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Je pense, donc je fuis. [ Tara & Andy ]

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MessageSujet: Je pense, donc je fuis. [ Tara & Andy ] Jeu 5 Juin - 16:35



Je pense, donc je fuis.

Ma silhouette file parmi les ombres.
Je remonte la ruelle à contre courant, poursuivie par les premières clartés qui viennent ébrécher les ténèbres nocturnes. Tout se passe très vite ; chaque nouveau matin balaye la nuit précédente. C'est comme ça, c'est la règle. C'est une routine familière auquel on ne peut se soustraire. Depuis des lustres, la lumière succède aux nuits, elle les efface pour toujours. Comme un coup d'éponge sur l'ardoise. C'est une absolution silencieuse, un nouveau départ. On passe sous silence les désordres de la nuit, les feulements étouffés dans de trop nombreux bras, les gorges enfumées aux relents de l'alcool. On oublie. Page blanche. Une nouvelle journée reste à écrire. Mais je le sais, aujourd'hui, ce ne sera pas à moi d'y apposer mon point final.

Fuyant les lueurs vacillantes des réverbères, mes pas me portent tout seuls jusqu'au Dancing. Ils souviennent de tout : de l'écho de mes pas contre le béton défoncé, des nids-de-poule qui font vaciller mes chevilles, des phares des voitures qui m'enveloppent, me donnant des airs de bête sauvage que l'on surprend sur le bord de la route. Peut-être pas si éloigné de la réalité, finalement. Wild Andy. Je me suis glissée hors de ma tanière, à la recherche de la seule chose pouvait apaiser l'insomnie qui me dilatait les pupilles. Elle. C'est elle que je suis venue chercher.
Elle, c'est cette fille sortie de nulle part, comme une idée entêtante, qui tourne en boucle dans mon esprit. Elle revient au moment où je m'y attends le moins, par flashs. Je crois qu'on appelle ça une réminiscence. Oui, je crois bien que Tara est ma réminiscence. Sa foutue image s'est imprimée sur ma rétine, et elle ne veut plus partir, elle ne veut plus me foutre la paix, et pourtant dieu sait que j'essaye de la faire dégager, de la foutre dehors à coups de balais. J'veux juste qu'elle me laisse dormir, qu'elle arrête de me rendre des visites surprises pour me faire culpabiliser, j'en ai marre de ses pincements au coeur, de cette culpabilité mal placée. J'veux mettre fin à ce malentendu, que la vie puisse reprendre son cours, que je puisse recommencer à rêver. Après tout, j'ai rien demandé, moi. Qu'est ce que j'y peux, si une fouine du quartier me prête de bien vilaines attentions ? J't'en foutrais moi, des Dirty Secret. Et puis d'abord qu'est ce que tu m'veux ? T'arrives trop tard. J'ai plus rien moi, j'ai que la peau sur les os.

J'ai pas fermé l'oeil depuis deux jours et je croule de fatigue, ma tête tourne un peu, il y a toutes ces lueurs qui vacillent au dessus de ma tête mais je m'en fous, je continue, je continue à me glisser entre les ruelles, encore et encore, entre les voitures, le rythme s'accélère, y'a le bruit des moteur, et celui de la rue, y'a la clameur du petit matin et le grésillement des néons, tout est figé entre le jour et la nuit et j'ai l'impression d'être dans un rêve, un fichu rêve dont on ne se réveille pas, le sang bat à mes tempes, c'en est presque douloureux, je regarde sans comprendre les enseignes lumineuses, avec la béatitude d'un enfant qui voit tout ça pour la première fois, je regarde le tabac, le PMU, la pharmacie de garde, je regarde que ça, leurs lettres lumineuses qui glissent de gauche à droite, qui glissent et se mélangent, qui s'entrechoquent entre elles avant se se fondre ensemble, dans une même masse poisseuse dont ne ressort aucun sens, aucun bruit, aucun cri.

Je ferme les yeux très fort pour que tout s'arrête. Les ronronnements des voitures. Les premiers volets qu'on ouvre. Les pas traînant des derniers noctambules, prêts à gagner leurs lits, et de ceux des plus pressés, qui viennent tout juste de le quitter. Tout cette mélodie étouffée qui me gagne peu à peu. Les bruits de la ville se mêlent aux battements endiablés de mon coeur. Les bruits de la ville deviennent peu à peu les bruits de la vie.

Quand j'ouvre à nouveau les paupières, le Dancing est là. Je ne me souvient plus comment je suis arrivée ici, quels détours, quels chemins dérobés mes pas ont emprunté, mais je suis là, et c'est tout ce qui m'importe. Je fais le tour du bâtiment, effleurant le crépit du bout de mes doigts. Les milliers de picots m'effleurent la main, mais ce n'est pas grave. C'est un désagrément supportable, auquel je peux mettre fin à tout moment.

Perdue dans mes méditations architecturales, je sursaute en entendant la plainte métallique qui annonce l'ouverture de la lourde porte de service. Une silhouette s'en extirpe et avant même que j'aperçois son visage, il me semble l'avoir déjà reconnue. Tara. Tara est là.

Paquet de sang contre ma poitrine.
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