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Andy ♣ Visite innatendue

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MessageSujet: Andy ♣ Visite innatendue Ven 30 Mai - 19:13

Dans la salle résonne les dernière note de la chevauchée des Walkyries, le prélude de l’acte III de l’opéra Die Walküre composé par le célèbre Richard Wagner. Et au centre de la pièce évidemment la ravissante Ruth Danielson-Dickens est occupée à répéter une danse. Ses pas ne sont pour le moment que des ébauches. La mère de la demoiselle cherche encore le meilleur moyen pour que tout soit beau, pour que tout s’enchaine bien. Il est important quand on réalise une danse de s’assurer que tout soit harmonieux, tout doit correctement se connecter et tant qu’elles ne seront pas parvenus à quelque chose de correct, en attendant d’atteindre la perfection, il est peu probable que la demoiselle se voit accorder une pause qu’importe ce qu’elle soit. Et la brunette n’en peut plus en fait. Toute cette pression tout le temps. Elle est encore en train de râter un cours en plus, ce qui n’est pas pour lui plaire mais elle n’a pas le choix à vrai dire, sa mère exige et la brune obéit, les choses ont toujours étés ainsi pour elle, jamais la demoiselle ne parvient à se défaire de sa mère, jamais elle ne parvient à lui tenir tête ou à faire valoir ce qu’elle voudrait elle. Mais bientôt, Monsieur Davidson tapote à la porte de la salle de danse, indiquant qu’une personne souhaite voir mademoiselle Davidson-Dikens et quoique cela ne plaise absolument pas à la maman de cette dernière, elle est vite obligée de plier, grâce à son époux. La brunette, dans sa tenue de danseuse peu alors souffler et, son chignon bien serré, ses joues rouges sous le coup de l’effort qu’elle vient de fournir, la demoiselle se présente au salon pour voir qui est le mystérieux visiteur qui a demandé après elle, qui ne tarde pas à paraître.

« - Bonjour… Que me veux l’honneur de votre visite ? » interroge la demoiselle avec un sourire lorsqu’elle reconnait la personne venu la sauver du perfectionnisme de sa mère.
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MessageSujet: Re: Andy ♣ Visite innatendue Dim 8 Juin - 11:41



Visite inattendue.

Le soleil m'irradie les yeux, et incendie mon épiderme.
Heureusement, un souffle de vent frais aux relents de barbecue des voisins vient me secourir. Je me demande ce qui se passerait, si je restais trop longtemps à la merci de sa chaleur. Peut être bien que je finirais par fondre comme tout les trucs trop plein d'eau. Ca commencerait à suinter par tout les pores de ma peau, chaque fichu épiderme se transformerait en fontaine, et ce serait moi, Andy de Trévi, où les hordes de touristes en short viendraient illico me jeter des pièces à la gueule, en important pour un crédit plus petit, une voiture plus grande, une femme moins chiante. Et moi, je ferais la sourde oreille, je les laisserais se démerder seuls avec leur banquier, leur concessionnaire et leur femme qui tire la gueule, je les laisserais et je m'en foutrais, parce qu'on a tous nos problèmes, et qu'à choisir moi j'aimerais bien aussi pouvoir demander un coeur plus petit, des vacances plus grandes et un frère moins chiant, j'aimerais mais j'peux pas, parce que tout le monde s'en fout et que c'est comme ça.
C'est absurde Andy. Tu ne vas pas devenir une femme fontaine, ça c'est encore un truc de film porno. Non, si tu continue à exsuder au soleil, tu vas te fondre encore et encore, jusqu'à devenir une grosse flaque de glace qui se répands à toute vitesse sur le bitume,  qui se fond sur l'asphalte jusqu'à la recouvrir totalement. Une grosse flaque de glace okay, mais pas à n'importe quel parfum, je veux être une glace parfum pistache, un truc inédit qui surprend, qui dérange, et que les gens n'apprécient pas forcément. Une foutue glace qui fait grimacer.
En comparaison, Ruth, ce serait plutôt une boule de glace à la cerise, ou peut être même à la fraise. Un truc mignon, qui déçoit jamais ceux qui en prenne. Un truc qui flatte les papille et les yeux, une belle couleur, une glace qui s'apprécie tant par la vue que par le goût.

Je m'arrête sur le seuil du n°54, Magnolia Cresent. Je tape un coup, deux coups. La porte s'ouvre finalement sur quelques gammes d'un opéra que je reconnais tout de suite, et surtout sur un monsieur Danielson tout sourire. Je ne sais pas comment fait ce type pour avoir toujours l'air de sortir d'une publicité pour le lait demi écrémé et les adoucissant. Peut être bien qu'on lui a agrafé ses lèvres bien haut sur ses pommettes, pour qu'il soit toujours comme ça, happily ever after, comme on dit.
Je tente de lui rendre son sourire, en moins grand, moins blanc, moins bien, mais il ne s'en offusque pas et va quérir celle que je réclame. J'attends dans le salon, me noyant dans la contemplation des bibelots et des photo, de tout ces trucs lisses et bien cirés. Tout est beau, tout brille, et c'est dans cet agencement parfaitement raffiné qu'apparait Ruth, comme le point culminant de toute cet esthétisme. L'apothéose.

Elle me demande ce que je viens foutre ici, et je la comprends : ma présence jure salement dans le décor. Pour autant, elle n'a pas l'air de s'en offusquer, et un joli sourire vient accompagner sa question.

« - Oh, tu peux me tutoyer, tu sais. J'ai pas l'age d'être ta grand-mère, ménage un peu mon amour propre, je lance avec amusement. Je suis venue t'apporter les rushs du concours de la semaine dernière. Je sais que t'es pas arrivée première, mais franchement, je me suis dit que ce serait dommage de les jeter, vu tout le mal que tu t'es donné. Ca t'intéresse ? »

Alors que je tapote mon sac pour appuyer mes paroles, je réalise que ma petite Miss America est peut être déjà occupée, à apprendre à s'assoir comme une princesse, à se faire un peeling aux actifs de fruits, ou tout ces trucs de filles que je ne connaitrais probablement jamais. Je me hasarde :

« - Excuse moi, tu es peut être déjà occupée ? »

C'est vrai qu'elle a l'air affairée. Sous son chignon bien serrés, quelques mèches folles dépassent, et vienne s'égarer sur ses joues rosies, ses joues couleur fraise. Ruth Dickens Danielson, la fille saveur fraise des bois.
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MessageSujet: Re: Andy ♣ Visite innatendue Dim 8 Juin - 14:14

La jolie brune paraît donc au salon et prend place dans un canapé, avant de questionner et saluer Andy qui est venu ici, pourquoi ? Elle ne sait pas. Pour qui ? Apparemment pour elle. Ses joues sont moins rouges comme elle a prit le temps de se calmer. Son tutu est blanc immaculé, son chignon est tiré à quatre épingles quoique quelques mèches folles s'en échappent pour se coller sur ses joues, la jolie demoiselle vient de faire de l'exercice après tout. On peut dire que dans ce décor qui l'entoure, riche et propre, la demoiselle ressort à la manière d'une princesse, elle est celle qui magnifie le tout, alors que juste derrière elle s'étale au mur un tas de cadres retraçant nombre de ses succès aux concours de beautés qu'elle a présenté, de ses premières participations aux mini miss aux concours plus récents dont celui qu'elle a remporté il y a trois mois de cela. Même si cela la gêne un peu d'être ainsi exposée dans le salon, aux yeux de tout les visiteurs qui peuvent y venir. Enfin soit elle n'a pas trop le choix de le supporter ou non. Alors elle engage la conversation avec la jeune femme de sorte à ne pas trop penser à cet écrasant environnement dans lequel Andy, curieusement, est comme la lumière de la demoiselle, parce qu'elle tranche un peu avec l'atmosphère des lieux.

"- Oui pardon. Alors qu'est-ce qui t'amène ?" demande la demoiselle avec un sourire d'autant plus qu'elle se doute comme ce genre de façon de parler doit agacer sa mère.

Toutefois le sourire de la demoiselle s'efface alors que la jeune femme parle du concours perdu face à Scarlett Spencer, concours où elle n'a finis que seconde face à cette petite pimbêche toutou du sénateur. Andy farfouille dans son sac et Ruth n'ose pas lui dire que non, ça ne l'intéresse pas, voilà bien un moment que sa mère et elle-même souhaiteraient oublier. Et d'ailleurs Andy semble soudainement remarquer que la demoiselle était probablement occupée avant qu'elle n'arrive, comme peut le trahir sa tenue, la demoiselle ne s'habille pas comme ça tout les jours c'est sûr. Ce serait bien trop étrange et une princesse se doit de s'habiller classe tout les jours.

"- Oui mais ne t'inquiète pas tu m'as surtout sauvé la vie." répond la demoiselle en un souffle pour que sa mère ne puisse pas l'entendre et donc pas la disputer un peu plus tard lorsqu'elles seront seules en tête à tête. On ne sait jamais elle pourrait mal le prendre et la demoiselle ne tient pas à lui causer du déplaisir car malgré son caractère la jeune femme aime sa mère et naturellement de ce fait elle souhaite lui faire plaisir comme au temps naguère où elle participait avec plaisir à tout ça. Parce qu'elle était contente étant petite d'être la plus belle aux yeux d'un jurie. Qui ne l'aurait pas été. Qu'elle petite fille n'aurait pas adoré être une princesse pour une journée. Qu'elle petite fille n'aurait pas adoré porter écharpe et couronne ?

"- Mais tu sais j'aime autant ne pas trop repenser à cette journée. Je t'avoue que dans la mesure où ce monde n'intéresse pas Scarlett j'ai sa victoire en travers de la gorge. Elle me dédaigne me trouvant trop superficielle et par derrière elle s'inscrit à des concours..."
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MessageSujet: Re: Andy ♣ Visite innatendue Jeu 19 Juin - 15:36


Visite inattendue.


Les cadres photo s'entassent derrière elle. Par touches de couleurs, ils s'approprient le mur, du bleu, du rouge, du rose, du beige, de l'ocre... La palette est infinie, et en se reculant un peu, on peine à déchiffrer cet improbable gamme d'arlequin bariolé. Pourtant, il n'y a rien de plus à comprendre. Des centaines de clichés, des centaines de silhouettes, mais qu'un seul et même visage : celui de Ruth, Ruth qui sourit, Ruth qui salut, Ruth avec des robes de princesse et des parures de reine, Ruth en tutu ou en maillot de bain, Ruth et ses poignets gracieux et ses ongles vernis, Ruth émue au larmes ou avec les fossettes au milieu des joues, Ruth qui minaude et Ruth qui fait la moue, Ruth et ses long cheveux lisses ou ses petites bouclettes, Ruth qui parle et qui écoute, Ruth de profil et puis de face, Ruth, Ruth, Ruth, Ruth...
A la manière d'un kaléidoscope, le mur me renvoie ses fragments, décuplés à l'infini. Son sourire se réfléchi sur les murs, ses pommettes s'entrechoquent contre d'autres pommettes, et c'est cet ensemble, travaillé à l'extrême qui forme une histoire, l'histoire de cette petite poupée douce et docile.
Car oui, Ruth est une poupée. Le genre de petite poupée avec laquelle on aimerait bien jouer. Il suffirait de passer ses doigts dans ses cheveux, de couvrir de poudre ses yeux, ses yeux immenses, dans lequel on pourrait se noyer. Et la noyer, elle aussi, sous un monticule dentelles, sous un tas de parures. De capturer ses hanches étroites dans un étau de taffetas, de menotter à ses poignet des bracelets rutilants, de t'attacher enfin à des rubans. De se l'approprier peu à peu, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus une femme, juste une petite poupée, une de celle toute mignonne qui n'élève jamais la voix, qui ne brandit jamais le poing. Une de celle qu'on exhibe, qu'on met en vitrine, qu'on met en avant pour cacher les autres jouets ratés, les poupées abimées, comme moi. Une poupée qui ne dit jamais non, une poupée gentille et bien élevée, qui ne demande qu'à concentrer les regards, pour mieux exister.
Seulement la poupée grandie, et elle attire les convoitises des autres enfants. Et on a si peur, si peur qu'elle se casse la poupée, qu'elle se fasse la malle avec sa petite valise rose, qu'elle aille s'abimer les lèvres contre celles d'un Actionman, et que ses doigts virils viennent emmêler ses cheveux, faire couler son rouge à lèvres, délier cette bouche trop silencieuse. On a si peur qu'elle grandissent finalement, qu'elle parte, et qu'elle plante tout. On a si peur pour elle, on a si peur pour nous. Alors on la retient avec ces histoires de concours, on la retient dans cette belle maison blanche, aux volets peints. Cette maison de poupée, où l'odeur du neuf se mêle à la cire d'abeille, où tout est beau, tout est propre, tout est lisse, tout est à son image. On la fait évoluer entourée de belles images et de beaux meubles, tout est à sa taille, un peu petit peut être, mais c'est pour mieux la garder enfant plus longtemps. La petite poupée ne grandira pas, maman fera tout pour, elle s'occupera d'elle à jamais, elle brossera ses cheveux plus longtemps, et ne la partagera pas avec les autres enfants.
Mais maman était tellement occupée à faire briller le décor qu'elle n'a rien remarquée : elle n'a pas vu la peinture commencer à se fissurer, à se zébrer de part en part, elle n'a pas vu que sous ce vernis quelque chose grandissait, que quelque chose qui gonflerait peut être un jour suffisamment  pour faire craqueler tout le reste.

Mais pour l'instant, Ruth n'en est pas encore là. Elle continue d'être la belle petite chose qui attire les convoitise. Elle assure poliment que je ne la dérange pas, et même mieux, que je lui sauve la vie. Je n'en demandais pas tant, mais son ton de confidence ne manque pas de me faire sourire. Elle continue cette fois, d'un air plus assurée. Il me semble évident qu'elle n'a pas digérer la défaite de son dernier concours, et qu'elle en est resté au même point où je l'ai laissé : l'amertume de ses propos, la rancœur de son injustice. Je crois bien que j'aimerais la rassurer, lui dire quelque chose qui pourrait l'amuser, et balayer Scarlett de ses pensées.
Les mots sortent de ma bouche avant que j'ai le temps de les censurer.

« - Ouais, bah Miss Machintruc ou pas, il n'empêche que ta Scarlett, elle a quand même un popotin plus épais que toi ! Regarde ça, on dirait le mien. »

Parfois, il s'avère que seule le mensonge et la médisance viennent à bout des âmes affligées. Désolée Scarlett, désolée pour tes fesses, mais j'ai une poupée à consoler.


Dernière édition par Andy Swarovski le Mer 31 Déc - 9:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Andy ♣ Visite innatendue Jeu 19 Juin - 23:42

Doucement, sans faire de bruit, la petite poupée est déjà partie. Pas tout à fait encore, mais d’une bonne moitié. Sans que l’on ne s’en rende compte, elle a apprit à fuir, à quitter la maison aux heures sombres de la nuit pour aller retrouver quelques amis. Sans que l’on ne s’en aperçoive réellement, la poupée qui n’a pas le temps pour les choses sans importances, qui n’a pas le temps pour les garçons, a apprit comment avec eux elle peut passer du bon temps. Elle a apprit à découcher et même, à embrasser. La petite poupée n’est plus si parfaite qu’on le voudrait mais on sauve les apparences, on se berce d’illusions, pour croire encore qu’elle a l’âge de l’enfance, l’âge innocent ou la seule vérité était les mots de mamans. Monica Danielson-Dikens n’a pas encore conscience que sa fille lui échappe. Elle ne remarque pas comme sa belle poupée de porcelaine s’amourache et se pâme, pour les beaux yeux d’un jeune homme. Elle ne remarque pas comme elle relève ses jupons de temps en temps, pour les doigts d’un garçon. La petite poupée, on l’a déjà décoiffée. La petite poupée, on l’a déjà essoufflée. Et même caressé. On l’a déjà fait soupirer.

Ruth adresse un sourire à son amie comme cette dernière lui lance un commentaire un peu acerbe sur le fessier de Scarlett. Dans le fond, la jolie reine de beauté se doute bien que ce n’est pas du tout vrai, elle sait bien que Scarlett est loin d’être un laideron et que dans le fond, elle a bien mérité un prix pour sa beauté. Non, elle ne l’a pas volé. Mais elle le lui a volé tout de même, avec ses grands airs de grande princesse, à dédaigner celles qui enfilent maillot et robe de soirée pour l’écharpe et la couronne de leur vanité. Non, Ruth ne peut pas encaisser le coup que cette péronnelle, qui ne cesse de dire que la Danielson-Dikens est trop superficielle, gagne un prix dans ce genre de concours de beauté qu’elle déteste tant.

«- Euh… Mouai. Mais elle a une vie aussi beaucoup moins compliquée. Je suis sûre que ELLE on ne l’empêche pas de prendre du Nutella au petit-déjeuner et ça ne l’empêche pas de gagner un prix de beauté alors… » lance la demoiselle comme une pique, une réflexion, lancée naturellement à l’attention de sa mère.

La petite poupée a apprit à se rebeller. La poupée a apprit à avoir du mordant et, sans en faire usage tout le temps, elle sait tout de même comment s’en servir. Et comme elle sait sa mère non-loin, sûrement à l’observer, la surveiller, pour s’assurer qu’elle ne dise ou ne fasse pas de bêtises. Alors ce genre de propos oui bien sûr, c’est un reproche que la poupée fait, dans l’espoir que le destin lui dessine des lendemains un peu meilleurs, plus agréables et surtout moins restrictif. Même si sur la question elle ne se fait plus trop d’illusion et ce depuis pas mal de temps déjà.

Grant apporte des rafraichissements et des verres pour les deux jeunes demoiselles, avec son éternel sourire Colgate que la brune trouve si faux, elle qui ne s’est jamais sentit vraiment acceptée par cet homme, qui a toujours pensé que son frère et elle, n’étaient que tolérés par ce type par amour pour leur mère. Et pourtant malgré tout ça, la demoiselle aime cet homme et le respecte. Mais elle ne sait pas si un jour, quand elle aura besoin d’un homme pour la conduire à l’autel, elle lui demandera à lui. Pour cela, il faudrait qu’il la voit vraiment comme sa fille.

«- Que souhaites-tu boire ? » demande la demoiselle avec douceur.

Comme elle parle, la demoiselle présente à son interlocutrice les bouteilles de sodas et le pot-à-eau. Encore une idée de Monica ça. A toujours vouloir que sa fille surveille son poids. A toujours lui interdire les boissons gazeuses, de peur que ça lui fasse gonfler l’estomac. Le pot-à-eau naturellement la demoiselle se doute que c’est à son intention. Charmant, flatteur. Elle ne montrera pas qu’elle bougonne toutefois. Elle le fait intérieurement, sans trop l’exprimer, pour ne blesser ni ne vexer personne.

La jeune femme sert le verre demandé par son interlocutrice et le lui donne avec un agréable sourire, avant de se servir discrètement un verre de coca-cola sans que sa mère ne la voit. Puis elle le boit rapidement pour éviter de se faire prendre sur le fait, prendre en flagrant délie. Puis en souriant, elle met son doigt sur la bouche de sorte à intimer le silence à son amie pour que cette dernière ne la trahisse pas de quelque manière que ce soit. On ne sait jamais, un seul petit rire pourrait la trahir et elle ne préfère pas que Monica se rende compte de la supercherie.
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MessageSujet: Re: Andy ♣ Visite innatendue Dim 1 Fév - 1:47


Visite inattendue.



Le beau est éphémère. Fragile. Périssable.
Il flirte avec le temps que rien ne semble pouvoir arrêter. Il séduit. Il envoûte. Il se laisse admirer. Sirène des temps modernes, il attire les âmes avides, pour mieux venir les noyer. Tout le monde cherche à l'attraper, à refermer ses doigts envieux sur esthétisme tant convoité. Certains y arrivent. D'autres l'effleurent tout juste. Mais qu'importe le succès, puisqu'il est de courte durée. Rien ne dure pour toujours. Rien. Le monde est périssable, et  il en va de même pour la beauté. Alors oui, elle se laisse approcher, la belle. Et même parfois caresser. Certains prétendent même qu'il est possible de la capturer. De refermer ses doigts autour de ses poignets. De prendre possession de son corps, de s'emparer de son entité. On ne possède plus la beauté ; on est la beauté. On incarne ses traits fins, son allure racée. On marche dans ses pas, de sa démarche chaloupée, de ses hanches qui se cessent de se balancer. On a ses yeux, son visage. Sa bouche pleine et ses cils démesuré. On est la beauté. On aimerait la rester.
Tic tac, tic tac... Mais déjà le temps passe, et avec lui les premiers attraits. Chaque nouveau coups d'aiguille efface davantage les quelques appas dont on nous avait dotés. Oubliée la peau ferme. Adieu la poitrine dressée. Quand le temps vient pour récupérer son dût, il ne laisse derrière lui que des déblais. Secondes après secondes, l'impitoyable horloge défait ce qui était. Son battement mécanique résonne dans le silence, comme une marche mortuaire que l'on aurait sonnée. Inutile de lutter. On ne peut pas remonter dans le temps, ni même changer les choses qui nous on échappées. On a beau saisir les aiguilles, les tirer en arrière de toutes ses forces, rien ne semble pouvoir ralentir cette cadence précipitée. Tic tac, tic tac... Les traits du visage sont les premiers à s'affaisser. Puis, vient la taille qui s’empatte, les cuisses qui viennent s'engraisser. Et avant qu'on ait eut le temps de réaliser, la beauté est déjà partie, flirter avec d'autres hommes, d'autres femmes, d'autres qui un jour connaîtrons à leur tour cette décrépitude programmée.
Moi, la beauté m'a toujours snobée. Ce n'est pas sur mon berceau qu'elle est venue se pencher, ni même entre mes bras qu'elle est venue se réfugier. Elle devenue pour moi une inconnue que je connaissais bien, pour l'avoir aperçue sur les écrans de cinéma, sur les inconnues au coin des rues, et sur les centaines de magazine de papier glacé. La beauté, c'était elles. Mais c'était aussi elle. Ruth. Ma Ruth. Ma petite poupée contre qui le temps n'avait pas encore eut d'effet. C'était elle, dont sa mère veillait encore jalousement les attraits. C'était elle, sa peau, ses hanches, ses cheveux ondulés. Qu'adviendrait il de ce beau tableau, lorsque la beauté s'en sera allée ? Que deviendra ma petite princesse lorsque tout aura foutu le camp, lorsque le vernis se sera finalement fissuré ? Qu'en sera t-il de sa mère, cette mère qui tenait plus du geôlier.
Peut-on se relever d'une telle perte ? Affronter un tel affront ? Arrive t-on un jour à se remettre du deuil terrible, ou reste on enfermé dans le regret immuable de sa propre beauté ?

J'offre un sourire de traviole à la petite beauté. C'est vrai qu'elle est jolie, Ruth. Bien plus jolie que la plupart des filles que je connais. C'est vrai aussi que ses traits sont plus charmants que ceux des autres poupées.  Je trouve ça beau et triste à la fois, et cette foutue boule pèse sur mon estomac. Ce qu'on peut être con, quand on est sentimental. En la regardant, je ne peux m’empêcher de poser toutes ces questions qui resteront probablement sans réponses. Néanmoins, je me hâte d'en apporter une à la sienne.

«  - Un coca, je veux bien s'il te plaît. Au point où j'en suis, je risque pas grand chose, dis-je avec un sourire amusé.  »

J'attrape le verre qu'elle me tend, de mes mains maladroites. Elle m'imite. Un sourire complice étire mon visage, tendis que j'assiste devant mes yeux aux prémices de la révolution silencieuse qui emplie la maison.
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