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He's a well respected man about town doing the best thing so conservative [PV Stephen]

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MessageSujet: He's a well respected man about town doing the best thing so conservative [PV Stephen] Sam 25 Juil - 18:17

Le corps d’Emma pesait sur le mien alors que les premiers rayons du jour filtraient à travers les rideaux de la fenêtre. J’avais eu de la difficulté à trouver le sommeil cette nuit et c’était peu à peu en train de s’imposer comme une routine depuis les quatorze derniers jours. Pourtant, j’aurais dû avoir une certaine facilité à sombrer dans les rassurants bras du sommeil. Ma femme n’avait pas tardé une fois son besoin de sensualité comblé : le problème était très honnêtement dans ce premier acte sexuel entre nous deux depuis près de neuf mois. Elle avait été satisfaite mais j’étais resté sur ma faim. Ce n’était pas de son corps que je me languissais quand, renonçant à lire parce que mon esprit était plus préoccupé par des idées qui allaient à l’encontre de toute forme de croyance, je l’avais embrassé avant d’aller me coucher. Elle avait remarqué par contre ce que mon corps avait trahi : désir. Et je ne l’avais pas repoussé même si elle était loin d’être celle qui créait cette montée de désir.

Non, je ne lui avais pas parlé de ma faute : je n’avais simplement pas la force d’admettre à ma femme que je lui avais été infidèle. Il y avait tellement plus à dire qu’une admission du pécher dont je m’étais rendu coupable : je t’ai trompé avec un homme et c’était la première fois que j’avais l’impression de prendre mon pied au lit…. J’ai beau y réfléchir, il n’y a aucune manière de tourner l’aveu pour le rendre moins dramatique, moins absurde. C’était aisé de lui mentir en déposant un baiser délicat contre la peau de son cou alors qu’elle s’assoupissait dans mes bras heureuse et comblée. Sauf qu’au matin, je n’étais pas nécessairement mieux que la veille. À la place, profitant d’un petit moment ou ma femme avait bougé, je m’étais levé pour me tirer de l’inconfortable position.

Après une douche, j’avais filé dans mon petit bureau pour travailler. Mais ce qui m’avait tiré de ma concentration fragile avait été la raison principale qui justifiait le pourquoi de ma fuite du lit de Stephen. Avec la subtilité légendaire des enfants de quatre ans, j’entendis les pas de ma fille réveiller sur les coups de sept heures se diriger vers mon bureau. Ma princesse passa sa tête toute échevelée par le cadre de la porte avec un sourire. Elle grimpa sur mes jambes en peu de temps en me déclarant un « Bon matin papa. » avant de me coller un baiser humide sur la joue. Je souris doucement.

Dans la maison, il n’y avait pas de question à se poser : ma fille dirigeait le plus gros du mariage. Ne pas avoir été d’elle et des apparences que je tenais à conserver, il y aurait bien dix jours que j’aurais couru à nouveau dans les bras de Stephen. Non pas que je n’y avais pas pensé, l’idée m’avait hypnotisé, troublé et dévoré de l’intérieur. Mais je ne voulais pas céder de nouveau à la tentation. C’était pour cette raison que depuis deux semaines, j’étais particulièrement rigoureux sur l’apparence : oh! je restais encore longtemps à l’église. Mais je n’errais pas dans la ville. Mon trajet était plutôt banal et ma femme devait d’ailleurs trouvé que je passais plus de temps à la maison qu’avant. C’était bien… sans doute. J’avais toujours autant l’impression d’être une bombe sur le point d’éclater. Mais je préférais passer du temps dans mes habitudes que de tenter de nouveau le diable.

Tout ça pour en venir à la routine des samedis matins. Je sautais l’entrainement pour une deuxième semaine consécutive : hors de question que je prenne la chance de répéter l’erreur de la même manière. Il y avait d’autres moyen de bouger. Regardant ma fille qui m’entrainait dans la cuisine, je savais très bien que je pourrais passer la matinée avec elle et laisser sa mère faire d’autres occupations : après tout, elle avait Daisy à elle seule toute la semaine quand j’étais à l’église à m’occuper des mariages, enterrements, communions et comptes de l’église. « Piscine ou vélo aujourd’hui mademoiselle la fleur. » demandais-je avec un sourire à ma fille par-dessus nos bols de céréales respectifs.

Ce fut la piscine qui remporta sans grande surprise. Maillots et serviette mis dans mon sac à dos, nous primes le chemin de la piscine. L’eau tiède en cette chaude journée d’été détendit l’atmosphère et le rire de ma fille retira entièrement de mes pensées l’image du pécher dont je m’étais rendu coupable. J’étais lâche à choisir la facilité mais je préférais être présent pour elle à cent pour cent. Elle avait besoin de moi dans la pataugeoire avec ses cousins. Me promettant d’argumenter de nouveau avec Emma pour que notre fille suive des cours de natation, je restais attentif à elle et lorsqu’elle fut lassée de l’activité et qu’elle eut faim, nous sortîmes de la piscine.

Ce fut la faim qui nous mena au supermarché : c’était contre mes valeurs de donner de la restauration rapide à ma fille. Je n’avais pas non plus envie de retourner à la maison toute suite. Par conséquent, nous étions à remplir un petit panier de produit froid qui pourraient constituer un excellent pique-nique au parc lorsque mon regard sur des boucles brunes qui m’était en quelque sorte familière. Non! Non! Non! Pas lui! ICI? Qu’est-ce qu’il faisait à faire son épicerie en même temps que moi. Mon sourire paru sans doute un peu forcé lorsque je déclarais à ma fille « On va aller voir pour du fromage d’accord? »

Obéissante, ma fille me suivit pendant un moment mais je ne la remarquais pas se détourner de moi attiré par une allée qui contenait des sucreries. Ce que je fus conscient toutefois ce fut lorsque je me retournais et qu’elle n’était plus à côté de moi : « DAISY! » ma voix s’étrangla alors qu’une panique certaine me gagna. Ou était ma fille? Je me précipitais une à une dans les rangés abandonnant le panier non conscient que quelque rangées plus loin, un de mes pires cauchemars était en train de se réaliser sous la forme de ma fille tirant sur la chemise d’un inconnu aux boucles brunes en déclarant d’une voix pleine de panique : « Monsieur… J’ai perdu mon papa… ». Scène que je découvris avec une horreur encore plus grande quelques interminables minutes plus tard en étouffant une plainte : Daisy en train de parler avec Stephen. Au pas de course, je me rapprochais mais je n’avais aucune idée de comment parler : « Daisy! », commencais-je par gronder en faisant comme si je n’avais pas vu le jeune homme.
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MessageSujet: Re: He's a well respected man about town doing the best thing so conservative [PV Stephen] Dim 26 Juil - 23:25

Spoiler:
 

Stephen n'a jamais eu particulièrement de difficulté à trouver le sommeil et pour cause, lorsqu'il se sent moins enclin à dormir, il passe ses soirées au club jusqu'aux petites heures du matin à s'occuper des gens ou à profiter de la piste de danse, du contact avec les autres, de la séduction. Ou alors, il passe la nuit avec quelqu'un, et inévitablement le sommeil est facilité après l'acte. Réponse physique du corps qui a tiré satisfaction même si l'esprit demeure embrumé de questionnements divers et de déceptions. Difficile pour lui d'admettre concrètement ce qui s'est passé - ou ce qui ne s'est pas passé - et qui continue de lui jouer dans la tête. Difficile de l'accepter, car ce n'est pas le premier homme à lui avoir signifié clairement qu'il n'y aurait pas de prochaine fois. Les raisons sont multiples, certains vous annoncent qu'ils ont quelqu'un, d'autre qu'ils sont simplement ainsi et qu'ils n'aiment pas prendre le même amant plus d'une nuit. Pour certains, c'est une ligne de conduite qu'ils s'imposent. Même s'il est abonné aux aventures d'un soir, Stephen n'a jamais été catégorique sur la question. Cela peut même lui plaire de renouveler l'expérience plus d'une fois, pendant une certaine période, avec la même personne. Le fait de ne pas recommencer toujours à zéro offre d'agréables possibilités. D'un point de vue strictement sexuel, le jeune homme n'a pas vraiment de mal à gérer les différences de préférences de ses amants sur la durée des relations. Stephen aime les surprises, être conquis, séduire, expérimenter. Il s'assure de continuellement être en connexion avec lui-même et ses besoins, ainsi que momentanément avec ceux avec qui il les satisfait. Pourquoi ça a été différent avec cet homme, impossible de le dire. Impossible non plus de le comprendre véritablement. Et parce que cela le dépasse, cela mine son moral. Même si même avec ça, il a du mal. Tout de ses habitudes réclame que ça aille bien, qu'il y ait de l'action. Son job toujours au sein de gens qui ne souhaitent que se défouler et s'amuser, sa sœur avec qui il passe énormément de temps et qui ne veut pas vraiment voir autre chose que sa bonne humeur normalement contagieuse, même son corps qui ne supporte pas de ne pas profiter des habituels entrainements pour dépenser toute l'énergie accumulée.

C’est pourquoi il n’a pas cessé d’aller au centre sportif. Pourquoi le faire ? Pour céder à la colère, la peur de le croiser ? Il ne va certainement pas changer ses habitudes et s’empêcher de vivre à cause de Wayne. Puis, ce n’est pas lui qui ait peur de quoi que ce soit. Wayne a peur. Wayne et ses millions de peurs. Wayne et ses préjugés (quoi qu’il en dise). Et encore au-dessus de tout : Wayne et son indécision maladive. Même s’il a semblé sur de lui lorsqu’il est parti, il est difficile d’y adhérer parfaitement juste après avoir partager un tel… moment tous les deux. Bien difficile de ne pas avoir envie d’insister, même de protester tout en sachant l’étendu des facteurs ayant probablement motivé les craintes du jeune homme et par conséquent, la décision de cesser la prise de risques. Pourtant, il faut bien qu’il se souvienne d’une chose : Wayne ne lui doit rien du tout, tout ceci aura pu n’être qu’une expérience de plus sur le tableau de chasse. Curieusement, c’est Stephen qui s’en trouve le plus vexé. Il a bien l’habitude des unions qui ne sont destinées qu’à la satisfaction de besoins, mais ça ne l’empêche pas d’aimer sincèrement partager quelque chose avec quelqu’un. Loin de ce que certains pourraient s’imaginer sur son compte, il n’apprécie pas du tout d’être traité comme moins que rien, comme un objet d’expérimentation. Il aime le sexe Stephen, alors pourquoi ne pas tenter le coup avec lui ? Pour savoir si c’est pas mal avec un mec ! Et se barrer, puisqu’il aura eu ce qu’il veut de toute façon, nul besoin de se donner la peine d’être le moindrement humain, de discuter… C’est que Stephen. Bien qu’il voudrait ne plus y penser, ces pensées n’ont de cesse de tourbillonner méchamment dans son esprit. Pour la première fois depuis l’ouverture du club, Stephen n’y a pas passé son vendredi soir. Au lieu de ça, un cinéma, de quoi s’évader, et il est rentré bien assez tôt retrouvé le confort de son lit et de ses oreillers.

Le sommeil donc, qui dans ce cas précis n’a pas tardé à venir, mais s’est évaporé dès les premières lueurs du soleil aux petites heures. Pour éviter de se retourner un million de fois et de trop se remettre à penser, il a choisi de devancer son entrainement. Il y a des avantages au fait d’y aller très tôt : il n’y a véritablement personne d’autre, du moins personne de connu, qui fréquente le gym au petit matin le weekend. Et par la suite, il s’est mis à se balader en ville. Un café d’abord, parce que malgré le fait d’avoir dormi plus d’heures qu’il en a l’habitude, l’impression d’être reposé n’y est pas du tout. Le goût est toujours aussi détestable, il n’a jamais pu apprécié ce breuvage. En fait, dès les premières gorgées, il s’est mis à songer que c’était étrange de faire ceci, de faire un truc qu’il n’aime pas. Même avec une tonne de lait ou avec du sucre, rien n’y fait. Incertain de ce qu’il cherche à se prouver à lui-même, il quitte l’établissement sans terminer sa tasse. Décidé à passer au supermarché pour diverses courses, notamment pour acheter du thé et ainsi profiter d’une vraie tasse agréable et apaisante.

La dernière fois, le hasard avait fait en sorte que les choses se déroulent différemment de ce qui aurait dû. Une rencontre hasardeuse, une discussion qui s’allonge, une invitation qui dérape… Pourtant, Stephen ne se doute pas une seule petite seconde, quand une adorable fillette s’adresse à lui, qu’il en ira de même aujourd’hui. Souriant à la vue de l’enfant, il se penche immédiatement à sa hauteur. Il n’a pas besoin de réfléchir, c’est ainsi. Stephen n’a pas l’habitude avec les enfants, mais il a toujours eu tendance à accepter n’importe qui peu importe les différences, à vouloir que les gens se sentent à l’aise d’être eux-mêmes. Auprès d’une enfant, se poster à sa hauteur semble la façon la plus appropriée d’avoir un dialogue utile. « Il était où, ton papa ? Ne t’en fais pas, je vais t’aider à le trouver. » demande-t-il d’une voix douce. Alors que la gamine se met à expliquer qu’ils cherchaient du fromage, et que Stephen s’apprête à se redresser pour l’amener dans la rangée en question, le hasard se manifeste brusquement. Très brusquement, sous la forme de cette silhouette agitée, de ce regard terrifié et… bref, Wayne. Et cela l’irrite très profondément à présent, cette réaction presque de dégoût à son encontre. Ça va, c’est pas un monstre quand même ! C’est pas parce qu’on ne regarde pas quelqu’un qu’il disparaît ! a-t-il envie de beugler, mais il se contente de pousser un soupir. « Révérant Wayne ! » laisse-t-il tomber, presque amicalement. Sarcastique à souhaits ! Mais Stephen lui a promis d’être discret. « Enchanté Daisy, j’ai beaucoup entendu parler de toi par ton papa… » Ou alors pas du tout. Ce n’est pas vraiment qu’il soit désireux de faire un reproche au jeune homme… Ont-ils seulement eu le temps de parler de cela ? C’est évident à présent, il n’a rien à faire avec Wayne ou sa famille. Il n’est que la tentation, le mal, tout ce qu’il faut tenir à distance. Mais pour une raison ou une autre, cela le blesse et cela le met en colère. Difficile de rester de glace devant le regard fuyant de son amant occasionnel.

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MessageSujet: Re: He's a well respected man about town doing the best thing so conservative [PV Stephen] Ven 7 Aoû - 22:06

Je ne suis pas malheureux de le voir planter dans l’allée de l’épicerie. J’ai beau avoir passé la semaine à prétendre que rien ne s’est produit chez lui, je ne suis pas triste de le voir et qu’il ramène dans ma tête le très précis souvenir du désir qui m’avait envahi et que mon corps n’avait pas trouvé le moyen d’étouffer. Tout aurait été trop simple si j’avais su que cet écart à ma ligne de conduite n’avait aucune chance de se reproduire. Mais je ne suis pas capable d’être malheureux ou mélancolique. Ça peut se reproduire et ça me rendrait même gai de le faire à nouveau encore et encore.

Je ne suis même pas indifférent. C’est un battement de cœur qui me manque, une envie presque viscérale de courir vers lui et d’aller me blottir contre lui. Ma tête est un orage. L’indifférence aurait aussi été plus aisée que cette envie complètement folle de blottir mon nez contre la peau de son cou dans l’espoir de savoir si l’odeur dont je tentais de me rappeler depuis une semaine était la même.

La vraie vérité, c’est que la tempête de sentiments que je ressens me laisse effrayer tout entier : je n’ai pas l’habitude de la ressentir. Ici et maintenant, j’ai envie de son odeur, de sa chaleur, de son corps. C’est comme si c’était maintenant ou jamais. L’image de ma fille s’efface, tout comme celle de l’épicerie toute entière. Je me vois courir vers lui, main glissant sous le col de son chandail pour le plaquer sans cérémonie contre l’étagère. Je fais de ses lèvres miennes. Je dirige pour nos langues un ballet qui en ferait pâlir parmi les plus grands chorégraphes du monde. Claire comme de l’eau, je vois mes mains courir contre le chandail pour redécouvrir le grain de la peau que je sais cacher sous le tissu. Mien. Mien! Mien! Hurle la bête qui rêve et s’imagine bien trop cette scène. La scène dans ma tête s’emballe et a quelque chose de pratiquement pornographique si je la laisse se dérouler comme je l’entends – parce que tous deux nous ne tardons à nous retrouver tous deux d’Adam [et fort loin d’Ève] et je ne tarde pas à me trouver agenouiller devant lui.

L’insistance de mon regard, j’espère, ne doit pas transmettre ce qui se passe dans ma tête. Ça prend quelque secondes pour que je réalise qu’il y a ma fille aussi comme un témoin de cette indécence que j’ai en tête. Désir. C’est une nouvelle chose qui ne m’est pas commune et à laquelle je ne suis simplement pas habitué. Je n’ai pas seulement peur… l’inconnu a un sens qui m’est si étranger que je ne sais pas comment l’affronter. C’est ce qui explique mon regard fuyant. Comment mon regard peut le soutenir quand je n’ai même pas les mots pour en parler devant lui? Quand ma fille laisse échapper un « Papa » qui a comme effet de me ramener direct à une réalité qui ne peut côtoyer celle de mon homosexualité clairement exprimé, sans risque et sans peur.

Ma fille. La voilà la réponse à cette répression violente qu’il voit. La voilà la justification et l’explication que l’on doit se donner sur le pourquoi je n’arrive pas à débloquer devant lui. À la place, je n’ai pas le choix de faire une croix sur comment je ressens mes sentiments face à cet homme. Je me surprends à sourire avec une certaine force pour ne pas m’effondre devant lui. « Bonjour, Stephen! Un plaisir de te voir… » Est-ce que c’était vraiment un plaisir par contre de le voir? Non… je n’en étais pas certain. Même si le choc avait fini par passé et que ma voix ne trahissait pas le trouble que mes yeux sans l’ombre d’un doute avaient trahi sans cérémonie. J’en avais eu envie de le revoir. Hier plus qu’autre chose. J’aurais aimé pouvoir lui expliquer, lui glisser un mot sur ma fille – principale raison pour laquelle je m’acharnais encore à prétendre que tout pourrait bien aller avec ma femme malgré l’attirance inexistante que j’avais à son égard. J’aurais aimé pouvoir lui glisser un mot sur le fait que ce bref moment d’intimité que nous avions partagé était la chose que je regrettais en ce moment… Mais la main de ma fille dans la mienne agissait comme un rappel que cette conversation ne pouvait pas avoir lieu.

Pas ici.
Pas maintenant.

Que le langoureux baiser dont j’avais longuement rêvé n'avait pas non plus le droit de devenir réalité, parce que ma fille était là. Ma fille toute petite qui n’était nécessairement la meilleure pour garder des secrets : et c’était généralement une bonne chose. Tout comme sa curiosité d’esprit : celle qui venait avec son sourire et ses allures d’ange et que je devinais au moment où droite comme un pic elle tendit une main pleine de toute l’assurance que son petit corps contenait : « Enchanté, Stephen. », dit-elle. Mais la confiance en elle n’était pas la seule chose que ma fille semblait avoir hérité de je-ne-sais-où dans notre famille : sa curiosité d’esprit fut la seconde chose que trahis le sourire aux petites dents de princesse de ma fille. Qui était cet ami? D’où venait-il? Il y avait un million de questions possible à poser et je connaissais assez bien ma fille pour savoir que ça pourrait vite tourner en interrogatoire. « [color:95da=mediumvioletred ]Tu vas à l’église de mon papa? » demanda-t-elle en tournant la tête sur le côté. Après tout, elle ne l’avait jamais vu à l’église et pourtant, elle était là à tous les dimanches. Je me raclais la gorge. Cherchant comment expliquer à ma fille ce qu’était Stephen. « Stephen est… un… ami à papa… » Oui… un ami… un ami qui me trouble et qui est venu mettre le bordel dans un univers qui fonctionnait très bien avant son arrivée et qui ne trouvait plus le moyen de se cacher dans le profond déni qui l’avait si longtemps caractériser. Hésitant, je rajoutais un petit : « …qui ne vient pas à l’église. » Ma fille en avait, je le savais. J’avais tenu à ce que sa vie ne soit pas axée uniquement autour de la religion : une autre des oppositions que j’avais eu avec mon père. Elle avait certes des amis dans la chorale… mais la majorité de ses amis provenait de l’école. Il y en avait des athées, des catholiques, des juifs… Pourquoi la limiter? Le monde était si plein de personnes intéressantes à découvrir! Il n’en fallut pas très longtemps pour que diplomate ma fille rétorque : « COMME LAURA POUR MOI? Laura, elle vient pas à l’église… c’est triste parfois… mais c’est mon amie quand même! ». Sérieuse, elle contempla l’homme d’un air sérieux en hochant la tête. Laura était de LOIN la meilleure amie de ma fille. Je souris en l’entendant continuer sa vérification des questions : « Il t’a dit que je suis grande et que j’ai quatre ans, hein? » Toute fière, elle montra quatre doigts tout droits. Et si elle avait eu l’air un peu timide au premier abord, cette fameuse timidité était portée disparue à ce instant lorsqu’avec un autre sourire empreint de fierté, elle rajouta : « Je suis en maternelle! » PREUVE ULTIME QU’ELLE ÉTAIT GRANDE! Sa poitrine était gonflée de fierté. Attrapant ma fille dans mes bras, je rigolais en la chatouillant doucement. « Daisy, petite fleur… Laisses-lui le temps de parler ». Ma fille eut un grand éclat de rire qui la calma : je contemplais pendant un tout petit instant l’homme. « Tu vas bien, Stephen? » demandais-je. J’espérais très honnêtement que le fait d’avoir cacher l’existence de ma fille ne serait pas le premier clou dans le cercueil de ce semblant de relation que nous commencions. Était-ce ça, d’ailleurs?
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MessageSujet: Re: He's a well respected man about town doing the best thing so conservative [PV Stephen] Dim 16 Aoû - 5:58

Il y a généralement deux avenues qui s'offrent en cas de complication de ce genre : s'entêter et persister ou alors accepter que tout est vain. De tout temps, Stephen aurait choisi la première option. Non pas parce qu'il en a l'habitude, car au contraire il a tendance à vouloir vivre et laisser vivre et par conséquent de ne pas s'imposer où que ce soit, mais parce qu'il a tout d'un idéaliste qui refuse de considérer la vie en se demandant ce qui pourrait être pire plutôt que ce qui pourrait être mieux. Ces derniers jours, il s'est bien imaginé à quelques reprises ce qu'il pourrait bien lui dire s'il le croisait quelque part par hasard, puisqu'ils semblent bien abonné à ce type de rencontres. Parmi tous les scénarios qui lui ont traversé l'esprit, il n'y en a aucun dans lequel il se contentait de le laisser retourner à ses mensonges quotidiens. Au contraire même, il tentait de lui faire comprendre qu'il finirait par mourir à petit feu à force de rejeter sa nature profonde et il lui avouait même cette étrange connexion qu'il ressent en sa présence. Qu'il n'a jamais ressenti avec personne d'autre d'ailleurs. Tout ce qu'il s'est imaginé lui dire ne tient plus quand tout ce tourbillon se met en branle. La petite est adorable, c'est indéniable. Dans des circonstances différentes, il aurait sans doute apprécié d'engager la conversation avec elle, il aime les enfants et celle-ci ne manque pas d'aisance à discuter même avec lui qui n'est pour elle qu'un inconnu. Ses yeux vagabondent d'elle à lui, l'écoutant parler de l'église et de sa copine d'école, de son âge... Toutes ces choses qui sont si importantes pour une enfant de cet âge. À voir Wayne toutefois, un sentiment d’écœurement le gagne. Se soucier autant d'un homme qui a beaucoup trop de soucis à s'assumer pour que ça vaille même la peine d'espérer l'aider à le faire. Les expressions du jeune homme lui sont difficilement déchiffrables, sans doute y décèle-t-il un peu de malaise ou de désolation. En effet, Wayne... Tout ceci n'a rien du tout d'agréable, c’est même tout à fait pitoyable. C'était d'abord de la colère qu'il ressentait, mais à présent c'est comme si on lui avait creusé un trou dans l'estomac. Il se sent vidé de toute énergie et las, tellement las.

Alors il préfère regarder la petite, qui n’est absolument pas responsable de tout ceci et qui a toute la bonne volonté du monde. Un sourire trouve ses lèvres, quelque chose de doux et de sincère. Cette enfant est magnifique et apparemment, va à la maternelle. Son regard remonte vers Wayne lorsque ce dernier prend la parole pour ralentir l’interrogatoire de sa petite très curieuse. Il a bien du mal à croire qu’il ose lui poser cette question. En fait, il prend conscience que Wayne ne réalise sans doute pas. Lui-même se demande pourquoi avoir laissé toute cette affaire le gagner trop émotivement. «Ouais… » Et jamais aucune réponse affirmative de ce genre n’a sonné aussi faux. En soit, lui répondre que ça va, dans l’instant, est un mensonge. Pourtant, il refuse catégoriquement d’accorder tant d’importance à cet homme que le fait qu’il l’ait jeté soit responsable de son moral bas. Ce n’était qu’une expérimentation, un coup bien fait vite fait avant de s’envoler pour retourner à sa petite vie stupide mais sans doute bien plus rassurante que le fait d’assumer quoi que ce soit. C’est exactement ce qu’il lui dirait, ça et bien d’autres choses qui alimente actuellement sa frustration, s’il n’y avait pas la gamine. Elle ne comprendrait pas et elle ne mérite pas d’assister à ce genre de règlement de compte. Plus que tout ça, il lui a promis. Malgré la colère et la déception, Stephen n’est pas de ceux à se venger et il ne tire pas de satisfaction à l’idée de faire du mal aux gens. « Nous ne sommes pas des amis très proches… » Répond-t-il doucement, et même s’il affiche un semblant de sourire, il n’est pas du tout difficile de s’apercevoir que ça n’a strictement rien de sincère. Pour les apparences, il veut bien demeurer calme et éviter de formuler des reproches clairs. Il fixe toujours Wayne, même s’il s’adresse plus ou moins à la jeune fille. « Et non, il ne me l’avait pas dit… » Encore une fois, plus facile de déterminer qu’il ne parle pas vraiment de l’âge de Daisy comme elle l’entend. Il reporte son attention vers cette dernière, son sourire gagnant une certaine sincérité. « Mais je dois dire que c’est vrai, tu es grande. Et très mignonne en plus. » Et il voudrait que Wayne dise quelque chose, quelque chose de moins stupide que lui demander comment il va.

Soupirant profondément, ses yeux se portent vers son propre panier d’épicerie à la recherche d’une excuse pour s’envoler à son tour loin de tout ça. Il lui semble pourtant que c’est trop nul, et l’impossibilité de parler de quoi que ce soit le dérange. « Je vous laisse… à vos trucs. » Marmonne-t-il simplement. « Au revoir, princesse. » Adresse-t-il à Daisy, puis levant les yeux sur Wayne. « À un de ces jours, peut-être. » Le cœur lui débat dans la poitrine à une vitesse folle, ça en fait presque mal. Si seulement. Mais il y a trop de si dans cette histoire qu’il a envie de jeter aux oubliettes le plus rapidement possible.

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MessageSujet: Re: He's a well respected man about town doing the best thing so conservative [PV Stephen] Ven 28 Aoû - 18:47

En d’autres circonstances, il y aurait eu un temps pour que l’on se voit et que l’on s’explique les pièces qui manquaient à cet immense casse-tête que constituaient nos deux vies. Deux vies si différentes, si éloignées l’une de l’autre que leur univers n’auraient jamais dû se heurter l’un à l’autre. C’était comme le script d’un mauvais film où les auteurs par soucis d’esthétisme auraient inversés les scènes. Horrible et pénible que de voir la tristesse qui naissait dans ses yeux constatant la distance qui séparaient nos deux univers depuis si longtemps. Ce que je craignais avec une telle force c’était de le voir partir. Pourtant c’est ce qui se passa. Bien contre moi. Malgré toute la volonté et le désir qui m’emplissait, je le vis dans ces yeux. Je dois lutter pour ne pas que des larmes viennent teinter mon regard. Ma fille. Il y a ma fille qui va nécessairement se poser les grandes questions qu’un enfant de quatre ans est en mesure de se poser lorsqu’un adulte dit au revoir à un autre et que des larmes baignent le regard de l’autre. Et je n’ai pas la force de lui expliquer. Pas la force de lui mentir. Je ne sais même pas ce que j’oserais raconter comme mensonge. Il a raison… nous ne sommes pas proches. Du moins, pas de la manière que je l’avais toujours conçue dans ma vie. Mais ce que nous avons partagé ensemble pendant un bref instant, le temps d’un baiser et de l’acte de luxure le plus indécent (qui était aussi le plus soulageant que j’avais commis pendant toute ma vie), avait quelque chose de magique et d’extraordinaire. Quelque chose d’imprévu… le début de ce qui aurait pu être quelque chose d’extraordinaire. Et j’ai beau entendre ma fille qui réplique : « Oh! Il a dit que je suis une princesse! Au revoir, monsieur. » avec des étoiles dans les yeux, je n’arrive pas à y croire. Il ne part pas… pas pour de vrai, n’est-ce pas? Comment peut-il avoir l’audace de penser que j’ai pu retourner à ma vie comme si de rien n’était. Le babillage de ma fille sur ses princesses préférées est comme un écho lointain dans mes oreilles. Je sais qu’il existe mais il y a plus important dans le monde pendant un bref très bref instant : plus que ce mariage absurde que je m’efforce de préserver, plus que ma fille qui m’aimera encore, j’en suis certain, pédale ou hétéro.

« Attends! » m’entends-je dire en le voyant me tourner le dos. C’est dit d’un ton neutre alors qu’une bataille nait dans mon cœur. Je m’étonne d’avoir l’air aussi calme quand je l’aurais hurlé à plein poumons si j’avais écouté celui qui se mourrait de faire courir ses doigts dans les boucles soyeuses qu’il a sur la tête, de poser mes lèvres à milles et une reprises sur les siennes. « [color=crimson]Je… » Les mots se bousculent dans ma tête. Il y a un millions, deux millions… des milliards de mots que je veux lui dire. Le retenir. Une à une les options s’affichent devant moi. Mais je bégaie incapable de les laisser sortir alors que je sais le regard de ma fille plongé contre moi.
Je ne veux absolument pas que tu partes. Pas avec cet air triste et mélancolique que je vois dans tes yeux. Si tu pars avec cet air, cet au revoir aura à jamais un parfum d’adieu et je ne peux le tolérer. Je ne peux pas te dire adieu. Je n’en ai ni la force… ni la volonté.
Mais silence. Le premier « je » était affirmé. Plein de cette confiance que je n’avais jamais su dégager – Rendons ici gloire à mon père qui avait su m’émasculer à un point tel que je n’arrivais plus à sortir par moi-même de mon abysse. Ces mots-là devant ma fille et en public jamais ils ne sauraient franchir mes lèvres.

« Je… » mais là encore rien ne sort. Aucun mot ne semble être capable de trahir cette peur que j’ai de ne jamais le revoir, de ne pas pouvoir revivre ça, de pouvoir clairement expliquer ce qui s’est passé, pourquoi je me suis enfui ce soir-là et que je lui ai laissé cet espace dont il n’avait pas besoin.
Je ne t’ai pas oublié… je te le jure. Je voulais juste attendre que ça se soit placé dans ma tête et que j’aille pu t’associer à un truc de connu. Mais j’y arrive simplement pas. T’es l’inconnu et c’est terriblement monstrueusement effrayant pour moi qui me suis toujours limité à un univers de possible. J’ai envie de recommencer milles et une fois. J’ai envie de te connaître aussi parce que je n’ai pas tendance à donner autant de moi à un inconnu.

Mais ce n’est qu’un putain de silence. Un silence effrayant et dévorant qui se voit dans mes yeux pourtant si bruyant. Nerveusement, je fouille dans les poches de mon pantalon pour en sortir une carte d’affaire – je les remets aux jeunes qui ont des problèmes et qui viennent me voir. Mon numéro de portable personnel y est. La majorité du temps, les cartes me servent à ramasser des jeunes de moins de vingt-et-un ans qui ont trop bu et qui ne veulent pas prendre le contrôle de leur automobile. Gêné, je constate l’évidence d’une voix serrée : « C’est mon numéro… ». Ça me prend une force inouïe de le dire. Normalement, je ne donne pas mon numéro à des hommes. Mais je ne peux pas le laisser partir de cette manière. Mon cœur se refuse de le laisser partir sans que l’on ait discuté de ce qui s’est passé parce que je suis bien forcé de me rendre à l’évidence que seul je n’arriverais à comprendre ce qui s’est passé et qui est raisonnable de faire : « Je crois que l’on doit parler tous les deux… seuls »

Je suis assez grand et intelligent pour comprendre que ma fille ne peut pas être témoin de cette discussion. Ma main se pose sur son avant-bras, cherchant la main péniblement. La chaleur de sa peau sous mes doigts est curieuse et attirante. Je résiste péniblement à l’envie de laisser ma main glissée pour aller se poser sur sa hanche – ça laisserait trop transparaitre dans cet acte. Ma voix laisse transparaitre une certaine tension qui n’a rien de religieuse lorsque je murmure : « Un thé… un verre… c’est tout ce que je te demande. Tu choisis l’endroit. » Je prends conscience après l’avoir dit qu’un thé a autrefois dégénéré en un acte indécent. Je lutterais contre cette volonté qu’avait ma bouche de le faire mien en temps et lieu… D’une voix encore plus faible, les yeux bouillants de désir, faisant dos à ma fille qui m’attendait sagement à côté du panier, je murmure : « Et je te promets que je ferais tout pour que ça ne se reproduira pas. » Honnêtement, j’avais aucune idée de comment je réussirais à opprimer cette boule de faim qui grognait dans le fond de mon ventre.
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MessageSujet: Re: He's a well respected man about town doing the best thing so conservative [PV Stephen] Jeu 3 Sep - 4:58

Ce n'est peut-être pas si simple de se retourner et de s'en aller maintenant, mais la décision était bien fermement prise. Cela avant que Wayne ne lui demande d'attendre. Le coeur de Stephen se serre, bien plus fort qu'il n'aurait aimé. Durant quelques secondes, il s'immobilise sans se retourner vers lui. Il voudrait trouver la force de ne pas se retourner justement. Pourquoi tout ceci est donc si difficile ? Ce ne devrait pas l'être. Il a l'habitude des au revoir, des adieux, et ils ne sont jamais vraiment tragiques même si certains sont parfois un peu plus dur à avaler. La raison veut que cette histoire s'enterre avec la même facilité qu'elle s'est commencée, et elle n'aurait jamais dû exister. Ils ne sont pas du même monde, loin de là. Leurs priorités dans la vie n'ont strictement rien à voir les unes avec les autres. Depuis toujours, rien n'a eu plus de valeur aux yeux de Stephen que la liberté d'être lui-même. Pour cela, il a même décidé d'emménager dans une autre ville que celle où il s'était toujours senti chez lui. Il ne peut tolérer d'aucune façon que soient remises en question ces acquis chèrement et jalousement conservés. La seule présence de Wayne lui donne l'impression de régresser. Autant il voudrait l'aider à s'épanouir lui-même, autant il commence à comprendre qu'il ne pourrait jamais rien de positif pour cet homme si ce dernier ne choisit pas lui-même de changer. Il n'a pas l'intention de lui demander de bouleverser tout son univers pour une expérimentation. Il pouvait l'envisager quand il s'agissait d'un mariage basé sur un mensonge éhonté, mais à voir le visage de son adorable fillette, sa perspective change. Il ne devrait pas, donc, mais il se retourne quand même vers lui, poussé par une curiosité sans nom. C’est peut-être bien la toute dernière fois qu’ils se voient, alors pourquoi lui refuser cette écoute ? Stephen n’est pas de ceux à se venger, même si l’envie ne manque pas à certains moments. Impossible de lui dire vraiment pourquoi, mais toute cette histoire a eu trop d’effet sur lui et le blesse. Pour ça, il ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine rancœur bien difficile à raisonner.

Alors il attend, tel que demandé, le regard interrogateur et encore plus lorsque le silence se fait plus insistant à la suite de ses bégaiements. Stephen s’impatiente en silence, buté à cette incapacité de communiquer qui semble exister entre eux depuis le début. Étrange, en de telles circonstances, que les brèves minutes où ils ont su échanger et partager quelque chose l’ait à ce point marqué. Naturellement, son regard balaie jusqu’à l’enfant qui attend bien sagement son père. Ce n’est pas comme si Stephen ne savait pas que sa présence rendait les choses encore plus compliquées qu’elles l’étaient déjà et même s’il ne peut pas lui en vouloir pour ce fait, impossible aussi de nier la frustration qui l’anime. Il voudrait lui dire de laisser tomber. Une vague de méchanceté lui traverse l’esprit, ce serait si facile de convaincre Wayne de baisser les bras et d’abandonner cette maudite culpabilité qu’il lit dans ses yeux. Retourne à ton petit monde en carton… Il pourrait lui dire qu’il s’est consolé plus que de raison dans les bras d’autres hommes, un pour chaque soir, un pour chaque humeur, et qu’il n’en a que faire. Que s’il n’est pas prêt à s’assumer, ce n’est pas lui qui pourra y changer quoi que ce soit. Si sur le coup, rencontrer Wayne lui a inspiré une sorte de confiance en la possibilité de partager quelque chose à deux qui est un peu plus qu’une nuit endiablée sans signification, la tournure des évènements l’a plutôt conforté dans cette habitude qu’il a de ne pas s’attacher. Pour quoi faire ? Pour risquer de vous faire jeter à la première difficulté venue, lorsque l’ombre d’un doute ou d’une crainte apparaitra ? Il ne cherche pas vraiment à cacher son mécontentement, sachant que Wayne n’a pas chercher à se montrer forcément plus délicat en disparaissant complètement du jour au lendemain après ce qui a pu se passer entre eux.

Et pourtant, aussitôt qu’il lui tend sa carte, Stephen s’adoucit, laissant son regard se perdre sur celle-ci et le numéro y étant inscrit. Pour lui aussi, les mots semblent difficiles à trouver. Il voudrait lui dire qu’il n’a pas l’intention d’attendre qu’il se décide, qu’il n’est pas du tout disposé à jouer le rôle du thérapeute pour ce cas d’homosexualité gravement refoulée. Sa main trouvant sa peau, même dans un contact léger sur son bras, l’apaise automatiquement. Il remonte ses yeux vers les siens, s’y ancrant un moment. Il y a tout un océan dans ses yeux, et tout une tempête dans ceux de Wayne. Il soupire lentement, renonçant définitivement à toutes ces envies de répondre à ce mal qui le gruge par du poison. « D’accord… » Et pour être honnête, les mots sortent de sa bouche avant qu’il n’ait vraiment pris conscience de l’acceptation de sa demande. « N’hésite pas trop, je ne t’appellerai pas dix fois… » ajoute-t-il, jugeant nécessaire de lui préciser tout de même qu’il ne saura pas jouer de froid et de chaud trop longtemps, si jamais le doute en venait à s’emparer à nouveau de l’esprit du pasteur. Stephen n’a pas l’intention de s’acharner sur un cas désespéré. « Ne t’en fais pas… Je sais me contrôler… Ça n’arrivera plus. » Cette phrase, peut-être, est prononcée avec une pointe d’arrogance en contradiction avec la désolation qui se lit dans sur son visage et au fond de son regard. Sa façon de sous-entendre qu’il ne se trouve pas dans ce même état critique le menant à avoir à tout prix besoin de satisfaire des besoins laissés pour compte sur une trop longue période de temps. « Alors… à plus. » C’est toujours aussi douloureux de prononcer ces mots d’au revoir, de conclure cette nouvelle rencontre hasardeuse sur cette note… Mais il lui faudra réfléchir un peu avant de l’appeler, et de proposer ce verre ou ce thé qui accompagnera cette discussion dont il n’est pas certain de comprendre le véritable enjeu.

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He's a well respected man about town doing the best thing so conservative [PV Stephen]

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