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Take heart [PV Stephen]

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MessageSujet: Take heart [PV Stephen] Mer 20 Mai - 4:05


Un baiser léger déposé dans son cou alors que j’agrippais une rôtie dans l’assiette qui était posée dans le milieu de la table visait surtout à désamorcer la frustration qu’elle ressentait. Elle avait pourtant fait des efforts pour se mettre belle et désirable hier. Quand j’étais revenu de l’église – encore à pas d’heures – j’avais été surpris de la trouver encore réveillée dans le lit. Objectivement, elle était mignonne, avec ces cheveux détachés et sa petite nuisette séduisante. J’étais chanceux de m’afficher avec une femme comme elle. Pieuse et respectueuse… mais surtout jolie. Je faisais surement des envieux sans m’en rendre compte. Tout ça pour en revenir à Emma, couchée dans le lit conjugale en petite tenue, qui attendait surement un miracle. Aucun homme ne reste indifférent à une femme dans cette condition. Aucun? Non! Visiblement, son propre mari était capable de rester d’une froideur horrible à son égard. Je m’étais glissé entre les draps et j’avais pris un livre, sous un soupire de ma femme qui avait fini par se blottir dans mes bras.

Et ses mains s’étaient allés à des caresses. Mais le soldat qu’elle semblait voir reprendre du service ne voulait simplement pas coopérer. Frôlé, caressé, désiré, il restait désespérément au repos. Il y avait quoi… huit mois? Notre anniversaire de mariage datait de huit mois. Il devait bien y avoir huit mois donc que je n’avais simplement pas été en mesure de procéder. L’essai qui dura près de vingt-cinq minutes sans que je réussisse à décoller – malgré ma main qui donna un semblant de plaisir à ma femme. Je n’osais pas regarder ma femme dans les yeux après cette lamentable tentative de rapprochement qu’elle avait entamé. J’avais éteint la lumière et je m’étais tourné dans le lit. Aussi difficile que ça pouvait paraitre, j’étais tout aussi insatisfait d’elle de la tournure de notre mariage. Ce que j’aurais donné pour avoir encore assez de force pour prétendre n’avait même pas de valeur.  

À la place de voir retomber la tension, elle avait encore monté. Et je savais que ma femme se retenait de me cuisiner. Il me fallait fuir le domicile familial. Parce qu’une tension s’était installé entre elle et moi était purement et simplement insoutenable. J’avais peur de tout faire éclater devant Daisy. Alors j’avais choisi d’opter pour le profil bas dans la maison. Flatteur, je l’avais complimenté et j’en étais venu à ce baiser dans le cou – un geste que j’avais souvent fait mais qui me semblait si peu naturel ces temps-ci. Peut-être bien parce que je luttais pour ne pas hurler à la tête de ma femme que j’étais en train de me mourir à l’idée de la tromper. C’était une question de temps. Ce n’était même plus une question de possibilité. Après avoir passé le début de l’avant-midi à la maison, effort insoutenable de ma part, je regardais ma femme monté pour prendre une douche. C’était le moment parfait pour m’éclipser sans avoir à me justifier auprès de ma femme sur cette énième absence de ma part.

Daisy était assise dans le salon en train de dessiner sur la table. « Papa reviens dans quelques heures, chaton », déclarais-je en attrapant mon sac de sport d’un geste habituel. J’avais trouvé quand même une certaine routine pour fuir ma femme. Le lundi et le mercredi, il y avait les répétitions pour la chorale. Le mardi et le jeudi, il y avait les groupes pour les jeunes qui me permettaient de rester un peu plus longtemps. Le vendredi, je faisais l’effort d’être à la maison. Et puis, il y avait le cours de danse de ma fille. Le samedi, je restais le matin. Mais j’allais souvent m’entraîner. Le dimanche était la journée des deux messes – celle de dix heures et celle de dix-sept heures. Ma fille me sauta dans les bras en me donnant un baiser mouillé qui m’arracha un tout petit sourire. « On pourra aller au parc après? » me demanda-t-elle avec un sourire ravageur. Avec énergie, je la remontais dans les airs en lui en faisant la promesse.

Je ne regardais pas vraiment autour de moi en entrant dans le vestiaire. Habitude de protection que j’avais pris à l’adolescence. Pour m’empêcher d’avoir mon esprit un peu plus corrompu, je refusais de me soumettre à la tentation de regarder. Vêtu d’un polo et d’une paire de short, j’enfilais mes souliers de course avant de mettre mes effets personnels dans un des casiers que je fermais derrière moi. Ma préférence avait toujours été à la course sur piste – je préférais l’environnement contrôlé de la salle de sport face à la pluie qui tombait dehors pour m’alourdir un peu plus en ce triste samedi. Après mon petit cinq kilomètre hebdomadaire qui visait surtout à soulager la tension que je ressentais, je filais généralement à la salle des exerciseurs. Un peu d’escalier et quelques – trop rares – exercices de musculations. J’en venais à pousser de nouveau la porte du vestiaire.

Normalement, j’étais assez claqué pour ne même pas avoir l’énergie de relever les yeux. Sauf que j’avais beau avoir fait un kilomètre de plus que d’habitude, je n’en avais pas plus l’esprit aussi dissipé. Normalement, à cette heure, il n’y avait pas trop de gens. Mais mon regard s’accrocha sur le corps masculin qui se trouvait juste devant moi. Pas devant moi. Il se dressait entre moi et ma case. De dos… rien ne m’empêchait de me rincer un peu l’œil sur un dos non? Des boucles brunes aux reflets rouquins, un dos musclé… oh! une serviette savamment enroulé après des hanches étroites. Seigneur! Peu n’importe à qui appartenait ce corps, il était sans doute le sosie d’un Dieu!

Peut-être que mon regard fut trop insistant ou le son de la porte qui se referma au loin, mais l’homme se retourna avant que je ne trouve ou poser mon regard. Je relevais les yeux vers le ciel avant de murmurer précipitamment. « Hum… Bon… jour… Vous êtes… je… ma case. ». Fierté et capacité de parler clairement disparaissait, alors que d’une main tremblante, je désignais la case. Il me fallut un instant pour reconnaître l’homme – Stephen. Celui du fameux baiser. Le baiser qui m’avait fait courir deux fois plutôt qu’une. Le baiser qui… Et voilà que j’en implorais Dieu pour qu’il ne me reconnaisse pas. À cet instant précis, j’aurais tout donné dans ma vie pour être une souris, un brocoli… n’importe quoi mais pas moi. Je baissais les yeux et contournais l’homme avec un peu plus de gène.
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Jeu 21 Mai - 3:55

Même sans être superficiel, il faut reconnaitre que les gens vous jugent dès le premier regard sur votre apparence physique. Que pourraient-ils faire d'autre ? Lui-même pose un jugement sur les gens qu'il voit, surtout les hommes, pour la première fois. Il n'y a pas forcément une chose en particulier qui l'attire plus qu'une autre, mais il faut bien qu'il y ait un coup de coeur physique avant toute chose. Du plus loin qu'il puisse se souvenir, il a toujours été de cet avis et c'est pour cette raison que le sport a toujours pris une grande place dans son emploi du temps. D'abord, il faut dire que Stephen est un fervent partisan de hockey sur glace. Quand il était plus jeune, certaines mauvaises langues s'amusaient à dire que ce n'était qu'une façade pour masquer le fait qu'il était homo, mais en réalité il sait très bien qu'il est cent fois plus en forme que la plus part des gros bras qui se moquaient allègrement de lui à Philadelphie. Il y a une énorme différence entre ceux qui ne font que lever des poids pour se construire des muscles ridicules et ceux qui font du sport pour être en bonne forme physique, comme c'est son cas. Puis, il aime vraiment le sport. Ça et quelques autres choses sont ses façons de se détendre, de garder le moral en tout temps. Il n'y a rien d'aussi efficace qu'un bon entrainement pour se sentir hyper motivé. Même s'il est une bête de la nuit, il aime bien les moments plus décontractés comme ceux-ci qu'il passe au gym en solitaire. C'est bien l'une des rares activités qu'il préfère faire sans compagnie quelconque. C'est son moment privilégié pour réfléchir à un peu tout. Certains le font dans la douche et lui, il le fait sur la piste de course et sous la douche ensuite. Il s'agit du duo parfait. Puis vous savez quoi, il ne lui passe même pas par la tête de draguer quand il va s'entrainer. Il le pourrait, et ce n'est pas qu'il ne l'a jamais fait, mais ce n'est pas son terrain de chasse. Le jour ainsi, il est plus calme, plus en retenu on pourrait dire. C'est aussi qu'il se doute bien que les mecs qui se changent dans le vestiaire n'y sont pas dans l'espoir de se faire mater par les autres mecs, la plupart sont hétéros. Triste réalité, mais que voulez-vous.

Alors qu'il est dans les douches en train de profiter de la température plus qu'agréable de l'eau après avoir fait du vélo stationnaire pendant de très longues minutes, il entend soudainement YMCA de Village People. Cela le sort de ses pensées un peu brusquement parce qu'il ne lui faut qu'une seconde pour réaliser qu'il n'y a personne d'autre que lui en ces lieux qui possède cette sonnerie de cellulaire. Affichant un sourire presque désolé aux autres occupants des douches, il attrape une serviette qu'il enroule autour de sa taille et se dirige d'un pas rapide vers les cases où il déniche à vitesse grand V son téléphone portable dans son sac. Il faut dire, il aime cette chanson comme pas permis et bien d'autres titres du même genre, mais ce n'est pas spécialement la place pour enquiquiner les autres avec son amour de la musique des années 80, spécial communauté gay. Un rapide coup d'oeil à son afficheur et il répond.

« Loïs, tu sais que je viens d'emmerder tous les occupants du gym pendant deux bonnes minutes par ta faute... Je ne veux pas qu'ils me foutent à la porte... » À l'autre bout de la ligne, sa soeur éclate de rire et il roule les yeux en cédant malgré tout à un sourire lorsqu'elle se met à chanter à tue-tête sa sonnerie de cellulaire qu'elle connait bien. Il éloigne le téléphone de son oreille en éclatant de rire. « Ça va, arrête ! » Ils rigolent encore quelques instants avant que Loïs ne se mettent à lui parler d'affaires du club pour une soirée spéciale qui aura lieu plus tard. Les samedis sont toujours particulièrement achalandés et c'est tant mieux, il adore ça. Stephen en oublie presque l'endroit où il se trouve et sa tenue légère tant il se passionne pour les affaires du club, d'autant plus qu'avec sa soeur ils s'entrainent toujours mutuellement dans un enthousiasme contagieux et surtout qui n'a plus de limites. Ils discutent en se coupant sans arrêt, tous les deux ayant cette maladie d'être incapable d'écouter trop longtemps, mais ils finissent par rapidement s'entendre sur tous les détails qu'il y avait encore à régler. « Tu sais qu'à cette heure je m'entraine, t'aurais pu attendre quand même... » Il éclate de rire malgré lui quand sa soeur lui dit qu'elle fera exprès de l'appeler à toutes les semaines à cette heure pour que toutes les personnes présentes au gym puissent entendre sa fabuleuse sonnerie de téléphone. Il met donc plus de temps qu'il lui en aurait normalement fallu pour se rendre compte qu'un type est juste derrière lui à attendre qu'il se pousse pour aller à sa case. Ce qu'il peut être con à prendre toute la place comme ça.

« Hum… Bon… jour… Vous êtes… je… ma case. » Oui, voilà, à voir la tête qu'il tire ça ne fait pas de doute. Encore heureux qu'il puisse comprendre quelque chose avec ces balbutiements. Mais Stephen finit par rester complètement immobile, une fois retourné vers le jeune homme, en n'écoutant plus du tout sa soeur à l'autre bout du fil. « Loïs, je te rappelle. » Sans lui laisser le temps de prononcer un mot de plus, il lui raccroche presque au nez. Ses yeux ne quittent pas d'un centimètre le visage de Wayne même si les siens ne cessent de se défiler. Il était comme ça au début, et d'ailleurs il a maintenant une assez bonne idée du pourquoi. Stephen est partagé entre un certain plaisir de le voir et une envie toute simple de l'ignorer complètement pour la dernière fois. Il se pousse sur le côté sans un mot, lui laissant la possibilité d'accéder à sa case. Il continue de le regarder, ne s'en allant pas pour autant. « Wayne, c'est ça ? » Comme s'il ne s'en souvenait pas. Au contraire, c'est marqué au fer rouge dans sa mémoire. Il cesse de le regarder rien que le temps de ranger son téléphone. « Ou monsieur Donovan, qu'est-ce que tu préfères ? » Ce n'est pas dans ses habitudes d'être amer, mais il l'est un peu. Juste assez pour lui servir la remarque, maintenant qu'il l'a vu à l'Église sans trop savoir quel rôle il y tient, et surtout parce qu'il l'a éconduit brusquement après leur baiser. Stephen referme la porte de sa case juste après avoir pris ses vêtements et il ne quitte plus Wayne des yeux même s'il lui faut à présent se changer.
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Ven 22 Mai - 4:42

Ma vie, je l’avais bâtie de manière à me protéger. De l’avis de mon père, l’homosexualité était un péché d’une horreur sans nom. Le discours religieux dans lequel j’avais grandi était sévère et stricte. Pas de différence encouragée. Pas de différence souhaitée. L’engagement que j’avais pris auprès de ma femme – bientôt dix ans plus tôt – avait visé à éloigner tout soupçon. Mais quel idiot que j’avais été au courant de ces années. À penser que de mener cette vie qui correspondait à l’idéal de mon père était pour me rendre heureux. J’étouffais. Je mourais. Je hurlais de l’intérieur.

La tempête qu’il y avait dans ma tête, je pensais la contrôler. Mais ce baiser… ce baiser avait remis en perspective l’apparence de normalité de ma vie. Au courant des dernières semaines, j’avais pris de plus en plus conscience de l’absurdité de mon entreprise. Surtout quand les yeux fermés dans mon bureau, je me surprenais à rêvasser. À penser à cette vie imaginaire où j’étais presque moi, tout en étant un autre. Assumé. Hors de mon placard. Heureux dans les bras d’un homme. Satisfait des caresses viriles. Comblés par des baisers déposés sur une peau plus rugueuse que le satin de la peau de ma femme.

Il ne m’en fallait pas très long pour déchanter. Cette vie idéalisée était trop compliquée à obtenir après neuf ans – presque dix de mariage. Surtout avec Daisy que j’aimais avec une passion paternelle. Et il y avait ma carrière. Qui fréquenterait l’église d’un pasteur ouvertement homosexuel? Les mœurs avaient évolués. Mais pas assez pour que je puisse continuer à faire ce que j’aime malgré tout. Les personnes âgées déserteraient avec force mon église. Et malgré mes efforts pour intéresser les plus jeunes, je ne pourrais pas faire vivre ma communauté de la sorte.

Tout ça pour en revenir à ce regard que je portais sur un homme. Un homme qui pour moi avait une certaine valeur – sans qu’il ne le sache. Il m’avait donné mon premier vrai baiser. Le premier baiser qui avait su remué quelque chose dans mes tripes. Le premier baiser qui était venu, non seulement brisé la triste monotonie de mon quotidien, mais faire naître une pagaille dans ma tête – c’était maintenant que je voulais le reproduire ce baiser. Maintenant et encore et encore. Mon regard croisa celui de Stephen. Ça m’arracha un certain frisson. « Loïs, je te rappelle. » dit-il en raccrochant.

Je me retins de couiner que je voulais bien qu’il continue à lui parler en m’ignorant. Finalement, je n’avais pas tellement besoin de récupérer mes affaires. J’avais encore envie de m’enfuir. Mais son téléphone fut raccroché en vitesse grand V. Et je sentis clairement mon regard devenir aussi fuyant qu’une savonnette. Il se tassa sur le côté en me laissant amplement d’espace pour passer et je me faufilais à travers l’espace en m’assurant de laisser le plus d’espace possible entre nous deux. Et pour une rare fois dans ma vie, je bénis la chance que j’avais d’avoir un cadenas à numéro plutôt qu’un à clé. Je portais mon attention intégrale sur la combinaison. J’aurais presque pu ne pas entendre le « Wayne, c'est ça ? »

Moi qui avais pendant un bref instant eu l’espoir que je l’ai marqué autant qu’il ne l’avait fait avec moi. Pourtant, je l’avais croisé dans l’une des rencontres préparatoires pour un des trois mariages que j’avais de prévu au cours du mois de juin. Croisé. Il était venu reconduire la jeune femme qui prononcerait ses vœux dans quelques semaines. J’hochais doucement la tête. D’un geste si brusque et discret que je n’aurais guère été surpris qu’il ne voit absolument rien de cette vaine tentative d’affirmation que j’avais eu. Ouaip, c’était bien moi, le traître qui s’était enfui. Le seul idiot probablement pour se faire draguer dans un bar homosexuel et ne réaliser qu’après s’être fait embrasser que c’était probablement la plus grande gaffe qu’il était capable de faire que de mettre les pieds dans cet endroit.


Je ratais l’ouverture de ma case lorsqu’il rajouta un : « Ou monsieur Donovan, qu'est-ce que tu préfères ? ». Monsieur. Un terme que je n’avais pas porté depuis quatre ans. Quand j’avais terminé mon double master en théologie pratique et en musique, j’avais cessé d’être un monsieur. J’étais devenu pasteur. Tout comme ma femme avait renoncé à son nom de jeune femme en m’épousant. J’avais marié Dieu et pris son nom. Mais en me voyant dans l’église, avec ma jeune trentaine, j’aurais pu n’être qu’un stagiaire pas encore décidé sur sa volonté de faire carrière dans les rangs de l’église. Ironiquement, le fait de me faire appelé monsieur par Stephen me semblait aussi déplacé que le fait de me faire appeler révérant. Ramassant mon sac, je déclarais à mi-voix : « Wayne. Je préfère Wayne. »

Face à lui du moins. Face à lui, je préférais oublié pendant un bref instant ce que je faisais comme boulot qui me permettait de gagner le pain qui nourrissait ma femme et ma fille. Je souris tristement en relevant les yeux pendant un instant. Un curieux mélange de tristesse et de fierté semblait flotter dans mon regard lorsque je le corrigeais. « Même si… le bon titre c’est révérant. » Fierté parce que mon métier me donnait l’impression d’être utile. C’était bien plus que de simplement entretenir des comptes. Le fait d’être protestant me donnait une certaine liberté d’action sur ma communauté. J’y apportais ma couleur. À l’image d’un maire, j’imposais mes valeurs. Famille, acceptation et tolérance étaient tous trois des pierres angulaires de la relation que je tentais d’établir avec les fidèles. Et il ne fallait pas chercher très loin pour comprendre d’où provenait ma tristesse – je l’avais vu dans mon père. Le dégout. Cette répétition que les choses qui me tentaient me mèneraient à l’enfer me hantait et justifiait pourquoi je trouvais confortable de lutter ma nature. Révérant pour un homosexuel. Quel bon boulot de cordonnier mal-chaussé! Je rajoutais avec un petit sourire : « Pas monsieur. »

Une certaine nervosité s’était installée en moi. Et sans que je le veuille, je précisais un peu plus ma pensée. « Je préfère révérant Wayne, comme adresse formelle – quand je suis en service. Révérant Donovan, c’est l’appellation que mon père a choisi. » Et je me retiens bien de dire que j’étais loin d’être mon père. Ça aurait été sans doute donné bien trop d’informations personnelles. Mais les différences se voyaient dans nos discours – le mien ouvert. Le sien fermé.

Je ramassais mes affaires dans mon casier et probablement que je trouvais coincé entre ma bouteille de shampoing et mon caleçon propre un semblant de courage que je n’avais visiblement pas prévu trouvé. Je me retournais en le regardant dans les yeux. « Stephen… » articulais-je. « Je m’excuse de… » mais je n’arrivais simplement pas à trouver le mot qu’il faut pour suivre cette phrase. De m’être enfui semblait être une bonne phrase. Mais elle me semblait inappropriée dans ma bouche. Je ne m’étais pas enfui. J’avais eu besoin d’air. Besoin d’espace pour ne pas que ce que je refoulais avec tellement de violence n’éclate au grand jour en un seul coup. J’ai aussi envie de m’excuser de mon choix de carrière – par défaut. Si j’avais choisi d’être comptable, fleuriste, enseignant, danseur… ça aurait été plus simple. Mais j’avais opté pour la même carrière que mon père – une carrière étonnement conservatrice et saugrenu quand je savais mes penchants depuis le début de l’adolescence. Je m’étais conformé à ce qui était attendu. Mais visiblement, ma bouche ne semblait visiblement pas capable de se plier à l’exercice d’articulation de ma piètre qualité de décideur. J’optais donc pour changer de préposition. « pour… » et j’aurais pu recommencer en m’excusant pour l’avoir repoussé. Pour l’avoir laissé sur sa faim – mais en même temps, il m’avait laissé partir… et pour la première fois de ma vie, j’avais eu faim de caresses ce soir-là. Hésitant, je murmurais finalement : « … l’autre soir… ». Plus générique. C’était mieux. Il pouvait lui-même choisir ce dont j’étais responsable. J’étais déjà prêt à plaider coupable pour toutes les pensées impures qui avaient traversé ma tête depuis le fameux baiser et pour l’impression amère que je lui avais laissé sans l’ombre d’un doute. De plates excuses de la part d’un homme qui au début de la trentaine n’avait jamais eu à admettre qu’il fuyait sa nature derrière un discours qu’il soit religieux ou pas.
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Sam 23 Mai - 6:53

« Wayne. Je préfère Wayne. » Il y aurait plusieurs façons de réagir vis-à-vis d’un homme comme Wayne. Non pas que Stephen en a rencontré une tonne dans sa vie. Seulement ils vous donnent l’impression d’avoir reculer de cent ans sur l’échelle de l’évolution des mœurs en un claquement de doigts et ça, c’est bien difficile à digérer. Stephen a connu l’intolérance avant cette nouvelle vie qu’il est encore en train de se construire habilement à Magnolia et même si Philadelphie a été un passage marquant de sa vie qui ne s’effacera jamais complètement, ça lui fait tout drôle d’être à nouveau confronté à une forme d’intolérance parce qu’il n’en a plus l’habitude maintenant qu’il possède et dirige un établissement qui accueille des gens partageant les mêmes goûts que lui ou alors bien ouverts d’esprit. « Wayne… » prononce-t-il doucement, acquiesçant alors à sa requête de sélectionner cette appellation. « Même si… le bon titre c’est révérant. » Tiens donc ! Ça aura au moins l’avantage d’être clair maintenant. C’est malgré lui, mais il a cette sensation que ces spécifications ne visent qu’à une chose : lui sonner un avertissement. Même si Stephen est tout sauf du genre à se montrer mesquin avec qui que ce soit, c’est un regard d’un froid glacial qu’il porte quelques secondes sur révérant Wayne. « Pas monsieur. » Peut-être est-ce l’idée qu’il se fait de l’amour en général qui lui confère ces préjugés, mais ce que l’Église peut lui sembler dépassée en bien des points ! D’abord, de considérer l’engagement de ces hommes comme Wayne comme une sorte de mariage ou d’union, c’est tout à fait débile. Il faut dire que les Carter n’ont jamais porté de grands soins à ce que leurs progénitures soient de bons fidèles. La religion ne l’a jamais marqué outre mesure si ce n’est que l’envie de s’en détacher. Même si l’on pourrait croire que ça a à voir avec son homosexuel, ce n’est pas le cas. La distance de Stephen avec la religion ne relève que de son amour de la liberté. L’humanité à elle seule, en tant que sentiment d’appartenance, lui confère bien assez de principes et de valeurs qu’il applique tous les jours sans avoir à se poser la question au sujet de ce qu’il fait de bien ou de mal. « Je préfère révérant Wayne, comme adresse formelle – quand je suis en service. Révérant Donovan, c’est l’appellation que mon père a choisi. »

Les clichés surgissent toujours plus rapidement que prévu, c’est ce qui les rend drôlement ennuyeux, autant dans les films que dans la réalité. À vrai dire, ils le sont encore plus dans la réalité, car on ne peut pas simplement cesser de visionner. Stephen n’est pas homme à juger les autres, mais le portrait lui apparaît un peu plus clair soudainement à cette dernière révélation de la part de Wayne. Est-ce donc l’aspect solennel de toute cette tradition religieuse familiale qui lui confère à présent la capacité d’aligner plus de cinq mots dans un ordre à peu près décent ? C’est comme s’il y avait deux Wayne… ou même trois. Celui qui est à la fois incroyablement timide et incertain du moindre geste qu’il fait mais qui se laisse embrasser fougueusement par un presque-inconnu dans un club gay (sans apparemment s’être vraiment rendu compte du jeu de séduction qui avait duré de longues minutes auparavant) et celui qui se fait appeler révérant. Puis, combien a-t-il connu d’hommes ou même de femmes incapables de s’avouer homo parce qu’il y avait une volonté encore plus grande que cette attirance naturelle (et saine, car l’homosexualité est tout sauf anormale) de ne pas décevoir un membre de la famille ou quelque chose du genre.

« Stephen… » Le jeune homme lève les yeux à nouveau vers lui, avec la curiosité qui le caractérise. C’est au moins ça, car il semble que sa bonne humeur habituelle ait quitté pour aller prendre un café avant lui, quelque chose du genre. Place à l’égo heurté. « Je m’excuse de… » Pourquoi ça lui coupe toute envie d’être froid, ces excuses ? Ces excuses de…? « pour… » Ces excuses pour…? « … l’autre soir… » Pendant d’assez longues secondes, il le regarde sans faire aucun autre mouvement, s’étant presque arrêté de respirer pour le coup. Ce n’est pas qu’il n’a jamais reçu d’excuses de sa vie, c’est qu’il se voit particulièrement touché par la sincérité qui transparait dans celles-ci. C’est même plus que cela. « Tu t’es déjà excusé en me laissant beaucoup trop de pourboire. » C’est une blague. En tout cas, avec personne qui se met à rigoler, c’est vrai que ce n’en a pas tout à fait l’air, mais c’est le cas. Stephen sourit alors, juste un peu. Il le regarde, cette fois vraiment, avec cet air peut-être un peu étrange et qui pourrait donner l’impression qu’il cherche à voir au-delà, jusqu’à son âme. Mais ce serait bien trop conflictuel de se mettre à parler d’âme avec un révérant. Son sourire se transforme peu à peu pour devenir presque espiègle, alors qu’il décide de se changer ici comme ça. Comme le font bien d’autres, à la différence qu’ils se s’exhibent pas nécessairement sous les yeux d’un type clairement incertain de son orientation. N’interprétez pas mal, Stephen n’est pas un sadique. Il ne prend pas son temps, il fait d’ailleurs à peu près comme si tout était parfaitement normal. Un rapide coup d’œil à Wayne lui confirme tout de même ce qu’il pense depuis le début, depuis cette rencontre au bar. Stephen se trompe assez peu souvent en la matière.

« Ça me désole aussi. Ça aura été sympa. » Curieux comme ce temps de verbe peut se confondre avec le conditionnel. Parce que ça aurait aussi pu être sympa si Wayne ne s’était pas enfui, si les choses avaient été un peu plus loin. « Mais tu vois, ce qui est encore plus dommage, c’est de ne pas être soi-même. Je n’suis pas stupide, Wayne. Ça peut te troubler d’embrasser un homme, mais si ça t’empêche pour le reste de tes jours de vivre ce que tu crèves d’envie de vivre, j’en serai bien désolé. » Stephen est un séducteur, mais il sait être attentif et écouter les autres. La cause homosexuelle est une qui lui tient à cœur et cela le perturbe tout particulièrement de voir un homme dans la trentaine encore incapable, de façon presque maladive, d’assumer ses pulsions. « Je déteste la religion pour ça. » Pas sa religion, mais toute les religions. Toutes celles qui n’acceptent pas les gens comme lui, seulement un peu différents au niveau de leur sexualité, et puis après ?
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Jeu 28 Mai - 5:07

L’image de cette soirée s’est ancrée dans ma tête avec plus de puissance que ce que j’aurais voulu. Une autre soirée où je n’avais pas voulu rentré à la maison pour jouer la comédie. J’aurais aimé que ça soit faisable de m’acheter sur l’ordinateur une autre vie que la mienne. Juste quarante-huit heure. Je devais bien être le seul homme assez con pour entrer dans un bar homosexuel sans réaliser la nature de l’endroit dans lequel il se trouvait. Je devais aussi être le seul idiot pour être trop obsédé par la quantité de peau que laissait transparaitre les manches roulées de la chemise du barman pour réaliser qu’il était en train de me faire la cour. C’était peut-être cette volonté de me lancer de plein pied et sans itinéraire dans un safari à travers les pêchers que mon père ne m’aurait jamais pardonné. Pourtant, sans le savoir, ce soir-là, j’avais mis le pied de trop dans la jeep qui menait vers l’excursion en enfer. Ça ne paraissait pas de l’extérieur, mans bordel que j’avais été perdu quand les lèvres s’étaient touchés ce soir-là. Au début, il y avait eu cette espèce de sensation de surprise qui avait trouvé le chemin jusqu’à ma tête. Ce n’était pas normal que des lèvres d’homme se posent sur les miennes. Mais pendant un instant, ça m’avait paru tellement bon. Comme un éclair qui m’avait parcouru l’échine. Pour peu, j’aurais glissé ma main contre sa taille pour le ramener un peu plus près. Une étrange chaleur s’était propagée dans mon corps tout entier. J’aurais peut-être même entrouvert mes lèvres quelques secondes pour mélanger nos salives et faire valser ensemble notre langues. Sauf que mon esprit avait repris sa place bien trop vite. Avec le recul, j’aurais préféré avoir des regrets des heures plus tard, une fois la clôture officiellement sauté. J’avais beau vouloir le faire. La culpabilité m’avait envahie. Amère. Et j’avais fui. Titubant. Plus perdu dans ma vie que je ne l’avais été avant. Plus conscient du malaise opprimant que mon mariage représentait. Et malgré tout, j’étais là à m’excuser à cet homme qui m’affirmait : « Tu t’es déjà excusé en me laissant beaucoup trop de pourboire. »

Si c’était une plaisanterie, je ne la trouvais même pas drôle. Je n’avais même pas conscient du billet que j’avais laissé sur le comptoir de son bar. De nouveau timide et mal à l’aise, je rougis un peu en détournant le regard pendant un bref instant. Bredouillant à nouveau de faible explication, j’en viens à une deuxième excuse – celle-ci destiné à justifier le pourboire que je comprenais vraiment trop généreux. « … j’étais déconcentré… j’ai pas regardé… je… m’excuse. ». J’étais cliniquement inadapté pour ce genre d’interaction. Quels étaient les mots qu’il fallait dire? Loin du territoire connu que représentait le mensonge que je m’efforçais de rendre crédible depuis des années, je me trouvais désarçonné. Mon regard se leva pendant un court instant. La fraction de seconde qui fut nécessaire pour s’accrocher sur le regard de Stephen. Sur la lumière qui brilla pendant un bref moment au fond de la prunelle de ses yeux alors qu’il déposa ses choses devant lui.

J’avais tout juste le temps le temps de me dire que jamais il n’oserait le faire que je voyais la serviette atterrir sur le sol en un son mat. Entre les dents, je sifflais en un seul souffle. « Mon doux seigneur! Tu ne vas pas te… changer… i… » mais le ici se coinça dans ma gorge pendant un bref instant alors que mon esprit tordu en profite pour noter le plus de détail possible d’un regard que je n’avais même pas conscience d’être à la dérobée. Je notais cette fine ligne pâle, les muscles que l’on voyait clairement dessiné, les hanches, la toison et… mon regard entra accidentellement en contact avec celui de l’homme. Je réussis à réunir un minimum de contenance. Juste assez pour hoqueter un petit « … ici… »

Qui avais-je intention de convaincre de ma prétendue hétérosexualité quand la simple vue d’un corps masculin dénudé suffisait à me faire me trouver complètement perdu? PERSONNE! J’avais toujours évité la tentation. Détesté les cours d’éducation physique. Hais avec vigueur les vestiaires des hommes. Et voilà que ce premier regard sur le corps d’un homme, réel, devant moi, me laissait incapable de savoir ou poser mes yeux. Après avoir hésité, mon cerveau embrouillé opta pour l’option de fixer, les lèvres pincés le plafond. En mon fort intérieur, cette partie de moi, opprimée, prisonnière et hurlant à la délivrance n’avait qu’envie de sauter sur ce corps. Non content de m’offrir tout entier, je prendrais plaisir dans l’acte. L’indécence de l’acte aurait même pu se produire contre cette case. Mais une autre réclamait un minimum de romance dans l’acte. Mon œil se faisait curieux. D’un temps à l’autre pendant qu’il se rhabillait, il descendait. Et les quelques minutes de pure torture auquel il se mena en jouant avec mon esprit ne semblait pas terminer dans un silence à couper au couteau qu’il finit par tailler visiblement satisfait du malaise qu’il avait su trouver le moyen de créer dans ma tête et dans mon cœur : « Ça me désole aussi. Ça aura été sympa. » Qu’est-ce qu’il avait à ramener cette intention qu’il aurait pu se passer quelque chose de plus que notre baiser? Mon malaise. Et puis… presque persuadé de la sécurité de regarder, j’observais l’homme doucement. « Mais tu vois, ce qui est encore plus dommage, c’est de ne pas être soi-même. Je n’suis pas stupide, Wayne. Ça peut te troubler d’embrasser un homme, mais si ça t’empêche pour le reste de tes jours de vivre ce que tu crèves d’envie de vivre, j’en serai bien désolé. Je déteste la religion pour ça. » J’étais partagé entre l’envie de sourire et celle de lui hurler au visage que je ne méritais nullement ces répliques acerbes. Il pensait vraiment que ce n’était qu’une toute petite remise en question? Non. C’était l’adolescent de quatorze ans que j’avais un jour été qui s’était remis en question. Je savais en mon fort intérieur que j’étais homosexuel. Et j’avais beau joué à l’autruche en prétendant être le mari heureux, en fondant une famille comme tant d’autre. Je savais très bien qu’il n’était pas placé pour me faire la morale.

Ma vie aurait dû se poursuivre longtemps sans qu’il n’intervienne dans ma vie. Et je n’arrivais simplement pas à envisager que mon problème soit réellement lié à mon emploi et au fait que je croyais. Je n’allais pas lui faire un discours sur le fait que la bible, que j’avais si longuement étudié, ne faisait aucune mention directe à l’homosexualité. L’histoire de Sodome n’était pas celle que les Hommes en avaient faite. Et j’aurais été très mal placé dans mon église pour prendre position en m’opposant comme mon père à l’expression de la vraie nature de mes fidèles. Qu'ils soient noirs, qu’ils aiment l’autre sexe, qu’ils aiment le leur… ce qui m’importait c’était de fonder une communauté. Un esprit d’entraide et d’acceptation autour de moi et de mes fidèles. Les bras croisés, ce fut finalement la colère et l’exaspération qui franchirent mes lèvres. « Ce n’est pas une question religieuse… » Ce l’avait été au début. Avant que j’aille ma propre paroisse. Avant que je ne sois marié. Quand j’avais bien trop peur de mon père pour m’affirmer dans ma différence. J’avais gobé toute entières ses explications sur le pêché. J’avais acquiescé à ses demandes. Sortir du placard à vingt ans avant de me marier à Emma aurait sans l’ombre d’un doute été plus simple. Je soupirais bruyamment. « Ça serait simple si ça n’était qu’une question de religion que de… de rester avec le désir sans passer à l’acte. », sifflais-je entre les dents amer. Je savais que je ne tiendrais pas éternellement sans sauter la clôture. Sauf que c’était compliqué. J’avais l’image d’Emma qui me désirait – elle – en tête. J’avais l’image de ma fille à qui j’avais donné des valeurs strictes religieuses – en partie… mais surtout humaine. Les bras croisés comme un gamin, complètement sur la défensive, je grondais : « Tu n’as pas le droit de t’en prendre à ma religion. Je suis bien dans cette situation. C’est ce qui est le mieux pour mes proches. »

Menteur. Menteur. Menteur. Ce n’était sain pour personne… sauf pour Daisy. Daisy en avait besoin. Elle était trop jeune et trop fragile pour être désillusionner de la sorte. Et pour moi… moi, ça ne valait pas la peine de l’aborder. J’étais en train de me coincer tellement profondément dans une habitude qui me déplaisait profondément que j’en venais à me détester et à paniquer à l’idée que ma femme découvre l’étendue du mensonge qu’elle avait épousé. Et le plus gros mensonge, je le corrigeais en un seul souffle : « … j’y suis presque bien… ». Mes yeux le fixèrent laissant transparaitre une certaine détresse. Presque. L’euphémisme du siècle. Combien de soir avais-je pensé malgré ma fille me faire la malle? Mais il y avait Daisy. Sans elle… sans elle l’histoire aurait été tellement différente. Il avait fallu qu’Emma veuille des enfants. Il avait fallu que je me convainque que ma liberté en valait la peine pour que j’en vienne à lui faire un enfant. Et pourtant, je ne regrettais nullement Daisy. Je l’aimais. Profondément. Mais tout aurait été plus simple sans elle.
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Ven 29 Mai - 6:04

Bien sûr, la politesse fait partie des valeurs que Stephen s'est fait inculpé en grandissant. Bien sûr, lui aussi s'excuse lorsqu'il s'aperçoit qu'il a fait quelque chose de potentiellement blessant pour une autre personne ou alors s'il gaffe carrément, mais chez Wayne, les excuses semblent venir à toutes les sauces... À moins que ce ne soit qu'avec lui qu'il agisse de la sorte. « … j’étais déconcentré… j’ai pas regardé… je… m’excuse. » Stephen lui sourit, avec une expression étrange parce qu'à vrai dire il ignore lui-même s'il est davantage amusé par Wayne ou si cela lui déplait de le voir aussi dépassé. Mais il cesse bientôt de le regarder pour se concentrer sur autre chose, ou plutôt pour faire mine de ne se soucier de rien et se changer. La plupart des gens le font. Il n'y a pas vraiment de raison de se montrer pudique dans un lieu comme celui-ci. Avec les années, Stephen a même fini par développé une espèce de tolérance à ces visions. Voir un corps nu ne suffit pas à activer son imagination trop fort. Certes, cela ne lui déplait pas de se rincer l'oeil, mais l'émoustillement de la vision d'un beau corps masculin dans des circonstances qui n'appellent pas à quoi que ce soit de sexuel ne le retourne pas. Pour peu, il pourrait presque passer pour un type parfaitement hétéro et cela l'arrange. Stephen n'a jamais souhaité que son orientation sexuelle le définisse auprès des autres. S'il ne cherche pas à la cacher réellement, il ne fait pas exprès de la crier en dehors des endroits appropriés pour cela. En fait, c'est qu'il songe qu'il voit peu d'hétéro faire en sorte à chaque seconde qu'on se rappelle bien qu'ils aiment les gens du sexe opposé. Il n'a pas de raison de faire différemment. « Mon doux seigneur! Tu ne vas pas te… changer… i…ici... » En guise de réponse, un seul coup d'oeil légèrement amusé, mais rien qui ne l'arrête dans son initiative déjà amorcée. Il n'en faudrait que peu de plus pour qu'il se sente coupable de jouer comme ça avec son esprit embrumé, mais à ses yeux, l'attirance n'a rien de mal, c'est même une des expressions les plus pures de la vie et de l'humanité. Il aime jouer, même si Wayne a tendance à l'attendrir plus qu'autre chose. Il a remarqué l'alliance, car c'est le genre de détail qui ne lui échappe pas. Il est vrai que si l'on regarde son CV amoureux, Stephen ne fait pas un grand cas de la situation amoureuse de ses amants, mais les hommes mariés... ne sont pas sa tasse de thé, il y a quand même des limites. Il y a toutefois une différence avec Wayne puisqu'il y a anguille sous roche dans ce mariage inévitablement.

Certains pourraient croire qu'il se revoit en lui, mais Stephen n'a jamais eu à vivre de remise en question. Au fond de lui, il a toujours su qu'il était attiré par les hommes et cela ne lui a jamais posé de problème de conscience ni ne l'a placé en posture délicate vis-à-vis de sa famille ou de ses amis. Une part de lui manifeste, même s'il ne le dit pas tout haut, de la curiosité envers tout ça chez Wayne. Il aimerait véritablement le comprendre et peut-être même l'aider. « Ce n’est pas une question religieuse… Ça serait simple si ça n’était qu’une question de religion que de… de rester avec le désir sans passer à l’acte. Tu n’as pas le droit de t’en prendre à ma religion. Je suis bien dans cette situation. C’est ce qui est le mieux pour mes proches. » Tant de contradictions en si peu de mots. « … j’y suis presque bien… » Et puis l'élément clef, l'explication qui englobe tout. Le presque qu'il aurait deviné bien avant que Wayne n'ose le dire. Quelque chose lui souffle tout de même que le fait qu'il le lui dise est un bon départ. Il ne pense pas que ce genre de mots ne sorte souvent de sa bouche. Il ne le connait pas assez pour le juger, c'est vrai, mais il a bien l'impression de se faire un assez juste portrait de la situation à mettre bout à bout les morceaux que lui laissent entrevoir Wayne de ce qu'il est et de ce qu'il vit. Dans tous les cas, exit le sujet de la religion.

« Si tu le dis. C'est toi qui sais le mieux. » Ou en d'autres mots : je n'en crois pas un mot. Il est fascinant de voir comme le mensonge peut devenir une habitude. Mais après avoir vu Wayne dans son église en accompagnant son amie, il aurait cru que cette partie de lui était aussi un mensonge ou à tout le moins une façon de se cacher derrière une excuse (encore). À l'écouter, il a bien l'impression que c'est en effet la vérité quand il dit que le problème n'est pas la religion. Ce que c'est alors ? Il n'en sait rien du tout. « Tu me plais, Wayne. Si tu considères que c'est un péché, je veux bien me confesser. » Ce n'est pas même une tentative de faire de l'humour, mais seulement sa façon d'être franc et direct, et surtout de ne pas se laisser impressionner par les faibles demandes de le laisser tranquille. Si Wayne voulait qu'on le laisse à sa religion et à sa pseudo hétérosexualité, il ne se serait pas laissé embrassé dans ce bar. Sans doute n'y serait-il pas entré non plus, car ça a tout d'un acte manqué. Il ne serait pas aussi troublé par le simple fait de le voir se changer et son regard ne serait pas aussi baladeur. « Mais en attendant, on pourrait aller casser la croûte... et financer cette activité avec ta trop grande charité de l'autre fois ? J'ai toujours faim.. » À son avis, il y a de fortes chances que Wayne l'éconduise à nouveau. Aller manger après un entrainement est certes moins engageant qu'un baiser ou plus, mais ça demeure un pas à faire que d'accepter une invitation. C'est aussi accepté de se dévoiler un peu plus et c'est précisément ce dont Stephen a envie, le connaitre davantage. « Je n'aurai pas l'impression que tu m'as payé pour t'embrasser comme ça... » murmure-t-il doucement, un brin provocateur. Juste un brin. Disons seulement que Stephen sait osciller parfaitement entre la douceur et la fermeté. Il ne veut pas brusquer Wayne, mais il n'y a aucune chance qu'il lâche l'affaire après avoir cru apercevoir dans ses yeux une lueur plus qu'intéressée.

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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Sam 30 Mai - 14:47

On se fait à tout dans la vie : le mensonge est une des choses auxquelles je m’étais fait. Adolescent, cacher ma vraie nature avait été une manière de me protéger de mon père et du regard des autres au collège classique que j’avais fréquenté. Ce n’était pas bien vu dans de petites communautés religieuses. Il valait mieux que l’on opprime le désir. Jeune adulte, c’était encore mon père qui m’avait fait mentir. J’avais entendu ses sermons sur le ciel et l’enfer. J’avais su que le décevoir d’une telle sorte vaudrait une déception. Alors je m’étais marié. Et adulte, j’avais commencé à mentir pour ma communauté et ma femme. Mais peut-être plus par habitude que par volonté de le faire. Cette lutte constante et invivable contre celui que j’étais réellement n’avait simplement aucun sens. Et je commençais à m’en rendre compte maintenant que mon absence de désir pour ma femme ne pouvait même plus être dissimuler.« Si tu le dis. C'est toi qui sais le mieux. » Il ne me croyait pas. Et il avait raison. Pour un menteur compulsif que j’étais… je faisais un bien piètre menteur. Pourtant, normalement, les gens n’y voyaient que du feu à cette volonté de me fondre dans un moule. Sauf que normalement, l’homme à qui je racontais ce mensonge ne s’était pas foutu à poil devant moi réveillant ce malaise à peine nommable qui m’envahissait. J’avais besoin d’une bonne douche froide pour me remettre de mes émotions. Pourtant… Pourtant… il n’avait pas fini de me confondre encore plus lorsqu’il rajouta : « Tu me plais, Wayne. Si tu considères que c'est un péché, je veux bien me confesser. » Mon esprit me jouait peut-être des tours. Mais j’y voyais un sous-entendu qui n’avait rien de sobre ni invitant. « Tu… Je te… plais? » répétais-je légèrement en état de choc. Ça voulait dire quoi? Est-ce que ça voulait dire désirer? Et à quoi ça engageait? Et puis le dire sur un ton aussi désinvolte, comme s’il n’était question que de faire rajouter du poulet sur la liste d’épicerie. Je n’avais jamais dit à un homme qu’il me plaisait. Je m’étais contenté d’affirmer "aimer la compagnie" n’ayant pas l’audace de l’affirmer. C’était ouvertement que j’enviais la désinvolture avec laquelle il avait affirmé cette phrase. Je n’aurais jamais eu le courage. Reprenant quelque peu mes esprit, avec une certaine timidité, j’affirmais : « Je serais bien mal placé pour considérer ça comme péché… » Pas une seule fois je n’avais eu la force d’affirmer que l’on irait en enfer parce que notre désir n’allait pas dans la norme que l’on avait si strictement établie. Comment aurais-je pu me condamné? Comment aurais-je humainement été capable d’avoir un discours homophobe alors que je n’avais comme seul d’expérimenter les mêmes soi-disant pêchés qu’ils commettaient? Avec un petit sourire, je murmurais : « Être dévot n’en fait pas un cœur qui est de pierre. » Du moins, j’avais choisi que le fait de croire n’était pas une bonne raison pour perdre mon humanité comme mon père faisait parfois.  Mon cœur à moi bouillait à l’idée de tenter des choses. Il ne restait jamais insensible vraiment très longtemps. Et il ne se contentait pas d’envoyer du sang à mon cerveau qui en attardé me faisait dire des choses que je pourrais potentiellement regretter (ou pas). « Mais si tu veux te confesser, je te prendrais à la confesse. », déclarais-je doucement sans réaliser sur le coup le double sens qui aurait pu clairement être indiqué dans cette phrase. Mais quand je le compris, mes yeux s’écarquillèrent d’un bon et je murmurais un « dans le lieu… on appelle la boîte la confesse… mais je voulais pas dire que je… ou que l’on… » Mais je savais très bien que j’étais en train de me tirer vers le fond. Je croisais les bras en le fixant timidement. Faites qu’il ne mentionne absolument rien de cette phrase. Faites qu’il ne juge pas bon de remarquer le rouge de mes joues.

« Mais en attendant, on pourrait aller casser la croûte... et financer cette activité avec ta trop grande charité de l'autre fois ? J'ai toujours faim… » C’était donc une simple question de rentabiliser le billet que je lui avais donné. J’eus un semblant de pincement au cœur. Minime. D’accord… j’avais donné trop. Mais est-ce que c’était suffisant pour servir de prétexte pour se voir? Et d’ailleurs à quoi engageait ce casse-croute? Est-ce que c’était une sortie comme avec les fidèles habituels de l’église? Un échange de banalité essentielles pour le prestige social dont je devais jouir dans cette communauté? Non. Ça ne serait pas exactement la même chose. Je n’embrassais pas de manière général mes fidèles et comme il me le rappela : « Je n'aurai pas l'impression que tu m'as payé pour t'embrasser comme ça... »  J’avais même laissé un pourboire généreux dans mon étourdissement qui avait suivi mon premier vrai baiser. Cette mention à notre baiser me fit un peu paniquée. Mes muscles se tendirent tout entier. Et si quelqu’un entendait? Je me reculais un peu en croisant les bras et en le fusillant brièvement du regard. Pourtant… j’étais partagé. Troublé. Perdu.

« Je ne pense pas que c’est une bonne idée… de casser la croute en public. » J’en avais envie pourtant. Envie d’apprendre à le connaître plus, lui et son homosexualité clairement affirmé. Comment faisait-il? Mais je vivais à Magnolia Crescent pour savoir qu’ici les gens observaient leur entourage. Et partout dans les toutes petites communautés, il n’y avait pas nécessairement moyen de se dissimuler quand on était quand même exposé. Mon travail m’amenait quand même à prendre la parole devant une foule entière quelques fois par semaine. Conscient de l’image et ayant conscience de tenter le diable, j’aurais préféré que l’on puisse se cacher loin des regards indiscrets pour discuter simplement.« Je préférerais un endroit qui serait plus discret. » m’entendis-je murmurer. Qu’est-ce qu’il me prenait de dire une connerie du genre? Plus discret? Comme quoi. Il n’y en avait pas dans cette ville, sauf les portes closes des maisons. « Tu… », commençais-je doucement. Je roulais les yeux. Non, ce n’était guère une bonne idée. J’aurais dû foncer vers l’extérieur du bâtiment et prendre le premier taxi pour retourner trouver ma place dans le mensonge qui était mien. Mais à la place, j’entrouvris les lèvres et passa lentement une langue aventurière avant de déclarer délicatement. « Tu crois que l’on pourrait prendre un thé… chez toi? » Mais à peine les mots avaient trouvé le chemin jusqu’à la sortie que je me retrouvais passablement dépassé par l’engagement qu’il évoquait. Pourtant… un café, ça n’engageait à rien non? C’était vraiment simplement un café avec quelqu’un qui avait une force que je ne trouvais simplement pas le moyen d’avoir. À demi-songeur, je rajoutais nerveusement : « juste un thé. ». Plus pour me rassurer moi-même que pour lui. Rien d’autre que deux tasses d’un liquide sombre et amer – comme mon avenir dans mon mariage.
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Lun 1 Juin - 6:23

Peut-être bien qu'il aimerait être comme Wayne. C'est une affirmation étrange à formuler, considérant que ce dernier n'est que presque bien (ou lire ici : carrément confus, et confusion ne peut pas engendrer de bonheur, ou alors de façon aussi illusoire qu'un habile mélange coke-héroine-gin). Il aimerait être comme Wayne pour se souvenir ce que ça fait d'être troublé par le corps de quelqu'un. D'avoir envie de premières fois, de découvertes. Et tout cela serait génial s'il n'y avait pas les obstacles religion-mariage-réputation en jeu. S'il était à la place de Wayne d'ailleurs, il ne pourrait pas y avoir tout cela. Il peine à croire qu'il se serait laissé entrainer aussi creux dans le déni de ce qui le constitue fondamentalement. Il lui arrive quelques fois de réaliser qu'il a été désensibilisé à tous ces émois avec le temps. Il en faut plus pour le retourner. Le sexe lui plait encore, mais il en faut toujours plus. C'est ce qui justifie d'ailleurs de multiplier les partenaires; entretenir une sorte d'excitation de la nouveauté. Être à chaque fois surpris par un nouveau partenaire et sa façon de faire, car personne ne fait l'amour de la même façon. Le plus petites choses ont tendance à avoir cessé de le faire réagir, c'est-à-dire la séduction de base. Tout est tellement direct dans son univers, c'est le propre des endroits comme le bar qu'il dirige. Ça lui plait, il ne faut pas se méprendre sur la question, mais la curiosité de se souvenir comment c'est avant d'avoir l'habitude le tenaille par la faute de cet homme qui se tient debout face à lui avec son perpétuel malaise. Il aimerait presque partager une part de ce malaise, d'abord pour lui en retirer un poids de sur les épaules et puis également pour mieux comprendre.

« Tu… Je te… plais? » Il est vrai qu'il a peut-être usé de ces mots trop facilement dans le passé. Je te plais, tu me plais ? Allons baiser. Certaines de ses conversations ressemblent franchement à cela avec tout de même un peu plus de finesse (ou alors moins de mots encore), mais il s'aperçoit avec la même surprise que celle que témoigne Wayne qu'il est parfaitement sincère. Non seulement il lui plait, mais il le fascine aussi. Il interpelle en lui cette envie profonde de lui montrer tout ce pan de sa propre personne qu'il garde habilement dans l'ombre depuis des années apparemment pour les raisons qu'il est le mieux placé pour connaitre.« Je serais bien mal placé pour considérer ça comme péché… Être dévot n’en fait pas un cœur qui est de pierre. » Bien que Wayne lui a assuré que la religion n'était pas le problème à tout ceci, et d'ailleurs Stephen songe qu'il faudrait qu'il commence par admettre que c'est un problème et qu'il y est mal pour amorcer un changement qui lui ferait du bien à coup sur, il se rend progressivement compte de la place que ça occupe dans sa vie. Ça doit être étouffant, rien de moins. De la même façon que certains se sentent étouffer par l'exclusivité dans un couple. « Mais si tu veux te confesser, je te prendrais à la confesse. » À entendre cette réplique, il ne peut que glousser de rire. Lorsque son regard croise celui, légèrement affolé, de Wayne, il fait mine d'être bien sérieux. Certes, ce genre de phrase comporte largement trop de possibilité de double-sens pour être ignoré, mais il n'est pas sadique ! Il lui en a déjà assez fait voir de toutes les couleurs. Il ne veut pas être l'ennemi de Wayne et l'étourdir encore plus. « dans le lieu… on appelle la boîte la confesse… mais je voulais pas dire que je… ou que l’on… » « Je sais ce que c'est que la confesse, j'ai déjà écouté des films où les gens y allaient. » répond-t-il, mi-sérieux mi-moqueur. À vrai dire, c'est la plus pure vérité car il n'y a jamais mis les pieds. « Je ne crois pas avoir quoi que ce soit à confesser, tu sais. » Pour que les choses soient claires. « J'avoue un certain goût pour la luxure et je ne me marierai jamais, mais tant que tout le monde est heureux... » Il hausse les épaules. Il n'a pas vraiment envie de parler de mariage ou de sexe avec Wayne. En fait, ce dernier mourrait sans doute d'entendre parler de ses expériences, alors aussi bien se taire.

« Je ne pense pas que c’est une bonne idée… de casser la croute en public. Je préférerais un endroit qui serait plus discret. » Stephen l'observe du coin de l'oeil, incertain de la signification de tout ça. C'est sans doute qu'il en aurait trop envie, alors le doute à savoir si ce n'était pas une proposition cachée l'assaille durant quelques secondes, mais il en revient rapidement à la même conclusion que précédemment : Wayne n'est pas prêt. Pas prêt ou alors incapable d'accepter qu'il aurait besoin de se laisser aller un peu plus qu'il ne le fait en ce moment. Dans tous les cas, il finit par se dire que la véritable raison est la plus évidente : il n'a pas envie qu'on le voit avec lui en public. Ça pourrait être vexant, mais il est trop de bonne humeur pour s'y arrêter et le faire remarquer. « Tu…Tu crois que l’on pourrait prendre un thé… chez toi? juste un thé. » Pour peu, il recommencerait à croire à la première théorie, mais il est trop sage pour ça et surtout trop intelligent. Malgré tout, un grand sourire gagne son visage à cette proposition et pas forcément pour les raisons que l'on pourrait d'abord croire. « Tu me fais plaisir. J'adore le thé. » Tout comme il adore un tas de choses dont il ne parlera pas, faute de choquer. Bref. Le voilà ravi d'avoir l'occasion de discuter davantage avec Wayne.

Heureusement pour ce dernier d'ailleurs, le complexe sportif est tout près de chez lui, ce qui ne leur confère pas un très long chemin avant d'être à nouveau à l'abri du regard de... il ne sait qui, en fait. Il est vrai toutefois que certains quartiers, comme Magnolia, ont cette réputation d'être propice à la propagation de rumeurs. Cela ne l'a jamais encore affecté, car Stephen n'a rien à cacher ou alors très peu et vis-à-vis de peu de gens. Aussi, il est bien rare qu'il ait invité qui que ce soit dans sa nouvelle demeure depuis qu'il est déménagé de Philadelphie. Encore heureux, Ariel et Luke sont partis voir les parents ce week-end. La plupart du temps, et parce que la famille est une donnée essentielle dans sa vie, Stephen les accompagne. Ce n'est pas le cas cette semaine parce que lui et Lois s'occupent de la grosse soirée thématique au club. D'ailleurs, cette dernière doit être en train de s'occuper de la décoration, chose qui ne l'intéresse que plus ou moins de faire. « Bienvenue chez moi... » Il le laisse entrer et poser ses affaires, précédé par lui-même qui ne se donne pas bien de mal et laisse tomber dans le même mouvement sac de sport, clefs et veste pour l'extérieur. « Tu veux que je te fasse visiter ? » Il le regarde quelques secondes, juste avant d'ajouter : « À moins que je sois déjà hors-sujet, après tout on est là juste pour un thé. »


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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Mar 2 Juin - 6:22

Être seul est mieux que d’être mal accompagné. C’est ce que les gens s’entendent de manière générale pour dire. La solitude heureuse, je ne connais pas. Et je ne considère pas nécessairement que ma femme soit un mauvais choix – dans l’optique général du mensonge auquel je me livre de manière copieuse, je suis obligé d’admettre qu’elle a toujours été d’une patience exemplaire à mon égard. Il s’agit d’une partenaire de vie géniale qui me complète. Peut-être est-ce simplement une habitude – mais notre climat certes un peu bon enfant en est un de bonne entente. Nous nous complaisons dans notre routine si clairement établie de métro, boulot, dodo. Il m’arrive parfois même de trouver un certain plaisir dans nos échanges relativement monotones. Je ne suis donc pas mal accompagné – la naïveté de ma femme, sa croyance et sa gentille sont des éléments rassurants pour moi. J’ai hérité d’une partenaire à laquelle mon rythme peine à s’accorder, mais d’une partenaire. Faire ma route sur le grand chemin de ma vie aurait quelque chose d’angoissant. Autant que je ne me vois pas continuer le chemin seul en laissant ma femme que je suis cliniquement incapable d’admettre comme probable l’éventualité que la situation continue comme elle est.

Je ne suis plus marié, je suis un prisonnier d’amour qui était à la base consentant. Aussi "saine" que peut sembler être ma relation avec ma femme, j’ai conscience du malaise que commence à créer la distance qui s’est imposé un jour à la fois. Pourtant, complaisant dans mon mariage, j’aurais dû me résigner à mon malheur. Étouffer un peu plus le désir qui me broye et m’obsède, jusqu’à ce que ma langue en fourche devant un homme. L’infidélité que je sais comme désapprouvé par l’église se voyait comme étant la seule échappatoire possible à mon mariage. Une vie parallèle où je pourrais au minimum connaître un minimum de satisfaction dans un échange de tendresse. Mais de là à connaître une vie sans quelqu’un à mes côtés? Pourrions-nous en venir à faire chambre à part ma femme et moi? Non… j’aime l’idée de dormir parfois blotti contre un corps, j’aime l’idée de parler parfois du bouquin que nous lisions côte à côte sans parler. J’aime nos habitudes.

Pourtant… ça ne m’empêche plus maintenant de me trouver en situation bien précaire face à Stephen. À trouver comment me dépêtrer seul de l’image complètement immorale de nos deux corps unis dans la confesse qui m’avait pendant un bref moment envahis. Pas que nous allions copuler? Baiser? Dans la confesse… nope! Pas mon genre. Et pourtant, il a rigolé doucement devant ma maladresse. Et j’ai observé pendant un petit instant les fossettes qui se sont creusées dans ses joues. Et les mots qui m’ont semblé approprié pour le décrire ont clairement semblé être ceux qui aurait dû m’inspirer ma femme : désirable et charismatique. Il est désirable. «Je sais ce que c'est que la confesse, j'ai déjà écouté des films où les gens y allaient. Je ne crois pas avoir quoi que ce soit à confesser, tu sais. » dit-il en me laissant un petit sourire gêné sur le visage en me taisant. « J'avoue un certain goût pour la luxure » le mot ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Je me sens déglutir avec une certaine force. Le souffle coupé devant un aveu aussi honnête et drastiquement réel. Il aime les corps. La relation de la chair. Celles que j’évite et je fuis avec force. « …et je ne me marierai jamais, mais tant que tout le monde est heureux... » Je ne peux m’empêcher de ressentir un petit pincement au cœur. Peut-être est-ce mon éducation particulièrement classique, mais je n’arrivais pas à entrevoir une vie sans mariage. C’est ironique quand on sait à quel point j’étouffe dans mon mariage. Je retiens pourtant les questions qui me ferait surement m’empêtrer dans ma langue et qui concerne ce péché que je peine tant à comprendre. Comment en arrive-t-on à désirer quelqu’un? Comment arrive-t-on à le mentionner de manière si aisée dans le milieu d’une phrase. Ma main touche brièvement mon alliance sur la main gauche. Neuf ans de mariage. Une gamine. Un attachement à celle qui partage ma route sans que je ne l’aime vraiment et pourtant… je me surprend à dire : « … je…  ne jugerais pas ton choix. Je l’envie peut-être un peu. Quoi que l’idée de faire la route seul ne me plait pas personnellement.  »

Il y a dans le mariage quelque chose de formel, quelque chose de sacré. Quelque chose d’important. D’inviolable. C’est une promesse… une promesse que pourtant je me meure de briser. Est-ce que j’ai conscience que c’est avec ce même lien sacré que je joue lorsque je lui demande d’aller prendre le thé chez lui? Ai-je conscience d’être probablement le producteur d’une infidélité potentiel? Peut-être… un peu. Je joue avec le feu pendant un bref instant. Ce n’est pas comme certaines des rencontres que je fais avec des futurs mariés ou de jeunes parents. Je n’ai pas ici le couvert de ma religion pour me protéger. Il s’agit de moi. Potentiellement seul. Avec un homme que je trouve désirable. J’ai presque espoir qu’il refuse lorsque je le propose. Que j’ai une raison de prendre mes jambes à mon cou pour atterrir loin. Le plus loin possible de cet endroit. Mais je me sens à nouveau déglutir lorsqu’il me propose : « Tu me fais plaisir. J'adore le thé. » J’hoche la tête nerveusement en ramassant mes affaires. C’est le plus discrètement possible que je mets mes choses dans ma poche de sport. Je consens même à le suivre à pied. Mes jointures sont blanchies par la poigne serrée que j’ai sur la poignée de mon sac. Pourquoi faut-il que j’aille la gorge aussi sèche? Les mains aussi tremblantes? Un thé… ça n’engage à rien. Ce n’est ni une promesse d’aventure, ni une de discussion. Nous tournons sur Magnolia. Je suis satisfait de constater que nous nous orientons du côté des maisons impaires. Mais j’ai pendant un bref instant peur qu’il réside juste en face ou en biais. Et si ma femme regardait par la fenêtre? Pire encore si ma fille le faisait. Je suis si tendu que je n’ose pas parler devant lui. Je suis soulagé lorsqu’il tourne dans l’allée du 23 en fouillant dans ses poches. « Bienvenue chez moi... », me dit-il alors que nous sommes entrés à l’intérieur. Comme un adolescent, il laisse tomber ses objets : sac, veste et clés.

La maison ne ressemble pas à la mienne. L’ordre irréprochable de ma maison avant la naissance de ma fille a été bousculé un peu. Bien que bien entretenue, la présence d’un enfant est visible : pas comme ici. Si je regrette parfois mon mariage, je ne regrette pas ma fille et son joyeux bordel. « Tu veux que je te fasse visiter ? », me demande-t-il d’une voix douce. Sur le bord de la porte, il y a aussi des souliers de femmes. Est-ce que l’on est seul? Est-ce qu’il y a des gens? Je tends l’oreille immobile dans le milieu de la pièce. « À moins que je sois déjà hors-sujet, après tout on est là juste pour un thé. » Je retire ma veste à mon tour mais la garde dans mes mains, incapable de savoir ou la placer. « Non… Oui… » Bravo pour la confusion majeur Wayne… tu peux tout aussi bien te montrer la sortie. Rougissant, je bredouille à nouveau : « je ne crois pas que c’est… hors-sujet. Je voudrais bien une visite… s’il te plait. »  Réussissant à me ressaisir, j’articule ensuite : « Tu vis seul…? Ou avec des gens? » Je suis un idiot. Il y a des chaussures de femmes dans le hall d’entrée. Il vit donc avec quelqu’un parce qu’à voir ses pieds et la taille des chaussures… c’est certain que ce n’est pas à lui.


Dernière édition par Wayne Donovan le Ven 5 Juin - 0:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Jeu 4 Juin - 8:18

« Non… Oui… » On ne sortira jamais de l'indécision qui caractérise Wayne. C'est à la fois excitant et terriblement ennuyant.je ne crois pas que c’est… hors-sujet. Je voudrais bien une visite… s’il te plait. » Stephen lui sourit alors, levant les yeux vers le couloir qui mène à plusieurs pièces qu'il pourrait lui présenter avec plus ou moins de soins et de détails. La vérité est tout de même qu'il ne vit ici que depuis cinq mois environ et qu'il passe une si grande partie de son temps au club et ailleurs en ville qu'il n'a pas encore pris ses repères à cent pour cent dans cette demeure. « Tu vis seul…? Ou avec des gens? » Pour peu, il croirait que Wayne s'inquiète. Que c'est une question détournée à savoir s'il y a des risques que quelqu'un d'autre apparaisse et désire prendre le thé avec eux. Si seulement il savait à quel point cela peut l'indifférer ! Même si Stephen partage souvent les draps avec d'autres, il a l'habitude de préférer de loin aller chez les autres. Ses soeurs et son frère n'accordent que bien peu d'importance à ses aventures sexuelles, mais il est tout de même assez pudique vis-à-vis d'eux. Pour certains, ce pourrait être étonnant, car Stephen est sans gêne sur cette partie de sa vie avec le reste du monde. Ne pas avoir peur d'en parler est presque sa façon d'assumer tout court. Ça a pour lui toujours été la première étape, une façon de passer outre la peur qui peut parfois vous paralyser. Ce sont des pensées qu'il aimerait presque partager avec Wayne. Lui indiquer que s'il essayait avec plus de conviction de nommer les choses telles qu'elles sont sans détour, et de ne pas autant hésiter, tout lui semblerait d'un seul coup plus aisé.

« Non, je ne vis pas seul. Ceci n'est pas à moi... » dit-il simplement en désignant le nombre impressionnant de chaussures pour femme qui trônent dans l'entrée juste à côté de son sac de sport et de ses autres affaires. « Je n'ai jamais eu envie de porter des trucs... » En levant les yeux sur Wayne, il s'interrompt un peu brusquement. C'est le genre de conversation qu'il aurait peut-être avec d'autres. Avec Wayne, c'est un peu plus compliqué. Il éprouve une très forte envie de lui parler de tout et de rien, de simplement apprendre à en connaitre davantage à son sujet, mais il vient à douter que parler des envies ou non de porter des vêtements féminins soit la façon la plus appropriée de gagner son attention et surtout sa confiance. Parce que c'est surtout ce qui pose problème, Stephen sent qu'il doute de tout, mais surtout de lui. Il n'a pas suffisamment confiance pour lui parler franchement et au fond, cela se comprend sans doute. Les gens ordinaires - ou disons normaux même s'il déteste ce terme - ont besoin de temps avant de se laisser aller. « Il y a mes deux soeurs et mon frère, mais ils sont absents, ne t'en fais pas avec ça. Et toute cette situation n'est que temporaire, j'ai très hâte d'avoir mon espace à moi. » Stephen est tout, sauf un homme solitaire. Il a besoin des autres, besoin d'interactions surtout et la famille est extrêmement importante pour lui. Il n'empêche qu'il ne se voit pas demeurer avec eux très longtemps et ne pas avoir une entière liberté. Ils ont fait ce choix de s'installer tous ensemble parce que c'était le plus simple en changeant complètement de ville et de vie par la même occasion. Étant l'ainé, il lui a semblé logique de continuer à veiller sur eux trois même s'ils ne sont plus des enfants depuis fort longtemps et qu'ils ont chacun ce qu'il leur faut pour avancer seuls.

Il fait quelques pas dans le couloir, se retournant vers Wayne quelques secondes seulement, le temps de s'assurer que ce dernier le suit. La première pièce qu'ils croisent est la cuisine dans laquelle se trouve également la salle à manger. Leur maison n'est pas démesurément grande même s'ils y sont quatre. « La cuisine... Je vais mettre l'eau à bouillir tout de suite. » La cuisine est claire, c'est probablement la pièce la plus en ordre de la maison puisqu'ils y mettent tous du leur pour que ça continue d'être ainsi après chacun de leur repas qu'ils prennent plus souvent qu'autrement de façon séparée parce qu'il est bien difficile de faire autrement avec les emplois du temps contradictoires. Stephen sort une bouilloire et y verse de l'eau juste avant de l'activer. Une fois cela fait, il rejoint à nouveau Wayne qui n'avait pas même franchi le cadre de la porte, s'étant contenté d'observer la pièce. Il reprend le chemin dans le couloir vers la prochaine pièce. « La chambre de ma sœur Lois... C'est avec elle qu'on mis sur pied le club. » La chambre de Lois étant la plus à l'envers de toute la rue probablement, il se contente de refermer la porte une fois un coup d'oeil jeté à l'intérieur de celle-ci. « Et ça, ma chambre. » Sa chambre est bleu pâle, presque gris. Elle est lumineuse, plutôt bien rangée. La décoration y est sobre, les draps recouvrant le lit bien fait foncés, presque noirs avec quelques motifs plus clairs. Il y a un ordinateur, une radio, des vêtements éparpillés sur le lit datant de ce matin alors qu'il cherchait sa tenue pour aller s'entrainer comme tous les samedis. Au dessus de son lit, il y a une énorme affiche en noir et blanc de Lynda Carter (ou Wonder Woman). C'est un cadeau que lui a fait Lois il y a plusieurs années en pensant bien faire. À vrai dire c'est plutôt elle qui admire cette icône de la communauté gay, mais il s'est toujours plu à conserver l'affiche pour lui faire plaisir d'abord, mais également parce qu'elle s'avère plutôt jolie et stylée, ainsi qu'amusante à voir à tous les matins. Qui aurait cru qu'il aurait une affiche géante d'une femme en très petite tenue dans sa chambre ? Stephen se tourne doucement vers Wayne, qui se tient juste tout près de lui. Il le regarde en silence, celui-ci occupé à regarder l'intérieur de sa chambre. On dirait presque que pour rien au monde, il ne franchirait un pas de plus pour entrer en ces lieux. « À quoi tu penses ? » demande-t-il doucement. Il est conscient que ce genre de question a l'habitude de brusquer la personne à laquelle on la pose et s'il en doutait, la réaction surprise de Wayne le confirme. Ils continuent de se toiser en silence jusqu'à ce que Stephen sourit légèrement. « Je ne sais pas si tout ce que je te dis ou te montres te repousse ou alors si tu... » Non, Stephen n'hésite pas ou alors rarement. Mais parfois, il prend le temps. Le temps d'observer, d'essayer de comprendre ou peut-être même de saisir un vrai regard, d'y lire quelque chose d'autre que de la confusion en ce qui concerne Wayne. « ...es intéressé... » Par ce qu'il dit ou ce qu'il montre. Ou par lui tout court. Éprouves-tu ce même désir de proximité, Wayne ? Il est difficile de contenir ce qu'il ne refrène jamais de coutume.

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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Ven 5 Juin - 3:02

Son univers… c’est ironique mais ça me fait peur, ça m’intrigue, ça me trouble. Combien de fois suis-je rentré chez des hommes? Des tas. Mais je compte sur les doigts d’une main le nombre d’hommes assumant leur homosexualité que j’ai eu la chance de fréquenter dans ma vie. Et aucun ne s’était jamais douter de mes préférences. J’étais tellement habitué à cacher ma vraie nature que c’était devenu comme une seconde nature. C’était incroyable comment je n’arrivais simplement pas à trouver ma place dans la maison de Stephen. Il ne fallait pas extrapoler très loin pour comprendre pourquoi j’avais l’impression d’être en train d’ouvrir une boîte de pandore que je n’aurais jamais cru avoir le courage d’ouvrir. Il m’avait donné le premier baiser qui m’avait fait un effet fou. Combien de fois avais-je embrassé ma femme sans ressentir le moindre minuscule papillon dans mes tripes? Des millions sans doute. Et je me trouvais ici avec la bête dans mon ventre qui, fiévreuse de désir, refusait d’aller s’endormir à nouveau. Je me retrouvais donc en bien curieuse position à observer les souliers, paniquant intérieurement à l’idée d’avoir envie de laisser mes doigts cédés à mon envie d’explorer ce corps et encore plus à l’idée que l’on aurait pu être surpris. Peut-être fuse pour cette raison que je soulignais les souliers sur le bord de la porte de manière indirecte. « Non, je ne vis pas seul. Ceci n'est pas à moi... » me dit-il en désignant les souliers. Je soupirais presque de soulagement avant de ressentir une certaine anxiété m’envahir… alors les gens pourraient revenir non? Et nous trouver ensemble… est-ce qu’il fallait une excuse? Une raison de ma présence? Mes yeux fixèrent sur les souliers de femmes : qui était la propriétaire des souliers? Probablement pas d’épouse. Son discours était clair : lui affirmait ce que je n’avais pas le courage d’admettre. J’étais bien trop confortable dans mon placard. « Je n'ai jamais eu envie de porter des trucs... », me dit-il.

J’ai relevé les yeux, un certain choc au fond des yeux. Quoi? Un mec en talon haut? Non… c’était déjà tellement beau un homme en espadrilles! Pourquoi diable un homme irait mettre des talons hauts? Certes, il y avait de tout dans un monde. Il fallait avoir des gens pour aimer des gens différents… sauf que… comment? Ce n’était tellement pas aussi beau. « Il y a mes deux sœurs et mon frère, mais ils sont absents, ne t'en fais pas avec ça. Et toute cette situation n'est que temporaire, j'ai très hâte d'avoir mon espace à moi. » J’ai eu un petit sourire. Ce n’était pas parce que j’aurais préféré qu’il vive seul que j’étais aussi tendu… sauf que je savais très bien que je mentais lorsque je murmurais : « Je ne m’en fais pas… »

Faux… je m’en fais continuellement. J’ai peur que ma femme se rende compte des raisons de mes pannes. J’ai aussi peur de céder à la tentation – j’ai également peur d’y céder que de ne pas y céder. Et comment décrire ce que je ressens. Bien décidé à opprimer toute tentation à laquelle il me soumettait, je m’aventurais en terrain glissant lorsque m’éclairissant la voix je demandais : « Pourquoi un homme mettrait des talons? C’est moche et inconfortable. » Et puis… ça aurait pu créer un certain doute sur moi. Après tout… s’il avait dit qu’il n’en mettait pas… c’était peut-être parce que d’autre en mettait. « Emma se plaint à chaque fois qu’elle porte des horreurs du genre. » Il me vient en tête que je n’avais pas encore mentionner ma femme mais c’était probablement une très bonne manière pour imposer une distance entre lui et moi. Mais l’effort d’éloignement fut assez rapidement complètement assassiné par ma grande trappe qui s’ouvrit en rajoutant. « Ça ne me fait d’ailleurs aucun effet. » Qu’est-ce que ces mots avaient fait à sortir? Il n’avait pas affaire à savoir ce qui me plaisait ou pas!

Quel idiot je faisais. Voilà ce à quoi je pensais alors qu’il m’entraînait dans la maison. Cuisine bien organisée et structuré. Je le regardais se pencher pour ramasser la bouilloire. Et malgré toute ma bonne volonté, je sentis mes yeux qui se posèrent sur le derrière de Stephen. Et un certain sentiment très particulier m’envahit. Comme une chaleur. La bête en moi gronda doucement qu’elle aimerait bien voir s’il était aussi beau vu de dos que ce que j’avais aperçu tantôt. Je me dis que j’avais bien fait de rester sur le pas de la cuisine bien rangée. Depuis quand est-ce que je ne m’étais pas autant mis en danger? Et je ne savais même pas comment réagir. J’étais un automate qui trouva le moyen de relever les yeux pour m’accrocher dans ses mains. Mais les images qu’elles m’éveillaient les mains n’étaient simplement pas mieux. « La chambre de ma sœur Lois... C'est avec elle qu'on mit sur pied le club. » me dit-il en me faisant encore plus rougir. Je fixais le désordre. Mes parents m’auraient cruellement assassiné pour avoir réparti un tel fouillis dans ma chambre. Que ça soit la mienne, celle d’un maréchal de France ou de n’importe qui… j’avais été élevé avec l’ordre. Et j’aimais l’ordre, les listes et la structure. Je fus donc un peu désarçonné en voyant le désastre. Stephen ferme bien vite la porte et en pousse une autre : « Et ça, ma chambre.»

Il se tient dans l’encadrement de la porte. J’ai jeté un petit coup d’œil circulaire à la pièce. Une chambre en gros ordonnée. Moins que celle de ma femme et moi. Des couleurs typiquement masculines – la chambre des maîtres du 30 est dans des tons de pêche. On y sent la présence féminine jusqu’à l’odeur de lavande dans les draps que laisse le parfum d’Emma. L’odeur d’ici est plus musqué, viril et diablement plus intéressante. Je remarque l’affiche à l’image de ce que je crois être une super-héroïne de film ou de bande dessinés. Chose certaine, cette femme n’est pas assez vêtue. J’en viens à déposer mes yeux sur le lit. J’ai pendant un court, très court instant, une image très claire et précise de ce que j’ai envie de faire à cet instant précis : me blottir dans les draps pour voir si les draps d’un homme sentent différemment de ceux auquel je suis habitué… je le ferais même blotti dans ses bras avec son souffle dans mon cou pour savoir si l’impression d’être enlacé par un homme dans des draps fait le même effet que d’enlacer ma femme dans le lit conjugal.

« À quoi tu penses ? », me dit-il. Je levais les yeux vers lui paniqué. Quelle étrange question à poser à ce moment précis! Je me contentais de le fixer. Faites qu’il n’ait pas lu dans mes pensées et compris ce qui était en train de s’écrire comme début d’impression. Un silence s’impose alors que je cligne lentement des yeux en m’accrochant dans ses yeux. « Je ne sais pas si tout ce que je te dis ou te montres te repousse ou alors si tu... es intéressé...» Je fais non de la tête. Il a des jolis yeux. C’est la prochaine pensée cohérente qui commence à se former dans ma tête. Mais j’en reviens bien vite à ce qu’il a dit. Je ne le repousse pas… mais intéressé à ce qu’il dit… peut-être pas. Il est trop plein de distraction pour que je sois capable de comprendre ce qu’il dit. « … être intéressé à quoi…? »

C’est étrange… ça ressemble à certaines des discussions que j’ai avec ma femme. Tous les « tu m’écoutes, Wayne? » qui sont posés dans la maison semblent s’incarner. Sauf que c’est vraiment naif comme phrase. Sans le vouloir, je sature d’informations à enregistrer. Il était simplement trop près comme au club la dernière fois. Sauf que cette fois-ci, il n’y a pas cette impression d’être en public. Et j’ai beau vouloir jouer à l’autruche… je sais qu’il est homosexuel. Pendant un instant, ça semble être tellement facile d’abandonner toute forme de résistance pour l’embrasser. Ses lèvres sont à quoi… trente-cinq quarante-cinq centimètres des miennes. L’image de ce baiser, quasiment violent contre la porte de sa chambre finit d’activer mon imaginaire alors que je bégaie un fort peu convainquant : « … je pense… à rien… du tout… » Et qu’est-ce qui pourrait venir après un baiser? Pendant un bref instant, j’ai l’image de mes mains qui lui enlèvent son chandail pour l’envoyer valser. Avec des gestes probablement plus habile que seraient ceux d’un homme qui en est à sa toute première aventure. « rien de particulier… » couinais-je. Pourtant, le rouge qui tinte mes joues à cet instant est un indicateur de la grossièreté du mensonge qui se profile. Et puis à quoi bon tenter de mentir avec des mots… c’est mon corps tout entier qui me trahit à cet instant précis. Gêné, j’ai ramené mes mains en coquille devant mon pantalon déformé. Pivoine, dans un ultime effort de cacher mon désir, je murmure : « Où… sont les toilettes…? » mais de toute façon… qu’est-ce que j’allais faire dans les toilettes? Me mouiller le visage avec de l’eau glacée dans l’espoir que ça fasse disparaitre celui qui en bas réclamait de l’attention?
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Ven 5 Juin - 19:36

En invitant Wayne à aller manger quelque part, il espérait surtout éviter toute possibilité de se retrouver dans ce genre de situation. Non pas qu'il y soit vraiment mal à l'aise, Stephen a au contraire développer un certain goût ou alors du talent peut-être pour réagir dans ces circonstances. D'ailleurs s'il s'agissait de n'importe quel autre homme, il aurait déjà pris beaucoup plus d'initiatives. Avec lui, il essaie de faire différemment. Sa volonté d'apprendre à le connaitre est absolument sincère et concrète, surtout qu'il n'arrive pas à lire en lui et à vraiment savoir ce qu'il veut. Il a accepté de l'amener chez lui pour éviter qu'ils se retrouvent en public, même si Stephen ignore bien du regard de qui il faut vraiment avoir peur pour éviter jusqu'à un simple repas, mais il veut bien faire comme Wayne le désire. Depuis qu'ils sont entrés, il en est même arrivé à se demander si Wayne n'a pas seulement accepté par politesse, pour ne pas se montrer aussi brusque que la dernière fois au club. C'est ainsi quand ils parlent des chaussures à talons hauts de Lois et que Wayne semble s'offusquer de la perspective que certains hommes apprécient de se vêtir de façon féminine. Chose certaine, Stephen a bien fait de ne pas se lancer dans ce sujet avec lui, ça aurait assurément déraper. S'il a d'abord cru que le jeune homme était choqué à cette évocation des goûts particuliers de certains, il a été surpris de l'entendre dire que ça ne lui faisait pas d'effet quand sa femme portait des talons. Difficile de dire ce qui en est de quoi que ce soit quand on sait que Wayne oscille entre deux extrêmes sans arrêt ! Stephen a l'impression de le comprendre et voir clair dans ses tentatives d'éviter toute tentation justement, mais il ne peut prétendre le connaitre. Il ignore s'il pourra un jour prétendre le pouvoir.

« … être intéressé à quoi…? » À n'importe quoi ! C'est pour ça qu'il lui a posé la question, pour tenter de comprendre si sa présence ici a le moindre sens. C'est étrange de se sentir ainsi vis-à-vis de lui. Comme s'il était le diable en personne accompagné de tous ses vices. Stephen a presque l'impression que chaque parcelle de ce qui le concerne repousse fortement Wayne et ce, sans doute précisément parce que ça l'attire en un sens. Il allait tenter de lui expliquer cela et par le fait même de répondre à sa question, mais en dirigeant son attention toute entière vers lui, il s'interrompt brusquement. Ses yeux ne le quittent pas. « … je pense… à rien… du tout… rien de particulier… » Stephen acquiesce lentement. Rares sont les moments où leurs regards se croisent ainsi et où celui de Wayne ne fuit pas dans la seconde suivante. Ça aurait été si simple si Wayne avait fait l'effort de formuler une réponse plus détaillée. Il est certain qu'une question de ce genre peut avoir l'air assez intrusive, mais la seule chose qu'essaie de faire Stephen, c'est de créer un dialogue viable. Évidemment, il y a eu une amélioration maintenant que Wayne semble plus à l'aise de lui répondre avec des phrases complètes, mais ce n'est pas encore gagné. En fait, le voir aussi mal à l'aise auprès de lui le rend lui-même un peu mal à l'aise et il n'a pas du tout l'habitude de ça. Stephen fait partie de ces gens qui rendent les autres confortables la plupart du temps rien que par sa façon d'être. « Où… sont les toilettes…? » Il n'a rien manqué des essais de Wayne pour camoufler ce qui est plus qu'évident, mais il a la décence de ne pas laisser ses yeux descendre pour toiser le malaise du regard ni d'en rire. Pendant quelques secondes, Stephen a même un regard un peu étrange et ceci parce qu'il hésite.

« Attends. » murmure-t-il doucement. Sans le calculer, il lève un bras vers Wayne et pose une main sur sa taille si délicatement que le contact doit être à peine perceptible. Le corps de Wayne y répond et s'oriente vers le sien, bien qu'il ignore si c'est lui qui l'a attiré ainsi en exerçant de la pression ou si c'est Wayne qui a bougé inconsciemment. Il cherche à capter son regard à nouveau. « Ne sois pas mal à l'aise, s'il-te-plait... Je suis flatté. » Un éclat de sourire qui lui illumine le visage pendant quelques instants, mais il sent que Wayne n'a pas l'esprit à en rire. À défaut de comprendre véritablement ce qu'il vit dans sa difficulté à exprimer son homosexualité depuis probablement toujours, il peut comprendre que l'entièreté de son mensonge constitue sa vie. Il ne peut pas être aisé d'aller à l'encontre de tout ce qu'il a mis sur pied depuis quoi, une trentaine d'années ? « Wayne... » Étonnant qu'il ne se soit pas encore enfui, peut-être est-ce finalement parce qu'il ne lui a toujours pas indiqué dans quelle direction sont les toilettes. « Wayne... » répète-t-il parce que son attention est si difficile à capter et encore plus à conserver. Il a l'air tellement agité. « Je ne suis pas le diable venu pour te corrompre, relaxe... même si les idées qui me passent par la tête en choqueraient peut-être certains... » Son autre main, celle qui n'est pas en train de se retenir (très faiblement tout de même) s'aventure vers ses mains à lui, pour les faire doucement relâcher leur prise l'une sur l'autre. Il n'était véritablement pas là pour ça, il voulait vraiment lui faire faire la visite de sa demeure le plus simplement possible avant de lui servir du thé, juste du thé. Mais les choses prennent une tournure tout à fait différente et inattendue ou alors complètement prévisible, la ligne est curieuse très mince entre les deux. « Tu peux me faire confiance. » Pour te montrer ce que tu trembles qu'on te montre ou qu'on te fasse. Pour prendre le temps qu'il faut. Ou alors pour être discret. Stephen ignore ce que veut Wayne, alors il ne sait quoi lui promettre pour le convaincre de cesser d'avoir peur de tout. Wayne n'a toujours pas bougé. Il ne s'est pas encore enfui vers les toilettes.

En arrière-plan, il y a le son de la bouilloire qui se fait entendre parce que l'eau doit être prête. Stephen l'entend à peine et de toute façon, ça lui importe peu dans l'instant. Peut-être bien qu'il fait totalement exprès de ne pas s'en préoccuper. Il s'approche de Wayne d'un pas ou deux, ce dernier reculant et se retrouvant appuyer contre le cadre de la porte. Ce ne doit pas être confortable, mais Stephen se penche alors vers lui, enfouissant son visage dans son cou pour l'embrasser doucement. Il resserre légèrement la pression sur sa taille et son autre main caresse habilement au dessus de son pantalon. Ce qu'il peut avoir envie de lui... Mais il ne veut pas l'effrayer.

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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Lun 8 Juin - 4:46

Trente ans de ma vie s’étaient écoulés en cachant avec succès mon homosexualité. Trente ans sans que personne ne se doute de rien. La moitié de ses trente années, je les avais passées à réprimer consciemment mes penchants. Mentir était devenu une seconde nature : c’était tellement aisé à faire après un temps. Au début, ce n’avait été qu’un masque. Dans le milieu ou j’avais grandi, je ne pouvais permettre à mon corps de trahir mes envies. Ultra-conservateur et ultra-religieux. Et jamais… jamais mon corps, même plein d’hormones, n’avait trouvé le moyen de me trahir. Le masque en public s’était transféré dans le privé de ma chambre à coucher : chaque relation sexuelle que j’avais eu dans ma vie n’avait jamais été spontanée. Je pouvais bien mentir et affirmer que je trouvais ma femme belle… je savais que c’était des conneries. Combien de fois avais-je pensé à des hommes pendant l’acte? Combien de fois l’avions nous fait en profitant du fait que le matin, excité par des pensées dont je n’oserais avouer que le huitième de la teneur, mon corps avait simplement réagit à des rêves? Trop souvent dans les deux cas. Cette donnée était inversement proportionnelle au plaisir que j’avais pris à chaque acte de chair auquel j’avais cédé au courant de ma vie.

Pourquoi est-ce que c’était aujourd’hui que mon corps avait choisi pour me trahir? Pourquoi ici? Pourquoi maintenant devant un seul homme? J’aurais pu m’enfuir en courant, mais il aurait fallu que je justifie le pourquoi de cette spontanéité que mon corps trahissait. Je n’étais pas pour faire comme si un ohshimella était mystérieusement apparu dans mon caleçon. Je ne savais guère quoi penser de l’homme qui se trouvait devant moi. N’ayant jamais désiré de toute ma vie, comment aurais-je pu savoir que cette envie, prenante de l’embrasser et de laisser mes mains explorées son corps avec plus de force que je ne l’avais voulu. Je n’avais jamais autant tenu à mon mur, à ma défense, sans équivoque qu’à cet instant. Pourtant, je sentis son regard s’accrocher pendant un instant sur la cause de mon malaise. Il remonta doucement le regard. « Attends. », murmura-t-il d’une voix douce.

La main de Stephen trouva le moyen de tasser la mienne assez pour trouver le moyen de se poser sur ma hanche. Le contact, léger, subtil et discret suffit toutefois à me faire me retourner face à lui. Je ne suis pas certain de comprendre, ni même de vouloir comprendre l’espèce d’obsession que semble créer dans ma tête et dans mon corps tout entier la chaleur de ses mains. Peut-être bien que pour un homme de foi je suis du genre bien trop analytique. Ma couverture toute entière dépend de l’analyse que je fais, des risques toujours calculés que j’ai pris. Et je ne peux m’empêcher de me sentir gêné, voir même purement mal à l’aise face à ce que mon corps trahissant. Je n’aimais pas cette première fois que je trouvais personnellement humiliante et honteuse. « Ne sois pas mal à l'aise, s'il-te-plait... Je suis flatté. » me dit-il. Et mon regard croisa pendant un bref instant le sourire qui l’illumina. Comme un enfant, je rougis comme seule réponse en détournant le regard. « flatteur… mais humiliant quand même. » murmurais-je d’une voix tremblante quand même.

Humiliant parce que je savais que je ne pourrais pas simplement fermer les yeux. La boîte de pandore avait été ouverte par pur hasard. Toutes les images que j’avais désirées étouffé avec tant de force au courant des dernières années ressortaient comme un univers entier de possibles. Des possibilités. Des probabilités. Des nombres. Des goûts que je me tue à ne pas désirer. Des sensations, auxquelles je fais la sourde oreille, qui me rendent si distrait. Il y a chez moi une femme qui m’aime. Une femme qui me désire. Une femme que je n’arriverais jamais à combler pleinement. Une femme qui m’a pourtant donné le plus beau des cadeaux. Mais une femme dont je n’arrive même plus à feindre les sentiments. Une femme que j’entends mais n’écoute plus. Et pourtant, c’est devant un homme et un étranger presque que mon corps trahi ce que j’aurais tant aimé ressentir envers ma femme au moins une fois. « Wayne... », souffla-t-il. Je me découvris le plaisir de fixer le plancher en bois franc plutôt que ses yeux couleurs de l’azur, de peur de l’effet qu’il pourrait avoir sur mon corps. Toujours mieux d’opter pour ce genre de revêtement de plancher dans une chambre. Mais ironiquement, la contemplation la plus assidue du plancher ne semblait pas suffire à faire disparaitre toute trace de cette curieuse situation.

Et Stephen n’aidait pas en murmurant une nouvelle fois : « Wayne... ». Juste mon nom dans sa bouche avait un effet curieux sur mon cerveau. Une sorte de frisson qui prenait plaisir à naître en bas de ma colonne vertébrale pour remonter vitesse grand V. Et je n’étais pas certain que mon corps était conçu pour être soumis à ce genre de médecine. Pourquoi aurais-je eu alors les mains qui devenaient étonnement moites alors que cet homme ne faisait que prononcer mon nom? Mon regard fit l’erreur de s’accrocher dans ses yeux. Je passais avec lenteur ma langue sur mes lèvres. Il me semblait que de toute ma vie, je n’avais jamais eu la gorge aussi sèche. « Je ne suis pas le diable venu pour te corrompre, relaxe... même si les idées qui me passent par la tête en choqueraient peut-être certains... », me dit-il.

Est-ce que c’était les mêmes idées qui traversaient à grande vitesse ma tête? Celle que je m’étais toujours fait un point d’honneur d’ignorer? Les mêmes que mon père qualifiait de contre-nature et que je tolérais de la part des fidèles qui avaient le courage de s’y soumettre? « Je suis déjà corrompu… » admis-je à demi-voix. Je l’avais probablement toujours été. Aux yeux de mon père. J’avais juste su bien caché mon jeu jusqu’à ce moment précis. Avec un petit sourire triste, je rajoutais : « mais tu es la tentation… et ça… c’est nouveau pour moi… même si… » et j’hochais nerveusement les épaules.

J’aurais peut-être même tenté de compléter ma phrase… mais par quoi? Même si je suis marié depuis neuf ans? Non… Même si j’ai une fille. Mais tout ce que je veux dire se coince lorsqu’il coince ses mains entre les miennes pour séparer mes mains tremblantes. Merde! Merde! Merde! Le contact de sa main sur la mienne me fait frissonner avec plus de violence que je l’aurais voulu. Il me vient en tête que la texture de ses mains est si différente de la texture de celle de ma femme. Une peau qui est plus rugueuse et moins satinée. Cette texture plus aventurière a quelque chose d’étranger mais à la fois d’étrangement familier. « Tu peux me faire confiance. » et je restais là, immobile comme paralysé par les mots qu’il a dit. Je pouvais lui faire confiance? Mais qu’est-ce qui me dirais qu’il n’irait pas le dire à ma femme? Qu’est-ce qui m’assurerait qu’il ne briserait pas ce que j’avais mis tant de temps à construire? Rien. Et même si je le voulais… je n’aurais pas moyen d’avoir l’assurance d’une telle chose.

Néanmoins, je remarquais que, pendant un instant, le temps semblait avoir ralenti en sa présence. Comme dans une danse, il avança et je reculais. Peureux, anxieux et appréhendant ce que ses mains pourraient me faire connaître. Doucement, la tête de Stephen glissa dans mon cou. Mes mains, en mode défense, remontèrent contre le torse que l’on pouvait pourtant deviner. J’aurais pu le repousser. Ça aurait été presque facile de le faire. Sauf que la main sur la taille se fit un peu plus insistante et ce fut à ce moment que je remarquais l’autre main qui glissa sur la bosse en m’arrachant un petit « Hum… » de plaisir que ne n’avais jamais trouvé le moyen d’articuler lors de la besogne avec ma femme. Je sentais une à une les inhibitions si importante pour mon apparente hétérosexualité s’effondrer lorsque je grondais d’une voix faible : « Seigneur que c’est bon…». De sa poitrine, mes mains glissèrent avec lenteur jusqu’à s’arrêter sur la ceinture. Si près de la virilité que j’avais toujours tenté de nier jusqu’à l’existence. Doucement, je murmurais : « Je peux aussi…? » avant de pincer mes lèvres pour étouffer un petit gémissement de plaisir.
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Mar 9 Juin - 6:19

Même si... Il a bien l'impression que tout au monde pour Wayne doit être mesuré et analysé jusqu'au plus fin détail. Qu'il a besoin de tout prévoir. C'est un truc qu'il a bien du mal à saisir concrètement, lui qui aime se laisser porter et bercer par la spontanéité. Les relations, et les émotions, sont pour lui une grande valse auquel il se prête avec amusement et curiosité, faisant un pas vers l'avant, vers l'arrière, puis changeant régulièrement de partenaire pour continuellement apprendre de ses nouvelles rencontres. Les autres l'enrichissent, font de lui une meilleure personne et c'est le cas même pour les moins bonnes expériences. Il ne craint pas l'échec ou l'erreur, car ces termes n'existent pas vraiment dans son vocabulaire. Il n'y a que ce qui peut être mieux qui soit important et il y aspire toujours. Impossible d'avancer d'une quelconque façon sans essayer. Sans risquer. De quoi Wayne se considère-t-il comme déjà corrompu ? Pour éprouver du désir, de l'excitation ? Quoi de plus naturel. Quoi de plus vivifiant et humain ! Si c'est vraiment cela, il était drôlement temps qu'il le soit, corrompu. Quand il lui parle de tentation, il vacille encore entre ce sentiment étrange d'être un monstre aux yeux du jeune homme ou alors quelque chose d'attirant. Il réalise bien que la ligne entre les deux risque de demeurer floue pour un long moment et ce tout simplement parce que Wayne ne sait pas ce qu'il veut. Stephen a beau être doté d'empathie, il ne peut pas comprendre tout à fait. Il ne connait pas tous les détails de sa vie et ce qu'il a à perdre vraiment. Ses mensonges constants doivent tout de même préserver certaines parties de sa vie qu'il aime, à commencer par tout ce qu'il a bâti dans sa communauté religieuse. Stephen ne peut que se formuler des suppositions, mais il croit saisir l'ensemble du portrait. Dans tous les cas, il réalise qu'il doit faire bien attention. Non seulement est-il une tentation, pour reprendre les mots prononcés par Wayne lui-même, mais il a cette curieuse impression de détenir le pouvoir de tout foutre par terre. Wayne est fragile en un sens, lui et sa vie de mensonges qui pourrait s'écrouler comme un château de cartes en un rien de temps.

Pourtant, il ne le repousse pas. Stephen ne peut interpréter cela autrement que comme un signe, un encouragement à ne pas s'arrêter donc. Parce qu'il aurait bien des façons de lui faire comprendre qu'il ne veut pas. Il pourrait le dire tout simplement, mais il sait aussi que parler n'est pas forcément sa grande force lorsqu'il est troublé. Il pourrait le pousser, l'empêcher d'explorer son cou de ses lèvres ou alors retenir ses mains de découvrir par le toucher. Il n'en fait rien du tout, ou alors si faiblement qu'on ne peut donner aucun crédit à la volonté qui guide le tout. S'il était un autre, n'importe lequel, tout se passerait absolument différemment à coup sur. Il l'aurait peut-être déjà pris contre ce mûr, ou bien alors ils auraient basculé depuis longtemps sur son lit. Les pantalons de Wayne auraient déjà quitté leur poste et cesser de protéger cette réaction physique pourtant si naturelle qu'il qualifie d'humiliante. Stephen serait sans doute déjà affairé à le libérer de son désir, d'une façon ou d'une autre, car les dynamiques varient largement d'un amant à un autre et au sein même de chaque liaison. Son imagination se serait déjà activée à trouver toutes les façons de le faire gémir ou à exiger que son propre plaisir soit satisfait. Il y a parfois, voire tout le temps, quelque chose de très orgueilleux et d'égoïste dans le sexe sans amour. Il lui serait de toute façon assez difficile de parler du sexe dans d'autres circonstances parce qu'il n'en connait pas grand chose. À la fois, il y a tellement de variantes qu'il est impossible de seulement classer les choses en deux catégories distinctes. Il n'y a pas seulement l'amour véritable et le plaisir physique seul. Il y a tant de choses entre les deux comme de la complicité extrêmement sincère, de la passion si forte que ça se rapproche de l'amour mais à court terme seulement, de l'amitié amoureuse, de l'attachement, de la possession, etc. Quoi qu'il en soit, ce qui est en train de se passer avec Wayne en ce moment même se situe à des kilomètres de tout le reste dont il a l'habitude. Il prend le temps parce qu'il ne lui importe pas seulement d'éveiller chez Wayne des réactions physiques ou alors du plaisir, mais il a vraiment envie que ce dernier puisse se libérer l'esprit et s'ouvrir un peu. Rien n'est plus triste que de le savoir coincé dans son déni. Cet homme lui plait, pour des raisons qui lui sont encore obscures, et s'il l'attire physiquement comme pas permis, il y a véritablement quelque chose chez lui qui le touche au-delà de ça.

Il est aussi encouragé par un « Seigneur que c’est bon… » poussé par le jeune homme. « Laisse la religion en dehors de la chambre à coucher... » Parce que Seigneur... ou Dieu. Des termes qu'il doit utiliser sans même y penser vraiment de toute façon, mais dans tous les cas, ça n'a rien à faire ici. Stephen ne s'est arrêté de l'embrasser dans le cou qu'un instant pour lui souffler cela d'un ton distrait. Il a beau avoir toute la volonté du monde, il devient un peu difficile de se contenir lui-même quand il l'a à sa disposition, et que ce serait si facile d'aller plus loin. Il pourrait lui montrer tout ce qu'il ignore et lui faire goûter à tout ce qu'il désire probablement secrètement depuis trop longtemps, mais un « Je peux aussi…? » le ramène à la réalité. Il relève la tête lentement vers lui, son regard avide du sien même si celui de Wayne est fuyant comme toujours. Comme s'il ne pouvait se permettre de ressentir ce plaisir qu'en fermant les yeux. Stephen songe que Wayne doit être le type d'homme à faire l'amour dans le noir. Il veut savoir s'il peut toucher ? Mais l'autorisation n'est-elle pas implicite à ce rapprochement qu'il a initié ? Lui-même ne lui a pas demandé de permission pour le toucher. Stephen comprend alors un peu mieux, ou un peu plus, à quel point il y a du chemin à faire avant que Wayne ne soit à l'aise, mais cela est loin de le décourager.

« Tu n'as pas besoin de ma permission. » murmure-t-il. Ce qu'il a envie de l'allonger sur son lit, de s'y mettre à l'aise. Toutes les pensées qui affluent à son cerveau avec une vitesse folle créent chez lui un désir flamboyant qui a tout autant de mal que celui de Wayne à se contenir et qui devient visible là où les mains de Wayne s'apprêtent à explorer. La différence notable est la façon de Stephen de ne pas s'en soucier outre mesure et d'assumer pleinement ses envies. Le plus difficiles pour lui n'est pas de les accepter, mais de les retenir juste assez pour ne pas brusquer Wayne. « Est-ce que je peux t'embrasser ? » Mais il n'attend pas une réelle approbation, sachant qu'il ne lui semble pas très naturel de demander verbalement à chacune des choses qu'il a envie de faire avec lui. Disons seulement qu'il reste attentif au moindre signe de refus, mais qu'il n'en voit pas, ou alors rien de clair sinon qu'une lueur d'anxiété dans son regard de temps à autre plus intense. Son corps se serre alors contre le sien. Il mène la danse, non seulement lorsque ses lèvres vont rencontrer les siennes, mais également lorsque ses mains vont se loger au creux de ses reins, se frayant jusqu'à un chemin sous son chandail pour toucher la chaleur de sa peau, pour le forcer à se presser contre lui. Sentir concrètement l'étendue de son désir contre lui le fait vibrer. Mais il l'embrasse encore plutôt chastement, même si ses mains se veulent aventureuses et gourmandes. Même s'il ne peut camoufler qu'il veut toujours plus. Il peut aussi se montrer patient. Et il reste ainsi tout près de lui, le regardant dans les yeux, mais relâchant un peu son emprise sur lui. Après tout, Wayne lui a demandé s'il pouvait toucher. Il peut toucher. Il peut l'entrainer dans peu importe ce à quoi il pense. Dans l'instant, Stephen se retient surtout de prendre la moindre initiative pour tenter de comprendre ce dont Wayne a envie. « Je n'irai pas plus loin que ce que tu as envie de faire avec moi. » Une autre façon de lui demander de lui faire confiance, d'essayer d'apaiser ses craintes, sa confusion. Ce n'est pas ce qui domine dans son regard depuis quelques minutes, mais il sent toujours cela chez lui.

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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Mer 10 Juin - 5:44

C’était faux d’affirmer que je ne savais pas ce que je voulais. Je le sentais dans le plus profond de mes tripes. Je n’avais qu’à fermer les yeux un court instant pour que mon imaginaire ne s’emballe et m’emporte aux quatre coins de ses sensations que j’avais toujours repoussées. Juste une fois, je voulais sauter la clôture. Juste une fois, je voulais savoir si ça valait vraiment la peine de céder à la tentation.  Juste une fois, j’avais envie de jeter un rapide coup d’œil du côté de ce que j’avais toujours su comme étant ma véritable nature. Ça semblait facile de se limiter dans mes désirs. N’était-ce pas ce que j’avais toujours fait? Jamais bu à l’excès? Jamais abusé des plaisirs de la chair? Jamais affirmé le moins du monde que j’avais des besoins? J’étais en apparence parfait. Jamais un mot plus haut que l’autre. Jamais le plus petit écart de conduite. Malgré ce qui s’était passé dans mon autre paroisse avant. Malgré tout… j’avais toujours tout fait pour être blanc comme neige. J’avais fait passer mes parents, ma religion, ma communauté, ma femme et ma fille avant mes propres désirs.

Cet écart de conduite était le tout premier que j’avais fait. Et ça ne semblait probablement à rien d’embrasser simplement quelqu’un. Mais pour moi mon premier baiser avec ma femme avait été celui que j’avais échangé avec ma femme le jour où nous avions échangé nos vœux devant l’autel. Alors, j’avais beau tenté de rationnaliser la situation à quelque chose de banal qui ne se reproduirait pas…. Je savais que j’avais raison d’être tétanisé. Je craignais, au plus profond de moi, c’était que cette unique fois fasse office d’un commencement. Le commencement d’une double vie dont je me mordais les lèvres d’essayer. J’avais peur… terriblement et horriblement peur que ce miniature pas à l’extérieur du placard soit suffisant pour ne plus jamais me donner envie de retourner dans mon placard. Parce que juste sa peau rugueuse appuyée contre la mienne, juste ses lèvres contre mon cou, juste sa main qui, habile, détaillait la bosse, juste son souffle contre ma peau m’enlevait toute envie nette de retenter à jamais l’expérience avec ma femme. Au diable Emma, c’était à lui que je pensais alors qu’il m’arracha des mots. « Laisse la religion en dehors de la chambre à coucher... »

Qu’est-ce que c’était que cette curieuse sensation que je ressentis lorsque ses lèvres quittèrent mon cou? Du regret? De la frustration? De l’amertume? Si bien que pendant un instant, un tout léger sourire honnête – probablement un des premiers depuis un très long moment – s’afficha sur mes lèvres. « On n’est pas dans la chambre… mais sur ton cadre de porte. Mon pied gauche droit est à l’exté… » mais le retour de ses lèvres contre ma peau m’arracha à nouveau un petit gémissement. Au diable ma volonté de fer! Le simple contact brutal de ses lèvres contre mon cou crée un véritable volcan dans mon ventre. Aller plus loin que ce que l’on fait présentement me semble tellement tétanisant, mais tellement attrayant et tentant. Mes mains se surprennent pendant qu’il m’embrasse à chercher un contact. Et pendant un instant, j’ose même pensé que le chandail est de trop. J’aurais aimé pouvoir laisser mes mains glissés contre le torse de Stephen pour en détailler la peau et savoir si l’odeur qu’elle laisserait sur mes doigts me ferait le même effet que celle de la peau de ma femme. Mais, profondément à l’intérieur de moi, je sais que c’est inutile. Je connais déjà la réponse à cette question. Non parce que l’effet du baiser était déjà différent de ceux avec ma femme. Ici, c’était viscéral. J’en voulais plus. Mais mes seules expériences en la matière étaient avec une femme et mon éducation sexuelle je l’avais eu auprès d’un père hétérosexuel. Je me sentais donc démuni face aux procédures qu’il convient de suivre dans cette danse à deux qui me semble si tentante.

Je ne peux m’empêcher de demander si mes mains peuvent s’autoriser une danse sur son corps. « Tu n'as pas besoin de ma permission. », me murmure-t-il doucement. Timidement, ma main glisse et s’aventure sur le tissu du pantalon. Un geste délicat à peine visible mais qui me permet de tâter le terrain pour y deviner à mon tour une bosse. Pendant un bref instant, mes yeux croisent les siens avec une certaine appréhension : ça semble intimidant quand ce n’est pas le mien et je peine à croire que je suis le responsable de cette courbe. Comment pouvais-je m’expliquer d’être capable de faire une telle chose à quelqu’un d’autre? J’ai un tout petit sourire niais qui traverse mon visage, à peine quelque petites secondes. « Est-ce que je peux t'embrasser ? », me demande-t-il doucement. J’hoche la tête assez rapidement d’un geste si discret que je me demande s’il a vraiment vu ça. Et j’en viens presque à espérer qu’il le fasse malgré tout.

Ce désir que j’ai toujours voulu nier s’impose. J’ai soif et j’ai faim de ce qu’il me propose de connaître. Que ce soit un baiser, une caresse… je veux le connaître même si je n’ai en tête que des fantaisies qui n’ont jamais été articulée à voix haute.

Ce même désire se trouve satisfait alors que les lèvres de Stephen viennent se poser contre les miennes. Ce chaste baiser a probablement la même intensité qu’au club l’autre soir et pourtant il ne me suffit pas. Mais qui suis-je en train de devenir alors que ses mains glissent doucement dans mon dos et jusqu’à sous mon chandail. Je n’oppose plus l’ombre d’une résistance. Il m’attire contre lui et je frissonne en sentant les deux virilités sous leur tonnes de tissus de frôler. Je me surpris à vouloir plus sans être capable de trouver ou poser mes mains sur son corps. Quand nos lèvres se séparèrent, un goût amer s’installa dans ma bouche. Quel que soit la sensation que je découvrais à cet instant, elle avait quelque chose de magique. L’effet qu’il avait sur moi et le désir que je sentais dans ses gestes m’éveillaient peu à peu. Mais je n’arrivais pas à comprendre ce que je voulais ou pouvait faire. « Je n'irai pas plus loin que ce que tu as envie de faire avec moi. », me dit-il.

Je mordillais doucement ma lèvre en autorisant mes mains à remonter sous le chandail. Des muscles… une nouvelle chose que je ne connaissais pas sur le corps d’autrui. Doux et délicat. À peine dessinés. Et qui éveillaient en moi un désir si obsédant que je n’arrivais pas à me l’expliquer. Doucement, je souris en articulant : « Embrasse-moi encore… s’il te plait… un vrai baiser… s’il te plait. » Mais cette fois-ci, je n’attendis pas qu’il vienne chercher mes lèvres et j’allais chercher les siennes en retenant à peine le tremblement de mes mains qui glissèrent de nouveau jusqu’à la base du pantalon. J’explorais à nouveau la peau. Ce fut naturellement que mes lèvres s’entrouvrirent pour permettre à ma langue d’aller chercher la sienne doucement. Le contact entre les deux langues fut électrifiant pour moi. Mes mains remontèrent pour aller chercher un appui dans ses cheveux. Le ramener le plus proche de moi possible. Au diable la stupide clôture. Au diable ce mensonge que j’appelais mariage. Lorsque je trouvais la force de séparer mes lèvres des siennes, je murmurais doucement : « Enlèves ton chandail… je veux te voir… » parce que la vision que j’avais eu dans le vestiaire était trop courte. Beaucoup trop courte.
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Dim 14 Juin - 5:28

« On n’est pas dans la chambre… mais sur ton cadre de porte. Mon pied gauche droit est à l’exté… » Ce qu'il peut être têtu. Ou alors, il a encore besoin de s'accrocher à des détails d'une importance tout à fait dérisoire. Le fait est que Wayne ne sait pas libérer son esprit et profiter. Wayne ne sait pas se laisser aller à l'une des meilleures choses qui soit de l'existence. Stephen aurait bien du mal à expliquer verbalement pourquoi les plaisirs de la chair lui sont si importants, voire essentiels. Il a tout d'un grand romantique à l'exception du fait qu'il n'a jamais été dans une relation amoureuse exclusive ou officielle. Cela n’empêche pas qu’il aime la présence d'un autre, sa chaleur, le fait de partager par des gestes, des conversations ou des baisers. Il se sent plus vivant de la sorte, en contact avec quelqu’un. Il aime se soucier des autres, trouver les façons de leur apporter quelque chose même si ce n’est peut-être rien sur le long terme. Puis, Stephen n’est pas du genre à baiser avec n’importe qui. Il faut que l’autre lui plaise, qu’il ait l’impression d’une minime connexion réelle entre eux. Il n’a seulement pas besoin de se créer des chaines. Sa vision de l’amour, ou de la notion de couple, n’est pourtant pas si négative, c’est seulement qu’il n’a pas rencontré la personne qui lui aurait donné cette envie de ne plus explorer ailleurs. Personne ne lui a demandé d’être fidèle et il ne l’a jamais exigé de quiconque non plus même s’il lui est arrivé d’avoir des amants plus réguliers ou alors auxquels il était plus attaché. Tout ceci contribue à sa difficulté de comprendre Wayne quant à son mariage. Il a du mal à figurer pourquoi les gens souhaitent être accompagné même si c’est mal accompagné. Puis une fois ce constat fait qu’il ne se voit pas faire le chemin de sa vie sans avoir quelqu’un, Stephen ne comprend pas pourquoi Wayne éprouve tant de culpabilité (c’est ce qu’il lui semble à tout le moins) à franchir le pas de ses réels désirs. Ce pourrait être si simple : une vie bien rangée en première apparence avec une femme correcte et tout ce qui va avec, mais un amant pour les nuits plus froides et pour être vraiment lui-même. Cet arrangement ne serait sans nul doute pas satisfaisant très long pour aucun des partis concernés, mais le fait demeure que Stephen ne comprend pas comment il est possible de refouler autant ses envies sans devenir complètement fou, sans envoyer au diable cette foutue religion ou alors toutes les personnes qui ont des attentes quant à une soi-disant bonne conduite de sa part. Une bonne conduite, mais surtout un odieux mensonge sur sa nature profonde. Le pire c’est qu’il ne sait pas, car il n’a jamais essayé. Il ne peut se prononcer vraiment, mais Stephen sait. Il a vu la lueur dans son regard, du fond de sa cage qu’il croit dorée, mais qui n’est rien d’autre qu’une continuelle obscurité.

Mais ses mains explorent. Timidement, mais elles le font. Il les laisse faire non sans plaisir, avec une attention presque obsessive à la moindre expression sur le visage de Wayne. « Embrasse-moi encore… s’il te plait… un vrai baiser… s’il te plait. » Il reçoit la requête avec une surprise difficile à camoufler, qui lui tire un véritable sourire niché tout au fond du regard concentré qu’il pose sur le jeune homme depuis tout à l’heure. Il n’a pas même le temps de répondre que déjà, les lèvres de l’autre viennent à la rencontre des siennes à nouveau comme si elles étaient assoiffées de quelque chose que les précédents baisers n’ont pas su lui offrir. Il se délecte de l’empressement qui semble l’animer si vivement que c’en est maladroit et vibrant. La chaleur de ses mains contre son ventre, le délicat contact de celles-ci, enflamme le brasier déjà bien volontaire. Sa langue, qu’il laisse d’abord venir à lui, puis qu’il rencontre pleinement. C’est presque une caresse, plusieurs, jusqu’à ce qu’il mette fin au baiser. « Enlèves ton chandail… je veux te voir… » Le ton peut-être, ou alors l’ampleur du désir qu’il perçoit, tout cela à la fois le comble parfaitement. Il a envie de plaisanter, de jouer certainement, mais il reste toujours calme pour continuer de ne pas trop s’agiter et risquer ainsi de l’effrayer. C’est nouveau pour lui, il faut qu’il se souvienne de ce fait plutôt trop souvent que pas assez. Ça le force à se souvenir de ses premières fois et de toute la palette d’émotions et de sensations particulières qui viennent avec le manque d’expérience. C’est excitant et doux.

« Viens. » Parce que le cadre de porte, c’est pour les impatients qui ne veulent pas prendre le temps. Parce qu’il ne compte pas discuter de s’ils sont ou non dans la chambre à coucher. Son cadre de porte, comme l’a si bien dit Wayne tout à l’heure, soulignant du coup qu’il s’agit de son univers. Qu’il y vienne puisqu’il y est déjà presque, à un pied près. C’était peut-être sa façon de garder un certain contrôle, mais inutile de se leurrer dans le privé. Ils sont seuls, il n’y a personne d’autre. Le temps s’écoule différemment, semble-t-il, l’atmosphère appelle à l’intimité et à la confiance. Il est vrai qu’ils se connaissent si peu, mais voilà l’une des façons les plus efficaces d’y remédier. On n’est jamais plus vrais que lorsque l’on fait l’amour. Stephen a toujours pensé ça, et ça s’applique à cet échange entre eux, même s’il n’y aura peut-être pas de passage à l’acte ni maintenant ni jamais. Il s’efforce de ne pas se faire d’idée là-dessus. Alors il recule dans sa chambre, attirant légèrement Wayne avec lui. Légèrement, parce que ses mains quittent bientôt le corps de son compagnon pour aller satisfaire la demande. Il laisse tomber son t-shirt par terre sans plus de cérémonie. « J’ai tellement envie de toi… » murmure-t-il, alors que la distance entre eux s’élimine à nouveau. Il le laisse venir à lui, et l’entraine vers le lit. Il faut qu’ils la bâtissent cette confiance, que Wayne se sente à l’aise de communiquer ou alors de se taire s’il préfère, mais qu’il se sente à l’aise. Il faut également qu’il réalise l’effet qu’il a sur lui, combien il le rend fou de désir à son égard. S’il ne s’ouvre pas un peu plus à son corps, c’est voué à l’échec. Pas seulement ce qui se passe entre eux maintenant, mais l’espèce de libération que Stephen voudrait le voir atteindre éventuellement. Il l’embrasse à nouveau, et dorénavant il serait bien impossible de retourner aux petits baisers chastes. Leurs corps liés, Stephen a l’impression de le sentir étourdi dans ses bras, il le retient doucement, le serre, laisse ses mains explorer au rythme qui leur vient. Il y a décidément trop de vêtement sur lui, mais doucement. Il faut qu’il se le répète encore, doucement. À un pas à reculons, Wayne basculerait sur son lit.

Ses mains descendent, s’agrippent au rebord de son pantalon jusqu’au bouton de ce dernier. Stephen s’arrête alors, restant tout près de lui, les quelques centimètres à peine entre eux lui permettant toujours de sentir son souffle contre son visage. « Puis-je ? » murmure-t-il à nouveau, le regardant dans les yeux. Ton joueur, séducteur, corrupteur. Stephen ne veut pas se contenter de toucher.

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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Mar 16 Juin - 3:14

À force de m’enfouir la tête dans le sable pour jouer l’autruche, je peux bien prétendre le bonheur… je sais que je n’ai jamais vécu pour celui que je suis. Cette discorde en moi, je ne l’avais jamais senti jusqu’à ce moment. Me dire que les rires de ma princesse me comblent… c’est bien beau. Me répéter que je ne suis pas frustré par l’absence de relation sexuelle entre ma femme et moi qui s’était imposé d’elle-même… c’est aussi convenable. Mais c’est des mensonges. Le bonheur, je le sens inaccessible. Et j’ai conscience que je ne suis qu’un pétrel qui frôle du bout des ailes le bonheur de l’eau sans oser y plonger.

C’est peut-être ce qui est aussi tentant dans l’aventure que proposent les lèvres, les mains et le corps de Stephen. Succomber et m’abandonner. Sauf que je le sens dans mes entrailles, ce conflit. Entre ce que je désire ardemment et ce que je sais ignorer de l’amour entre deux personnes du même sexe. Oh! J’ai conscience du mensonge que constituent les mentions de Sodome dans la bible – mais je ne suis pas nécessairement certain d’être prêt à affronter une telle soumission de mon corps sous les mains d’un autre homme. Du moins pas de cette façon. Faire le petit pas dans la chambre que je me tarde de faire est à la fois tentant mais aussi super inquiétant. Je sais à quel point je manque d’expérience. Ma femme est la seule personne avec qui j’ai échangé des baisers et des caresses. Mon abandon à mon propre corps est aussi limité que celui que j’ai avec celui des hommes. À force de refouler et d’éviter toute tentation pour conserver cette image d’enfant de chœur, j’en suis venu à ne même pas me livrer à un plaisir solitaire. Je dois être dans les rares personnes qui n’ont même jamais explorés les méandres de l’Internet pour comprendre ce qu’il s’y cache. Ça ne m’a pas empêché de m’imaginer poser mes lèvres sur celle d’un homme. Les laisser découvrir le corps et en particulier cette virilité dressée comme un soldat. De ce pécher, j’ai connaissance pour les rares tentatives que nous avons eu au courant de nos années de mariage Emma et moi.

Néanmoins, malgré la peur, malgré l’angoisse… je ne me serais pas vu le repousser. Je ne me serais pas vu glissé mes mains sur la poitrine de Stephen pour le repousser lorsqu’il murmure doucement : « Viens. ». Docile, je le suis à l’intérieur de sa chambre. Ses mains qui se retirent de ma taille m’arrachent un petit soupire impatient. Non, la chaleur de ses mains me donne simplement envie de perdre la tête. Je dois me retenir d’aller requérir ses mains pour les poser là d’où elles appartiennent : sur mon corps, dans mon dos, au creux de mes reins. Mais quand je vois qu’il le fait pour céder à ma demande de retirer son chandail, je ne peux pas m’empêcher de me sentir un peu coupable d’en avoir voulu aux mains. La proximité qu’il y a entre nous deux me permet de voir presque le grain de sa peau. L’espace qu’il y a entre nous ne dure pas très longtemps mais je trouve ça trop long. Mes mains retrouvent leur positionnement idéal à caresser du bout des doigts la peau.

L’index baladeur ne semble pas combler le plaisir que sa peau m’évoque. C’est mes deux paumes entières qui dévorent le bas du dos. Je ne remarque même pas l’espèce de valse qui nous dirige vers son lit. La seule pensée claire qui trouve le moyen de se faufiler dans mon esprit embrumer par son odeur enivrante c’est que j’en veux à ma chemise de nous séparer. C’est lui qui trouve les mots que je ne sais pas prononcer : « J’ai tellement envie de toi… ». C’est les bons mots qu’il faut pour foutre encore un peu plus de pagaille dans ma tête. Pour la première fois de ma vie, j’en ai envie moi aussi. Je ne fais pas ça par "devoir" ou parce que ma femme veut un enfant. Les gestes que je pose à peine consciemment sont empreints d’une maladresse que je n’ai jamais encore ressenti : j’ai envie de les poser. Je ne remarque à peine que mes mains ont lâchés son dos pour venir déboutonner ma chemise. Mais je papillonne. Je peine à savoir où me poser, complètement obnubilé par l’envie que je ressens. Mes mains veulent autant le caresser que ma bouche veut l’embrasser. Je remarque la base de lit que je sens derrière mes genoux, il pourrait me pousser sur le lit. Et on y ferait quoi? Est-ce que l’on pourrait juste s’embrasser? Le lit a quelque chose de formel que je peine à accepter. Contrairement à ses lèvres qui retrouvent leur chemin jusqu’aux miennes. Et encore une fois, ce n’est pas qu’un simple baiser. Les lèvres s’ouvrent aisément et les deux langues s’échangent une longue caresse.

Je me sens presque ramollir tellement je ne sais pas ou m’accrocher. Mais il me rattrape sans l’ombre d’un doute. Ses grandes paumes chaudes se blottissent dans mon dos. J’articule doucement : « Comment tu fais pour être aussi attirant…? Pourquoi… c’est aussi bon… » Mon esprit analytique cherche encore à jusitifé. Mais c’est si complexe et particulier que je n’arrive pas à comprendre. C’est comme une renaissance et c’est presque impossible que ces choses qui ont tant en commun avec celle que je fais avec plus ou moins de régularité avec ma femme réveille ici une foulée de sentiment que ses mains à elle n’ont jamais réussi à admettre. Si j’avais un jour cherché la réponse à ma question, je la sais : le faire avec un homme ne serait jamais un fardeau, une tâche exigeante qui demande concentration. Faire l’amour ou baiser avec un homme ne me demanderait jamais de l’abnégation. Je le sais à sentir ses paumes qui finissent leur course sur la base de mon pantalon. Sauf qu’il a détaché les boutons, ce que je n’ai pas osé faire lorsque les miennes ont frôlés : « Puis-je ? », demande-t-il. Et j’hoche la tête doucement mes mains remontant finir leur tâche sur la chemise qui tombe en un son à peine perceptible. Je ne réalise même pas à quel point je viens d’abandonner entièrement mon armure. Je suis un chevalier entièrement désarmé qui s’offre tout entier au dragon. Mais je suis un tribut volontaire : je cours vers mon échafaud enfermant au loin la colère et la trahison que je sais pourtant que ma femme me tuerait probablement pour avoir suivi mon instinct cette fois-ci.

Le contact de sa main sur la bosse à travers la seule épaisseur de tissus me fait frissonner de la tête au pied. C’est tellement mon que j’ai à nouveau l’impression de perdre pied. Laissant échapper un râle rauque, je sens mon corps entier se tendre. Mes lèvres cherchent un appui pour étouffer la tonne de son qui semblent vouloir trouver le moyen de sortir après tant d’année d’abstinence. C’est d’abord les lèvres de Stephen qu’ils trouvent comme place. Mes jambes sont de coton si ma tête est, elle, faite de nuage. Et je lâche les lèvres pour finalement atterrir dans son cou. Je ne réalise même pas l’excès de zèle que mes lèvres s’acharnent à faire. C’est avec lenteur que mes mains glissent à nouveau contre son corps. C’est à mon tour de faire glisser son pantalon, sauf que je ne demande pas la permission moi. Elle allait de manière implicite à celle que je lui ai donné à mes yeux.

J’avoue qu’une certaine anxiété m’envahit lorsqu’en un bruit mat le pantalon atterri au sol. Intimidé que je suis, je ne sais pas par où attaquer le soldat qui se trouve bien au garde-à-vous. Rougissant comme un lycéen, je m’entends murmurer, la respiration saccadée par le mouvement de sa main contre mon intimité : « Je sais même pas comment… » Comment le prendre… comment l’aborder. Et si je lui fais mal? Si je ne fais pas ça bien? Si même dans le pêché, dans cette luxure que je découvre pour une première fois, je n’arrive pas à donner le même plaisir que ses doigts m’arrachent. Ma main glisse doucement par-dessus le tissu. Ça semble étrange pour quelqu’un qui n’a même pas habitude d’abuser de son propre corps que de glisser ma main sur celui d’un autre. Mes gestes me semblent maladroits et plus délicats que les siens – probablement parce qu’il jouit d’une expérience que je n’ai même pas en rêve. Je relève les yeux vers lui qui trahissent une certaine anxiété alors que je murmure : « C’est bien comme ça…? » en même temps… ça serait probablement mieux si ma main curieuse céderait à son envie d’aller directement plongé sous le tissu. Je remonte un instant accroche du bout des ongles le haut du tissu.
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Jeu 18 Juin - 7:09

La facilité avec laquelle Wayne répond à chacun de ses appels silencieux à plus d'intimité le surprend. Il s'avère même plutôt tactile, beaucoup plus qu'il ne se le serait imaginé à sentir de lui autant de nervosité et d'appréhension. C'est difficile à expliquer, mais en fait, il ressent de sa part un besoin tellement vital de découvrir quelque chose qu'il ne soupçonne peut-être même pas au dixième. Stephen ne sait pas ce que c'est de ne pas vivre, de se condamner soi-même à ne pas pouvoir partager quelque chose de fort avec quelqu'un d'autre. L'être humain est fait pour être sociable, même ceux qui se disent solitaire vous diront qu'ils ne peuvent pas se passer complètement de tout contact avec ses semblables. Puis il y a aussi, de l'autre côté, ceux comme Stephen qui ne vivent que pour ça. C'est son talent, les gens, sa passion, sa plus grande aptitude. Il est à l'aise de leur parler, de les comprendre, de les toucher, il a besoin des autres. Sans doute se rejoint-il au moins un peu dans ce que Wayne disait au complexe sportif quand ils ont abordé le sujet du mariage : lui non plus ne peut pas imaginer la vie sans personne. Seulement, il comble ce besoin auprès d'une multitude d’individus et cela de diverses façons. Il y a le sexe, bien sûr, mais aussi les amitiés, les liens familiaux... Tous ces liens constituent ce qu'il est. C'est en étant séduit par tant d'hommes qu'il a appris à séduire lui-même, même si dans sa vision des choses, tout cela ne provient que de la capacité à être soi-même et à s'aimer suffisamment pour donner envie aux autres de vous désirer. La théorie tenait la route jusqu'à Wayne. Impossible pour Stephen d'oublier le fait qu'il ne le connait pas énormément, voire pas du tout. Difficile à croire, mais ce n'est que la deuxième fois qu'ils se voient, et ces deux fois ont été le fruit du hasard. Ça n'a certes pas empêché qu'il soit attiré par lui comme par un aimant et c'est étrange justement parce que Wayne n'affiche pas cette dite confiance en soi ou alors cet amour propre que Stephen a tendance à croire la raison même de l'attirance. Ce qui lui plait chez Wayne est alors pour lui un véritable mystère qu'il ne sait pas élucider, qui le force à poser un regard différent. Tout est différent, même s'il peine à le comprendre profondément.

Lorsqu'il retire sa chemise, de lui-même, un sourire trouve sa place sur le visage de Stephen. Pressé ? Ce n'est pas lui qui va s'en plaindre, mais le voilà à nouveau surpris. Surpris parce qu'il ne s'attendait pas à ce qu'il se passe quoi que ce soit en acceptant de l'amener chez lui pour le thé. Il pensait vraiment qu'ils allaient discuter autour d'une tasse bien chaude, rien de plus. C'était la demande de Wayne et quelque chose lui avait mis en tête que Wayne s'en tenait à ce qu'il disait. Si le sexe rapide ou facile est effectivement une habitude pour Stephen, quelque chose qu'il ne peine pas à trouver lorsque l'envie lui prend, il reste qu'il ne pense pas strictement qu'à ça. Il a cet étrange sentiment de décalage à s'enfoncer dans ce tango avec Wayne, ici dans sa chambre. Il conçoit l'ampleur de ce que tout cela peut représenter. Il n'en sait rien dans le concret, mais il ressent le manque qui habite le pasteur. À quel point il en a envie, et peut-être que le terme besoin convient encore mieux. « Comment tu fais pour être aussi attirant…? Pourquoi… c’est aussi bon… » Ce genre de remarque peut difficilement faire autre chose que l'encourager et faire taire les questions qu'il se pose au coin de l'esprit. Certes, Stephen n'est pas le genre d'homme à s'éterniser dans des questionnements existentiels quand il peut seulement passer un très bon moment, mais il est doté d'assez de sensibilité pour faire la différence entre un habitué rencontré dans un bar qui sait exactement à quel jeu il joue et cet homme qui le touche si profondément qu'il ne sait pas vraiment pourquoi, et qui n'a tout simplement jamais vécu ce genre de moment. Il a presque envie de répondre aux questions que lui posent Wayne. Il est attirant parce que lui, Wayne, ne s'est jamais autorisé à regarder de ce côté de la clôture, là où il appartient vraiment ! Stephen ne peut pas même s'imaginer s'il lui avait fallu coucher avec une ou des femmes pendant des années combien la possibilité d'avoir à sa disposition un homme le rendrait dingue. Pourquoi c'est si bon ? Pour la même raison ! Il espère au moins que Wayne le réalise, il doit être suffisamment intelligent pour ça malgré toutes les raisons qui l'ont poussé à se mentir aussi longtemps et pire, à mentir à son entourage et à une femme qu'il a prise pour épouse. Stephen ignore si c'est plus que ça, s'il est seulement tombé au bon moment sur le chemin de Wayne ou si c'est une sorte de rencontre qui devait avoir lieu. Il ne croit pas vraiment au hasard, mais cette rencontre ne le fait pas se sentir de la même façon que de coutume.

Il l'embrasse, le caresse, se laisse toucher au rythme qui plait à Wayne et ce rythme se veut largement plus effréné que prévu. Lorsque la tête du jeune homme quitte son cou, il ressent une légère douleur, comme un pincement, et cela lui tire un sourire moqueur un instant. « Tu veux faire des jaloux ? Ça me plait bien. » murmure-t-il, mais aussitôt ces mots prononcés, il les regrette un peu. Il doute que cela soit intéressant pour quiconque de faire allusion au fait qu'il a de nombreux amants. Avec d'autres, cela peut être excitant. Avec Wayne, c'est différent parce que tout l'est. Il a beau être tenancier de bar, Stephen ne s'exhibe pas un peu partout avec des suçons dans le cou laissés gracieusement par l'un ou l'autre de ses amants ! En fait, ceux-ci n'en laissent pas, sans doute parce qu'il va en quelque sorte de paire avec l'amour libre de ne pas laisser de traces ! Mais il lui importe de ne pas faire le moindre reproche à Wayne, il se doute que c'était maladroit. Il le rassure d'un autre baiser langoureux. Ses mains habiles ne se reposent jamais, continuent toujours leur exploration de son corps. Comment se sont-ils retrouvés si rapidement si peu vêtus ? Ça ne lui a pas paru être si rapide, mais à l'écouter s'inquiéter, il réalise que c'est le cas. « Je sais même pas comment… » Stephen plonge son regard dans le sien, comme pour lui insuffler une confiance qu'il lui accorde. Ce n'est pas grave de ne pas être expert dès la première fois, puis il voit bien que Wayne s'en fait beaucoup trop. Le sexe n'est pas question de performance et parfois pas même d'expérience. Certains amants sont horribles malgré leur expérience parce qu'ils ne savent pas être à l'écoute, d'autres s'avèrent délicieusement agréables rien que de par leur capacité à partager quelque chose, à se connecter à l'autre. C'est d'abord et avant tout un échange. L'apprentissage de la sexualité entre deux êtres peut être de loin plus savoureuse que l'exhibition de performances. « C’est bien comme ça…? » Évidemment que c'est bien. Le seul contact de son corps... De ses mains... Stephen revient un peu à la réalité à l'entendre lui demander, parce qu'il est difficile de ne pas se perdre dans ses fantasmes. Toutes ces images qui lui traversent l'esprit ! Combien il a envie de le prendre, maintenant, tout de suite. Combien il a envie que les mains de Wayne ne s'arrêtent pas, même qu'elles se montrent encore plus curieuses. D'ailleurs, il sent l'hésitation de Wayne à plus. Son regard regagne le sien, comme pour le sonder et avoir l'heure juste. Bon dieu qu'il a envie qu'il continue, mais une autre envie le gagne encore plus férocement.

Stephen attrape délicatement les mains de Wayne, occupées à explorer et à hésiter d'à quel point explorer, pour les arrêter. Il lui aurait peut-être enlever ce qu'il lui reste de vêtement dans le but de continuer. Ça aurait sans doute été bon, quoi qu'en pense Wayne. « Le sexe, ou l'amour... » Qu'est-ce qu'il y connait à l'amour ? À vrai dire peu de choses, sur ce plan il est peut-être aussi novice que Wayne, mais il a toujours prôné que le sexe bien fait ressemble assez à l'amour sans la partie de l'exclusivité ou de l'engagement sur le long terme. Un bon amant est celui qu vous aime passionnément, vous et rien que vous, au moins le temps qu'il s'allonge avec vous. « C'est pas des gestes pas précis ou un résultat précis... C'est une danse à deux, qui s'invente du début à la fin. Il n'y a pas de règles et c'est pour ça que c'est bien. » De la façon qu'ils sont positionnés, il y a cette curieuse impression de valser oui. Il le regarde durant quelques secondes. Ça lui semblait avoir un sens précis, et surtout se vouloir rassurant et chaleureux, mais il se rend compte qu'il n'est plus exactement certain de ce qu'il voulait lui dire par là. Il sourit toujours un peu, juste un peu et en coin, tout simplement parce que Wayne est bel homme et qu'il ne le sait probablement même pas. Stephen semble réfléchir, mais pas longtemps.

« Laisse moi te montrer... » Il se penche vers lui légèrement, une main allant se loger sur son torse doucement. Il l'embrasse d'abord sur les lèvres, mais un baiser léger et rapide, doux, avant de descendre dans son cou. Il prend seulement le temps de lui murmurer « ...Ce sera notre secret. » sur un ton irrévocablement moqueur qui se veut absolument une allusion à la marque que lui-même lui a fait. Stephen n'en laissera pas, il sait que Wayne paniquerait à mort à cause de sa femme. C'est étrange comme sensation. De vouloir que chaque soupir, chaque frémissement de son corps, lui soient destiné et rien qu'à lui. De se sentir presque possessif. De vouloir lui ouvrir tout un monde qu'il ne connait pas et de le partager avec lui. Ses baisers descendent en une ligne assez précise et lui se retrouve bientôt à genoux. À son tour de glisser les doigts sur les rebords du dernier tissu couvrant Wayne, levant à peine les yeux pour observer sa réaction. Il titille son ventre de baisers, tandis que ses mains s'efforcent de caresser amplement sa peau. Il aurait hésiter peut-être à y aller de ce genre de plaisir plus tôt, mais il sent le corps de Wayne prêt à le recevoir. Si Wayne flanche, il y a toujours le lit.

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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Mer 24 Juin - 6:00

Je ne suis pas aussi idiot que ce que mon appréhension de la situation laisse prétendre. J’ai toujours su que mon attirance pour ma femme était limitée par le fait qu’au courant de toute ma vie d’adolescent, mon regard n’avait jamais été détourné de son chemin par les courbes voluptueuses d’une femme. J’avais toujours eu une volonté plus grande de voir mes mains se perdre sur le corps d’un homme. Je devais être dans la rare catégorie d’homme que l’optique d’avoir une nuit de noce avait angoissé avec plus de force que la noce en tant que tel. Et dès notre première fois, faire l’amour avait ressemblé à une tâche insurmontable qui me demandait des efforts monstres à chaque fois. J’en étais très honnêtement à me demander comment nous avions fait pour faire un enfant et faire trois fausses-couches avant. J’avais vraiment été jusqu’à me sacrifier à ce point-là? Combien de fois m’étais-je demandé comment les gens faisaient pour avoir deux ou trois enfants? C’était tellement une tâche qui était pénible que de céder à la volonté de ma femme de le faire.

Mais voilà que ces gestes répétés milles et une fois dans l’intimité de la chambre conjugale prenait un autre sens. Stephen visait juste… j’en avais besoin. Ma vie était régie toute entière par des notions d’autocontrôle qui étaient essentielle. Huit mois d’abstinence non pas volontaire mais forcée par mon corps qui n’était simplement pas capable de s’abandonner aux bras de ma femme. Le désir que j’avais trouvé le moyen de feindre pendant autant d’années n’était pas maquillé cette fois-ci. C’était un plaisir honnête que je découvrais depuis le début de ma vie. Loin d’être con, je savais que les gestes de Stephen n’étaient pas si différents de ceux que ma femme avait tenté de poser sur un soldat résolument endormi hier. La réaction quasi-viscérale que mon corps avait à la tendresse de la caresse de ce premier amant était le résultat d’un étrange cumul de facteur dont les deux principaux étaient sans étonnement sa masculinité mélangée avec son homosexualité. Je me surprenais devant la force des mains à pousser des gémissements de plaisir honnête – on était loin des quelques rares sons que j’avais trouvé le moyen d’émettre au courant des dernières années dans la chambre. Sans que j’aie besoin de le dire, il savait et comprenait ce dont j’avais besoin. C’était étrange comme situation pour moi qui n’avait jamais eu aucun plaisir de combler.

Discret, j’avais toujours étouffé les sons sans avoir besoin de les émettre. Mes lèvres glissaient sur sa peau. Mes mains papillonnaient. Mon esprit bouillait sans cesse. Ses bras étaient bons et rassurants. J’avais beau ne pas le connaître… en sachant un de mes plus sombres secrets, cette envie dévorante à laquelle je cédais d’un coup sec. Si ma première fois avec ma femme m’avait laissé un goût étrange et amer, je me découvrais à aimer le goût salé de la peau de l’homme qui se trouvait devant moi. Si j’étais en mesure de citer en intégral de long passage de la bible, les connaissances de luxure dont Stephen me faisait part m’étaient profondément étrangère. Mes lèvres se décollèrent de la base de son cou après s’y être attardé peut-être un peu trop longtemps. « Tu veux faire des jaloux ? Ça me plait bien. », me déclara-t-il. Et je ne réalisais pas que mon baiser qui avait surtout pour but de me faire taire l’espace d’un instant avait laissé une marque. Faire des jaloux alors? Pourquoi? Personne ne saurait. Ce serait notre petit secret – même si l’idée d’aborder mon homosexualité de cette manière me ramenait à l’horreur que l’on évoquait parfois dans les médias de prêtres coupables de crimes bien plus grave qu’un abandon momentanée entre deux adultes consentants. Il n’allait quand même pas aller s’en vanter après tout… non? Ça aurait été idiot de se vanter d’avoir couché avec un homme marié et hétérosexuel – du moins en apparence et puis… de toute façon, la vague de plaisir qui m’entrainait par la suite était si vraie et si pure que je ne savais comment réagir.

« Le sexe, ou l'amour... C'est pas des gestes pas précis ou un résultat précis... C'est une danse à deux, qui s'invente du début à la fin. Il n'y a pas de règles et c'est pour ça que c'est bien. » Je n’ose pas lui expliquer que les danses que je connais moi sont régies par des codes strictes. On ne danse pas la valse sans avoir des règles qui sont claires. Mais pour une rare fois, je me tais incapable de dire cette connerie qui me traversait la tête à toute vitesse. Ses lèvres sont délicates et me parcourent avec lenteur. Les laisser explorer ma peau ne me donne pas ce curieux sentiment que les échanges avec ma femme ont comme couleur. Ça tombe de sens et j’ai presque de la misère à garder mon poids sur mes jambes pendant qu’il s’adonne à son petit manège sur ma peau. « Laisse-moi te montrer... » dit-il. Sa main sur mon torse me fait pratiquement défaillir. Juste le fait de savoir ses doigts si près de mon cœur. Ses lèvres qui font leur curieuses se glissent dans mon cou avant de murmurer « … ce sera notre secret ». Mais je ne comprends pas la moquerie que je perçois dans sa voix. Pourquoi est-il moqueur? La question se pose sur mon esprit un instant à peine. Elle est vite éclipsée par la sensation que ses baisers réveillent le long de mon corps.

Pour moi, la situation n’en est que plus étrange que l’acte n’a jamais été fait de telle façon. Debout, avec lui, qui s’agenouille devant moi. On est bien loin du missionnaire effectué dans le noir la chambre. Bien loin d’une mission à des fins de reproduction entre un homme et une femme. Pourtant, la vision qu’il m’offre lorsqu’il relève ses yeux me demandant comme une permission de faire céder le dernier pan de tissus qui retient l’acte de devenir purement et simplement indécent est tout bonnement divine. C’est mon corps entier qui ne sait comment réagir face aux baiser insistants. Mes jambes fondent d’un coup sec lorsque mon intimité et sa bouche ne font plus qu’un.  Elles cèdent sous cette unité qui est trop à gérer pour mon cerveau embrouillé par ce désir qui est ressenti pour la toute première fois de sa courte vie. Mes doigts passent en vitesse sur mes yeux comme dans l’espoir de s’assurer que je suis capable de comprendre ce qui se passe. Je ne suis plus que gémissement. Et je m’étonne moi-même de l’instinct qui se déploie dans mes muscles qui cèdent à la tentation alors que l’unité entre nos corps se déploie. Mains blotties dans ses cheveux, je laisse échappé un petit : « Oh… mon dieu… continue… ». C’est une perle de plaisir à l’état pur. Du bonheur qui m’étouffe tout entier et qui se transcrit d’une caresse, d’un baiser, d’une douceur. Combien de temps dure cette partie de la valse? Je l’ignore… Sauf qu’une espèce de sentiment dévorant que je n’arriverais pas à nécessairement retenir le plaisir qui m’envahissait par vague de plus en plus constante aux rythmes de ses mouvements : « Attends… je… » gronde-je le souffle complètement déréglé par les caresses de ses lèvres. Dévorant, hypnotisant… Je retiens péniblement ce que mon corps ne peut se retenir lui. Les lèvres à demie-mordues, j’articule son prénom péniblement alors que je sais que j’ai franchi le point de non-retour.

Pour la première fois de ma vie, l’explosion qui me parcoure est entière et authentique. Un plaisir savoureux et honnête qui m’envahit de la tête aux pieds alors que je vois des étoiles et ne touche plus au sol. Absent mais présent. Heureux et satisfait. Ironiquement, je ne sais comment lui rendre l’appareil de cette première extase en plus de trente ans de vie. Je le remonte et c’est sans gène que ma main glisse contre son corps pour faire descendre son caleçon. Il a basculé avec moi sur le lit et je me retrouve à descendre à mon tour pour le combler. La texture et la saveur me sont étrangères. Je préférerais qu’il guide la danse, qu’en un geste, il me confirme ou m’infirme que les gestes que je pose sont les bons, que le plaisir que mes lèvres maladroites veulent lui arracher est aussi bon que ce que j’espère lui donner
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Mar 30 Juin - 5:57

Quel plaisir de donner. Et s'appliquer pour donner à Wayne revêt une toute autre signification. Ça lui procure un agréable sentiment de fierté et d'accomplissement. Même si bien des gens plaisantent souvent sur le fait que Stephen est un grand défenseur des droits de la communauté homosexuelle, la vérité est plutôt qu'en dehors d'avoir ouvert un établissement qui se veut un lieu privilégié d'appartenance pour ceux et celles qui préfèrent le même sexe, il ne s'est jamais réellement impliqué dans de grandes causes. Stephen est un homme généreux, mais à quelque part, il est aussi quelqu'un qui pense énormément à lui. De façon assez paradoxale, il semblerait que le cas de Wayne rencontre parfaitement cette volonté propre à sa personnalité de faire une différence, mais de le faire à une échelle plus humaine. Il n'a pas envie d'être le sauveur de grande cause ou d'être reconnu pour quoi que ce soit. Il a juste envie d'être responsable d'un bon moment passé, mieux encore du meilleur moment jamais passé. C'est ce qu'il a vaguement en tête à lui offrir cela, et ça le motive d'autant plus. C'est à la fois une grande douceur, mais une précision toute droit venue de l'expérience qu'il a. Sa capacité à écouter lui fait rapidement découvrir ce qu'il préfère et à quel rythme ou intensité. « Oh… mon dieu… continue… » Wayne n'a pas la moindre idée du plaisir qu'il lui fait à admettre ses craintes vaincues au moins dans l'instant. Il y a à peine une heure, il n'aurait tout simplement pas cru tout ceci possible et c'est à présent la grande extase. La seule chose qui lui importe, c'est qu'il aime assez cela pour ne plus en douter. Ce serait une victoire immense. « Attends… je… » Il n'y a pas pire à faire pour inciter Stephen à conclure. Loin d'attendre quoi que ce soit - de toute façon, ce n'est pas comme si Wayne le demandait avec beaucoup de conviction -, il l'écoute murmurer son nom, ou alors crier ? En quelque sorte, ses sens ne se concentrent que sur ses réactions physiques pour ne rien en manquer.

Sensation du vainqueur, du plus fort. C'est avec une satisfaction suprême que Stephen se laisse retomber légèrement sur le lit, le souffle légèrement coupé lui-même. Il l'admire, comblé par sa présence et sa chaleur à ses côtés. Il a envie de continuer à toucher sa peau du bout des doigts, ne cachant nullement les envies qui le traversent depuis le tout début, mais qu'il réfrène par conscience de toute la nouveauté que ça représente pour lui. Il ne voulait pas lui faire peur, il ne le veut toujours pas même si les choses ont déjà été largement plus loin que tout ce qu'il aurait pu s'imaginer. En quelque sorte, il s'attend à l'accueillir dans ses bras et à profiter de cette intimité encore un peu en silence, ou alors à se glisser quelques mots, à échanger sur ce qui lui plaira. Il ne l'a pas embrassé, certains détestent cela ensuite et il est soucieux de ne pas imposer ses préférences ou ses envies propres. La simplicité de leur danse lui plait, cela vient d'une façon si naturelle qu'il ne peut qu'en être le premier étonné. Mais lorsque Wayne glisse ses mains sur son corps pour le découvrir, il l'observe avec curiosité. Alors, Wayne n'en a pas eu assez ? Ce n'est pas un sourire moqueur qui le gagne, ce n'est que profonde curiosité, car il ne lui demandait rien du tout en retour. « Tu n'es pas obligé de.. » Il est surpris de le voir prendre autant d'initiative. Pas seulement surpris. Ça l'excite. Inutile de le préciser, l'imprévisible a quelque chose d'encore plus attrayant. Ses yeux ne le quittent pas, toujours aussi attentif de la moindre réaction. Un peu plus tôt, il avait cessé les mains baladeuses du jeune homme pour lui éviter d'avoir à se sentir forcé de faire quoi que ce soit. La dernière chose qu'il veut, c'est que Wayne se sente contraint de se montrer performant, le sexe à ses yeux est tellement autre chose que de la performance ou même que de l'expérience. Mais comment lui refuser cela à présent ? Et surtout, comme se refuser cela ? Il ne peut pas, son corps s'oppose violemment à tout refus en exigeant la suite. Il reste calmement et silencieux à le regarder faire, en quelque touché par sa douceur et le brin de nervosité qu'il desselle dans ses mouvements et dans ses yeux.

C'est d'abord un peu maladroit, un chatouillement. Mais ce n'est pas moins agréable pour autant, ça le force à fermer les yeux et à oublier cet espèce de rôle qu'il veut jouer depuis le début, celui du meneur ou du professeur en quelque sorte. Il ne veut pas laisser Wayne à lui-même, mais celui-ci se débrouille plus que bien. L'avantage sans doute d'être lui-même un homme. Il ne lui faut que lui rappeler en deux mots de faire attention aux dents, la nervosité se sent parfois de la mauvaise façon, mais tout ça est bien loin de la catastrophe ! C'est à vrai dire sans même y penser qu'il le guide, plus souvent par la positive que la négative. Il a toujours été à l'aise de s'exprimer sur ces choses et d'ailleurs, nul besoin de bien des mots quand les gémissements ou les longs soupirs évocateurs suffisent à tout dire. La facilité avec laquelle Stephen s'abandonne est acquise depuis longtemps, mais elle a quelque chose d'encore plus particulière avec Wayne. Tout de ce qui se passe entre eux est on ne peut plus particulier. Alors que cela pourrait être étrange de lui montrer, il le fait tout de même sans trop de mal et ils ont besoin de peu pour se comprendre, lui indiquant qu'il peut en faire plus, moins, ce qui lui plait le plus.

« Arrête... Je vais... » lâche-t-il après un moment, plus ou moins long, preuve toute faite que Wayne se débrouille plus que bien au final. Il s'arrête au bon moment, et Stephen reste ainsi yeux clos à reprendre doucement sa respiration, tandis que le jeune homme tombe à ses côtés sur les draps. Il préférait lui éviter d'être surpris par la suite, ce n'est pas tout le monde qui aime ne pas être prévenu. Après quelques instants, il tourne la tête dans sa direction. Tout semble difficile à remettre en perspective. Tout ceci... est beaucoup, et à la fois peu en comparaison avec ce dont il a l'habitude. Pourtant, il n'a pas la sensation d'être insatisfait. Certes, il en voudrait plus et bien plus. Certes, il lui faut un effort surhumain pour ne pas bondir sur le jeune homme à nouveau, mais il reste là à le contempler. « Je suis insatiable, frappe-moi si je ne te laisse pas tranquille... » murmure-t-il sur un ton qui se veut espiègle et doux. Fond de vérité dans ce qu'il dit, il est difficile pour lui de s'arrêter là. Il l'attire contre lui, bien déterminé à suivre cette résolution de ne plus lui en quémander plus malgré les envies qui l'habitent violemment.

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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Mer 1 Juil - 22:01

Plus. J’en voulais plus. Pour la première fois de ma vie, j’avais eu littéralement le souffle coupé par les gestes d’une autre personne sur mon corps. Et pour la toute première fois de ma vie, cette jouissance n’avait pas suffi à combler ma volonté. C’était une sensation tellement étrange que d’avoir faim de la peau et de la tendresse dont j’avais besoin. Un faim que j’avais en le sentant remonter le long de mon corps pour s’allonger à côté de moi. Pendant un instant, je ne pense plus à ma femme. Ma fille s’est envolée elle aussi. Loin de mes pensées. Il n’y a que cette opprimante volonté de combler ce désir. J’ai autant envie d’aller me caler dans ses bras que de voir si le fait de lui faire plaisir me fera autant plaisir que ce qu’il m’avait donné pendant l’espace d’un instant. Le corps par-dessus les couvertures est une tentation que je n’ai jamais connu. Il est beau. Il est exposé. Il est à ma merci. Céder est trop facile.

Ma main qui court avec tendresse sur ton torse n’est pas assez pour me permettre de nourrir celui qui était en train de se mourir de faim sans le réaliser. Je me surprends moi-même pendant un moment à n’avoir aucune arrière-pensée religieuse ou autre en cédant à cette dévorante envie. La curiosité que le rapprochement a créée ressent le besoin d’être comblée. Visiblement surpris, l’homme insiste « Tu n’es pas obligé de… » Mais pour la première fois de ma vie, cette danse, je ne la fais pas parce que je ressens une quelconque obligatoire. Je veux l’explorer de cette manière, j’en ai besoin. Mes mains tremblent non pas de nervosité mais de désir. Je lui lance un tout petit regard en biais : « Je veux… » murmure-je doucement. C’est la première fois que ma vie que je veux le faire pas que je dois…

Délicatement, je glisse jusqu’à pouvoir le combler. Parce qu’aussi maladroit que peut me sembler mon approche, elle semblait bien lui plaire alors que je m’abandonnais doucement à cette tendre étreinte à un homme. Combien de fois suis-je resté indifférent aux sensations que j’étais sensé ressentir lorsque ma femme s’était livrée à ce genre d’acte? Combien de fois ai-je souhaité connaître le plaisir réel pendant les échanges avec Emma? Combien de fois m’étais-je demandé si c’était normal que son corps déformé par le plaisir ne m’évoquait absolument rien? Est-ce que c’était le cas pour tous? Définitivement que ce n’était pas le cas. Parce que chaque son fait naitre en moi une volonté de faire encore mieux. Un baiser, une caresse, une sensation toute inconnue qui m’envahit au fur et à mesure que je trouvais le contact de sa peau pour combler ma volonté de ne faire plus qu’un avec lui. Cette sensation d’intimité et de tendresse qui nait dans mes entrailles ne veut pas partir. Je veux juste que ça reste encore et toujours aussi bon. Je me surprends pour la toute première fois à ressentir une satisfaction à entendre des petits soupires bien placés dans cette danse à deux qui n’a rien de calculer ou de froide. J’ai du… plaisir? Et ça me fait tellement de bien que je me fige lorsque je l’entends, le souffle entrecoupé dire : « Arrête... Je vais... ». Je me reconnecte un peu avec lui entièrement. Son corps est tendu et je le sens si troublé.

Devant l’acte accompli, je remonte tendrement et je me laisse tombé à plat ventre à son côté. Les yeux fermés. Repu. Pour la toute première fois, je n’ai pas eu la sensation de ne pas être bien ou que quelque chose cloche dans l’acte que nous venons de faire. Avec ma femme pourtant, quand on retombe dans le lit tous deux après avoir fini notre besogne, j’ai toujours cette pensée que ce n’était pas ce que je voulais dans une relation. Ici, même si je ne suis pas le dernier à avoir atteint ce qui m’avait toujours semblé être l’inaccessible extase, j’ai besoin de prendre mon souffle à mon tour.

Mon regard se tourne vers lui. C’est à la dérobée que je le regarde. Je recommencerais en partie. Moi qui n’ai jamais ressenti de désir… je le referais. Encore. Et encore. Et encore. Je voudrais que ça soit ma réalité pour toujours. Sauf que je sais au fin fond de moi que je devrais renoncer à beaucoup trop de choses pour faire une telle chose : Il est doux et espiègle lorsqu’il me dit doucement : « Je suis insatiable, frappe-moi si je ne te laisse pas tranquille... » Mais je n’ai pas envie de le frapper. Insatiable. Ça semble être le bon mot pour moi aussi. L’idée me vient assez rapidement en tête que je ne peux me le permettre. Plutôt que de le taper, je me colle sur lui en cherchant encore cette proximité physique alors qu’elle ne vient que de se rompre quelque secondes plutôt. Mes lèvres vont doucement chercher les siennes. Et l’idée que sa salive goute sans doute comme moi et la mienne a probablement son goût me passe à des kilomètres de la tête : J’hésite pendant un tout petit instant avant de murmurer un « J’avais jamais ressenti un truc comme ça… tu sais… je te comprends d’être… insatiable. ». Pendant un tout petit instant, je me surprend à être assez transparent pour l’admettre. Je n’avais jamais pris mon pied au lit avant. Je sens mes yeux se brouiller de larmes.

Ça prend un moment que la réalité s’enfonce dans ma tête. Ma femme. Ce soir, je devrais dormir couché contre ma femme. Toute à l’heure, je devrais la regarder dans les yeux et lui inventer un mensonge. Je ne peux pas admettre ce que j’ai fait aujourd’hui. Je ne peux pas lui avouer le plaisir que j’ai pris alors qu’elle croit sans doute avoir bien fait toutes ses années pour que nous soyons un couple parfait sur toutes les sphères de nos vies. Qu’est-ce que je venais de faire?
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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Mer 8 Juil - 23:31

Difficilement vraiment de comprendre ce qui a pu se passer de si différent. Les gestes sont les mêmes. C'était même trop bref à son goût, selon ses habitudes. Mais les habitudes justement, elles semblent être parties bien loin, il n'en reste plus rien. Rien que ce moment spécial et marquant jusqu'au fond des tripes. Il est là, le regard un peu perdu dans le vide ou les yeux clos, à se demander si c'est le plaisir qui a été différent ou la personne avec qui le partager. Ou alors, l'importance que ça a, le fait que ce soit nouveau pour Wayne, c'est peut-être ceci qui le touche plus que de coutume. Il se sent enveloppé d'une douceur toute nouvelle et sublime, complètement apaisé et étranger au monde ordinaire avec tous ses tracas. Il est bien. Et ce besoin incessant qui l'habite de chercher satisfaction dans les bras d'un autre semble se taire, il ne décode plus de signal de cette provenance parce qu'il est repu. Et pourtant à la fois tellement désireux de plus, ce n'est pas pour rien qu'il a mis Wayne en garde à ce sujet. Comme il aurait aimé que ce dernier réclame plus ! Sauf qu'en restant ainsi silencieux et en cherchant un certain confort dans leur étreinte, il comprend que ce ne sera pas le cas aujourd'hui. « J’avais jamais ressenti un truc comme ça… tu sais… je te comprends d’être… insatiable. » Cette simple phrase le laisse songeur. À la fois heureux d'avoir été celui qui lui a offert cette première fois, ce premier émoi au masculin, à la fois gonflé d'une certaine fierté qui donne presque dans l'orgueil. Il a envie de lui en montrer davantage, ceci n'est que la pointe de l'iceberg. À la fois perturbé parce qu'il a bien l'impression au fond de tout que Wayne lui en a appris également, même s'il est bien difficile de définir ce qu'il a bien pu lui apprendre qu'il ne connaissait pas déjà. Ça ne relève pas de la sexualité en elle-même, c'est dans sa façon d'être et de réagir ou d'apprécier. Il n'aime pas le ton qu'emploie Wayne ou alors la simple utilisation du passé dans ses propos. Pour lui, c'est tellement loin d'être terminé. Même la proximité physique et les baisers qui sont de l'initiative de Wayne ne sont pas suffisants pour le satisfaire, mais il ignore ce qu'il lui manque vraiment pour se sentir pleinement heureux.

De l'inquiétude. C'est ce qui le gagne beaucoup plus rapidement que prévu, et son regard se voile pour devenir assez sombre. Ce n'est pas vraiment dans ses habitudes d'arborer ce genre d'expression, mais Wayne n'en sait rien de toute façon. Ce n'est pas comme s'ils se connaissaient depuis très longtemps. Ce n'est pas comme s'ils avaient l'intention de poursuivre ceci dans le temps ni même un autre fois. Stephen ne s'est jamais soucié, pas une seconde, de questionner ses amants sur la suite. Si cela s'avère naturel de répéter l'expérience, alors c'est tant mieux et ce sera une prochaine soirée appétissante en vue. Si pas, il y aura d'autres hommes pour l'émouvoir ! Pourquoi se pose-t-il donc la question à présent ? Il ne comprend pas pourquoi ça lui importe de savoir si Wayne va s'enfuir pour l'éternité ou si ça lui a plu suffisamment pour qu'il envisage de renouveler l'expérience. Pour peu, il y a presque une once de colère qui l'habitude, un fin mélange entre une sorte d'anxiété liée au fait de ne pas savoir et le mauvais sentiment que ce ne sera pas simple. Ça ne peut pas être simple. En temps normal, cela ne l'embête pas, mais tout est différent aussi agaçant cela peut être.

« Ce n'est pas obligé d'être la dernière fois. » C'est trop étrange, car Wayne n'a pas signifié clairement que ce le serait. Que Stephen lui sorte ça avec ce drôle d'air et ces yeux un peu sombres est étrange. Il a au bout des lèvres la confession d'en avoir envie, voire besoin. Pourtant, Stephen est largement moins habile avec ce genre de sujet de conversation qu'avec ses mains ou sa bouche. « J'ai envie que ce ne soit pas la dernière fois. Cette envie que j'ai de toi ne va pas se taire de si tôt. » Il essaie de parler doucement, de ne pas avoir l'air complètement obsédé par le sexe non plus. Le pire, c'est qu'il ne parle pas forcément de ça. Il a envie de la présence de Wayne, et il y a un tas de choses qu'ils pourraient faire tous les deux qui ne fait pas partie du répertoire sexuel que Stephen voudrait bien lui apprendre. En y pensant toutefois, il se rappelle qu'il le détesterait probablement assez rapidement pour ses réserves pour environ tout ce qui existe. Qui veut d'un amant, ou peu importe le nom mais en tout cas quelque chose d'un peu plus qu'une expérience menée dans la chambre à coucher alors qu'ils auraient dû juste prendre le thé, si c'est pour devoir éternellement se cacher des regards du monde entier ? Il y a longtemps que Stephen ne se cache plus d'aimer qui il veut. Même si le terme 'aimer' a davantage pris le sens de 'baiser' dans 100% des cas.

Ses yeux se laissent attirer par son corps, qui est tout simplement magnifique. Stephen se retourne lentement sur le côté, s'appuyant sur sa main d'une part, et autorisant l'autre à aller le toucher. Son torse, d'abord du bout des doigts, avec ce même regard plein d'envie mais aussi de retenue. Sa main se balade, caresse son dos jusqu'à lui tirer sans doute un frisson ou un chatouille, puis ses fesses. Cet homme le trouble. Et cet homme finira par l'exaspérer, il le sent. C'est simple, non ? De se laisser aller, d'explorer, de goûter, de vivre ! Pourquoi a-t-il l'impression que Wayne va recommencer à s'en faire aussitôt qu'il descendra ne serait-ce qu'un peu du nuage sur lequel ils sont tous les deux monté de façon tout à fait consentante ?

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MessageSujet: Re: Take heart [PV Stephen] Jeu 23 Juil - 3:09

Le silence qui s’installe entre nous deux est si différent du silence que je ressens dans le domicile familial. Il est marqué d’une tension qui n’est pas complètement disparu après la jouissance. J’ai beau vouloir rester dans cet instant présent si délectable, mon cerveau ne peut s’empêcher de dévier allégrement vers celle avec qui je devrais partager des moments d’intimité comme celui-ci : ma femme. Mon regard se porte une nouvelle fois vers le corps dénudé de Stephen – comme un aimant, il m’attirait avec une force qui n’avait que très peu en commun. Si j’étais capable de rationnaliser l’attirance que j’avais pour son corps, j’étais incapable de m’expliquer pourquoi je n’arrivais pas à retirer mes mains de son corps. Peut-être le fait que je suis en mesure de sentir la chaleur de son corps… mais combien de fois après l’acte ma femme est venue se blottir dans mes bras et qu’aucune pensée n’a traversé mon esprit? Trop souvent. Le parallèle que je fais entre mon mariage – cette relation qui se veut juste et conforme au plan qui a été très clairement établi sans mon consentement – et cette relation-ci quel qu’en soit la nature m’énerve et me fait peur. C’est ce que je réalise dans le criant silence qui n’est marqué que par le son de nos deux respirations : le fait que je me sens bien dans ses bras et que pour la première fois dans ma vie me blottir dans les bras de l’amant que j’ai eu ne me semble pas étrange me fait quand même un effet étrange.

Faudrait-il parler?
Rompre le silence?

Ce qui venait de se produire entre ses murs me semblait d’une importance capitale pour l’évolution de ma vie. Est-ce que cela compromettait mon placard? Je ne venais ici que pour prendre le thé. Sans aucune arrière-pensée. Ouvertement, je l’avais su : un jour ou l’autre, je tromperais ma femme. Si j’étais cliniquement incapable d’admettre l’homosexualité comme étant un pécher, l’infidélité était autre chose. Elle était mal. Même si inévitable. Même si essentielle à ma survie. Et même si je voulais admettre que c’était une erreur à voix haute, je ne trouvais pas les mots pour en parler à Stephen. Pourtant… erreur ne me semble pas appliqué. C’était trop bon pour être une erreur. Trop vrai. Trop pur. Sauf que c’est mal. Je le sais, profondément en moi. Il s’agit de tromper celle à qui j’ai juré fidélité. Un sermon inviolable. Et je l’avais trouvé belle, presque désirable, dans sa robe blanche. À voir son regard, on aurait dit que je lui offrais le paradis sur terre. Et je venais de briser cette promesse… parce que même vêtu, le corps de Stephen m’avait offert plus d’envie que ce que j’avais pu ressentir dans une vie entière.

« Ce n'est pas obligé d'être la dernière fois. », affirme-t-il me ramenant brusquement sur terre, détruisant du même coup le silence rassurant. C’est une angoisse qui nait dans mes tripes à cet instant. Ce n’est pas obligé d’être la dernière fois… mais ça doit l’être. Le dilemme se détaille tout entier devant moi : j’ai l’image claire d’une double vie qui se dessine devant moi : une vie de famille parfaite de jour comme celle que mon père voulait pour moi avec une épouse aimante à la maison et une fille qui grandira dans un milieu conservateur en se faisant inculquer les bonnes valeurs et une vie de mensonge de soir. Il y a du désir dans sa voix. Et un désir qui ne me rend pas indifférent. Comment pourrais-je l’être? Sauf que je sens mon regard se troubler : J’ai conscience que j’ai beaucoup à perdre en lui disant que ce n’est pas obligé en effet. J’ai mis beaucoup d’année à construire ce que j’ai et j’aime ce que j’ai bâti. J’aime ma fille. En un certain sens j’aime ma femme. J’aime ma communauté. J’aime mon métier – qui de loin dépasse la messe dominicale.

Il n’a pas le droit de venir dans ma tête pour foutre la pagaille et pourtant, il ne se gêne pas. Je veux à la fois me blottir contre lui et m’enfuir lorsque je l’entends déclarer : « J'ai envie que ce ne soit pas la dernière fois. Cette envie que j'ai de toi ne va pas se taire de si tôt. » et je me découvre, adolescent de quinze ans, qui frisonne sous les mots. Il ne comprend pas probablement l’impact que ça l’a dans ma tête. Ça vise sans doute à me rassurer, mais ça ne comble pas son objectif. Pas plus que sa main baladeuse qui se promène sur mon torse alors que l’autre descend vers ma raie. C’est si difficile de penser avec ses mains qui se livrent à un ballet sur mon corps. Si pénible de penser qu’il faut que j’arrive à formuler une pensée claire : « Je… n’ai jamais dit… que… je… voulais pas…» m’entendis-je dire d’une voix plus tendue de désir que ce que j’aurais voulu. Céder encore et encore semble si facile. Mais ma main gauche qui remonte sur son torse pour le plaquer contre le lit attire mon attention : mon alliance. Sobre. Doré. Celle de ma femme est astiquée : la mienne commence à se ternir après les années de mariage. Je l’entretiens elle. Pas la preuve que tout le monde ne peut voir de notre union.

C’est la vue de mon alliance qui achève de me faire paniquer. Ça remonte lentement dans ma tête comme une petite bulle. Ce n’est pas une image de ma femme qui remonte. Indirectement c’est une image d’elle. Elle après la guerre qu’avait représentée la grossesse qui nous avait menés à tenir le petit corps chaud de Daisy contre nous. Je serais capable de me passer d’être le conjoint d’Emma Donovan. Mais dès le premier instant où j’avais vu Daisy… j’avais su que je serais incapable de m’empêcher d’être le père de ma fille. Ce que je crains, c’est que ma femme me l’enlève en l’apprenant. Mon père ferait pire encore que de me priver de ma petite fille. Mon regard se voile et je le repousse en mettant une distance qui me semble inhumaine entre nous. C’est mon esprit rationnel qui domine dans cet échange. Non pas mon corps. Mon corps lui resterait blotti dans les bras de Stephen et céderait à la tentation encore un millier de fois avant d’admettre que ce n’est pas ce qu’il faut faire. Je m’assied au bord du lit en murmurant un : « Pardon… » mais au début je n’arrive pas à trouver ce que je veux me faire pardonner. Pardon pour le plaisir que tu m’as fait ressentir ne me semble pas être la bonne chose. Mais pardon pour le faux espoir que je t’ai donné me semble plus appliqué. L’adolescent de quinze ans qui bouille de désir ne peut exister dans un monde où j’ai une fille et une femme. Lui qui a été rabouté si longtemps hurle à l’intérieur de ma tête que c’est injuste que personne ne le comble alors que je m’entends dire : « Pardon… je dois y aller… C’était une erreur… » Mes mains retrouvent mon pantalon sur le pied du lit à l’endroit où je l’ai abandonné en cédant. J’ai besoin de justifier pourtant ma fugue. Pourquoi est-ce que je juge bon de justifier mon départ? Ce n’est pas la preuve qu’il a foutu un peu plus de désastre dans mon univers que ce que je croyais? Je ne le regarde même pas en murmurant : « Ma femme… m’attend.» Je ne l’avoue pas… j’ai peur de revenir dans ses bras si je le regarde. C’est ma fille. Ma fille m’attend… ma femme, je m’en fous. Et puis, les larmes qui menacent de couler, je fais comme d’habitude et je les ravale doucement en m’orientant vers la sortie.
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