas attendre ; le ton du jeune homme était devenu plus dur, plus froid, et Julia voyait là un autre visage du garçon qu'il n'avait jusqu'ici pas laissé apparaître. Alors son excuse, c'était ça ? La vie est trop courte ? Si ça rentrait parfaitement dans la philosophie de Julia, la situation ne s'y prêtait pas vraiment. Ce n'était pas une raison. Malgré toute la lassitude qu'elle avait pour Clyde, elle pouvait parfaitement imaginer ce qu'il devait ressentir. « T'as une drôle conception de l'amitié. » Mais Dean ne devait pas l'avoir entendu, parce qu'au même moment il lui reprocha de le juger, et l'amertume qui débordait de ses paroles sauta au visage de la Fitz. Et alors, avant qu'elle ait pu dire quoique ce soit, le garçon s'élança dans le vide sur son skate. Elle le regarda glisser sur le half pipe ; il avait raison, elle le jugeait. Et si Julia ne supportait pas qu'on le fasse envers elle, elle ne pouvait pas s'empêcher de le faire à cet instant précis. Parce que, quoique Dean dise, elle pouvait parfaitement comprendre quel effet ça faisait, ce genre de choses. Alors elle le regarda faire ses figures, en réfléchissant à ses paroles, décider à ne pas le laisser avoir le dernier mot. Finalement, après quelques minutes, il revint près d'elle, se rassit au même endroit, bien qu'elle eut l'infime impression qu'il s'était légèrement décalé. Alors Julia, le regard toujours vers l'autre bout du skatepark, soupira lentement avant de tourner son regard vers Dean. « Et elle est où cette fille, maintenant ? » Elle savait parfaitement qu'elle touchait un point sensible. C'était bien le but de l'opération ; elle devinait facilement ce qui s'était passé ensuite. Sûrement pas ce que Dean espérait, en tout cas. Elle lui adressa une sorte de petit sourire, qui n'était ni une moquerie ni un jugement, juste une façon de dire qu'elle connaissait déjà la réponse.
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MessageSujet: Re: stuck in her daydreams – Dean. Ven 30 Mai - 18:13


    On ne contrôle pas tout, et au fond de soi, on le sait. Mais certaines personnes s'évertuent à vouloir prouver le contraire. Des personnes comme Dirty Secret, qui montrent chaque jour qu'elles en savent plus que les autres. Mais savoir n'est pas contrôler. Je savais que Joy m'aimait, et pourtant je n'ai pas contrôlé ses envies sexuelles, et si j'avais pu, on en serait pas là. Il est parfois mieux de laisser la vie se faire, se laisser aller, apprendre à profiter sans se soucier des conséquences, des préjugés et de tout ce qui pourrait nous pousser à vouloir tout contrôler. On peut contrôler un skateboard, ou tout ce qu'on peut dire de matériel, mais l'amour, l'amitié, on ne contrôle pas. Je ne dirai pas que je n'ai pas contrôlé ce que j'ai fais en me mettant avec Joy, mais je ne pouvais pas choisir de tomber amoureux du plan cul de mon meilleur pote. Et si j'avais pu, j'aurai tout arrêté dès le début. D'ailleurs, il n'y en aurait pas eut de début. Ainsi, j'aurai pu répondre à Julia en lui parlant de ma conception de l'amitié, en lui disant tout ce qui a fait qu'aujourd'hui, je vois la vie comme un compte à rebours. Mais je n'en voyais pas l'intérêt : je ne voulais pas être celui à plaindre,  le martyr au skate de Magnolia. Je voulais juste pouvoir parler avec Julia sans avoir à me justifier sur mes pensées, sur mes choix. Pourquoi donc se prendre la tête à cause de conceptions différentes? Si les gens raisonnaient ainsi, on passerait notre temps à s'affronter, comme en politique, comme les pays en guerre. Sur des malentendus, sur des désaccords. Je n'étais pas le genre de mec à vouloir prouver qu'il avait raison. Si j'avais tort, soit. Je voulais plutôt profiter calmement des instants qu'on m'avait accordé. Dean Brown le pacifiste. Pathétique, mais néanmoins pratique. C'est donc en sautant sur mon skate que je tentais d'oublier toutes les explications qui me venaient en tête. Et je revins, calme, mais tout de même distant. A vrai dire, j'avais peur que Julia reparte sur ce sujet encore douloureux. Et je ne me trompa pas. En effet, elle me demandait où se trouvait cette fille désormais. Joy... Joy, ses yeux bleus pétillants et ses boucles brunes. Je soupirais, posais mes mains derrière moi pour me soutenir et levais la tête vers le ciel avant de répondre d'un ton las : “Toujours à briser les coeurs des garçons de Magnolia je présume... Les gens autour de moi pensent que Joy est un sujet tabou, alors on ne m'en donne jamais des nouvelles. Pour me protéger soit disant!” Je riais alors nerveusement et me léchais les lèvres.

    Ce que je trouvais tout aussi pathétique dans ce quartier, c'est que les gens pensaient savoir mieux que toi ce qui serait bon pour toi. Non pour eux. Mais pour toi. Comme s'ils pouvaient lire en toi comme dans un livre ouvert, comme s'ils pouvaient déceler chaque pensée, chaque sentiment. Comme si tu étais trop con, ou trop immature pour prendre toi même une décision. De nos jours, nous n'avons plus aucun contrôle sur ce que nous faisons, pour en revenir à ce que je pensais avant.
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MessageSujet: Re: stuck in her daydreams – Dean. Mer 6 Aoû - 14:50

Julia serra les bras autour de sa poitrine, frissonnant un peu lorsqu'une brise fraiche se glissa sous sa veste. La faible lueur de sa cigarette menaça de s'éteindre et elle sortit son briquet pour la rallumer. Elle n'était pas sûre de vouloir poursuivre cette conversation vers ce chemin-là. Il y a certaines choses, brûlantes et ravivant les souvenirs, dont on ne peut plus parler pendant un certain temps. Est-ce qu'elle serait capable de donner son point de vue à Dean sans défaillir ? Elle n'en était pas sûre et n'avait pas vraiment envie de tenter l'expérience. Elle voulait juste qu'il se rende compte qu'il ne pouvait pas faire ce qu'il avait fait juste comme ça, parce que « la vie est trop courte », comme il disait si bien. Si Julia n'était pas la mieux placée pour donner des leçons, pour le coup elle savait de quoi elle parlait. Et ce n'était pas l'air agacé de Dean ou sa façon d'esquiver la conversation qui allait lui faire renoncer à ses convictions. Elle éluda le sujet aussi facilement que Dean l'avait lui même fait, posant une autre question dont elle connaissait déjà la réponse. Ça se saurait su, si la miss King sortait avec Dean. Mais elle n'avait pas non plus continué de voir Clyde, comme quoi leurs actes débiles n'avaient profité ni à l'un ni à l'autre. Julia prit une taffe, ramena ses jambes vers elle de façon à être assise en tailleur au bord du half-pipe. Elle savait déjà où tout cela avait mené le trio, et si elle ne cherchait pas à embêter Dean ou à le rendre mal à l'aise elle tenait à dire ce qu'elle avait à dire. Elle souffla la fumée, n'y prêtant pas attention. « On croit toujours que ça ne fera rien, que les gens ne sauront pas. Au final ça touche tout le monde, même ceux qu'on ne soupçonnait pas. » Jaylann était partie, Zach s'était effacé, Julia battait des bras pour se sauver de la noyade – ça donnait à peu près ça. Essayez de faire nager quelqu'un qui n'a jamais appris. Des fois elle se demandait lequel des trois avait été le plus blessé. Elle avait vu l'état dans lequel avait fini Zach, rongé de remords, et si ça n'avait pas suffi à lui faire oublier ce qui s'était passé elle avait au moins pris conscience. Quant à Jaylann, elle l'avait vu aussi, toujours aussi fière, toujours aussi droite. Mais elle l'a connaissait assez pour savoir ce qui se passait réellement à l'intérieur d'elle. Elle n'avait pas supporté, elle était partie. Et Julia, elle, se remettait comme elle pouvait. Sans bouée de sauvetage, sans maitre nageur, c'était un peu compliqué. « Tu voudrais la revoir, toi ? » Il riait faiblement, nerveusement, comme si le fait que les gens le tiennent intentionnellement éloigné de Joy était débile, ridicule, enfantin. Comme s'il n'était pas tout à fait d'accord avec ça. Elle se sortit de ses pensées, de ses affaires. Ce n'était pas d'elle dont il était question, ça ne l'avait jamais été. Elle restait simple spectatrice sans billets, debout au fond de la salle, sans même une place assise et les acteurs jouaient jouaient jouaient sans prêter attention à elle et sans même jeter un œil à leur texte, improvisant n'importe comment, dans n'importe quel sens pour un rendu sans sens et sans logique. Elle sentait qu'elle pouvait le vexer, au moindre mot, à la moindre intonation mais elle était décidée à rester avec Dean, qui l'avait sortie du fond de la salle et surtout, malgré les pensées qui se croisaient et se mélangeaient dans son esprit, elle était décidée à ne pas lui parler d'elle. Elle ne pourrait pas, ne voulait pas. Mais il fallait qu'elle sache son avis, son point de vue. Parce que personne ne vit les choses de la même façon.
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MessageSujet: Re: stuck in her daydreams – Dean. Dim 10 Aoû - 7:17

    Jusqu'à mon accident, je n'avais jamais eut de mal à m'intégrer à la société. Tout avait toujours été simple et facile. Je n'avais qu'à montrer ma sympathique bouille basanée pour qu'on me tende la main. Ainsi, en arrivant à Magnolia Cresent, je n'avais eut aucun mal à me faire des amis, au contraire, j'avais été très bien intégré. Mais depuis, les choses avaient changé, et je refusais de croire naïvement que tout être était bon envers les autres, qu'il n'y avait pas que noirceur et malheur dans nos coeurs. Or, j'étais l'exemple même de l'ange déchu. Désormais, mon coeur était brisé, éparpillé en milles morceaux. Mon esprit, tourmenté. Et ma vie? Elle ne ressemblait plus à rien. Un puzzle à moitié fini, une vie éclatée, fragmentée. Vécue, mais pas assez. Alors, lorsque je voyais Julia me juger suite à quelques paroles de travers de ma part, je ne pouvais faire autre chose que m'énerver. Or, je n'étais pas venu au skatepark pour cela. Je voulais me changer les idées, oublier et surtout, me détendre. Car je n'avais pas un nerf détendu. Je soupirais et regardais devant moi. Je ne savais pas où en était ma clope, si même quand je l'avais jeté, mais j'en allumais une autre. Si je ne voulais pas me mettre à hurler sur Julia, je devais me calmer.
    “On récolte ce que l'on sème. Mais tu ne comprends pas, alors laisse tomber.” Je la vis frisonner. Alors j'enlevais ma veste et la déposais sur ses épaules avant de me laisser glisser jusqu'au sol. Je me mis à tourner en rond, montant quelques fois sur les half-pipe les plus bas. Je n'arrivais pas à rester en place, et de toute manière, je devais ma fatiguer pour tomber raide et dormir d'un sommeil sans rêve jusqu'au lendemain matin. Je me tournais alors soudainement vers Julia et lançais alors : “Qu'est-ce que tu fais ici aussi tard au fait?”. Ma voix n'était plus dure et froide, mais douce et d'un ton surpris. Il était tard, et elle n'était beaucoup plus âgée que moi. Les rues de Magnolia n'avaient jamais été sures et encore moins depuis le meurtre d'Alicia King où les choses semblaient s'empirer d'années en années. Je soupirais. Quel quartier de merde.

    HS : Désolée, mon post est vraiment naze   
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