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Give me your heart. ♥ / Will

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MessageSujet: Give me your heart. ♥ / Will Dim 3 Fév - 21:49


Nietzsche a écrit : ❝ L'absurdité d'une chose n'est pas une raison contre son existence, c'en est plutôt une condition. ❞

    Sara s'était attelée aux fourneaux tôt dans la soirée. Ce n'était pas dans ses habitudes, mais ce jour restait un anniversaire, et elle était ravie de pouvoir faire une surprise à sa mère. Elle ne lui confectionnait pas un plat atypique, ou trop original, de peur que cela ne lui déplaise. Un tartare de saumon, ridiculement simple à préparer, et dont elle savait qu'Elena raffolait. De plus, elle avait mis de sa préparation tout l'amour possible afin de sublimer son plat. Sara goûta une dernière fois et, satisfaite, se motiva à mettre la table. Les Van Wagner n'avaient pas d'argenterie, ni même de vaisselle, et pour cause, Elena ne s'était jamais mariée. A cette pensée, Sara s'en voulut un peu. Elle se sentait souvent responsable de la vie difficile menée par sa mère, et parfois, regrettait d'être arrivée si tôt.
    Les verres et couverts disposés, Sara jeta un œil à sa montre. Sa mère ne devrait pas tarder à rentrer. Néanmoins, elle avait suffisamment de temps pour retourner dans sa chambre se changer et se refaire une beauté. Alors qu'elle allongeait ses cils minutieusement, Sara reconnut le bruit de moteur caractéristique de la voiture de sa mère. Elle se hâta de ranger son maquillage et se posta dans le hall.
    Deux portières claquèrent. Sara s'interrogea. Elle entendit sa mère parler et rire, accompagnée par une autre voix féminine. C'est alors que la porte s'ouvrit devant elle, et que la réalité lui planta un poignard en pleine poitrine. Elena n'avait pas prévu de passer son anniversaire avec sa fille.

    -Sara ?

    La jeune fille salua sa mère qui laissa entrer Monica derrière elle. Sara se sentit mal à l'aise, avec sa préparation au saumon, sa table bien dressée, et sa tenue parfaitement lisse. Elle n'avait même pas songé à ce que sa mère ait préféré passer son anniversaire avec l'une de ses amies. Mais si les larmes menacèrent d'apparaître, c'est avec une force sans pareille que la jeune fille leur refusa l'accès. Cependant, malgré ses efforts pour ne rien laisser paraître, Elena comprit vite ce qui était en train de se passer.

    -Tu avais préparé quelque chose mon ange. Je suis désolée, je n'avais pas pensé à ça.

    La blonde prit sa fille dans ses bras, et Monica proposa de les laisser. Ce à quoi Elena répondit qu'elles passeraient la soirée toutes les trois. Sara dut se faire violence à nouveau pour ne pas pleurer. Parfois, sa mère était totalement à côté de la plaque, mais elle ne pouvait lui en vouloir. Pas après tous les sacrifices qu'elle avait fait pour elle, pour son confort, son bonheur et sa sécurité.

    -Oui Monica, reste. Il y a assez de tartare pour trois.

    Sara força un sourire sur son visage et elle invita les deux jolies blondes à passer à table. Le repas apprécié, Elena remercia sa fille qui s'obligea à laisser les deux adultes entre elles. Il lui semblait qu'elle avait déjà assez fait pot-de-fleur comme cela, et elle s'enferma dans sa chambre.
    Les larmes aux yeux, son dernier réflexe fut d'envoyer un message à William.


      To Willy ♥
      Je peux passer chez toi ?

    Sitôt la réponse de son petit-ami obtenue, Sara se hâta d'enfiler un pardessus et une paire de botte. En fermant derrière elle, elle réalisa qu'Elena et Monica étaient parties.
    Quelques secondes plus tard, Sara frappait à la porte du numéro vingt-et-un.


Dernière édition par Sara Van Wagner le Mer 6 Fév - 13:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Mer 6 Fév - 1:14





Give me your heart ♥

Enfermé dans sa chambre depuis la fin du repas, William dépérissait. Il avait d'abord essayé de se concentrer sur le livre que lui avait donné à lire son professeur de français, M.Mayfield, mais sans grand succès. Les mots dansaient devant ses yeux sans même que William ne prenne la peine de les assimiler. Il les relisait, encore et toujours, inlassablement, jusqu'à les transformer en une masse sonore indéfinie, vidée de tout sens. Excédé, il avait fini par balancer le bouquin sur son bureau, avant de se laisser glisser sur son lit. Oui, vraiment, William dépérissait.
Certains auraient comparé le garçon à un volcan en activité, qui attendait paisiblement en attendant son réveil spectaculaire. Malgré son apparente maîtrise de lui même, quelque chose bouillait à l'intérieur du Livingstone. Une sorte d'énergie incontrôlable mais surtout intarissable. Une énergie qui n'était pas seulement dut à un excès de café, non. C'était un trait de caractère inné chez le jeune homme, qui ne supportait pas de rester inactif plus de quelques minutes d'affilées. Il lui fallait toujours une activité dans lequel il pouvait laisser canaliser son hyperactivité. Et justement, ce soir là, il n'avait rien à se mettre sous la dent. Il aurait put se lancer dans une partie de foot endiablée dans sa chambre, mais William se retenait néanmoins depuis le jour où il avait faillit casser l'écran de son ordinateur avec un rebond de ballon. Ou bien alors, il aurait put se glisser dans la chambre de sa grande soeur Jersey et refaire le monde avec elle, en long, en large et en travers, mais malheureusement la ravissante jeune femme passait déjà la soirée dehors. Quant à son frère... William regarda sa montre... Quant à son frère, il aurait été bien étonnant qu'il ne soit pas déjà avachi dans son lit pour une semaine une nuit de sommeil prometteuse. Condamné à devoir affronter ce qui s'annonçait être une soirée bien ennuyante, William ferma les yeux, écoutant d'une oreille distraite la musique qui émanait de ses enceintes. Il se laissa doucement bercer par la voix harmonieuse de George Harrison, jusqu'à apaisement complet.
Au bout de quelques minutes de cet état presque léthargique, le jeune homme fut soudain tiré de ses considérations musicales : le vibreur de son portable se déclencha, annonçant la réception d'un nouveau message. William se redressa aussitôt, et se saisi du portable qui l'attendait sagement sur sa table de nuit. En voyant le nom de l'expéditeur, un sourire vint éclairer son visage. Sara. Une fois de plus, la jeune femme tombait à point nommé.
William se hâta de rédiger sa réponse, avant de l'envoyer.

To Sara ♥                                    
Oui, viens. Et n'oublie pas d'amener
tes deux bras, j'ai l'intention de m'y
glisser au milieu.                          

William reposa son portable, et jeta un rapide coup d'oeil à la pièce qui l'entourait. Après s'être assuré de son état présentable et qu'aucun objet compromettant y traînait (un boxer mal rangé était si vite arrivé !), il se leva et procéda à sa propre inspection dans le miroir. Pas d'épi récalcitrant, pas de marque d'oreiller sur son visage, rien à signaler mon adjudant.
Le Livingstone sorti alors de sa chambre, et dévala les escaliers. Il fit un arrêt éclair par le salon où ses parents étaient en train de regarder la télévision, et cria à la cantonade :

« - Sara va passer ! »


William avait beau avoir dix sept ans, il était toujours tenu d'informer ses parents de la venue d'une quelconque personne extérieure à la famille. Il en allait de même pour ses aînés, Christian et Jersey. Malgré la liberté que leur parents leur accordait, ils restaient néanmoins très à cheval sur cette règle. D'ailleurs, il était assez rare que les Livingstone reçoivent de la visite chez eux. Judith Livingstone fronça les sourcils un court instant, puis après avoir jeté un rapide coup d'oeil vers le couloir, par dessus l'épaule de son fils, elle acquiesça.
Au même moment, on toqua à la porte. William se hâta d'aller ouvrir. Là, sur le pallier, une jolie petite blonde l'attendait, le coeur battant. En la voyant, le jeune homme se pencha pour attraper délicatement son visage entre ses mains, et déposa un baiser tendre sur ses lèvres charnues.

« - Mademoiselle Van Wagner, voilà ce que j'appelle une excellente surprise, souffla t-il avec un sourire amusé. »

Ce n'est que lorsqu'il recula son visage qu'il aperçu la lumière de l'entrée se refléter dans ses yeux étonnamment brillants. Il comprit alors que quelque chose ne tournait pas rond.

« - Quelque chose ne va pas... ? »



Dernière édition par William Livingstone le Jeu 14 Mar - 12:01, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Mer 6 Fév - 15:48

Nietzsche a écrit : ❝ L'absurdité d'une chose n'est pas une raison contre son existence, c'en est plutôt une condition. ❞

    La porte s'ouvrit dévoilant William, le sourire aux lèvres. Il semblait ravi, et pour Sara, c'était désormais tout ce qui comptait. Le jeune homme se pencha sur elle pour déposer un baiser sur sa bouche. Sara s'efforça de sourire sans amertume. Mais cela ne suffit pas à inquiéter William. Il était perspicace : quelque chose n'allait pas. Cependant, Sara n'avait pas tellement envie d'en parler. Elle était déçue d'elle-même, comme à chaque fois, elle ne pouvait en tenir rigueur à sa mère. Elena avait déjà fait tellement de sacrifices pour elle, que ç'aurait été injuste de lui en vouloir pour des choses anodines.

    -Rien d'important, ne t'en fais pas, préféra-t-elle répondre pour clore la conversation.

    Sara se faufila dans l'entrée des Livingstone, se déchaussa comme elle en avait pris l'habitude, et ôta son manteau. Puis, elle se fit violence pour ne rien laisser paraître de sa déception devant les parents de William. Elle les salua de la main, tout sourire, sans s'attarder sur le couple. Déjà qu'elle passait presque à l'improviste, si en plus elle les dérangeait outre mesure, c'en serait fini d'elle.

    -J'espère que ta chambre est rangée ! Lança Sara à son petit-ami, avant de filer en direction de l'antre du jeune homme.

    William sur ses talons, Sara se glissa dans la chambre du jeune homme. Direction oblige : le lit, sur lequel elle s'assit. Elle se sentait soulagée d'un poids énorme, en sécurité presque. C'était l'effet William Livingstone, et elle était ravie d'être la seule à profiter de ce sortilège. Parce que malgré tous ses défauts, il l'avait choisie elle. Et cette idée la jetait toujours dans une profonde euphorie.
    Cependant, Sara savait que William était un véritable ministre. Il avait toujours mille choses de prévues, et tout autant d'amis à voir. Entre le sport qui lui prenait un temps considérable, tous les types qui papillonnaient autour de lui, et les quelques minettes qui osaient lorgner sur ce parfait garçon, William était rarement seul ou inoccupé.

    -T'avais rien prévu, au moins ? Demanda Sara avant de réaliser que la soirée était déjà bien avancée et que William n'avait certainement rien à faire d'autre que ses devoirs.

    Sara ramena ses jambes à elle et s'assit en tailleur, elle invita le jeune homme à prendre place à côté d'elle. La blonde avait besoin de sa présence, pour retrouver un meilleur moral et redorer son estime d'elle-même. Car les événements récents avec sa mère, malgré son silence, la blessaient souvent plus que de raison. C'était ainsi, de ne connaître que sa mère, de n'avoir aucune famille à par une unique personne. Elle regrettait tellement de ne pas avoir de père...


Dernière édition par Sara Van Wagner le Sam 13 Avr - 3:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Ven 8 Fév - 22:38

Give me your heart ♥

Un jour, alors qu'il lisait un livre, William était tombé sur une phrase qui l'avait marqué, au détour d'une page. « C'est curieux comme on lit bien dans les yeux de ceux que l'on aime pas; les autres, les yeux de ceux qu'on aime, sont au contraire, plein de mystères. » Il ne l'avait pas immédiatement comprise. Pourtant, ce soir là, ces petits bouts de mots lui revenait en tête, prenant alors tout leur sens. En effet, à cet instant les yeux de la Van Wagner semblaient renfermer une mystérieuse tristesse, dont William ignorait la cause. Néanmoins, et même le sourire illusoire de la jeune fille ne le trompait pas, William sut qu'il n'en apprendrait pas plus les secrets silencieux que renfermait les grands yeux brillants de Sara. Elle chassa les dernière traces d'amertume sur son visage, et écarta rapidement sa question.
William décida de respecter son choix, et lui répondit par un sourire qu'il s'efforçait d'être rassurant. Il s'effaça pour la laisser rentrer à l'intérieur du temple Livingstone. Aussitôt, en parfaite belle fille, la blondinette s'empressa de saluer les parents du jeune homme, qui lui répondirent en retour. William sourit, attendrit par son attention. A vrai dire, aux yeux de William, Sara avait tout de la jeune fille rêvée, celle que des centaines de parents se seraient arrachés pour l’accueillir dans la famille. Et Judith avait beau se plaindre de temps en temps de la mère de la jeune fille, il espérait tout de même qu'elle arrivait à mettre sa rancoeur de côté afin de mieux apprécier Sara.
De son côté, il s'en accoutumait très bien, pensait il en escortant sa belle jusque dans son antre. Enjouée, elle se risqua à lui faire une remarque sur l'état dans lequel elle risquait de retrouver sa chambre. Le garçon s'amusa.

« - Elle est rangée, évidemment. Je ne voudrais pas perdre si vite mon titre de super copain, et que tu t'enfuisse à toutes jambes ! »


Mais pour l'instant, Sara semblait loin de vouloir s'enfuir. Au contraire, elle s'assit sur le lit, d'où elle ne bougea plus. William vint la rejoindre.
La soirée avait plutôt mal commencée, c'était vrai, mais à présent, elle prenait une forme tout aussi inattendue qu'agréable. Et cette forme avait un nom : Sara. Le sourire de la jeune fille venait de rebooster le moral de l'adolescent plus efficacement que l'aurait fait n'importe quel pot de glace au chocolat aux extra pépites. Même si il était parfois un peu compliqué pour eux de s'aménager un peu de temps pour roucouler en amoureux, ces moments étaient toujours très agréables. Il lui semblait que la joie de vivre de la blondinette avait des côtés addictifs, et que le seul moyen d'y remédier était de passer d'avantage de temps avec elle. Ce soir en tout cas, il était comblé.
Sara dut penser à la même chose que lui, puisqu'à lui demanda si elle ne le dérangeait pas dans ses occupations. Il sourit.

« - A part passer la soirée avec ma charmante petite amie tu veux dire ? Non, rien de prévu. »


Sara en profita alors pour se recroqueviller sur elle même. William n'eut pas besoin d'attendre son invitation pour refermer ses bras autour d'elle. Il enlaça son corps svelte, et posa doucement son menton sur son épaule. Il espérait ainsi que sa présent apporterait un minimum de réconfort à la jeune fille. Aussitôt, le souvenir de ses yeux triste revinrent à sa mémoire. Il se demandait ce qui avait put la contrarier. Était ce une dispute l'annonce d'une mauvaise nouvelle ? Une dispute avec sa mère ? Ou avec des camarades de lycée ? William l'ignorait, mais il espérait bien lui faire oublier ses problèmes. Il proposa, d'une voix douce :

« - Tu veux passer la nuit ici, Sara ? »





Dernière édition par William Livingstone le Jeu 14 Mar - 12:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Mar 12 Fév - 0:22


Nietzsche a écrit : ❝ L'absurdité d'une chose n'est pas une raison contre son existence, c'en est plutôt une condition. ❞

    Comme elle l'avait imaginé, William n'avait strictement rien à faire. Sara avait même l'impression d'être bien tombée. Peut-être s'ennuyait-il ?
    Elle n'eut pas le temps de poser la question ni de trouver une réponse que déjà William enserrait son petit corps. Sara en profita pour humer le parfum de son petit ami et se détendre. Elle adorait sa présence, son toucher, ses mots. Elle aimait l'entendre raconter ses aventures, sa vie. Il était un peu son joker, lorsqu'elle ne se sentait pas bien. Son endorphine ou son antalgique. Peut-être bien sa dope, sa nicotine. Peu importait l'effet que William produisait sur Sara, elle l'aimait comme une folle, et aurait donné n'importe quoi pour lui.
    Lorsqu'il lui proposa de rester pour la nuit, la jeune fille sourit discrètement. Elle ne voulait pas passer pour la fille qui attendait désespérément cette offre, mais c'était pourtant bien le cas. Et ce pour différentes raisons. D'un, elle n'était même pas sûre qu'Elena rentre ce soir, peut-être allait-elle rester au Dancing jusqu'au petit jour, anniversaire oblige. De deux, elle détestait être seule chez elle, le moindre bruit devenait effrayant, comme dans ces cauchemars d'enfants que les adultes ne comprennent pas. De trois, elle avait atrocement envie -et encore, c'était un euphémisme-, de passer la nuit entière dans les bras de William, à être cajolée et aimée.
    Aussi, tout naturellement, et plongeant sa tête dans le cou de William d'une manière très féline, Sara hocha un peu la tête.

    -Oui, j'adorerai.

    Elle ne laissa pas son bonheur transparaître outre mesure, sachant que cela était bien inutile pour que son petit ami comprenne qu'elle était ravie.
    Leur moment de tendresse durait sans que cela ne la gêne. Elle n'allait pas mettre un terme à un si grand plaisir, et en profita d'ailleurs pour glisser quelques mots doux et sincères.

    -Heureusement que tu es là, Will, lança-t-elle sans lever les yeux.

    Ce n'était pas la première fois que Sara se laissait aller à de pareilles confidences. Elle éprouvait ce besoin de ne point taire ses sentiments pour William, considérant que c'était une chance merveilleuse. Certes Will n'obtenait jamais de détails, seulement des aveux clairs et brefs, Sara étant incapable d'être langoureuse et mielleuse dans ses mots, mais la jeune fille trouvait que c'était mieux ainsi. Elle ne se voyait en réalité pas révéler toutes les situations dramatiques desquelles son petit-ami l'avait sortie sans s'en rendre compte. Que ce soit de futiles engueulades avec sa mère comme c'était le cas ce soir ou des crises bien plus graves et redoutables. Elle préférait garder de telles informations secrètes, et ne donner à William que le positif. C'était une manière maladroite que de protéger son couple. Non pas que Sara avait de réelles raisons de vouloir couver sa relation, mais surtout qu'elle ne se sentait pas à la hauteur de son amant. C'était ainsi, la dure loi de la vie ; quand la grenouille rencontre le prince.


Dernière édition par Sara Van Wagner le Sam 13 Avr - 2:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Sam 13 Avr - 0:25

Give me your heart ♥

Sara avait dit oui. Oui. William ne pouvait espérer mieux. Ce soir, Sara allait être sienne pendant une nuit entière. Elle l'escorterait en personne jusqu'au royaume de Morphée. Elle lui offrirait ses bras, sa peau, ses lèvres. Ces mêmes lèvres que William connaissaient par coeur, pour les avoir gourés cent fois. Chaque plis, chaque creux, chaque charnures, rien ne lui avait échappé.
Les traits de son visage était comparables aux sillons et aux collines qui constituait un paysage sauvage. Devant eux, William se sentait brusquement l’âme d'un aventurier. Peut importait le temps que cela lui prendrait, il voulait découvrir chaque sentier hasardeux, les apprendre par coeur, sur le bout des doigts, jusqu'à pouvoir à son tour les retracer, les yeux fermés.
Certains respectaient les églises. Pour William, c'était devant la beauté féminine qu'il s'agenouillait. Il était hypnotisé par les femmes. La femme. Rien ne lui plaisait plus que de les regarder vivre, tout simplement, les observer se mouvoir, ou encore marcher en cadence sur un rythme aléatoire que lui seul pouvait entendre. Imaginer leur voix, s'enivrer de leur parfum, se distraire du spectacle que présentait le frottement du tissus contre leur peau. C'était ça, être un amoureux des femmes.
Objectivement, il était vrai que la gynophilie qui l'animait ne l'avait pas toujours aidé. Au contraire, il était arrivé plusieurs fois que William se laisse envoûter par la beautés de ses dames, pour au final se retrouver déçu devant la superficialité de ces demoiselles. L'emballage est parfois trompeur, au moins aurait il finit par apprendre quelque chose. Avec Sara, il avait l'impression que les choses étaient cette fois différentes. Certes, ce n'était pas ses connaissances de bio-chimie qui avait attirés l'oeil du garçon pour la première fois. Mais contrairement à d'autres, Sara gardait ce petit truc en plus, celui qui faisait que William la regardait avec les mêmes yeux qu'au tout début de leur relation. Ce n'était pas vraiment de l'amour. Pas vraiment de la passion non plus. William ne savait pas comment qualifier ce sentiment, mais pour le moment, il s'en contre fichait. Leur relation lui convenait ainsi, et il n'en demandait pas plus. Après tout, de quoi aurait il put se plaindre ? Il désirait Sara, et Sara lui appartenait. Elle était cette pièce manquante, celle dont le corps s'associait parfaitement avec le sien, lorsqu'ils dormaient en cuillère. Elle était ce souffle chaud contre son bras, ce dos aux allures fragiles contre le creux son ventre, ses cheveux dans lequel William pouvait noyer son nez. Elle était la gardienne de ses nuits. Elle était Sara, tout simplement.
Cependant, lorsqu'elle ouvrit la bouche, ses mots traversèrent William de part en part, comme un fugace coup de poignard. Heureusement que tu es là. William ne se sentait pas digne des éloges qu'elle lui destinait. Heureusement ? Qu'en savait elle, d'abord ? Elle qui passait son temps à le hisser au sommet de piédestal, comment pouvait elle ne pas prendre conscience qu'au final, c'était peut être son amant, aussi parfait soit-il, qui ne la méritait pas ? La culpabilité lui enserra le coeur, comme l'aurait fait un horrible étau. Lorsqu'il ouvrit la bouche cependant, l'amertume s'était une fois de plus effacée pour laisser place à un sourire doux et bienveillant. Il commençait à avoir l'habitude, après tout.

« - Que me vaut cet honneur, mademoiselle Van Wagner ? »

Il avait beau avoir été distrait par l'étreinte de cette dernière, la vision de ses grands yeux tristes ne parvenait pas à s'effacer de sa rétine. William était bien décidé à jouer les détectives privés s'il le fallait, pour en découvrir la cause. Il passa ses doigt sur le sillon creusé entre les deux yeux de son amante, avant de reprendre, plus enjoué.

« - Et n'essaye pas de me faire croire que tout vas bien. Je sais quand tu me mens. Tes sourcils forment toujours ce pli là quand tu est contrariée. »

Peut importait le temps ou l'énergie qu'il mettrait en oeuvre, Sara ne quitterait pas cette maison avant d'afficher de nouveau son sourire rayonnant. Parole de Livingstone !
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Sam 13 Avr - 2:34


Nietzsche a écrit : ❝ L'absurdité d'une chose n'est pas une raison contre son existence, c'en est plutôt une condition. ❞

    Fallait-il nécessairement une raison, un honneur, à mériter pour recevoir de l'affection ? Non, Sara se refusait à accepter une telle chose, surtout venant du Livingstone. Il ne pouvait y avoir plus méritant que lui, et c'était en ce sens que la jeune fille lui offrait son cœur sur un plateau d'argent. Qu'il le détruise ou le cajole, c'était à lui d'en décider. Et Sara se fichait de l'issue de ce combat. Elle vivait d'abnégation pour cet homme et s'interdisait de le préoccuper avec ses soucis. A bien y penser, William ne connaissait rien de la vie de Sara, mais cela ne la grisait pas. Leur bonheur n'avait besoin d'être souillé par les mésaventures d'une gamine en manque d'attention, et c'était principalement pour préserver leur cocon que Sara gardait tant de secrets. Oublier s'avérait être une solution fort arrangeante. Mais pour une fois, le Livingstone ne l'entendait pas de cette oreille. Il semblait avoir pris connaissance de l'ombre qui s'était installée autour de l'âme de la blonde, instillée là dans ses veines et qui n'avait su être dissimulée avec soin. Sara s'en voulait de ne suffisamment avoir caché son malaise, mais très vite, elle chercha à comment se sortir de cette mauvaise passe. Réfléchis, Sara ! Quoi dire pour satisfaire ses questions sans l'inquiéter plus que ça ? Blonde mais pas stupide, innocente mais pas naïve, la tête dans les nuages mais tout à fait réaliste, Sara était parfois très perspicace.

    -Ma mère, c'était son anniversaire et elle et moi n'avions pas prévu la même soirée. J'aurai aimé profiter de ce moment avec elle, raconta-t-elle en un sourire à peine terni par la déception.

    Elle ne mentait pas, c'était en effet la raison première de sa présence chez William. Cependant, elle s'assura de faire disparaître la ride entre ses sourcils, celle-là même que le garçon avait décelée et qui l'avait trahie. Elle ne put cependant dissoudre le mal de son sourire. C'était difficile de feinter une émotion, surtout pour une gamine aussi fragile que Sara semblait l'être. D'autre part, simuler un sourire franc aurait été inutile. Qui pouvait se libérer d'une peine et se sentir soudainement plus légère qu'une plume, oublier et rayonner sans délais ? Certainement pas quelqu'un d'un tant soit peu humain.
    Sara prévit quelques secondes stratégiques avant de secouer la tête et de lâcher :

    -Tu n'avais pas match, aujourd'hui ?

    Son changement de sujet cachait une demande implicite, que William saurait certainement remarquer. Je ne veux pas parler de ça, je suis avec toi, et c'est tout ce qui importe. Peut-être trouverait-il intelligent de ne pas reparler d'Elena, à moins que ça ne lui fasse plaisir que de percer cet abcès si douloureux. Le pire, c'était que Sara ne lui en tiendrait absolument pas rigueur s'il choisissait une telle option. L'amour aveugle, c'était exactement la maladie dont souffrait la Van Wagner.


Dernière édition par Sara Van Wagner le Dim 28 Avr - 2:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Ven 26 Avr - 0:31

Give me your heart ♥

Le corps est un traite. Il trahi nos secrets silencieux, délit une bouche trop souvent restée close, peint sur notre figure les tourments qui nous accablent. Et Sara ne faisait pas exception à la règle : le pli de ses sourcils avait parlé, la jeune Van Wagner était bien tourmentée. Selon la principale intéressée, ces problèmes portaient un nom : Elena Van Wagner.
Bien sur, William n'ignorait pas que ce jour représentait une année de plus pour la jeune maman. Il s'était d'ailleurs hâté de lui souhaiter son anniversaire par texto, un peu plus tôt dans la journée, avant de s'empresser d'ajouter qu'elle ne faisait pas son age. Vile flatteur, me direz vous. Du William tout craché. Ou plutôt, du Livingstone tout craché, à en juger par les connaissances de son père. Ce que le jeune garçon s'empressait de nier en bloc : les différences avec son père étaient pour lui aussi nombreuses que les nuances d'une même couleur : infinies. Ou presque. William se refusait toutes similitudes avec l'homme qui l'avait pourtant élevé. Jamais il ne marcherait dans ses pas. Endosser le rôle de l'homme soumis, du père invisible, du mari effacé, c'était un futur auquel le jeune homme ne se résignait pas. Au contraire, il s'était promis de rester à jamais fidèle à lui même : un animal sauvage qui ne se laisserait pas si facilement apprivoiser. Charles, quant à lui s'était laissé passé prendre au piège : Judith lui avait passé la bague autour du doigt comme certains passent le collier autour du cou de leur chien. Le roi lion s'était transformé malgré lui en bête de foire, en caniche nain. Asservit. Et ridicule. Un animal dégénéré.
Mais une fois de plus, William s'égarait parmi ses croisades intérieures contre son paternel. Ce n'était pas de Charles dont il était question cette fois ci, mais bien d'Elena. Et la tache s'avérait plutôt périeuse : comment soutenir Sara, sans descendre sa mère ? Comme à chaque fois, William était prit entre deux feux. L'affection de sa chère et tendre, contre la complicité de sa belle maman. Cependant, l'adolescent avait conscience qu'Elena s'éloignait quelque peu de la mère de famille idéale. Et avec son caractère de femme enfant, elle détonnait un peu avec l'ambiance proprette du quartier, et ne manquait pas de s'attirer toutes sortes de commérages. A commencer par ceux de sa mère. Tel des Romeo et Juliette 2.0, Sara et William se fréquentaient en dépit de leurs familles. Le sang et les larmes en moins.

« - Oh, je vois. Je suis désolé que cette soirée n'ait pas été celle que tu espérais... Que s'est il passé ? Pas de disputes dans l'air, j'espère ? »

Il attendit sa réponse, avant de reprendre, une moue amusée scotchée sur le visage :

« - D'un autre côté, je ne vais pas me plaindre. Elena t'a jeté dans mes bras. Au final, elle m'a plutôt rendu service, tu ne trouves pas ? »

William scella ces dires par un chaste baiser. A défaut de grands discours, il lui restait deux grands bras, pour venir à bout des démons de Sara. Resserrant imperceptiblement son étreinte, il repoussa les vaines tentatives de diversions qui s'offraient à lui.

« - Teuh teuh teuh teuh teuh. Assez parlé de moi pour le moment. Comment je fais pour garder mon onde mystérieuse de grand brun ténébreux moi après, hein ? plaisanta le jeune homme. Ne crois pas t'en tirer à si bon compte jeune fille. Ce soir, c'est à moi d'être là pour toi. »

Paroles creuses, vides, dénuées de sens. Elles s’arrachèrent de la bouche de William en laissant en ultime souvenir un arrière gout amère au jeune homme. Qui espérait il tromper avec ses airs de chevalier servant ? Sara ? Lui même ? Y croyait il seulement ? Pourtant, il le savait, écouter sa copine une soirée ne ferait de lui ni un héros, ni un petit ami attentionné. Mais il ressentait ce besoin de racheter son comportement auprès de sa belle. Entre les cours, les entraînements, les pelouses à tondre, le temps passé avec Satine ou Louis, les attaques incessantes de la royale Erica et les vaines avances répétées de Gabrielle, le couple n'avait pas eut vraiment le temps de se retrouver ces derniers temps. En frappant à sa porte ce soir là, Sara venait de lui présenter une chance de se racheter. Et même si la repentance faisait bien pâle figure à côté de son crime, William comptait bien ne pas la laisser passer.


Dernière édition par William Livingstone le Jeu 2 Mai - 14:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Dim 28 Avr - 2:53


Nietzsche a écrit : ❝ L'absurdité d'une chose n'est pas une raison contre son existence, c'en est plutôt une condition. ❞

    C'était horrible comme William trouvait toujours les mots pour faire sourire Sara. Il ne parvenait certes que rarement à ôter ses doutes et ses craintes, installées là depuis bien trop longtemps et déterminées à squatter pour quelques dizaines d'années encore ; mais il avait une telle influence positive sur la jeune fille. Sa présence suffisait souvent à apaiser un peu son cœur serré et sa tête préoccupée par de trop nombreuses questions. Et si elle détestait partager ses peurs avec le garçon, ce n'était pas parce qu'elle n'avait pas confiance en lui, mais plutôt qu'elle craignait que cela lui déplaise, de servir de psychologue free-lance. Et pourtant, il ne semblait pas totalement désintéressé par la situation, puisqu'il ouvrit un peu plus ses bras, resserra davantage son étreinte, et embrassa doucement Sara.
    La jeune fille était ravie de toutes ces tendres attentions, mais elle ne voulait quand même pas s'imposer à lui. Et c'est l'esprit clair qu'elle tenta une diversion. Oh oui, le football, voilà un sujet qui pouvait le ravir et l'obliger à discuter sans discontinuer. Mais William, en bon intelligent qu'il était, ne se laissa pas berner si facilement. Et finalement, repoussa cet essai plutôt vain et désespéré.
    Sara apprécia la théâtralité de sa requête. Elle était finalement bien plus fleur bleue et romantique qu'on pouvait le croire. Elle s'écarta un peu de son amant pour observer son visage. Malgré les efforts de celui-ci, elle n'arrivait à se détacher définitivement de ce sourire frustré qui l'avait trahie. Elle força un peu sur ses lèvres pour les étirer doucement et témoigner toute la reconnaissance qu'elle pouvait avoir envers William. Sa main glissa sur la joue du garçon, lentement, avant de se voir accompagnée d'un baiser un peu moins chaste.
    La blonde aimait le Livingstone du plus profond de son cœur, chaque parcelle de ce qu'il était ou n'était pas. Elle l'acceptait avec toutes les nuances de bien et de mal, voulait de lui son entière personne, et se faisait violence pour ne pas désirer son temps et sa vie. C'était un amour aussi malsain que nouveau, possessif et brûlant, que Sara n'arrivait à contrôler. Et pourtant, ce sentiment la rongeait tellement, la grignotait chaque jour un peu plus, qu'elle s'obligeait à prendre un peu de distance. Sans quoi, il n'y avait aucune doute, elle aurait étouffé le garçon.
    Elle mit fin à son baiser. Elle avait eu envie de poser ses lèvres sur celles de William, mais n'était-ce pas aussi un moyen de rompre implicitement leur discussion ? Il paraissait prêt à l'écouter déverser sa déception, ses peurs, ses doutes, ses regrets, mais elle, Sara, était-elle encline à tout lui raconter ? Peut-être pourrait-elle survoler le chapitre Elena, mais... comment parler de son agression ? Comment expliquer à l'homme qu'elle aimait qu'elle avait été ridiculement faible et secourue par un autre ? Non, elle n'était pas capable d'une telle prouesse. Autant garder le silence, et toute cette histoire bien au creux de sa mémoire.
    Aussi, se refusant donc à se dévoiler plus à William, Sara lui lança un petit regard amoureux qui s'accordait fort bien avec la teneur de son baiser tout juste stoppé. Sa main avant glissé jusque sur le lit, où elle trouva le poignet du garçon. Un doigt entreprit quelques caresses frôlées, de celles qui procuraient tant de frissons à quiconque avait des nerfs.
    Malgré ses gestes qui se voulaient plus perturbants qu'autre chose, Sara n'en oublia pas de répondre à William. Il ne fallait pas qu'il se doute que son amour ainsi matérialisé n'était qu'une bouée de sauvetage pour ne pas crever l'abcès qui la faisait tant souffrir.

    -Alors, que veux-tu que je te dise ? Susurra la blonde d'une voix un tantinet plus langoureuse.


Dernière édition par Sara Van Wagner le Sam 4 Mai - 20:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Ven 3 Mai - 13:27

Give me your heart ♥

Au final, tenir une conversation, c'était un peu comme jouer aux échecs, pensa l'adolescent. Bien sur, le jeune garçon avait autant de connaissances en la matière qu'il en avait en biochimie aérospatiale : autrement dit, le flou artistique. Cependant, selon l'idée qu'il s'en faisait, les échecs étaient un jeu reposant sur la stratégie, et l'anticipation des faits et gestes de son adversaire, afin d'arriver à ses fins. Et donc en l’occurrence, arriver à percer à jour les mystères qui se cachaient derrière le visage d'ange de la belle Sara. Pion en F3. Sara avait occulté les problèmes qui la hantait. Fou en B5. William avait sut déceler la contrariété sur son visage. Tour en H6. La jeune fille avait tenté le tout pour le tout, avec une vaine tentative de diversion. Cavalier en C3. Le jeune homme avait doucement rejeté cette porte de secours. Echec au roi Leurs lèvres s'étaient rencontrées. De là où il était, le parfum de la jeune fille* s'infiltrait sournoisement dans ses narines. Il ferma les yeux. Echec et mat.
La main de William remonta, en suivant le tracé incurvé de sa colonne. Ses doigts se perdirent dans sa chevelure mordorée. Leurs lèvres dansaient à l'unisson, cadence parfaite d'une valse invisible. Une émotion traversa le jeune garçon. Etait–ce la douceur de leurs chairs ? Le contact de leurs souffles ? William l'ignorait. La Van Wagner se jouait de ses sens, avec une aisance déconcertante. Déjà, elle échappait à son étreinte, laissant le garçon seul, en proie avec son désir. Cruelle frustration. Ses lèvres qui n'avaient d'autres desseins que celui de rejoindre celles de sa moitié se mirent à s'agiter. De quoi parlait elle déjà ? William dut se concentrer pour faire le tri dans son esprit.

« - Que tu me dise comment tu fais pour faire ça. »

Sans plus d'explications, il réanima leur baiser mourant. Ses doigts parcourraient avec une avidité fébrile l'épiderme de celle qu'il avait fait sienne. Sara était à lui, elle lui appartenait corps et âme. Il ne le savait que trop bien. Et à cet instant, il éprouvait le désir de la posséder entièrement. Il voulait la sentir frisonner sous ses doigts. Il voulait être l'unique responsable de sa respiration qui se déréglerait progressivement.** Il voulait la sentir se cambrer sous son emprise. Il voulait habiter ses bras, l'espace de quelques instants. Il voulait Sara, tout simplement.
Cette pensée fut la dernière qui le traversa, alors qu'il faisait doucement basculer la jeune fille sur le lit qu'ils occupaient.
Echec et mat. Fin de la partie.

• • •

Plus tard, dans la nuit, la chambre aurait retrouvé ses allures calmes et paisibles de champ de bataille après un affrontement. Leurs deux corps glissaient côte à côte, entremêlés. Seule la respiration régulière qui distendait leurs flancs témoignait de la vie qui les animait encore. Ils sommeillaient tout deux. Sara reposait entre les bras de son amant, son éternelle protection contre le monde supérieur. « Ce que c’est que d’être célibataire ; on ne veille sur le sommeil de personne. » Et cette nuit plus que jamais, cette aide lui serait un bien précieux.





* Fruit de la passion, j'aime quand tu touches ! Fruit de la passion, ah c'est super ! Fruit de la passion, Francky c'est génial ! RPZT.
** Il voulait effleurer ses chaussettes aussi, TAVU.
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Dim 5 Mai - 2:14


Nietzsche a écrit : ❝ L'absurdité d'une chose n'est pas une raison contre son existence, c'en est plutôt une condition. ❞

    L'amour pur tel qu'il est décrit dans les livres n'existe pas. C'est une ironie flagrante, un concept hypocrite, une manipulation acerbe. L'amour, c'est l'abandon. L'amour, c'est la dérision. L'amour, c'est le mensonge. L'amour est un jeu, l'amour est un bluff duquel il n'appartient qu'aux joueurs de se défaire ou de s'y méprendre.
    Dans les bras de William, Sara était habitée par une euphorie presque malsaine. Elle respirait, elle vivait, elle sentait le sang dans ses veines, elle sentait le plaisir la terrasser, le besoin s'envoler. Son amour restait celui d'une gamine de dix-sept ans, on lui disait presque que ce n'était une passion dévorante et fugace. Que bientôt, son envie irrépressible d'être aux côtés de cet homme s'évaporerait. Qu'il y aurait un temps où cette histoire serait contée avec nostalgie avec des enfants d'un autre.
    Elle, s'efforçait de croire aux romances incroyables, aux princesses secourues dans un donjon dont l'accès était condamné. Aux héros téméraires qui bravaient marées et tempêtes, des chevaux blancs, des châteaux et des labyrinthes féeriques. Elle, voulait y croire. William Livingstone viendrait la délivrer, il viendrait l'éveiller d'un baiser. Il viendrait lui montrer comme elle était belle et comme elle méritait de vivre. Et elle l'aimerait, en retour, jusqu'à ce que la mort les sépare, ou bien même au delà. Son amour de gamine, elle y croyait. Et c'était bien tout ce qui importait.


    Dehors, la nuit glacée était venue geler le temps. Les flocons de l'hiver délaissés au profit des douceurs froides du printemps, la rue noyée dans la pénombre, le silence était de rigueur dans cette ville endormie. Sara lovée dans les bras de son amant, protégée comme une poupée de porcelaine qu'on refuse de briser, dormait profondément. La joute entre Morphée et William s'était soldée par un ex-æquo appréciable, duquel tous trois s'étaient contentés avant de sombrer...
    L'horloge fit un écart en arrière. Puis un second. Les aiguilles s'affolèrent dans le sens antagoniste à la réalité. Elles se croisèrent mille fois, tournèrent et tournèrent, et s'arrêtèrent, doucement. Tic, tac, le cours reprit. Retour vers le passé.
    Son sac jeté sur l'épaule lui sciait la clavicule à chaque pas. Le froid mordant venait se satisfaire sur ses joues encore humides et se glisser dans ses poumons avides. La musique battait ses tympans en rythme. Elle marchait dans le noir, naïve et innocente. Welcome in the darkness. Les silhouettes fondirent sur elle comme des rapaces affamés. Elle trébucha, jeta un regard vers ses agresseurs. Un œil rougeoyant la déshabilla, elle ne put crier. La caresse d'une plume contre son visage tétanisé. Son cœur sautait dans sa poitrine, mais elle ne pouvait bouger, crier, se débattre. A la merci du prédateur, livrée corps et âme à ses desseins noirs. Elle sentit son haleine fétide s'infiltrer dans ses narines, la pénétrer jusqu'à l'os, s'imprimer sur son existence. A jamais.

    -Non ! Cria-t-elle en se redressant vivement.

    Son corps en nage, l'air manquant, Sara tentait vainement d'essuyer ses larmes qui coulaient encore. De violents tremblements s'emparaient de son corps, le froid procuré par la sueur, la peur par le souvenir. La jeune fille jeta un regard à William avant de se recroqueviller, le visage contre ses genoux, assise. Il était éveillé.

j'ai pas parlé de chaussettes, mais je suis très satisfaite !


Dernière édition par Sara Van Wagner le Sam 18 Mai - 14:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Mar 7 Mai - 10:06

Give me your heart ♥

On dit parfois que dormir, c'est mourir un peu. Mais au fond, qu'y a t-il de commun entre un paisible repos, et la violence d'une perte ? Si ce n'est peut être cette sentence, redoutée et irrévocable, délivrée par une entité qui nous est supérieur. Le jugement dernier. Dormir, c'est accepter sciemment de laisser son sort entre les mains de Morphée, dieu chimérique. C'est se remettre à lui corps et âme, c'est accepter son autorité, mais surtout accepter son jugement. C'est lâcher prise, mettre un genou à terre et attendre fébrilement que la sentence soit prononcée. Morituri te salutant. Alors ? Rêve ou cauchemar ? Paradis ou enfers ? A quels supplices notre âme sera t-elle destinée ? Quelles extrêmes douceurs viendront nous visiter ? Épineuse question. Pourtant, ces interrogations seront bientôt balayées par Morphée, juge arbitraire ce de tribunal fantasque. Il délivrera bientôt son verdict, de façon hasardeuse. Le pouce baissé, il condamnera au supplice des âmes innocentes, le temps d'une nuit. Clément, il en graciera d'autres, et les enverra goûter les délices succombants que leur offre leur lit. William ne faisait pas parti de ceux là. Il ne faisait pas non plus parti des victimes. Il avait échappé aux mailles du filet, il s'était faufilé, et s'était dérobé au jugement de Morphée. Il avait trompé le dieu du sommeil. A présent, le jeune garçon s'était enfoncé dans une nuit noire, une nuit sans rêves, une nuit sans cauchemars. Une trêve délicieuse dont il jouissait à présent. Son âme flottait dans le néant. Il ne pensait à rien, il ne ressentait rien, il n'était rien. Avant-gout de la mort. Ici, tout était calme, tout était paisible. Il était libéré quelques heures de la culpabilité qui le rongeait tout les jours. Plus de remords. Plus d'obligations. Plus rien que la paix, et le néant.
Sara, elle, n'avait pas bénéficié de la même chance. Le dieu du sommeil lui avait ouvert les portes de la nuit, avec un rictus sur les lèvres. Pouce baissé. Les enfers.
Son corps, auparavant si superbe et impétueux était à présent recroquevillé dans les bras de son amant. Il s'agitait, dans des spasmes violent. La main sur son ventre, William commençait déjà à percevoir l'agitation dans laquelle il reposait. Il fronça légèrement les sourcils. Déjà, l'obscurité dans laquelle on l'avait plongé commençait à s'estomper. Sans qu'il ne puisse rien y faire, son décors lui filait entre les doigts. Il regardait impuissant son refuge s'évaporer sous ses yeux.
« Non ! » Un cri résonna dans la nuit. Un cri d'effroi, net et cassant. Un refus, une négation. Un échappatoire, aussi. William ouvrit les yeux. Devant lui, la femme qui lui avait offert ses bras quelques heures plus tôt avait prit des allures de petite fille apeurée. Le jeune homme la regardait, sans comprendre cette soudaine métamorphose. Déjà, elle avait échappée à son étreinte, et s'était recroquevillée sur elle même, laissant libre cours à ses sanglots intarissables. William se redressa sur lui même, et vint entourer silencieusement son petit corps agité. Il était dépassé par une situation qu'il ne contrôlait pas. D'où venaient ces larmes ? Pourquoi étaient elles là ? Quel message venaient elles délivrer ? Il glissa sa tête dans son cou, et y déposa un baiser. Sa peau était douce, mais William n'avait plus la tête à ça. Ses gestes étaient doux, rassurants. Avec une tendresse bienveillante, il replaça les mèches mordorées qui gardait jalousement l’accès aux épaules de la jeune fille. Le temps filait sur eux, sans que leur étreinte ne faiblisse. Sa présence, c'était tout ce qu'il pouvait lui offrir. Sa présence, son corps, ses bras.
Lorsqu'il prit enfin la parole, il murmura à mi voix :

« - Qu'est ce qui se passe, sweetie ? »

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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Sam 18 Mai - 15:13


Nietzsche a écrit : ❝ L'absurdité d'une chose n'est pas une raison contre son existence, c'en est plutôt une condition. ❞

    Le souvenir qui féconde la conscience et lui propose d'enfanter un fantôme lugubre. La naissance de cet être vaporeux qui hante le sommeil de son hôte. Le drame réjouissant de voir quelques larmes fuir ce palais plongé dans l'obscurité. La sensation d'être à chaque instant épiée par ce parasite qui ne cherche qu'à prolonger votre cauchemar. La douleur qui revient accompagné de son tendre amant, l'effroi, pour anéantir ce qu'il reste de calme dans votre esprit. Les cris comme unique échappatoire à cet assaut improvisé, les larmes suicidaires qui se jettent dans le vide. Les battements arrachés d'un cœur malmené.

    Sara n'en pouvait plus de goûter l'amertume de ses larmes, de retenir ses sanglots nerveux, de se la jouer « je vais bien, tout va bien ». Son mauvais rêve était là pour lui rappeler que non, rien n'allait aussi bien qu'elle voulait le faire croire. Sa fierté, son orgueil, toutes ces choses qui lui permettaient de lever la tête avec assurance, et de regarder loin devant elle, avaient été salies. Humiliée, trahie. Elle s'en voulait de n'avoir su quoi faire, d'être restée immobile alors qu'on venait perturber son ronron quotidien. La honte, véritablement, prenait son être, et tout ce qui lui restait de voix, en otage.
    Ses genoux ramenés contre son menton, ses bras autour de ses rotules, la blonde se transformait en forteresse impénétrable et imperméable. Rien ne pouvait quitter ce donjon isolé, rien ne pouvait non plus venir la secourir. Finis, les contes de fées. Aujourd'hui, les châteaux avaient évolué en de terrifiants blocos de béton et d'acier qu'il fallait forcer à la dynamite. Les chevaux blancs en oiseaux de métal qui lâchaient les bombes nécessaires pour détruire les premiers murs de la forteresse. Les héros en militaires armés jusqu'aux dents, qui préféraient sauver le plus grand nombre plutôt que l'individu. Une princesse sacrifiée, voilà ce qu'était Sara. Et son prince, William, tentait de récupérer son dû, son amour, son amante, au fin fond de ce donjon. Son contact rassurant se traduisit en crépitement sur la peau claire de Sara, comme l'animation de la poudre prête à exploser. Son baiser dans sa nuque implosa un frisson et fit tomber les premiers rideaux de béton. Tendrement, elle sentit sa présence s'approcher, et son étreinte en carcan de chaleur, hectogramme de douceur, elle vit fondre les derniers remparts autour d'elle. Et bientôt, elle put saisir la main qu'il lui tendait.
    Sara détacha sa main de ses genoux tremblants et se lova contre le torse de son aimé. Ses larmes coulaient toujours, flot intarissable et salé, et son corps entier traduisait la peur du passé que son rêve avait ranimé. Elle entendit à peine William parler tant elle était concentrée sur cette douleur qui dévorait son âme.

    -Je suis désolée, tellement désolée... murmura-t-elle entre deux sanglots.

    Ses mains s'agrippèrent au dos du garçon ; comme elle l'avait fait quelques semaines plus tôt avec Isaac. A croire que l'horreur se répéterait, à jamais. Cycle infernal et éternel.


Dernière édition par Sara Van Wagner le Mer 29 Mai - 14:28, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Mar 21 Mai - 2:17

Give me your heart ♥

« C'est tellement mystérieux, le pays des larmes. »
Tellement mystérieux. Tellement imprenable, aussi. William essuyait ces larmes du bout de ses doigts. Il disputait avec elles pour reprendre possession du visage de sa belle. Mais la tache s'annonçait difficile ; infatigables, les sillons d'eau salée gagnaient du terrain. Ils avançaient en pagaille, cherchant à laisser leur trace sur ses joues encore fraîches. C'était un assaut anarchique et sauvage, et William était seul à lutter face à cet ennemi invisible. Et contre quoi se battait il au juste ? Contre qui ? Il ne comprenait pas. Il n'avait conscience que d'une chose, c'est qu'il lui fallait lutter, lutter encore et toujours, lutter même jusqu'à son dernier souffle. Lutter pour chasser cet ennemi indésirable. Lutter dans l'espérance de retrouver un jour ce sourire qui avait tant de fois éclairé ce visage radieux.
Une main vint agripper la sienne. Sara. Plus que jamais, cette nuit, elle avait besoin de lui. Alors William serait là. Il lutterait. Pour elle. Pour son sourire. Sa voix se transforma en un murmure doux.

« - Eh, qu'est ce qui te fait pleurer comme ça ? Est ce que c'est la faute de ces mauvais rêves ? Dis moi, ma belle. J'irais casser la gueule à ce gros débile de Morphée si tu veux, même. »

Ses paroles n'avaient aucun sens. Mais William se serait damné pour un sourire. Il aurait raconté n'importe quelles bêtises pour faire revenir la Sara qu'il connaissait. Il était prêt à braver la nuit elle même si ça avait put la consoler.

« - Ne sois pas désolée, murmura t-il en embrassant le bout d'épaule qui s'offrait à lui. Dis moi juste ce qui se passe. »

William accueillit sa belle dans ses bras. Il l'enserra de son étreinte comme une armure impénétrable contre le monde extérieur. Un monde froid, blessant, dangereux. Un monde qui ne pourrait plus rien contre Sara. Il était son rempart contre l’adversité. Ses baisers chassait l'obscurité où était plongée son âme.
Sa mains se resserra sur ses doigts. Peut importait les vieux démons qui les encerclaient, avide de leurs tourments. Ils étaient là. Ils étaient deux. Ensemble. Invincibles. Et il viendrait à bout de cette nuit, main dans la main.
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Mer 29 Mai - 14:47


Nietzsche a écrit : ❝ L'absurdité d'une chose n'est pas une raison contre son existence, c'en est plutôt une condition. ❞

    Les souvenirs d’une nuit morte, glaciale et éclairée par l’auréole amusée de la lune. Les réminiscences des pluies acides des larmes et du ciel. Sara sentait toujours cette haleine rance lui caresser les joues, et cette main rêche dans ses cheveux. Elle pouvait même détailler son chemin à travers l’obscurité, là où elle s’était perdue, là où Isaac l’avait emmenée. Elle pouvait décrire la clarté de la chambre où elle s’était endormie, à moitié apaisée, et la brûlure de l’eau dans laquelle elle s’était baignée. Mais les mots ne quittaient pas sa bouche. Ils se jetaient contre ses lèvres tremblantes sans en franchir l’enceinte. Et bientôt, les portes du pénitencier se fermeraient sur eux.
    Dans les bras de William, Sara se calmait doucement. Son cauchemar prenait des aspects de mauvais rêve qu’il vaut mieux oublier. Ses sanglots s’espacèrent, ses larmes s’asséchèrent, ses tremblements disparurent. Immobile contre le cœur du Livingstone, Sara semblait presque endormie, mais le sommeil ne viendrait pas la trouver si tôt. Elle se refusait à fermer les yeux, luttait contre Morphée et ses assauts de diable, feulait silencieusement contre la fatigue qui tentait de s’emparer d’elle. Ses efforts perdirent de la vigueur, et la chaleur traîtresse des bras de William l’apaisa un peu plus. Le revers de la médaille. Alors, Sara quitta son palais d’amour, se reculant soudainement pour retrouver le froid de la solitude, pour embrasser ses genoux comme elle l’avait fait en s’éveillant.

    -Un mauvais rêve, lâcha-t-elle sans nuance.

    Avec des airs de réalité. De mesquins souvenirs qui, dissimulés derrière les grandes silhouettes d’Hypnos et de Nyx, attendaient l’union féconde entre les deux divinités pour montrer leurs crocs acérés.
    Sara enfonça un peu plus son visage contre ses bras, formant une boule humaine, difforme et laide. Mais les mots attendus par William, Sara ne parvenait pas à les lui offrir. Elle ne savait ni par où commencer, ni par quoi finir, ni ce qu’elle devait exactement dire. Résumer cette soirée en guest star l’effroi, ou plutôt décrire la salle bondée d’acteurs sombres et terrifiants ?
    Un frisson vint perturber la boule de chair et de sueur, et Sara se surprit à répéter :

    -Juste... un satané mauvais rêve.

    Une larme roula à nouveau sur sa joue, sans pour autant déclencher des sanglots. Elle se résignait petit à petit à se taire à jamais sur cette épreuve qui l'avait pourtant bouleversée, et qui l'empêchait désormais de glisser dans ses rêves. Une de ses mains vint soulever ses cheveux blonds, et dans un murmure, elle se compromit :

    -Pourquoi moi ? Pourquoi est-ce qu'ils s'en sont pris à moi ?

    Une larme vint symétriquement tomber sur sa deuxième joue, mais il aurait fallu une injection de chlorure de sodium pour que le flot reprenne vigueur. Après la peur des images révélées par son subconscient, le chagrin, venait la colère. Et mue par un tel sentiment, parler serait certainement plus évident, voire nécessaire. Seulement, il fallait que William réussisse à trouver la clé pour libérer les mots de sa chère et tendre...
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Mar 8 Avr - 19:45

Give me your heart ♥


S'il est vrai que le sommeil est l'antidote des tourments, le souvenir lui, veille sur nos peines et les garde jalousement. Lugubre artisan des coeurs affligés, il les rejoint la nuit, sans avoir été convié. Rien ne lui résiste : ni serrures, ni verrous, ni portes, ni maisons. Il passe tout les barrages, et se glisse silencieuse entre les draps de son infortunée victime. Unis le temps d'une nuit, rien ne semble pouvoir séparer ces amants d'infortunes, rien si ce n'est peut être....

« - Sara. C'est fini, je suis là maintenant. »

Un autre. Un intrus. Une troisième entité. Un voyeur inopportun qu'on aurait pas convié. Sa présence dérange. Il perturbe l'ordre établi. Il interrompt honteuse union. Il chasse le souvenir, lui ravi sa victime, jette à terre ses desseins.
Le souvenir sent le danger. Il suffirait d'une parole, d'un murmure étouffé pour le dissiper. A la manière des rêves, les souvenirs perdent leur essence lorsqu'ils sont partagés ; leurs couleurs se fanent, leurs bruits s'estompent, leurs parfums s'éventent et tout se mélange et se brouille, sous le filtre de la lucidité.
Ce n'est plus si intense. Ce n'est plus si prenant. Et sa morsure n'est plus si vive, elle en deviendrait presque supportable. Presque. Oui, si seulement, si seulement le souvenir pouvait être partagé...

« - Ils ? Qui s'en est prit à toi, Sara ? Qu'est ce qu'ils t'ont fait ? Parle moi. »

Son ton était pressant. Presque suppliant. William avait ce pouvoir, le pouvoir de la sauver, le pouvoir de l'apaiser. Il pouvait à nouveau faire d'elle la jeune fille superbe qui avait rempli l'espace vide entre ses bras, celle qui l'avait couvert de ses regards, celle qui l'avait honoré de ses baisers. Il pouvait à nouveau faire d'elle Sara, sa Sara. Il le pouvait. Mais elle, désirait elle vraiment être sauvée ?



PS. Beaucoup de temps pour pas grand chose, promis je me rattraperais au prochain post.


Dernière édition par William Livingstone le Mer 30 Avr - 21:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Sam 19 Avr - 17:17


Nietzsche a écrit : ❝ L'absurdité d'une chose n'est pas une raison contre son existence, c'en est plutôt une condition. ❞

    Colère montait, s'arrachant les doigts sur les arêtes coupantes de la montagne. Elle gardait un œil rivé sur le sommet dont elle rêvait insatiablement. Elle avançait, déterminée, sans considérer le sang rouge qui tombait dans le vide. Ses phalanges ensanglantées, ses muscles tendus, sa mâchoire contractée. Rien ne l'aurait jamais fait faiblir. Il fallait qu'elle monte, qu'elle brave cette montagne aux allures de falaise. Il fallait qu'elle vienne détrôner Chagrin, son tout à la fois pire et meilleur ennemi. Elle l'entendait rire et pleurer en même temps, dans une plainte étrange et désagréable qui lui striait les tympans. Elle ne le voyait pas encore mais l'imaginait, bras écartés sous le ciel chargé de nuages glacés desquels tombait une bruine froide. Il était toujours comme ça, à se donner en spectacle, à s'offrir dès qu'il le pouvait, à se montrer plus fort qu'il ne l'était en réalité. Car Chagrin n'était pas aussi fort qu'elle, Colère, qui devait s'abîmer les doigts sur la roche. Lui, il pouvait apparaître sur le sommet sans souffrir, comme par un enchantement injuste. Il tombait là et il riait et pleurait de tout, désespéré. Il n'avait aucun mérite comparé à elle. Colère savait que sa force venait à chaque mètre d'altitude franchi. Elle connaissait cette puissance qui, lorsque enfin le sommet lui tendait les bras, envoyait Chagrin dans le vide. Elle avait l'impression d'être un sentiment abouti. Le plus fort et le plus violent de tous.

    Sara attendait que Colère finisse son ascension. Elle espérait qu'elle chasse Chagrin de son piédestal. Non sciemment, mais c'était le combat, la dualité qui ravageait son cœur. Le souvenir de cette main rêche et de cette haleine amère tremblerait devant la violence de Colère.

    Et tandis que les derniers mètres demandaient à Colère encore plus de courage et de volonté, on tendit une main vers elle. Une main rayonnante qui scintillait de bienveillance. Colère hésita et s'en saisit. On la tira vers le haut et elle se retrouva sur le sommet. Vaincre Chagrin était la partie la moins ardue de l'exercice. Elle l'envoya valser et prit possession du sommet pour s'y déverser.

    -Je ne sais pas. Je ne sais pas qui c'était ! Sara criait doucement, un murmure-cri que Colère avait bien voulu pousser.

    Elle essuya le tracé de ses larmes vaines sur ses joues d'un geste vif. Puis elle leva les yeux au plafond, une moue défigurant son visage paisible.

    -Je ne veux pas savoir ce qu'ils auraient fait de moi si Monsieur Melrose n'était pas intervenu. Putain, il m'a touché là (elle se griffait l'arrière du crâne comme si elle voulait ôter sa peau et la sensation qui ne la quittait pas) et je sentais son souffle sur mon visage.

    Ses doigts étaient crispés sur ses cheveux blonds, ses yeux fermés avec toute la force qu'on lui connaissait. Elle ne pouvait pas oublier. Et dieu seul savait comme elle aurait voulu en être capable.
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Mar 29 Avr - 13:07

Give me your heart ♥

La violence, n'en avait William n'avait jamais que connu plus que de doux et chastes préliminaires. Il croyait l'avoir vu, à la sortie des bar, lorsque les soulards titubants faisaient parler leurs poings, pour mieux crier leurs maux. Il pensait l'avoir épiée, dans les séries policières du samedi soir, quand les échos des balles se répercutaient entre les murs du salon familial. Il pensait même avoir flirté avec une fois, au beau milieu d'un match de football américain, juste avant qu'un carton rouge lui soit asséné. Un carton rouge sang.
Il pensait avoir déjà reçu ses baisers, il s'était imaginé recevoir ses caresses. Il avait estimé avoir déjà gouté à l'excitation que procurait ses étreintes, il lui semblait déjà s'être abandonné à ses bras. Pourtant, il n'en était rien. La violence s'était jouée de lui. Cruellement, elle l'avait laissé venir, elle l'avait vu s'approcher, lui et ses idées toutes faites, lui et ses fantasmes de noirceur. Comme un petit garçon qui voudrait déjà agir comme un grand. Mais il n'était rien de tout cela. Ni noir, ni grand, ni violent. Et elle en avait joué, parce qu'il l'amusait au fond. C'est vrai, c'était drôle de voir avec quelle assurance il pensait la connaître, il croyait pouvoir la définir et l'attraper, la séduire jusqu'à l'assujettir. Et qu'il était risible de penser qu'elle aurait put se laisser prendre, si facilement ! Des garçons comme lui, elle en avait vu passer, la violence. Mais ils ne les intéressait pas. Elle ne les regardait même pas. Car ils ne pouvait la comprendre, ils ne pouvaient l'accueillir, ils ne pouvait l'abriter en leurs poitrail. Ils ne comprenait pas qui elle était, ils ne savait pas qu'elle n'apparaissait pas uniquement au milieu de sang et de cris, des combats et des coups, qu'elle était plus, ô combien plus que ça ! Ils ne pouvaient s'imaginer qu'elle prenait vie parfois sans fracas, qu'elle naissait dans le silence et le calme profond. Qu'elle se nourrissait de la peur et du souvenir, qu'elle puisait sa force dans le silence des victimes. Ils ne pouvaient comprendre à quel point elle était là, partout, dans les bleus que l'on cache, dans les mots que l'ont tait et qu'on aimerait crier.
Dans les mots qu'elle avait crié.

Horrifié par les mots qu'il entendait sans comprendre, William cilla, traduisant le vacillement intérieur dont il était en proie. Devant lui, Sara et sa décrue décroissante de larmes, Sara avec sa rage dissimulée. Il pouvait lire dans son regard tout le dégout qu'elle lui taisait, tout ce qui ne l'avait jamais vraiment quitté depuis cette nuit.

« - Sara. Raconte moi ce qui s'est passé.  »

Une agression. C'était ça, hein, pas vrai ? Une agression. Une de plus. Cette idée avait suffit pour immobiliser le coeur de William dans un battement douloureux. Une seconde, une seule, son coeur avait cessé de battre, avait que sa raison ne reprenne le dessus. Mais non, voyons. Non. Ils étaient plusieurs. Plusieurs. Il s'emballait pour rien, laissant son imagination reprendre le dessus sur une histoire dont il ignorait tout. Il tentait de se rassurer, de panser au mieux son coeur anxieux avec un patch analgésique, puis se ravisa ; elle en aurait surement plus besoin que lui.

La nuit referma alors ses bras sur leurs confidences, emportant avec elle l'écho de leurs murmures...
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MessageSujet: Re: Give me your heart. ♥ / Will Ven 16 Mai - 13:11


Nietzsche a écrit : ❝ L'absurdité d'une chose n'est pas une raison contre son existence, c'en est plutôt une condition. ❞

    Colère donnait de l'énergie à Sara. Elle l'empêchait de s'endormir, de faiblir. Mais de ce fait, Sara était incapable d'oublier. Les souvenirs venaient la troubler, mécréants et vicieux, chaque fois qu'elle fermait les yeux. Ils la hantaient, la malmenaient, et elle se battait de toute ses forces contre eux, mais ils restaient, inexorablement, bien plus forts qu'elle. Les réminiscences de cette main glissée illégalement dans ses cheveux, de ce regard brûlant, de ces mots prononcés avec tant de malsain qu'ils lui donnaient envie de vomir, et de ce souffle sur ses joues glacées par la nuit et l'effroi. Elle n'oubliait rien. Rien de leurs sourires. Rien de la peur qui l'avait tétanisée. Rien de sa propre voix lorsqu'elle avait tenté de se sortir de leurs griffes. Elle se souvenait aussi des larmes, du chemin de chacune d'entre elles sur son visage gelé, du réconfort de Monsieur Melrose, de ses gentilles paroles.
    Et parce qu'elle s'en rappelait si bien, il ne fut pas difficile de le raconter à William. Le plus dur, c'était de ne jamais céder à l'impulsion de ses mots qui, galvanisés par Colère, passaient des murmures de la nuit aux rugissements de l'océan. D'une seconde. Mais impossible de l'arrêter. Sara avait mal, Sara voulait parler, Sara voulait se libérer de ce fardeau. Libérée, délivrée.

    Les heures qui suivirent furent ponctuées de larmes, de mots à mi-voix et de soupirs, de tremblements et d'amour. Une vague de passion déchaînée qui scella un secret entre leurs deux cœurs.
    Sara avait senti le fébrilité de William. Il n'avait certainement pas voulu qu'elle la perçoive mais dans ses gestes, dans ses mots, destinés à la rassurer, Sara entrevoyait sa gêne de n'avoir été là. De n'avoir rien fait, rien su. D'avoir été impuissant. Pour William Livingstone, c'était inconcevable. Sara espérait que sous ses craintes nombrilistes, le jeune homme s'inquiétait réellement pour elle. Elle était en réalité sûre que c'était le cas mais le manque de confiance qui régnait sur son âme peinait à la convaincre en tous points bons points.
    Lorsque les complaintes auditives cessèrent, il était près de cinq heures du matin. Le soleil printanier glissait tendrement sur l'Est, embrassant l'horizon d'un délicat bleu pervenche. A travers la fenêtre et les rideaux, le monde s'éveillait sur un jour nouveau. Un jour où Sara ne portait plus seule son fardeau. La peur de la nuit, la peur du silence. Ils la partageaient désormais.


FIN DU RP
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