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In our family portrait, we look pretty happy [ Ezra & Andy ]

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MessageSujet: In our family portrait, we look pretty happy [ Ezra & Andy ] Lun 21 Avr - 18:01



In our family portrait, we look pretty happy.

Une heure vingt de retard. C'est fini, il ne viendra plus.

Je fixe la chaise vide en face de moi. La chaise qui restera vide, malgré tout les appels que j'ai put tenter. Malgré l'invitation à laquelle il était convié. Malgré cette date, cette date si douloureuse. Un an et demi. Un an et demi, jour pour jour. Putain, ce que le temps file... C'est fini, Andy. Son assiette est restée vide. Je peux apercevoir d'ici mon reflet s'y refléter. Je vois mes traits durs, mon regard froid, mes sourcils froncés. Je me vois, moi. Mais je ne le vois pas, lui. Il ne viendra plus.
J'attends que la colère s'abatte sur moi. Qu'elle m'étourdisse et trouble ma vision, rendant chaque couleurs plus vives, chaque nuances plus floues, transformant mon horizon en une palette de couleurs vives, agressant ma rétine. J'attends, j'attends que ce goût acre vienne se rependre dans ma bouche, qu'il me dévore la trachée, qu'il me brûle la langue jusqu'à que je le crache, répandant ainsi mon venin. J'attends le palpitement sourd et étouffé de mon sang provoquant ce battement contre mes veines, devenant de plus en plus assourdissant, de minutes en minutes. J'attends que le voile de sudation recouvre mes membres fébriles, retenus dans leur action, muselée dans leurs véhémence. J'attends. J'attends, mais rien ne vient. Rien, si ce n'est la lassitude, la fatigue, peut être même la résignation.

Je sens une main se poser sur la mienne. La main de papa. Il m'adresse un léger sourire. Il me dit qu'il est content que nous soyons là. Qu'elle aurait été fière de nous voir comme ça. Que lui aussi, il est fier. Son œillade a quelque chose de triste, et ça me fout le cafard. Je baisse le regard. Tant qu'à me noyer, autant que ce ne soit pas dans ses yeux.

Au milieu de la table, traine le poulet, à moitié dévoré. L'autre moitié encore pleine, charnue, luisante de gras. Si on avait sut, on n'aurait pas prit une volaille si grosse. C'est papa qui y tenait à ce fichu bestiau. Recette familiale, il paraît. Tradition dominicale. Fallait pas passer à côté de ça, hein ? Finalement, il avait pas tord, papa. C'est vrai qu'il nous ressemble ce poulet. Avec ses ailes brisés, sa peau plumée, et sa moitié qui a déjà foutu le camp.

La nostalgie flotte dans l'air, en nappes étouffantes. J'ai l'impression d'étouffer, de manquer d'air. J'ai l'impression que la pièce entière se referme sur moi. Qu'elle m'encercle avec ses souvenirs. Qu'elle se ressert autour de moi. Si je ne bouge pas très vite, je vais finir incrustée dans les murs, comme toutes ces vieilles photos que l'on ose plus regarder. Comme tout ces vieux souvenirs que l'on ose plus remuer. Je vais finir par devenir celle que je m'efforce tant bien que mal de continuer à jouer. C'en est trop. Je retire ma main de son écrin protecteur, et lance :

« - Je débarrasse les assiettes, ne bougez pas. »

Sans attendre leur réaction, je m'empare des assiettes, et déguerpit dans la cuisine. C'est bien. Mon ton a été léger, presque enjoué. Je crois que je m'améliore, et je ne sais si je dois vraiment m'en féliciter. J'ouvre le lave vaisselle, et entreprend de décharger mon fardeau d'un geste mécanique. Soudain, des coups étouffés se font entendre. Je crois qu'on frappe à la porte.

« - J'y vais ! »

Abonnant mes assiettes à leur triste sort, je me dirige vers l'entrée, essuyant machinalement mes mains sur mon jean. A travers la vitre de la porte, une silhouette se découpe. Une ombre chinoise improbable, tout droit sortie des contes de milles et une nuit. Je pose ma main sur la poignée, et  la tourne. C'est en ouvrant la porte que je comprends alors mon erreur ; l'ombre n'était pas celle d'un contes, mais bel et bien celle de mes enfers. Ezra.

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MessageSujet: Re: In our family portrait, we look pretty happy [ Ezra & Andy ] Ven 9 Mai - 19:26


L’angoisse. Omniprésente. Elle s’était fait plus acerbe cette semaine là. Cette semaine suivant l’invitation, cette semaine précédant le repas. Sa cadette avait été la première à lui en parler. Comme mandaté par un paternel démissionnaire. Un repas de famille, tout les quatre. Aucune échappatoire. Ce même père qui avait osé le lui rappeler quelques jours plus tard, à mi-chemin de la pénitence vers le repas fatidique où sa présence n’était pas conseillée, pas même vivement recommandée, mais plutôt fortement exigée. Ne te défile pas cette fois. Pourquoi avait-il entendu cela lorsque son père, tendre, lui avait gentiment demandé de ne pas oublier le repas ? Que croyaient-ils tous ? Qu’il n’avait pas remarqué qu’il s’agissait là d’une date anniversaire morbide ? Pensaient-ils vraiment qu’il ne ferait pas le lien entre ce remake de repas commémoratif et celui déjà manqué 6 mois plus tôt, date anniversaire, un an sans leur mère ? Ezra n’avait jamais aimé le réchauffé. Il s’était toujours plu dans l’unicité des choses plus que dans leurs répétitions. Pourtant, il s’était juré d’y aller. Pour cette sœur qu’il détestait sans le vouloir vraiment. Pour ce père qu’il malmenait sans se contrôler, pour ce frère voyant en lui son pire cauchemar. Il s’était dit qu’il irait lorsqu’une semaine à l’avance on lui avait offert le temps de se préparer. Mais cette semaine là… Il n’avait su la gérer. Ses crises s’étaient faites plus intenses. Ses pertes de consciences plus longues et plus profondes. Ses draps, qu’il avait laissé tranquille quelques temps, étaient de nouveau marqués de sang. Son sang. Celui de ses mains dans lesquels ses ongles s’étaient d’abord plantés, serrant jusqu’à blanchir ses phalange et engourdir ses muscles. Celui de ses bras qu’il avait dû lacérer par endroit pour se calmer, pour se punir d’un mal incompréhensible, d’un mal que lui-même n’aurait su s’attribuer décemment tandis que l’angoisse de la nuit l’étreignait. Qu’avait-il fait de mal, pour mériter cela ? Pourquoi subissait-il plus que jamais ses angoisses à l’approche du souvenir de sa mère décédé tragiquement ? Pourquoi fallait-il que ce soit s’y dure d’honorer sa mémoire avec les autres ? Cette mère qui l’avait, depuis tout petit, accompagné dans sa maladie, ne pouvait-il pas lui rendre hommage, avec dignité ? Non. Rongé par sa démence, engloutit par sa névrose, le brun se perdit un peu plus que d’ordinaire cette semaine là. Luttant contre son désir de fuir la réalité,  luttant contre l’idée même de reconnaître une journée complète la mort de sa tendre mère, le brun n’eut de cesse de se détruire. Il n’eut de cesse de marquer sa peau, d’abimer son corps, de marteler son cerveau et d’emplir ses veines de poison. Anéanti de chagrin, il s’oublia entre de trop nombreuses cuisses, il se gauffra dans des kilos de poudres, des litres d’alcool et éclata ses phalanges contre trop de pommettes. Et lorsque le jour dut venu d’honorer la mémoire de sa mère, c’est d’un pas las et la tête plus lourde que jamais qu’il se rendit au cimetière. Le corps défoncé de toute part, coupures et points de sang sur les bras, articulations éclatées, les yeux cernés et l’esprit embrouillé par une soirée trop arrosée la veille, il resta un court instant debout devant la tombe de sa mère, avant de daigner s’y soumettre. Il s’agenouilla, à même le sol et posa son front sur la pierre, complètement dans le cirage. Le silence ici, était gage de repos pour le garçon qui aurait voulu pouvoir s’endormir, juste là, sur la stèle de sa mère, dans la quiétude d’un souvenir d’enfance des plus doux. Il se tut pendant des heures, laissant la pluie lui tomber dessus et frapper son dos dans un rythme qu’il trouvait apaisant. Comme cette douche dans laquelle il avait pris l’habitude de s’asseoir lorsqu’il le pouvait, pour calmer ses angoisses et le libérer. Maman lui avait montré cela. C’était elle qui tout petit, l’avait mis sous la douche lorsqu’elle n’arrivait plus à le calmer. L’eau frappant en rythme sa peau, son dos, sa nuque et son visage, avait une vertu curative certaine. « J’irais pas maman. Je ne peux pas y aller, je.. » L’eau dégoulinant sur sa peau mouilla ses cheveux à présent collés contre son visage et lui glaça le corps, l’engourdissant agréablement. Il y resta des heures durant, ainsi. Ignorant les mots des passants venus honorer un mort eux aussi, ou peut-être même plusieurs. ‘Eh petit ? Faut pas rester là. Rentre chez toi. Ca va ?’ *Allez tous au diable bande de cons ! Est-ce que je vous demande moi si vous allez bien ? Non je m’en branle bien tiens. Qu’est ce que tu sais de moi hein ? Qu’est ce que ca peut te foutre que j’aille bien ? Ca t’empêchera pas de dormir enfoiré, si j’te dis non. Si j’te dis que ça va pas ? Qu’est ce que tu vas faire ? Enflure. Casse toi de là ok. Casse toi avant que je te refasse le portrait.*

Et alors… Lorsqu’il s’en sentit la force, lorsqu’il se sentit moins coupable, plus calme, il déposa un baiser sur la pierre froide et humide et se redressa. Il jeta un dernier regard puis ferma les yeux et quitta le cimetière. Il rentra d’un pas nonchalant, appréciant toujours cette pluie battante, réminiscence d’un souvenir salvateur. Les muscle congelés, il ne sentit pas même la douleur dans ses bras mutilés lorsqu’il frappa à cette porte dont il avait oublié les clefs. Bam. Un premier coup. Il chercha encore un temps ses clefs au fond de ses poches de jean comme si elles pouvaient s’avérer assez profondes pour qu’il les ait ratées la première fois. « Putain.. » Cette colère de nouveau, l'angoisse. Bam. Un second coup. Cette fois, il renonça aux clefs et sa main vint lui frotter la nuque fébrilement. La porte s’ouvrit rapidement et il releva un regard mirage sur celle qui venait de lui ouvrir. Andy. Il ne pouvait pas moins bien tomber. Un instant il aurait souhaité dans sa lâcheté, qu’il s’agisse d’Igor. Lui n’aurait surement opposé aucune résistance à ce qu’il entre dans cette maison bafouée par son absence.
Il fixa sa cadette quelques seconde, le regard vague et embrumé. « Salut. » Sa main se posa contre l’encadrement de la porte et il s’y maintint quelques secondes avant de s’engouffrer dans la maison. « Laisse moi passer Andy. »
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MessageSujet: Re: In our family portrait, we look pretty happy [ Ezra & Andy ] Jeu 29 Mai - 18:38

In our family portrait, we look pretty happy.

Les mots restent bloqués au milieu de ma gorge.
Aiguisés comme des lames de rasoirs. Ils me lacèrent de l'intérieur, ils me traversent de part en part. J'aimerais les recracher, lui vomir à la face. J'veux qu'ils le réduise en charpie, qu'ils entaillent son visage trop lisse. Je rêve d'un carnage, d'un champ de bataille sanglant, d'une hécatombe dans les règles. J'veux lui lancer mes mots comme on lance des couteaux, les voir se ficher dans sa peau,  écorcher sa belle assurance, lacérer sa foutue carapace. J'veux le voir se vider de sa froideur habituelle, le voir giser au beau milieu de ses principes à la con, de ses débordements de cruauté, de ses excès en vrac. J'veux le voir se vautrer, et ne rien faire pour arrêter cette hémorragie introspective.
J'ai trop encaissé, j'ai trop souffert. Je me suis débattu contre mes démons chimériques, mes angoisses irrationnelles, ma peur de l'abandon. Depuis plus d'un an, on m'a arraché ma mère, sans que je ne puisse rien y faire. Pour mon frère, c'était un peu différent : il était sorti de ma vie, alors qu'il était encore vivant. Le silence des hommes est plus assourdissant que celui des défunts. Pourtant, il est toujours là ; une ombre qui plane au dessus de notre famille, sans jamais nous rejoindre totalement. De lui, je ne connais plus que son absence, sa froideur, son détachement.  J'ai beau savoir que ce n'est qu'une façade, il m'en faut plus. Plus. Une plainte sourde gronde dans ma poitrine. Elle réclame elle aussi un compagnon d'infortune.
C'est ça, la vérité. C'est que je lui en veux, je lui en veux terriblement pour les maux qu'il nous inflige. Je lui en veux d'avoir l'air tellement indifférent, tellement détaché de ce qu'il se passer entre nos murs. Entre ses murs. A ses yeux, la maison ne doit être rien de plus qu'un motel impersonnel ; lui qui nous croise si peu, et ne nous parle à peine. J'en peux plus de ne le voir desserrer les mâchoires que pour montrer les crocs, et faire usage de ses mains que pour tendre le poing. Une petite partie de moi, la plus égoïste sans doute, aimerait être sure qu'il est encore vivant. Que quelque chose anime encore sa carcasse à demie morte. De la peur. De la tristesse. De l'incompréhension. N'importe quoi, pourvu que je puisse en avoir la confirmation.
Lui et moi, on est dans le même bateau. J'veux plus être toute seule à tenir la barre, dans cette foutue embarcation qui prend l'eau de part en part. J'veux plus être celle qu'on laisse en abandonnant le navire. Et j'veux le voir couler à pic, le voir sombrer avec moi. J'veux que quelqu'un m'accompagne, que lui aussi, se noie dans mon chagrin. Un peu comme Titanic, j'veux mon improbable connexion platonique. Qu'il souffre, qu'il suffoque à l'air libre. Qu'il se réveille en sueur la nuit, dans son lit. Qu'il crie en lui même, quand le silence lui vrille les oreilles. Que son coeur martèle sa poitrine jusqu'à la fendiller. Ouais voilà, c'est ça que je veux : que son coeur de pierre se réveille enfin de son sommeil centenaire. Qu'il se remettre à battre, à battre plus fort que les cris, plus fort que tout le reste. Qu'il enveloppe la ville de sa cadence monstrueuse. Qu'il engloutisse tout sur son passage. Qu'il cogne à en faire trembler le reste.

Ezra n'a jamais été un modèle de vertu, mais cette fois encore, il s'est surpassé dans les bas-fonds de la bassesse : gestes malhabiles, poings éclatés, regard vague. Et un salut. C'est tout ce que j'arracherais de lui. Un salut en compensation pour son absence, son désertion, son abandon. Estime t-il vraiment cela suffisant ?

« - Salut ? C'est vraiment tout ce que t'as trouvé ? Pourtant, t'as eut le temps de chercher en une heure vingt, non ? »

Mon ton mordant n'a pas de prise sur lui, et lui coule dessus avec une relative indifférence. Déjà, sans m'écouter, il s'avance sur notre palier, avec ses airs de grands propriétaire. D'un claquement de doigt, il se réapproprie son territoire, sa maison, son foyer. Le même foyer dont il avait probablement oublié l'existence, il y a encore une heure de ça. Le retour du fils que l'on espérait plus. Cette simple idée me fout la rage au bide.

« - Pour quoi faire, Ezra ? Qu'est ce que t'es venu faire, aujourd'hui ? Accabler papa ? Inquiéter Igor ? Me provoquer, moi ? Hein dis moi, à quelle sauce t'es venu nous manger aujourd'hui ? »

Précaution inutile, réflexe puéril ; pourquoi demander au loup de montrer patte blanches, alors qu'on finira tôt où tard la tête entre ses crocs ?


PS:
 
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MessageSujet: Re: In our family portrait, we look pretty happy [ Ezra & Andy ] Jeu 12 Juin - 0:29

Elle n’aurait pas pu passer son chemin. En toute simplicité. Le saluer ou même juste ne rien dire et se pousser. Non, il ne fallait pas trop lui en demander. C’était plus fort qu’elle. Il fallait encore qu’elle se fasse remarquer, qu’elle lui rentre dedans, avec sa tête qu’elle fonce dans le mur. C’aurait été trop demandé qu’elle lui laisse la paix, qu’elle disparaisse, qu’elle fasse comme s’il n’était jamais rentré. Il aurait mieux fait de ne pas rentrer. Ou de rentrer chez lui, dans son petit appartement impersonnel. Mais Ezra avait eu besoin de sa chambre ce soir. Il avait eu besoin de rentrer dans ce petit havre de paix tout doit reconstruit du passé dans un nouveau présent. Cette chambre là avait tout de celle de son adolescence, précieusement récréée à l’identique pour qu’il s’y sente en sécurité, autant en sécurité que possible. Car le brun jamais ne se sentait en sécurité. Où qu’il soit, où qu’il aille, le danger demeurait. En lui. Dans sa tête, incontrôlable. Dans ses poings, trop serrés. Dans son souffle, suffoquant et son cœur divisé. Il aurait fallu qu’il puisse se fuir, s’extraire de son corps, de sa chair pour enfin ne plus manquer d’air. Il aurait fallu qu’il puisse être un autre, quelqu’un de stable, quelqu’un d’aimable. Se débarrasser de ses démons, c’était là chose impossible.  Ils étaient là, tapis, rampant, rongeant, dévorant son âme morceau après morceau. Ils étaient à l’origine de toutes ses angoisses, de toutes ses colères. Ils seraient à l’origine de toutes ses absences, de tous ses départs.
Une heure vingt. Putain. Pourquoi lui parle-t-elle d’une heure vingt ? A lui qui vient de passer bien plus de temps que cela allongé devant une pierre tombale. Pourquoi faut-il qu’elle ramène ça au temps passé à table à ce putain de diner avorté ? La colère montait lentement et non moins dangereusement dans le cœur du brun dont la poitrine venait de se soulever de douleur. Raide mort défoncé, l’idée d’éclater le crâne de cette impertinente contre le mur du couloir lui effleura l’esprit allant jusqu’à imprégner le sang sur sa rétine. Il se souvint alors dans une seconde de lucidité, contractée par la voix lointaine de la gamine, qu’il s’agissait là de sa petite sœur, et qu’il regretterait son geste à l’instant même où son poing frapperait sa tête. Portant sa main contre son visage, il se frotta les yeux, machinalement, comme s’il voulait s’assurer de les garder bien ouverts. Rester connecté à la réalité seul pouvait le sauver. Il grogna un semblant de réponse, sans qu’aucun mot intelligible ne sorte de ses lèvres.

Sa main chercha de nouveau un appui contre le mur tandis qu’il demeurait immobile dans ce couloir, interpellé par sa petite sœur. « Je t’ai rien demandé, j’ai rien à te dire ma grande. » Fit-il avec le peu de discernement auquel il pouvait encore prétendre. Sa main se crispa sur ce mur, dernier maintient pour son corps ankylosé et instable. « Je suis allé voir maman, c’est bon. J’avais pas faim de toute façon. Vous étiez mieux sans moi ok. » Ajouta Ezra dont la seule et ferme intention était de quitter ce corridor de la mort et rejoindre sa chambre pour s’y enfermer. Il pourrait alors se laisser engloutir sous sa couverture et attendre que le temps passe. Attendre un jour nouveau, un jour qui ne serait pas celui là. Un jour qui ne serait pas celui anniversaire de la mort de sa mère. Il irait mieux demain, lorsqu’un mois entier sans date morbide, se profilerait devant lui. Il serait tranquille, du moins autant qu’il puisse l’être, un mois durant, jusqu’à la prochaine fois. Il aurait cru que prononcer ces quelques mots, suffise à le soulager en partie, suffisamment pour trouver la force de s’éclipser, sans un regard vers le salon, sans un regard pour Andy, sans un regard pour personne. Rejoindre sa chambre, s’y enfouir et se demander enfin comment il est arrivé jusque là. N’avoir aucun souvenir du cheminement, de cette rencontre malheureuse avec sa têtue de sœur. Mais il n’en fut rien et il ne désemplissait pas de rage. *T’aurais dû t’étouffer avec ton putain de poulet Andy, tu m’aurais pas fait chier.*
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