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Les pieds nus ça pue - Jenna Peterson et Alistair Albright

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MessageSujet: Les pieds nus ça pue - Jenna Peterson et Alistair Albright Dim 7 Juin - 10:42

Il faisait chaud ce jour-ci, et je n’avais envie de rien. Assez idiot de n’avoir rien à faire pour un jour de congés. Mais il fallait que je sorte, je ne pouvais plus supporter de rester dedans. Et j’avais plus de chances de me laisser rafraichir par un coup de vent à l’extérieur que dans ma chambre. Et puis dans tous les cas, j’aurai fini par saturer et péter un câble. Je laissais donc ma fenêtre ouverte pour aérer un maximum la pièce et tenter d’avoir une chambre fraîche pour trouver aisément le sommeil ce soir. Mais ce n’était pas gagné, c’était déjà la huitième nuit d’insomnies consécutives. Je dormais un peu, mais vraiment qu’un peu. Peu importait, j’enfilais un short, mes chaussures sans chaussettes, un débardeur et je filais en skate dans la rue, à la recherche d’un peu de frais.

En me laissant porter par mon instinct, je traversais des rues, me perdant dans d’autres. Je passais devant des épiceries, des établissements, des maisons, toutes sortes d’entreprises productrices de nourriture ou de simples objets du quotidien. Du made in USA qui allait changer du made in China ou made in Taïwan. Mais j’en avais un peu rien à foutre, tant que les prix étaient plaisants. Je continuais à rouler droit devant moi, passant sur les trottoirs quand les feux devenaient rouges, gueulant sur certaines personnes pour qu’ils dégagent de mon chemin, sans savoir vraiment où aller. Jusqu’à ce que je tombe sur ce panneau indicateur de direction qui pointait vers la forêt. En voilà un endroit rempli de fraîcheur.

Et là voilà qui finalement se dressait devant moi, la forêt, verte, abritant un air frais et des bruits que l’on ne retrouvait nulle part ailleurs dans la ville. Je descendais de ma planche à roulettes et m’avançais entre les arbres qui montaient à bien des mètres au dessus de moi. De l’ombre, du vent, ça faisait du bien. Je m’engouffrais un peu plus, et je voyais non loin de moi une blonde aux pieds nus, dans une robe lâche. Je l’avais déjà aperçue, une babos comme il y en a un peu partout. Je ne voulais pas extrapoler non plus, mais je ne pouvais pas m’en empêcher.

« - Hé toi, il y a plein de chinois et d’indiens qui sont en train de coudre des chaussures pour les exporter en Amérique, c’est pas pour rien ! »
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MessageSujet: Re: Les pieds nus ça pue - Jenna Peterson et Alistair Albright Lun 8 Juin - 19:11

Cheveux détachés. Vêtements lâches. Pieds nus.
Inspirer. Expirer. Yeux fermés.
Le vent joue avec tes cheveux, ta robe, et effleure chaque centimètre de ta peau. Tes pieds, eux, caressent la mousse humide sur laquelle tu t'appuies, tu ressens chaque gouttelette de rosée, chaque brin de mousse qui te chatouille la voûte plantaire. Tu sens la nature vivre, juste en la touchant. En l'écoutant. Le vent semble te murmurer une chanson, et tu apprécie chaque note de cette mélodie. Tu es seule dans la forêt et tu as perdu la notion du temps, mais tu n'en a rien à faire. Au contraire, c'était ce que tu recherchais. La maison Farnsworth est devenue trop triste pour toi. Trop de plaintes, trop de regrets, trop de pleurs. Tes efforts ne servent à rien. Le malheur persiste. Alors tu es venue chercher un peu de confort dans la forêt. Depuis ton adolescence, tu es devenue si proche de la nature que d'autres te traitent de folle, de bizarre, de perchée. Tu es catégorisée comme hippie, babacool, nomade. Mais pourquoi te faire rentrer dans une catégorie ? Personne n'a jamais essayé de te comprendre de toute façon. Enfin, tu ne leur en laisse jamais le temps. Une rencontre par ci, une rencontre par là, et tu disparais. Tu ne t'attaches pas. Et rien que le fait d'être à Magnolia et de vivre au sein d'une famille, d'y être depuis plusieurs mois, c'est un exploit. Tu ne sais pas pourquoi tu y restes, tu ne sais pas pourquoi tu ne fuis pas. L'idée t'a déjà traversé l'esprit. Mais il y a toujours quelque chose qui te retiens. Quelque chose d'inexplicable. C'est comme ça.

Alors te voilà. A chercher un peu de silence, de tranquilité, de paix. Au milieu d'une petite clairière peu après l'orée de la forêt, tu t'es arrêtée. Tu respires et tu bouge tes épaules, tes bras, tes mains. Ce n'est pas vraiment une danse, ce n'est pas vraiment un étirement. Ce n'est pas n'importe quoi non plus. Ce sont juste des mouvements qui te viennent à l'esprit, une façon de libérer tout le malheur que tu as absorbé depuis quelques jours. Parce que tu es comme ça toi, tu semble toujours heureuse et souriante, toujours de bonne humeur. Mais personne ne peux être toujours heureux. Toi, c'est seulement que tu le caches. Tu ne t'autorise pas à être malheureuse, à t'apitoyer sur ton sort. Parce qu'il y a toujours pire que soi. Et c'est peut-être de vivre ainsi qui t'a permise d'en arriver là aujourd'hui. Ce sont donc ces moments-là où tu peux tout rejeter, comme une éponge que l'on presserait. Mais en cette fin d'après-midi, quelqu'un est venu déranger ta tranquillité.

On t'apostrophe violemment à propos de tes pieds nus. Etonnée, tu te retournes doucement, histoire de faire face à la personne qui vient de prononcer ces paroles peu agréables. Tu le regardes d'un air perplexe, avant de lui répondre. « Et qui te dis que c'est justement pour cette raison que je n'en porte pas ? Leurs conditions de vie sont déplorables, vous devriez avoir tous honte d'acheter des choses pareilles. » Tu es un peu outrée par sa remarque, mais après tout, personne ne peux avoir ta lucidité d'esprit.

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Mais, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens, qu'est-ce qui m'empêche d'en inventer un ?
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MessageSujet: Re: Les pieds nus ça pue - Jenna Peterson et Alistair Albright Jeu 2 Juil - 10:57

La blonde se mouvait étrangement sur les feuilles, la mousse, une sorte de danse, ou bien un rituel, je n’en savais trop rien. Comment pouvait-on avoir l’idée de faire ça ? Ca donnait plutôt un air idiot qu’autre chose mais bon, soit. Peut-être qu’elle était malade, avec des problèmes mentaux, ou alors une sorte de croyance à la con comme on en trouve partout aujourd’hui, elle devait faire partie d’une secte, c’en était pas possible autrement. Bien sûr, tout cela n’était qu’hypothétique, mais ça tenait plutôt bien la route.

A ma remarque elle rétorqua que c’était possiblement pour cette raison que je venais d’énoncer qu’elle ne portait pas de chaussures à ses pieds. Honteux nous étions, nous autres citoyens américains, en portant sandales et autres escarpins fabriqués à l’autre bout du monde. Pour moi c’était banalement quelque chose de logique. Inutile de payer des dizaines de dollars supplémentaires pour acquérir des pompes faites dans le pays alors que le résultat est le même, t’as le pied couvert et tu ne marches pas directement dans la merde.

« - Bah écoute, ils sont plusieurs milliards, faut bien qu’ils soient utiles. S’ils ne sont pas contents de leur putain de vie, ils poussent la gueulante et puis voilà. Je suis d’accord avec toi, c’est dégueulasse, mais ça ne va pas non plus m’empêcher de dormir. Je suis bien dans mes grolles et ça restera comme ça. »

Je scrutai un peu les alentours, il n’y avait pas grand monde, mais pourtant l’air était bon ici, frais et revigorant. Rien de tel que l’air de la nature quand il fait trop chaud et qu’on est un peu rouillé, ça requinque. Je m’approchai de la jeune femme blonde, autant commencer la causette, ça allait m’occuper comme ça.

« - Dis-moi jeune blonde, pourquoi tu dansais ou je ne sais pas trop ce que tu faisais avant que j’arrive ? »

Je m’asseyais non loin d’elle, sur la mousse molle qui faisait office de coussin, installé pour parler.
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