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"Quand je serai grand, je voudrais devenir..." [Allie ♥]

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MessageSujet: "Quand je serai grand, je voudrais devenir..." [Allie ♥] Mar 15 Juil - 3:45


Février 2014
Résidence des Danielson-Dikens
10h00



La dernière année de lycée était la plus stressante de toutes. Ça signifiait la fin d'une histoire de notre vie, la fin de l'adolescence, les notes les plus importantes - celles qu'on enverra à l'université pour être jugé de notre avenir - et, enfin, elle signifiait notre dernière chance de définir notre avenir. Parce que choisir son futur-métier était une étape primordiale de tout lycéen finissant, mais choisir son université l'était tout autant. Chaque université avait sa réputation, son expertise, ses clubs, ses fraternités, ses fêtes. Et ses étudiants. Que serait une université sans ses étudiants? Sans le désir des jeunes à apprendre, encore et toujours?

Desmond savait qu'il allait aller à l'université. C'était une évidence: découvrir un nouvel environnement, connaître de nouvelles personnes, apprendre de nouvelles choses. Mais, avouons-le, il craignait de perdre ses amis. Amis dont l'amitié est plus importante que tout. Ils étaient peu nombreux, mais il voulait tous les avoir à ses côtés dans cette nouvelle étape de sa vie - mission impossible? Ça restait à voir. Les inscriptions universitaires prendraient fin bientôt et Desmond n'avait toujours pas fait son choix: quelle université, quel cursus? Et il savait que sa meilleure amie depuis toujours son arrivée, Allie Melrose, en était au même questionnement. Ils s'étaient donc donnés rendez-vous en ce samedi matin chez les Dikens pour faire leurs recherches et commencer officiellement leurs démarches d'inscription.

Dédé commençait à s'impatienter, installé dans sa chambre. Tout était sorti et étalé sur son lit: pamphlets d'universités, formulaires d'inscription, description des programmes offerts. Il avait mal dormi cette nuit-là, ses réflexions sur son avenir le tourmentant sans cesse depuis quelques temps. Puis quelqu'un entra dans sa chambre: Allie! Depuis le temps, Dédé lui avait bien fait comprendre qu'elle pouvait entrer sans problème dans sa maison, puisque tout le monde se fichait bien des fréquentations du jeune homme - et avec tous les ados dans la maison, un de plus ou un de moins ne faisait aucune différence. L'adolescent, assis sur le lit, se décala un peu sur la droite pour laisser de l'espace à son amie pour s'installer à côté de lui. "Salut Al'! Installe-toi, qu'on se mette à désespérer sur notre avenir et sur l'immense choix que les universités nous offrent comparé à la petitesse de notre existence." Al' était un surnom que seul Dédé pouvait utiliser, et c'en était autant pour Allie qui lui avait trouvé un surnom utilisé par elle seule. "Tu veux un truc à manger avant de commencer? Personnellement, mon estomac est noué depuis des jours, je dépéris à vue d'oeil." La joie d'être un lycéen en dernière année.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: "Quand je serai grand, je voudrais devenir..." [Allie ♥] Jeu 17 Juil - 22:34



"Ton avenir tu choisiras". Ainsi soit-il. Allie Melrose avait reçu l'arrivée des inscriptions comme un coup de massue. Un coup fatal, qui plus est: elle n'avait été capable que d'entrouvrir la bouche, interloquée, quand on avait commencé à lui procurer des formulaires d'orientation. Quoi, déjà? On lui avait pourtant dit qu'elle avait le temps... apparemment c'était faux. Encore un mensonge. Résultat, elle écumait les brochures et les salons étudiants à un rythme frénétique, ressortant toujours plus perdue qu'en arrivant. À chaque fois qu'elle parvenait avec déchirement à éliminer une option, trois autres qu'elle n'avait jusque là pas envisager se présentaient à elle. Plus le temps passait, plus l'angoisse lui faisait perdre ses moyens, au point que même les certitudes qu'elle pensait avoir en début de course étaient maintenant de vague points flous à l'horizon. Allie n'avait jamais envisagé de faire policier, moins encore esthéticienne. Pourtant elle se surprenait à penser que, peut-être, ce n'était "pas si terrible d'enlever les poils des gens". Elle ne voulait bien entendu pas se lancer dans le droit, trop barbant à son goût, et pensait maintenant qu'elle pouvait y trouver des spécialisations intéressantes.

Social ou sociétal? Ingénierie ou sciences douces? Maths ou Philo? Elle était une adolescente: par définition, elle était perdue et le simple fait qu'elle puisse parfois se montrer plus réfléchie que certains de ses camarades ne lui permettait pas pour autant de s'offrir le luxe d'être clairvoyante quant à son avenir. Elle s'était tuée à la tâche, avait révisé des heures et des heures durant pour avoir un maximum de choix et la fatalité lui sautait à la gorge: l'homme est condamné à être libre. C'était de Jean-Paul Sartre. Si elle avait toujours aimé la sonorité et le fond de vérité de la pensée, elle n'en avait encore jamais eu une approche empirique. Que le père de l'existentialisme se rassure, c'était chose faite!

Son seul point de repère, dans ces instants de doute, c'était de voir ses amis. Par ses amis, elle entendait les personnes dont elle était le plus proche, notamment Sara et Desmond. Il n'y avait qu'eux qui pouvaient à peu près la calmer en comprenant -et partageant, même- ses doutes. Elle ne voulait pas les perdre. Encore trop plongée dans le papier glacé des pamphlets universitaires pour regarder droit devant elle, la petite Melrose n'envisageait encore que très partiellement ce qu'une séparation physique représenterait pour elle. Quelque part, il y avait un mur entre chaque étape: trouver son université d'abord, réaliser qu'on doit dire au revoir après. D'ailleurs, au fond, pour être tout à fait honnête, à chaque fois qu'elle commençait à envisager de devoir perdre ses amis, elle se conforter dans l'illusion un peu utopiste qu'il existait une probabilité non nulle pour qu'ils se retrouvent dans la même université. Pourquoi pas, après tout?

Ainsi, c'est toute perdue et pleine d'espoir que Allie se rendait chez Desmond. Après une nuit agitée, elle avait eu du mal à ouvrir les yeux pour être fin prête à 10 heures -elle était d'ailleurs un peu en retard- et était tiraillée entre la volonté de sourire à l'idée de voir son meilleur ami et celle de pleurer en vue du sentiment d'angoisse qui allait bientôt s'emparer d'elle. C'était comme si le sol se dérobait sous ses pieds. Plus rien qu'un vide intersidéral dans la seule perspective duquel elle se noyait déjà. Et elle suffoquait.
Déglutissant difficilement, la lycéenne entra chez son ami, comme il l'avait autorisée à le faire. Lui aussi avait une famille assez étrange et, pour tout dire, Allie n'avait seulement pas peur de déranger puisqu'elle avait le sentiment de passer inaperçue à chaque fois -c'était bien mieux comme ça. Il y a deux types de parents à éviter: ceux qui sont trop distants et ceux qui ne le sont pas assez. Ils connaissaient l'un et l'autre. « Hey Lady D. » Arrivée dans sa chambre, Allie prit place à ses côtés. Elle s'était préparée à déprimer comme jamais -ou comme toujours- mais à peine était-elle arrivée que Desmond arrivait à lui arracher un sourire amusé, au travers de sa mine renfrognée. Lady D. Elle était la seule à l'appeler comme ça. Elle avait déposé un brevet, un copy-right et tout le tralala dans 25 Etats différents -plus un au Mexique. Si quelqu'un lui prenait ce surnom, elle lui prendrait la vie. Elle avait toujours des réactions très mesurées, c'est ça qui était chouette. « C'est vrai, tu fais maigrichon. » Affirma la jeune fille tant pour le taquiner que parce qu'elle le pensait. « Pas trop faim non plus... cela dit si tu as du chocolat... j'ai lu quelque part que c'était un antidépresseur efficace parce qu'aidant à la production de dopamine. Apparemment il va nous en falloir beaucoup. » Elle fit la moue, soupirant douloureusement. En jetant un oeil autour d'elle, Allie aperçut les nombreuses brochures qu'ils allaient écumer. ça allait être difficile, mais elle espérait toujours, pourtant, que quelque part sous ce tas de glossy-pamphlets, son rêve l'attendait bien sagement. Il n'est pas difficile de marcher quand on sait où on va. "Quand tu t'aventures au-delà de toute lumière familière, de deux choses l'une: tu trouveras quelque chose de solide sur quoi t'appuyer; ou tu apprendras à voler".

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MessageSujet: Re: "Quand je serai grand, je voudrais devenir..." [Allie ♥] Dim 20 Juil - 18:06


La simple vue de cet impressionnant nombre de dépliants donnait à Desmond la chair de poule. Tant de choix, tant de branches possibles, et pourtant une seule vie à vivre... Et il devait faire ce choix à dix-sept ans. On jetait les adolescents dans la gueule de la dure réalité, en fait. Autant qu'à l'époque des grands-parents et des arrières-grands-parents, le choix était simple - soit tu suivais les traces de ton père si tu étais un homme, soit tu restais à la maison si tu étais une femme -, autant l'évolution de la société te rendait capable de faire l'impossible, mais l'impossible était vaste. Si vaste. Sans limites, sans balises. Personne pour te diriger - à part le médiocre conseiller d'orientation du lycée qui te donnait des possibilités si nombreuses qu'on en revenait au point de départ. Il fallait suivre son instinct de pré-pubère. Oui, le même qui te donnait une érection en plein milieu d'un oral sur la seconde Guerre mondiale. C'était lui qui, au final, déterminait ton choix définitif de carrière. Voilà qui était tout sauf encourageant.

Mais Allie était arrivée, enfin. S'il y avait bien un point positif à cette nouvelle famille & cette nouvelle vie, c'était bien les rencontres qu'il eut l'occasion de faire. La Melrose faisait partie des premières personnes que Desmond rencontra dans le quartier. Et aussitôt, ils s'étaient bien entendus: il fallait dire que leur éternel pessimisme envers l'humanité ainsi que leur désir commun de solitude les avaient étrangement rapprochés. Il rencontra également des amies de cette dernière, dont Grace - même si Dédé ignorait encore comment définir sa relation avec la blondinette, à part 'compliqué'. Bref, c'était grâce à Allie que Dikens avait pu former des liens avec les voisins - parfois des liens plus forts que ceux qu'il entretenait avec sa 'famille'. Al' était une des seules qui comptaient réellement à ses yeux et sans qui le jeune homme ne serait rien. D'où sa présence calmante en cette journée décisive, et il s'en réjouissait. L'un allait être là pour l'autre, ils s'entraideraient à trouver le bon parcours professionnel et la bonne université - en espérant qu'ils choisissent la même. Le dénommé Lady D. esquissa un sourire à l'écoute de son fameux surnom. Allie y était allée fort sur celui-là! Et il était resté. "Si tu parles de chocolat déjà à cette heure, je ne risque plus d'être aussi maigrichon! Je dois en avoir dans ce tiroir..." Desmond s'étira jusqu'au tiroir de sa table de chevet où il réussit à extirper deux barres de chocolat sous une pile de feuilles, déchets, chaussettes et autres trucs inutiles. "Tenez, madame la future médecin, une imposante dose de dopamine tel que prescrit. Pas de surdose, surtout." Dit-il en tendant une des barres de chocolat à sa meilleure amie. Tout comme le jeune homme, Allie n'avait aucune idée du type de métier qu'elle voulait faire, son but aujourd'hui était d'en trouver un et c'était très stressant. Le plan de Lady D.: la détendre. Défi impossible, mais il était prêt à tout pour le réussir. "Mais laisse-moi deviner: médecin, ça serait trop barbant pour toi? Tu veux un métier avec de l'action, des nouveaux défis tous les jours, un soupçon de paperasse et une bonne reconnaissance sociale, right? Ça te dit qu'on finisse tous les deux sur l'assistance sociale et qu'on passe notre temps libre à faire du bénévolat pour les plus démunis/les enfants/les monoparentaux/les maladies mentales? Ah, non, ce n'est pas assez payant." Desmond prit une bouchée de sa barre chocolatée en soupirant: trouver le métier parfait allait être complexe.
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MessageSujet: Re: "Quand je serai grand, je voudrais devenir..." [Allie ♥] Mer 30 Juil - 23:06



Je suis le maître de mon destin, le capitaine de mon âme. Si d'aucun trouvaient la liberté grisante, Allie la craignait tant qu'elle la priait. Elle s'en revendiquait, cherchait à la conquérir par tous les moyens possibles, commençaient à voir quelles universités pourraient lui permettre d'obtenir un maximum d'indépendance -les plus lointaines, pour des raisons financières notamment- et pourtant quand on lui demandait de choisir parmi les possibilités, elle restait sans voix. Sans voix devant le premier infini qu'on lui demandait de compter. Elle l'avait vu en mathématiques: elle ne ferait que tendre vers la considération de la totalité des options, mais jamais elle ne les envisagerait toutes. C'était peut-être mieux étant donné que trop de choses lui plaisaient déjà modérément, et pourtant elle tendait à croire en la possibilité que le parcours idéal pour elle se trouvait au rang infini-1. Et si c'était le cas, elle serait bien baisée de s'arrêter de se prendre le chou après 248 considérations.

Heureusement, Desmond allait l'aider. Il n'avait pas de baguette magique, il en était d'ailleurs à peu de choses près exactement au même point qu'elle; seulement elle avait le sentiment qu'il la connaissait peut-être mieux encore qu'elle ne se connaissait, qu'il saurait lui faire voir les choses sous un autre angle et que, à défaut de ne le faire, il parviendrait au moins à la soutenir psychologiquement, puisqu'ils étaient dans le même bateau, dans la même galère, dans la même crainte inéluctable et dévorante. En parlant de dévorer, Lady D avait dans un tiroir, sous deux trois paires de chaussettes qu'Allie espérait propres, deux tablettes de chocolat. C'était toujours plus simple de combattre le ventre plein, toujours plus difficile à la peur de les réduire à néant s'il fallait pour ce faire manger, en plus de leurs deux bras et deux jambes respectifs, plusieurs carreaux de chocolat. Si elle savait la théorie tout à fait bancale, Allie se réfugiait derrière la preuve scientifique que les hormones pouvaient, sinon contrôler nos humeurs, au moins les influencer. « ça te fera du bien, les filles n'aiment pas les maigrelets. Enfin il paraît. » Allie, elle, elle n'aimait ni les maigrelets, ni les gros, ni les musclés ni les gras. Un homme était un homme, un humain capable du pire pour peu qu'on le place dans une situation un tantinet délicate -même pas, parfois. Les personnes à qui elle faisait entièrement confiance se comptaient sur les doigts d'une main, et Desmond en faisait partie. Quoi qu'il en soit, jamais elle ne considérerait une personne pour sa forme corporelle -pas quand il y avait des centaines de millions de germes de possibilités de faire le Mal en elle. « Tu veux que je demande à Grace ce qu'elle préfère? » Demanda la jeune fille d'un air énigmatique et moqueur à la fois, comme si elle le disait pour plaisanter alors qu'en réalité elle en voulait vraiment à son amie de faire souffrir le seul mec digne de confiance dans le bahut. Elle oublia sa rancœur pour rire à l'appellation dont Desmond l'affabula. « Si si, les surdoses sont recommandées, je t'assure. C'est qui le médecin ici, hm?! » Si elle jouait le jeu, elle savait pertinemment qu'elle ne serait pas médecin. Dédier son existence à sauver des gens qui, eux, la détruiraient à la première occasion? Quelle drôle d'idée. Écoutant attentivement ce que disait 3D, Allie fronça légèrement les sourcils. Finalement, malgré son ton nonchalant, il disait vrai: il fallait établir des priorités: voulaient-ils être bien payés ou passionnés? préféraient-ils s'ennuyer un peu dans un bureau ou bouger au point de ne plus savoir où ils habitaient? Tout était dans la modération et le problème d'Allie, c'était qu'elle aurait voulu répondre "ça dépend" à toutes les questions qui auraient pour but de classifier les métiers qui lui conviendraient. « Pas médecin, non. J'aime bien le bénévolat mais on ne peut pas faire que ça, c'est certain. Par contre la reconnaissance sociale, très peu pour moi. Mes parents ont une bonne situation sociale et ce n'est pas pour autant que je les estime, tu vois? J'ai plutôt tendance à me dire que ceux qui réussissent dans la vie ne réussissent presque jamais leur vie... tu me suis? » Allie regarda Desmond droit dans les yeux quelques secondes, comme si elle essayait de sonder son âme pour comprendre quelle direction il devait prendre. Voyant que sa technique d'apprentie-voyante ne marchait guère, elle se ravisa et opta pour une nouvelle tentative de démystification infructueuse qui passerait par l'ironie la plus complète. « Toi je te vois guichetier. Ou vendeur. En tout cas il faut absolument que tu sois en contact avec des gens -le plus possible. Tu dois pouvoir observer chaque misérable et étrange spécimen d'une humanité dont tu n'oses même pas imaginer la moitié des vices. »
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MessageSujet: Re: "Quand je serai grand, je voudrais devenir..." [Allie ♥] Jeu 7 Aoû - 3:09


Avoir de la nourriture dans son tiroir pouvait paraître bien dégoûtant pour toute autre personne normalement constituée, mais ça avait un avantage indéniable: ça évitait à Desmond de croiser un quelconque membre de sa chère famille. Au moins une fois par semaine, il faisait le plein de son garde-manger personnel lorsque la résidence familiale était vide et s'assurait que la nourriture ne devenait pas avariée. D'ailleurs, ces barres chocolatées étaient les dernières choses qui restaient dans sa chambre; un remplissage s'imposait bientôt. Mais ça attendra un peu: il pourrait bien le faire tout de suite si la maison était vide - Dikens ne le savait même pas, preuve de son niveau d'intérêt envers sa famille -, mais Allie Melrose était à ses côtés. Être en compagnie des membres de la maison quelques secondes était un maigre sacrifice à faire s'il pouvait côtoyer sa meilleure amie le plus longtemps possible. La nourriture peut attendre: choisir son avenir en compagnie d'une des personnes auxquelles on fait le plus confiance, non. La bouche remplie de dopamine sucrée, Desmond roula des yeux à l'évocation du fait que les maigrichons avaient moins la cote. Il s'en fichait à un peu, du regard des filles à son égard - quoique le mot 'Grace' réussit à lui faire avaler son chocolat de travers - et il savait qu'Allie était la dernière personne à l'informer des goûts féminins sur ce sujet. L'adolescent se demanda quel type de gars serait susceptible de faire tomber Allie Melrose amoureux, mais une évidence s'imposa aussitôt à lui: Allie Melrose n'avait pas la faiblesse de tomber amoureux. Elle était trop désillusionnée par la vie, par les gens pour les aimer d'amour. Desmond, lui, avait encore cet espoir, aussi infime soit-il, que les humains étaient bons, qu'ils valaient la peine qu'on les aime. C'était ce qui différenciait les deux amis le plus. Et c'est ce qui les emmenait à avoir de légers différends de temps à autre - le cas de Grace en était un excellent exemple. "Ce n'est pas nécessaire, je sais déjà ce qu'elle ne veut pas: moi. Les bêtes de foire font partie d'emblée de sa liste des personnes à ne pas aimer." Les bêtes de foire étaient des personnes rejetées que les autres regardaient de haut: exactement son impression lorsqu'il était au lycée. Vivement le mois de juin: cet enfer finira au profit de l'enfer universitaire. Restait à savoir lequel il allait regretter le plus.

Prenant une autre bouchée de sa barre chocolatée, Dédé écouta Lord Al' (moi c'est Lady, alors toi c'est Lord, voilà) déblatérer contre la reconnaissance sociale - l'adolescent a eu l'erreur de croire que ça valait quelque chose pour son amie. "Certes. Donc, tu ne veux pas réussir ta vie: je note." À suivre la logique d'Allie, on ne peut réussir sa vie que si ce n'est pas notre but principal. La morale: faire ce qu'on aime. Mais Dédé ne pourra pas passer sa vie à jouer aux jeux vidéos, quand même! Pour l'aider à son tour, son amie le scruta pour voir le métier que son âme désirait plus que tout, sans succès; elle y alla donc selon une liste aussi absurde qu'immonde. L'adolescent ne put s'empêcher de rire à l'évocation de ces métiers qui le répugnaient. "Aucune chance! Mon Grincheux intérieur aura tôt fait de vouloir frapper tous mes clients et adieu mon boulot parfait. J'aime bien travailler avec les morts, eux au moins ils ne me parlent pas." Dikens aimait son morgue d'assistant à la morgue, certes, mais en ferait-il un emploi permanent? Il n'en avait aucune idée. "Et si tu travaillais avec les animaux? Ils ne sont pas envahis par les vices humains, ils ont de l'amour inconditionnel à donner à ceux qui savent bien s'en occuper. Mais ils puent. Chaque chose a son désavantage." Les animaux ne puaient pas tant que ça, mais Dédé devait anticiper les paroles de son amie et lui présenter tout de suite l'aspect négatif de la chose.
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MessageSujet: Re: "Quand je serai grand, je voudrais devenir..." [Allie ♥] Sam 6 Sep - 20:25



Admirant la technique de son amie, Allie songea qu'elle devrait elle aussi penser à faire des provisions dans le salon pour vivre en autonomie dans sa chambre, au moins le temps de partir far far away. D'ailleurs, pourquoi n'y avait-elle jamais pensé? Desmond Danielson-Dikens devait être une sorte de génie.

Un génie que les filles n'aimaient pas forcément. Allie ne comprenait d'ailleurs pas très bien, mais alors même qu'elle n'avait pas eu le temps de réellement se poser la question, elle avait remarqué que son amie Grace jouait les garces. Honnêtement, elle n'avait pas trouvé d'autre mot: elle prétendait être proche de Desmond lorsqu'ils étaient seuls et le dénigrait par la suite d'une manière qui répugnait une jeune fille qui l'estimait plus que la plupart des humains qu'elle avait rencontrés. Aussi haussa-t-elle une épaule au ton résigné du jeune homme, croquant dans le chocolat d'un air quasi hautain. « Tu ne devrais pas la vouloir non plus, elle n'en vaut pas la peine. T'es une adorable bête de foire, si elle ne s'en rend pas compte, tant pis pour elle. » En toute honnêteté, Allie avait été vraiment déçue du comportement de miss Hoskins. Après tout, elle n'accordait pas sa confiance facilement, et si Grace l'avait obtenue, c'était en théorie qu'elle en était digne -chose dont la cadette Melrose doutait réellement à cet instant.

Cependant, la nécessité du moment n'était pas tant de déblatérer sur une blonde qui cherchait à être populaire que de décider de son avenir. Mission autrement importante. Ainsi Allie, comme à son habitude, exposait ses principes hautement philosophiques, ceux-là même qu'elle avait du mal à accorder à sa réalité. Résultat, Desmond estimait qu'elle ne voulait pas réussir sa vie. Riant d'un air moqueur à cette affirmation, la blondinette attrapa le coussin qui se trouvait à côté d'elle et le lança sans trop de conviction vers Lady D. « T'es débile, t'as rien compris! C'est pas du tout ce que j'ai dit, bien sûr que si je veux réussir ma vie. Mais je veux la réussir comme je l'entends, pas en reprenant l'hôtel de mon père ou je ne sais quelle bêtise... » En attendant, ils pédalaient dans la semoule. Malgré leur volonté, ils avaient du mal à se décider et, à défaut de trouver l'idée parfaite pour son meilleur ami, Allie s'évertua à lui énumérer des métiers dont elle était certaine qu'ils les exécrerait. « Ew. C'est un peu glauque la mort... mais c'est vrai qu'au moins, tu n'as pas à supporter feue leur lamentable bassesse. Mais... tu te verrais faire ça toute ta vie? » À dire vrai, Allie pouvait avoir l'air terriblement prétentieuse, à l'entendre parler. Elle se savait fière, mais estimait cependant qu'elle ne se considérait pas réellement supérieure à d'autres; elle se contentait de remarquer combien la plupart des personnes flirtaient avec les valeurs négatives sur l'échelle de l'estime qu'elle leur consacrait... échelle sur laquelle elle-même n'avait jamais vraiment su se placer, mais c'était une autre histoire. Réfléchissant à l'option que lui exposait Desmond, Allie la reçut comme la première proposition recevable d'une après-midi qu'elle espérait fructueuse. « Ce n'est pas faux... ça pourrait être bien. » Elle fronça légèrement les sourcils, un petit rictus fendant ses lèvres lorsqu'il évoqua leur hygiène parfois douteuse. « Cela dit, outre leur odeur, je me dis que ça doit être difficile de trouver un métier qui permette de s'en occuper, non? Genre, à part vétérinaire... » Soupirant en réalisant que, malheureusement, Desmond avait raison en affirmant que "chaque chose a son désavantage", Allie fit la moue quelques instants. « Toi, tu pourrais concevoir des jeux vidéos? ça doit bien exister, il doit bien y avoir quelqu'un qui fait ça... le problème c'est que d'après ce que j'ai compris, ce n'est pas très drôle de les coder. Par contre tu pourrais faire scénariste. Ou testeur, comme dans Big, mais ça je crois que c'est un peu utopique... » Cela dit, il y avait peut-être une maigre chance pour qu'il y arrive, non? Non, pas vraiment... en revanche, elle croyait dur comme fer en sa théorie scénariste ou quelque autre métier gravitant autour de la sphère du jeu vidéo.
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MessageSujet: Re: "Quand je serai grand, je voudrais devenir..." [Allie ♥] Jeu 18 Sep - 16:45


Ne pas la vouloir. C'était facile à dire, ça. Très facile. Mais le faire? Mettre de côté ses sentiments en un simple claquement de doigts? Oublier quelqu'un qui affecte vos pensées à toute heure du jour? Nier jusqu'à son existence? Impossible. Mais Allie ne comprendrait pas le haut niveau de difficulté que de cesser d'aimer un être qui nous est cher. C'était logique, certes. Grace lui donnait tant d'espoirs qui, au final, ne menaient à rien. Elle avait honte de lui, de sa présence. C'était la personne de Desmond qui la répugnait, il le savait trop bien. La logique serait donc de faire comme Allie lui disait: l'oublier, cesser de rechercher son amour. Mais c'était si difficile! Dédé cherchait à s'accrocher à une parcelle d'amour, aussi vain était le geste, aussi peu réciproques étaient les sentiments. Bref, il ne comptait pas baisser les bras aussi facilement. "Tu es gentille Allie, mais ce n'est pas aussi simple. En fait... hum... je prévois l'inviter au bal des finissants." Desmond se sentait stupide d'avoir honte de ses paroles. C'était une demande importante pour lui, pour voir s'il a vraiment des chances avec Hoskins. Il espérait que sa meilleure amie comprendrait l'importance de cet acte, d'autant plus que l'idée venait de Desmond Dikens, l'adolescent le moins porté à aller à un quelconque bal lycéen.

Heureusement, l'ambiance devint moins pesante pour le Dikens quand ils se mirent à la recherche de leur avenir. Le sujet était plus sérieux, mais au moins ils ne parlaient plus de sentiments, d'émotions et autres sujets délicats. Allie lui lança même un oreiller - avec peu de force, digne d'une fille (a) - lorsque Dédé insinua qu'elle ne voulait pas réussir sa vie. Il se mit à rire devant le rire fort contagieux de sa meilleure amie - elle avait ce don prodigieux d'effacer toute froideur chez le Dikens. "Rooh mais je rigolais, voyons! De toute façon, tu es trop intelligente pour gérer un hôtel, ça serait une perte pour l'humanité." Ses dernières paroles le firent réfléchir et il y pensa en terminant sa barre chocolatée. Tout en continuant sa réflexion, Allie lui parla d'avenirs potentiels pour lui. Travailler avec les morts toute sa vie? "Pas vraiment. Je trouve ça intéressant de voir M. Spencer doser les liquides, me parler des conséquences d'un mauvais dosage de formaldéhyde, mais fréquenter quotidiennement des cadavres ne me passionne pas tant que ça." Puis Desmond lui parla du métier de vétérinaire, semblable en fait à cellui du travail à la morgue - l'euthanasie des animaux était fréquent.  Il n'avait pas pensé à cet aspect avant d'en parler, mais c'était un dure réalité de ce métier. Son amie sembla y réfléchir, mais il était vrai qu'à part vétérinaire, les opportunités étaient minces. "Tu as raison. Moi non plus je vois peu de choix de carrière à part vétérinaire." De sa réflexion un peu plus tôt émana soudainement une idée. Ses yeux s'illuminèrent. "Allie Melrose, en fait, tu es trop intelligente pour un emploi fixé d'avance! Trouve quelque chose qui fera travailler tes cellules grise, pas un boulot banal et quotidien. Fais avancer la société qu'on déteste tous les deux." C'était mettre beaucoup de pression à sa meilleure amie, mais Desmond savait ce qu'il disait. Allie n'était pas faite pour un boulot banal, de 9h à 17h. Elle avait besoin de défis constants, de réfléchir. De mettre son cerveau à la contribution de l'humanité, aussi perfide était-elle présentement. Melrose lui renvoya la belle pour lui proposer de travailler avec les jeux vidéos. Desmond réfléchit quelques instants à cette opportunité en lançant le papier qui avait recouvert sa barre chocolatée dans la poubelle, mais il n'avait pas besoin de cette réflexion supplémentaire. "J'ai déjà pensé à travailler dans le domaine des jeux vidéos. Mais je crois que si j'en fais un métier, je n'aurais plus envie de continuer d'en faire un passe-temps, tu saisis? Déjà que je passerais 40 heures par semaine sur un jeu, l'envie de jouer quelques heures de plus chez moi ne sera plus là. Je ne peux pas en être sûr, évidemment, mais c'est une crainte que j'ai à cet égard." Le jeu vidéo était une évasion idéale du monde qu'il exécrait, mais le travail aussi. En réunissant les deux, est-ce que Desmond écartait les possibilités d'évasion mentale qu'il appréciait? Il l'ignorait, mais ne voulait pas le tenter.
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MessageSujet: u Sam 15 Nov - 22:36



Si Allie n'avait jamais vraiment assez tenu à qui que ce soit pour envisager qu'on puisse se faire du mal à cause d'une personne, elle disposait en revanche d'assez d'empathie pour envisager que, pour une raison étrange, son meilleur ami soit victime de ce mal profondément humain. La jeune fille supposait qu'elle avait quelque chose d'anormal qui la poussait à ne pas voir ce qu'il y avait de logique dans le fait de suivre sans cesse ces personnes qui vous fuient, mais elle connaissait par cœur ces phrases un peu bateau qui expliquaient ce qui, apparemment, était un mal commun à la plus part de ses congénères. C'était dans Fight Club, après tout: "il existe un adage qui dit que les personnes que l'on aime finissent par nous faire du mal, mais qui oublie de dire que nous aimons les personnes qui nous font du mal", quelque chose dans ce goût-là. Masochisme inconcevable pour la cartésienne qu'elle était: elle détestait toute personne qui tentait de lui nuire, au point que cette haine devienne maladive. Desmond aurait dû en faire autant avec une fille qui l'utilisait ouvertement. « Whaaaaat? » S'insurgea la drama queen qui sommeillait en elle en entendant qu'il comptait l'inviter à sortir. « Quelle drôle d'idée. Tu veux qu'elle te mette un vent? Oh, non, mieux. Elle va te dire oui et prétendre, devant tout le monde, qu'elle ne te connait pas et qu'elle ne comprend pas pourquoi tu la suis partout. Puis elle ajoutera un truc du genre "hashtag trop pas de swag" et tu pleureras dans un coin. » Annonça-t-elle à toute allure. « Parce que c'est ce que font les filles populaires -elles parlent en hashtag et inventent une toute nouvelle sémantique ô combien douteuse pour mépriser les gentils garçons qui les emmènent au bal. » Un peu contrariée à l'idée de voir son meilleur ami souffrir juste parce qu'il était un peu trop accro à une fille qui ne méritait pas qu'il le soit, Allie réalisa à peine qu'elle avait l'air de le sermonner, qu'elle avait pris un ton trop autoritaire. « Enfin tu fais comme tu veux, je ne suis pas ta mère. » D'ailleurs même sa mère, il ne l'aurait peut-être pas écoutée. Cela dit la mine douteuse de Desmond fit culpabiliser la petite Melrose. Il avait déjà l'air embarrassé de ce qu'il confiait, et elle venait définitivement de lui expliquer que son idée était stupide. Elle toussota donc, employant un ton plus protecteur. « Et puis je n'en sais rien après tout, je la diabolise peut-être un peu trop, qui sait... » Elle ne croyait absolument pas la diaboliser, mais elle songea que c'était le mieux à dire pour ne pas blesser son interlocuteur.

D'ailleurs, ce n'était seulement pas le sujet principal de sa venue: elle devait, avec son aide, construire son avenir -et inversement. ça ne se faisait pas en trois lectures de brochures de 15 pages, et de fait il était préférable qu'ils s'y mettent au plus vite. Ils pouvaient déjà éliminer quelques propositions; du côté d'Allie, ce serait la gestion d'hôtels, donc. « Ce serait dommage que l'humanité soit en perdition parce que j'ai choisi la mauvaise voix, c'est clair. » Si Allie était parfois trop fière -voire orgueilleuse-, elle ne l'était pas au point d'être à 100% sérieuse à propos de ce qu'elle disait. Elle l'était assez, en revanche, pour penser qu'effectivement, un jour, elle changerait les choses. Pas toute seule, mais elle les changerait. Grimaçant légèrement à l'évocation d'un métier à la morgue, la blondinette écouta cependant attentivement ce que lui disait Desmond. Elle acquiesça d'ailleurs, comprenant que le fait qu'il s'intéresse à ce monde qu'il découvrait actuellement ne voulait pas nécessairement dire qu'il s'en passionnerait toute sa vie durant. Les options s'enchainaient donc, mais toutes semblaient plus contraignantes les unes que les autres. Il semblait y avoir plusieurs critères pour jauger la perfection d'un métier, mais entre tous il ne fallait en choisir que quelques uns: travail payant mais prenant, travail facile mais non rémunérateur, travail passionnant mais risqué, travail fixe mais ennuyant... si Allie savait qu'elles n'étaient pas ses priorités, elle ignorait en revanche si elle était plus apte à vivre avec un tout petit salaire ou avec une toute petite motivation. Pourtant, les dires de Desmond lui arrachèrent un sourire de plus en plus grand au fur et à mesure qu'il avançait dans sa phrase. Ce métier -probablement utopique- qu'il décrivait à l'instant la fascinait déjà. Elle sentait un frisson picoter sa colonne vertébrale et ses poils se hérisser sur son passage. C'était bien ça qu'elle voulait. C'était ça, mais elle n'avait aucune idée quant à la manière d'y parvenir. Aucune des brochures ne lui expliquait comment pratiquer la révolte par l'action. Au contraire, même. « Wow, ce serait parfait! Quel est donc ce métier absolument génial? Il a un nom? Je peux peut-être l'inventer. » Levant un instant les yeux au ciel pour mieux réfléchir, la jeune femme s'interrogea un instant sur les filières qui s'en rapprochaient le plus. « Tu sais, en fait... je crois qu'il faudrait que j'étudie l'humanité. Mais pas par la psychologie, je ne veux pas étudier les hommes, je veux étudier l'humanité. Pas les pathologies individuelles mais le mal dont souffre la société. Je ne sais pas comment ça s'appelle. C'est de l'économie, tu crois? Non, là on va m'apprendre que Adam Smith et le capitalisme nous ont sauvés du chaos, merci bien. Enfin, un truc comme ça tu vois? » Son métier, il viendrait plus tard. Quand elle saurait absolument tout sur la société, elle aurait des armes indéfectibles contre elle. Quand elle saurait ce qui fait un bon coup d'état, elle pourrait rameuter la population dans son blog. Quand elle comprendrait pourquoi tout le monde a quelque chose à cacher, elle pourrait découvrir bien des choses et supprimer les secrets les plus sordides -ou en tout cas l'espérait-elle.
Pour ce qui était de Desmond, si l'idée en soi pouvait être bonne, il soulevait un point important. « C'est vrai... j'ai lu quelque part quelque chose du style "ne fais jamais ce que tu aimes pour de l'argent"... » Il n'y aurait rien de pire que de perdre son goût pour cette passion qu'il aimait tant juste parce qu'on avait marchandé son plaisir à jouer. On ne pouvait pas vendre les émotions -du moins, s'il on voulait restait mentalement sain. Dédé était l'un des seuls habitants que Allie considérait comme mentalement sain; il était hors de question qu'on lui ôte ça. « Je pense que tu as raison. On va trouver autre chose! »



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